mercredi 30 septembre 2009

Afghanistan : Témoin de tortures

Torture: Ottawa interdit à un ex-diplomate de témoigner
La Presse Canadienne
Ottawa

Un ancien diplomate canadien et témoin clé dans une enquête sur le traitement infligé à des prisonniers de guerre afghans s'est vu museler par le gouvernement fédéral.

Richard Colvin est bien au fait du traitement infligé à des prisonniers talibans et de ce que les Forces armées canadiennes pourraient avoir su au sujet d'allégations de torture à Kandahar.

Les avocats du gouvernement fédéral ont invoqué une clause sur la sécurité nationale figurant dans la Loi sur la preuve au Canada pour éviter que M. Colvin ne témoigne devant la Commission d'examen des plaintes concernant la police militaire.

Ils ont également déposé une requête en Cour fédérale pour exclure les noms de M. Colvin et de 22 autres hauts fonctionnaires et officiers de l'armée d'une liste de témoins cités à comparaître par la commission dans le cadre des travaux de l'enquête.

Les audiences de la commission débutent lundi.

Richard Colvin était directeur au bureau canadien pour la reconstruction de l'Afghanistan dans la province de Kandahar en 2006, lorsque l'armée canadienne a commencé à transférer des prisonniers aux services secrets afghans.

Des personnes ont affirmé que certains de ces prisonniers avaient été torturés. Deux groupes pour les droits de la personne ont soutenu que les autorités canadiennes étaient au courant de ces allégations, ou qu'elles auraient dû l'être.

La Cour fédérale a récemment circonscrit les travaux de l'enquête de la commission aux agissements d'officiers de la police militaire. Les avocats du gouvernement arguent que les témoins cités à comparaître ne disposent pas d'informations à ce sujet.

Mais l'avocate de M. Colvin soutient, dans une lettre dont La Presse Canadienne a obtenu copie, que son client est au courant de ce que savait la police militaire canadienne et qu'il détient des documents pertinents concernant de possibles cas de torture

Source La Presse

Gaza : Enfants victimes des armes israéliennes

Crimes de guerre israéliens à Gaza
Extrait de l'article de Sylvia Cattori

Dix mois après la guerre lancée contre sa population par le gouvernement israélien – guerre appelée cyniquement « Plomb durci »,des Palestiniennes vivant dans des zones lourdement frappées par les bombardements accouchent de bébés monstrueux.

A l’hôpital Shifa on nous a parlé d’une demi-douzaine de nouveaux nés victimes de graves malformations : organes incomplets, malformations du cerveau, visages défigurés.

Les médecins et les scientifiques qui cherchent à en déterminer la cause pensent qu’il y a là un lien direct avec les armes au phosphore, DIME, ou armes à l’uranium appauvri, utilisées par l’armée israélienne dans des zones très habitées où des cas de malformation sont apparus, comme Al-Zayton, Al-Zahra, Ezzbet Abed Rabbo, et Wadi Gaza.

Où sont les journalistes d’investigation ? Leur silence quand il s’agit de porter à la connaissance du monde -de manière détailée- les actes de barbarie de l’armée israélienne, et les énormes souffrances qu’ils génèrent, n’est-il pas troublant ?

Ce qui est sûr, c’est que la désinformation bat à nouveau son plein et que les tambours de la guerre roulent à nouveau contre la principale cible actuelle des dirigeants israéliens : l’Iran.

Voir Article complet Sylvia Cattori



Merci à la Corne médiane du rhinocéros bleu pour le vidéo.

Guy Laliberté dans l'espace,les premières images

Guy Laliberté, un troubadour milliardaire dans les étoiles


Mercredi matin, le Canadien Guy Laliberté, fondateur du Cirque du Soleil, est devenu le septième touriste de l’espace en s’envolant, à 7 h 14, de Baïkonour vers la Station spatiale internationale (ISS) qu’il atteindra vendredi, après deux jours de voyage.


La 261e fortune de la planète doit à la réussite exceptionnelle de sa multinationale du spectacle cette « mission sociale et poétique » qu’il s’est offerte pour la bagatelle de 35 millions de dollars, soit 24 millions d’euros, à l’occasion de son 50e anniversaire. Source La Croix.com

L'amarrage à la SSI aura lieu vendredi matin. Vous pourrez suivre l'événement en direct sur des sites comme Spaceflight Now, qui rend compte du déroulement de la mission.

Rappelons que le séjour dans l'espace de Guy Laliberté sera l'objet d'un spectacle planétaire, le 9 octobre, auquel participeront des personnalités et des artistes comme Al Gore, David Suzuki, U2, Shakira et Patrick Bruel. Vous pouvez consulter la liste complète des villes et des personnalités qui participeront à l'événement.

Je vous rappelle également que vous pouvez suivre le journal de bord de Guy Laliberté sur le site de la fondation One Drop.

Source de l'information Sur le Web de Radio Canada

Canada : Visite du Dalaï Lama

Depuis un certain temps, Radio Canada fait la promotion de personnages, prétendument courageux, pacifique, démocrate et nos nouveaux riches monopolisent nos antennes. C'est quoi, la farce?
On démonise l'Iran, les FARC et on applaudit le Dalaï-Lama, Rebiya Kadeer, Ingrid, Ti Guy le clown! et presque rien sur le Honduras, la répression en Colombie, les souffrances des gazaouis en Palestine.... Où est leur priorité?


A chaque guerre, coup d’Etat ou agression menée par l’Occident, les grands médias appliquent ces cinq « règles de la propagande de guerre ». Employez vous-même cette grille de lecture lors des prochains conflits, vous serez frappé de les retrouver à chaque fois .





1. Cacher l'Histoire.
2. Cacher les intérêts économiques.
3. Diaboliser l’adversaire.
4. Blanchir nos gouvernements et leurs protégés.
5. Monopoliser l'info, exclure le vrai débat.





Le dalaï-lama chante toujours la même chanson, dont en voici un, fait au parlement européen en 2008.

Le dalaï-lama au parlement européen : revisité
de Jean-Paul Desimpelaere

C’était le 4 avril 2008 que le dalaï-lama était l’invité du parlement européen. Son discours est dans la même lignée que bon nombre de ses discours récents. Il commence avec : « Je suis ici surtout pour promouvoir des valeurs humanistes, telles que les rapports chaleureux entre les gens. » Voilà qui prend une seule phrase, suivie d’un discours politique d’une heure sur la question tibétaine. Là aussi les grandes lignes sont les mêmes depuis des années. Pourtant il est utile de mettre en évidence quelques nouveaux points.

Il décrit les émeutes du mois de mars à Lhassa comme des actes de bravoure spontanés. Via des touristes de cette période nous savons qu’il s’agissait d’actes incendiaires et de lynchages.

Il exige de la Chine qu’une « équipe d’inspection » internationale soit admise au Tibet. Les Etats-Unis d’Amérique émettent également cette exigence.

« Les Tibétains vivent une angoisse permanente : suis-je le prochain qui sera arrêté ? » Voilà comment il se fait la voix de l’intérieur du Tibet. C’est ce qui m’irrite le plus. J’étais au Tibet en octobre 2008. Cette tension n’est absolument pas présente. J’ai pu parler librement avec de simples citadins, des intellectuels, des paysans : ils considéraient les émeutes comme nocives pour le Tibet, on sera mieux si cela ne se reproduit plus, disent-ils ! La ville de Lhassa vivait comme à son habitude : commerces, pèlerins et touristes.

« Dans notre Memorandum au gouvernement chinois nous disons que notre affaire n’est pas de chasser les non-tibétains hors du Tibet. L’implantation en masse de chinois Han dans certaines régions, par contre, l’est bien. Cela met les tibétains en position minoritaire et menace l’équilibre écologique. » Ce n’est pas « leur affaire » mais il faudra bien y venir.

Les références à d’autres minorités ethniques en Chine sont de plus en plus nombreuses. Son discours ne s’arrête pas au Tibet. D’autres minorités aux extrémités de la Chine, celles de l’intérieur des terres ne l’intéressent pas. Ces extrémités pourraient également devenir indépendantes tôt ou tard, si l’on comprend bien cette allusion. Le 14è dalaï-lama fait référence au Turkestan de l’Est (Xinjiang), à la Mongolie Intérieure et à la Mandchourie. À cela il ajoute qu’en Mongolie Intérieure la population autochtone est à 80% REMPLACEE par des chinois Han. Ces derniers doivent ils aussi partir de là (18 millions) ? Il ne mentionne pas non plus depuis combien de temps de nombreux Han y vivent, cela ne date pas d’avant-hier.

« Ma confiance aux dirigeants chinois est de plus en plus faible. Mais je vois plus de mouvements d’intellectuels chinois qui me soutiennent. » En effet, le Tibet rêvé du 14è dalai lama ne sera jamais indépendant s’il ne s’opère pas en même temps une sorte de « Révolution Orange » à l’intérieur même de la Chine. Il a félicité le parlement européen pour l’attribution du prix Sacharov à un dissident chinois. Il ne parle donc pas seulement du Tibet, mais de la Chine elle-même.

« J’espère le meilleur, mais suis préparé au pire. » Apparemment ça ne sera pas toujours pacifique.

Que ce discours fut salué par une "standing ovation" du parlement européen dépasse mon entendement. L’Europe applaudit là de la pure fiction politique, de la propagande ; c’est dangereux.

La langue Mandchou : disparue à cause des chinois ?

Encore un détail pittoresque : À un certain moment de son allocution, le 14è dalaï-lama dit : “Today, the language, script and culture of the Manchu people have been extinct.” (La langue, l’écriture et la culture du peuple mandchou ont disparu.) Juste avant cela il disait : « [le gouvernement chinois] est à l’origine d’une immigration massive de Han dans les régions tibétaines qui mènera graduellement à l’extinction de la culture et de la langue propres au Tibet. » L’auditeur européen pensera, surpris : « Il y a déjà eu un précédent ! Les mandchous n’existent plus alors qu’ils ont été à la tête de l’empire. L’extermination culturelle en Chine doit donc vraiment être terrible. » Réaction normale, car qui sait réellement quelque chose à propos des mandchous ici, sans parler de leur langue ? Le dalaï-lama laisse donc entendre que la langue mandchoue a disparu à cause de l’immigration massive de Han dans leur région, immigration insufflée par l’actuel gouvernement communiste. C’est un habile retournement de l’histoire pour nos oreilles mal informées. Quelque éclaircissement est nécessaire, sans trop entrer dans les détails.

Les mandchous étaient un peuple de cavaliers à l’extrémité nord-est de la Chine. Ils ont pris Beijing en 1644 – ils étaient alors à peu près au nombre de 2 millions – et se sont appropriés le trône de l’empereur. C’est le début de la dynastie Qing. Ils saisissent les terres et soumettent les paysans, lèvent des armées de Han et étendent à nouveau l’empire chinois à sa taille maximale, le Tibet et le lointain Xinjiang oriental compris. Mais qu’advient-il de leur langue ? Ils lui donnent une sorte de statut « administratif solennel », alors qu’en même temps ils embrassent la langue chinoise dans la littérature, la poésie, la calligraphie, l’écriture de l’histoire, les sciences et le commerce. Plusieurs empereurs Qing étaient d’excellents poètes, en chinois. De très grandes œuvres datent de la dynastie Qing. Toutefois, à la chute des Qing (fin du 19è siècle, début du 20è) il ne restait rien de la langue mandchoue, ils en étaient eux-mêmes la cause. En 1911, lors de la chute de l’empire, la langue mandchoue n’était plus d’usage même dans leurs cercles aristocratiques et il n’était plus question d’enseignement « à leur peuple, dans leur langue ». Les années mouvementées de la Première République de Chine et ensuite de la Seconde Guerre Mondiale n’apportèrent pas d’amélioration à cela, la langue mandchoue ne refit pas surface. En bref, l’écriture mandchoue avait disparu bien avant la Révolution Chinoise. Les premières années de la République Populaire étaient occupées à d’autres problèmes que celui de la langue. Il s’agissait de reconstruire un pays gigantesque qui était à terre. Maintenant qu’une certaine prospérité est atteinte en Chine, les intellectuels ont de nouveau le loisir d’aller repêcher l’héritage mandchou, et c’est ce qui se passe. Il y a encore 2 millions de pièces qui sont conservées dans les Archives Nationales. Des linguistes et historiens chinois ont lancé un mouvement : « Sauvez la langue mandchoue. » En 2006, une première école en mandchou a été re-ouverte. C’est tout à fait différent que de laisser paraître que « les communistes chinois ont intentionnellement fait disparaître la langue mandchoue » comme le suggère l’allocution du dalaï-lama au Parlement Européen.

Cette « histoire mandchoue » n’est pas le seul épisode de l’histoire chinoise que l’actuel dalaï-lama détourne dans sa croisade contre l’actuel pouvoir en Chine. Par contre, c’est une nouvelle histoire et elle est bien trouvée pour nos oreilles.

Dans un discours en Pologne, quelques jours plus tard, il appela les dirigeants internationaux présents à faire entrer la Chine dans le « camp démocratique ». C’est par « We must do that » (Nous devons faire cela) que le 14è dalaï-lama a commencé sa phrase. Sur son site web le 14è dalaï-lama décrit Walesa comme « l’icône anti-communiste polonaise ».


Source Tibetdoc

Notes : Par un Hasard curieux ou curieux Hasard, diraient Dupont et Dupont, tous ces beaux personnages ont acquis leur richesse de quelle manière? Xinjiang et Rebiya Kadeer et le 14e dalaï-lama Tibet.

mardi 29 septembre 2009

Afghanistan : la guerre continue

Obama: l'Afghanistan «n'est pas un combat américain»

Le président Barack Obama a appelé mardi à la cohésion internationale en Afghanistan en déclarant que la guerre n'y était pas seulement l'affaire américaine, mais aussi celle de l'OTAN.

«Il ne s'agit pas d'un combat américain, il s'agit d'une mission de l'OTAN», a dit M. Obama à l'issue d'entretiens avec le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, à la Maison-Blanche. Au moment où il entame d'intenses consultations avant de décider d'envoyer ou non des renforts américains en Afghanistan, M. Obama a promis de se concerter avec ses alliés «à toutes les étapes».


M. Rasmussen a lui aussi souligné la responsabilité de l'Alliance atlantique alors que l'opposition à la guerre se renforce dans les opinions.

«Nos opérations en Afghanistan ne sont pas la responsabilité ou le fardeau de l'Amérique seule; c'est, et cela restera, un effort d'équipe», a-t-il dit lors d'une brève apparition commune devant la presse.

L'OTAN «restera unie et nous resterons en Afghanistan aussi longtemps qu'il faudra pour finir le travail», a dit M. Rasmussen.

Mais M. Obama est soumis à des pressions considérables et contradictoires. Un récent sondage pour la chaîne CNN indiquait que 58% des Américains étaient contre la guerre. D'autres enquêtes montrent une opinion plus partagée, mais toutes reflètent une opposition grandissante à un engagement américain vieux de huit ans, dans un pays où les combats sont allés en s'intensifiant au cours des derniers mois.

Source La Presse

Les puissances impérialistes se concertent pour poursuivre leur guerre colonialiste en Afghanistan, malgré l’opposition d'une très grande majorité de la population. Ils sont placés devant le dilemme suivant : perdre la face ou trouver le moyen de consolider leur pouvoir dans cette région.

Iran une menace!

Voici un point de vue fort intéressant de Mohamed Hassan pour comprendre la situation iranienne et la campagne contre Mahmoud Ahmadinejad son président.

Que doit faire Ahmadinejad pour recevoir le prix Nobel ? Extrait

Les médias nous disent que l’Iran est une grande menace. A preuve les déclarations d’Ahmadinejad sur Israël et son programme nucléaire. L’Iran est-il réellement un pays dangereux ?

Tout d’abord, vous devez savoir que ce fameux programme nucléaire a débuté à l’époque du régime précédent, celui du Chah. Avec le soutien des Etats-Unis ! De plus, une campagne est menée par les opposants d’Ahmadinejad à l’intérieur et à l’extérieur du pays, prétendant que l’Iran veut entrer en guerre avec Israël. C’est faux. L’Iran ne veut entrer en confrontation avec personne. Il veut juste affirmer sa souveraineté nationale. L’enjeu nucléaire doit être abordé sous cet angle. Pour le peuple iranien, c’est une question de droit à l’auto-détermination.

Mais Israel se dit menacé. Car Ahmadinejad nie l’Holocauste, non ?

Non. Il a reconnu que l’Holocauste était un événement terrible mais il a surtout souligné le fait que les personnes qui ont commis ce génocide n’en ont pas payé le prix alors que les Palestiniens l’ont fait. Durant la Première Guerre mondiale, l’Allemagne a attaqué ses voisins et en a payé le prix. Par exemple, la Belgique a été dédommagée par l’Allemagne.

Quelle est la vraie position d’Ahmadinejad ? Il dit que pour établir quelles sont les personnes responsables de l’Holocauste et les faire payer, nous devons étudier cet événement tragique et rendre ce débat public. Cet élément essentiel est caché par la campagne anti-Ahmadinejad : certaines personnes lui posent des questions et puis sortent ses réponses de leur contexte. De plus, la question de la responsabilité dans l’Holocauste est devenue un tabou. Toute cette propagande contre Ahmadinejad vise à déstabiliser l’Iran.

Pourquoi ?

Noam Chomsky a expliqué dans son livre The Fateful Triangle comment Israël, à l’époque du Chah, voulait construire une alliance avec l’Iran, la Turquie et l’Ethiopie pour briser le nationalisme arabe dans la région. Aujourd’hui, Israël voudrait que l’Iran soit dirigé par un gouvernement complaisant. L’objectif immédiat de la campagne contre Ahmadinejad, c’est de faire cesser les relations entre l’Iran d’un côté, et le Hezbollah et le Hamas de l’autre. Cela consoliderait la position d’Israël sur deux points. D’abord, les pays pro-occidentaux de la région en bons termes avec Israël (comme l’Egypte ou la Jordanie) seraient renforcés. Ensuite, en Palestine, la position d’Abbas serait confortée et les éléments qui veulent résister à Israël seraient affaiblis. Voilà les raisons de la campagne israélienne contre Ahmadinejad.

La question palestinienne et le programme nucléaire n’ont-ils pas servi de prétextes électoraux à Ahmadinejad pour rallier la population autour de sentiments nationalistes ?

C’est ce qu’ont aussi prétendu certains opposants d’Ahmadinejad durant la campagne. Bien sûr, le peuple iranien, qui a connu les privations avec le Chah, a de la solidarité pour les Palestiniens. Mais ça ne pouvait être un élément crucial pour déterminer le résultat des élections : ce n’est pas la Palestine qui va donner du travail et à manger aux Iraniens. En fait, la vision politique d’Ahmadinejad porte sur l’Etat : pour lui, il doit tout contrôler. C’est pour cela qu’il a été élu par les travailleurs, les paysans et les ouvriers des villes : ces personnes bénéficient de l’intervention de l’Etat et de sa politique économique. Par contre, les réformistes comme Moussavi (qui était soutenu par l’Occident) ne sont pas d’accord avec cette vision.

Quelle est leur position ?

Ces réformistes proviennent de ce qu’on appelle la « bourgeoisie du Bazar », une bourgeoisie qui existe depuis très longtemps dans les pays islamiques. Elle est composée des producteurs artisans associés à la paysannerie. A l’époque du Chah, la bourgeoisie du Bazar n’était pas si importante. Car le pays était dominé par la bourgeoisie compradore, qui utilisait l’appareil d’Etat et les finances du gouvernement pour commercer avec les pays impérialistes à travers l’import-export. Les compradores ne produisaient rien, ils ne faisaient que vendre des produits. C’est pourquoi l’économie iranienne était très dépendante des forces étrangères.

A cette époque, la bourgeoisie du Bazar n’était pas soutenue par les compradores, si bien qu’elle manquait de capitaux et de technologies. C’est pourquoi elle a soutenu Khomeiny durant la révolution islamique de 1979. Le système économique iranien fut ainsi transformé et avec le développement de la bourgeoisie du Bazar au détriment de celle des compradores, le pays passa d’un statut néocolonial à un modèle indépendant.

Les gens issus de la bourgeoisie du Bazar virent dans la révolution une opportunité d’utiliser le capital de l’Etat pour se faire beaucoup d’argent. Et aujourd’hui, certains d’entre eux sont milliardaires ! Les réformistes tels Moussavi, Rafsandjani ou Khatami proviennent de ce groupe. On les appelle « réformistes » non parce qu’ils ont des idées progressistes mais parce qu’ils veulent changer le système économique actuel, avec moins d’intervention de l’Etat et plus de privatisations. Cela permettrait à certains d’entre eux de devenir encore plus riches, l’Iran représentant un énorme marché. Tel était l’enjeu principal des dernières élections et comme je l’ai dit, la plupart des Iraniens, qui bénéficient de l’intervention de l’Etat, ont choisi Ahmadinejad au lieu du « réformiste » Moussavi.

Selon vous, ces élections n’ont pas été manipulées ?

Bien sûr que non. L’idée qu’elles ont été truquées vient de la propagande menée pour marginaliser Ahmadinejad et placer en Iran un gouvernement pro-occidental. Il suffit d’analyser certains éléments pour voir que cette idée de fraude n’est pas sérieuse. Tout d’abord, la Fondation Rockefeller a financé une ONG pour réaliser un sondage d’opinion deux semaines avant les élections : Ahmadinejad était donné vainqueur à trois contre un. Deuxièmement, nos médias n’ont jamais montré les débats qui ont été organisés durant la campagne en Iran : n’importe qui aurait pu voir qu’il s’agissait de débats très ouverts et aurait pu mieux comprendre pourquoi Ahmadinejad a été élu par les travailleurs. Troisièmement, nous pourrions demander: qui sont ceux qui prétendent qu’il y a eu une fraude en Iran ? Pourquoi les Etats-Unis ne s’intéressent-ils pas à la démocratie dans les Emirats ? Pourquoi n’y a-t-il pas de campagne contre l’Afghanistan où les élections ont été manifestement truquées ? Etc.

Pour répondre à ces questions, nous devons comprendre que selon les intérêts impérialistes, des certificats sont donnés pour définir où sont les bonnes élections et où sont les mauvaises. Enfin, le peuple iranien a vu ce que les forces impérialistes ont fait en Irak, en Afghanistan et au Pakistan. C’est aussi une des raisons pour lesquelles les Iraniens ont choisi Ahmadinejad, qui construit une alliance anti-impérialiste avec des pays comme la Chine ou la Russie. Par contre, les réformistes, dits plus « pragmatiques », sont en fait prêts à établir de bonnes relations avec les pays impérialistes pour commercer avec eux.

Etant donné que la candidature aux élections doit être approuvée par le Guide Suprême, le système politique iranien est-il vraiment démocratique ?

La définition de la démocratie est elle-même une grande question. Y a-t-il en Iran une démocratie de type occidental, une démocratie d’Etat bourgeois ? Bien sûr que non. Le Guide Suprême contrôle en effet le système politique iranien mais il serait naïf de croire que les élections des pays occidentaux sont un exemple d’une meilleure démocratie. Les élections par ici se font sur la base de forces qui se trouvent derrière les partis et que l’on ne voit pas directement. L’Iran pour sa part est une république islamique et tous les partis doivent donc se baser sur la religion. Les partis laïques y sont vus comme une invention de l’Occident qui pourrait diviser le peuple et menacer la souveraineté nationale du pays.

C’est précisément cette indépendance iranienne qui frustre les pays impérialistes. Ceux-ci n’ont en réalité aucun problème avec le fait que l’Iran soit un Etat islamique. L’Arabie Saoudite est un Etat islamique où il n’y a même pas d’élections, et les pays impérialistes n’ont aucun problème avec ça car l’Arabie Saoudite est un pays ami. Le vrai problème, c’est que l’Iran a une vision indépendante sur sa souveraineté nationale. Imaginons qu’Ahmadinejad abandonne sa vision d’indépendance nationale et adopte un système où les intérêts impérialistes seraient défendus comme en Arabie Saoudite : il recevrait certainement le Prix Nobel !

Lire l'intégrale de l'article
Que doit faire Ahmadinejad pour recevoir le prix Nobel?

À lire : Quand la CIA complotait contre l'Iran et Un nationalisme nourri par les interventions étrangères

Ingrid Betancourt et les FARC

Curieux que nos médias consacrent beaucoup de temps a la promotion d'une femme courageuse kidnappée par les FARC, sans faire mention de tous les colombiens emprisonnés par le gouvernement Uribe et dont on ne parle pas. Les FARC serait-il le problème ou plutôt la réponse aux assassinats faits par le gouvernement de Colombie depuis presque qu'un demi-siècle?


Tous les Colombiens ne s’appellent pas Ingrid
Par Paola Ramírez Orozco
EXTRAIT

Depuis la libération de Mme Ingrid Betancourt, le 2 juillet 2008, la Colombie a disparu des priorités médiatiques et des préoccupations des « people » et des hommes ou femmes politiques jusque-là passionnés par ce pays. Tout comme le sort des autres otages détenus par la guérilla et le thème de l’échange humanitaire. On a juste pu apprendre que, le 13 janvier, le président Alvaro Uribe a reçu, à Washington, des mains de son homologue américain George W. Bush — à la fin d’un mandat au bilan calamiteux —, la médaille présidentielle de la Liberté. Tout un symbole...

La « sécurité démocratique », politique musclée du président Alvaro Uribe Vélez, arrivé au pouvoir en 2002, serait-elle un mythe ? De nombreux magistrats, membres d’organisations non gouvernementales (ONG), syndicalistes, hommes ou femmes politiques, et même certains journalistes, semblent le penser. Selon M. Alirio Uribe, défenseur des droits de la personne, seuls quelques privilégiés — l’« élite », les entreprises, les multinationales — en bénéficieraient. En revanche, « tous ceux qui critiquent la politique du président ou s’opposent à son régime sont diabolisés ». Quand ils ne sont pas assassinés. En silence, car les médias sont très occupés.

Très occupés lorsqu’ils expriment une émotion légitime : « Ingrid Betancourt, otage des Forces armées révolutionnaires de Colombie [FARC] » (depuis le 23 février 2002) ; un soulagement partagé : « Ingrid libérée ! » (le 2 juillet 2008) ; quand ils s’emballent définitivement : « Betancourt rencontre Sarkozy », « “IB” Women World Awards 2008/2009 », « Sainte Ingrid chez le pape », « L’ex-otage rentre en Colombie », avec pour seule et unique préoccupation (non contestable au demeurant) : « No mas secuestros ! » Plus d’enlèvements ! Les FARC détiennent encore vingt-sept « prisonniers politiques », civils, militaires ou policiers, qu’elles prétendent échanger contre des guérilleros emprisonnés.


Le 28 novembre 2008, des centaines de milliers de manifestants arborant des tee-shirts blancs barrés d’un « Colombia soy yo » (« Je suis la Colombie ») ont défilé dans les principales villes du pays et capitales étrangères (Paris, Madrid, etc.). Comme en d’autres circonstances, la manifestation, qui a bénéficié d’un appui (implicite) du pouvoir colombien et (explicite) des médias nationaux et étrangers, n’a pointé du doigt qu’un seul des protagonistes du conflit colombien : la guérilla (1).

Curieusement, le 6 mars de la même année, une manifestation contre la violence d’Etat n’avait provoqué ni la présence des projecteurs ni celle des caméras. « Nous avons marché pour protester contre les fosses communes, les massacres, les assassinats, les disparitions et les déplacements de population, car l’idée qu’il fallait se montrer plus solidaire avec les otages, dont une en particulier, qu’avec les victimes de l’Etat et des paramilitaires s’était propagée », explique M. Jorge Rojas, directeur du Bureau d’étude des droits humains et du déplacement forcé (Codhes), une ONG. Tandis que M. José Obdulio Gaviria, cousin germain de Pablo Escobar (feu le baron de la drogue) et conseiller du président Uribe, qualifiait cette opération de « marche promue par les FARC », les Aguilas Negras (« Aigles noirs »), nouvelle appellation des groupes paramilitaires, proféraient des menaces de mort contre les organisateurs et les participants. Convaincues que les associations ne doivent pas faiblir « chaque fois que les paramilitaires ou le président la menacent », comme s’est exclamé un manifestant, plus de trois cent mille personnes se sont néanmoins mobilisées en Colombie.

Une semaine plus tard, six organisateurs de cette manifestation avaient été assassinés. Dix syndicalistes ont connu le même sort dans le courant du mois. Seule consolation : « Sans les appuis institutionnels, économiques et médiatiques dont la marche contre les FARC a bénéficié et à laquelle nous avons participé, témoigne un organisateur, celle du 6 mars a rompu avec l’unanimisme qu’on veut nous imposer et avec l’idée que la violence vient uniquement des guérillas. »


Hostile à tout dialogue avec l’opposition armée, le chef de l’Etat a, depuis son arrivée au pouvoir, privilégié la voie militaire. Entre 2002 et 2007, treize mille six cent trente-quatre civils sont morts, victimes de la violence politique (2). Selon le Codhes, sur les quatre millions de personnes déplacées de force depuis 1985, trois millions l’ont été sous le gouvernement de M. Uribe (3).

LIRE La suite de l'article


Notes
1- La mobilisation a toutefois été beaucoup plus faible que lors de la précédente manifestation de soutien aux otages, le 20 juillet ; cette dernière avait rassemblé quatre millions de personnes.
2- « En Colombie, des ONG accusent l’Etat de “la plupart des violations des droits de l’homme” », Le Monde, 27 septembre 2008.
3- Quelque trois cent cinq mille personnes ont été victimes de déplacements forcés en 2007 et deux cent soixante-dix mille au cours du premier semestre 2008, cf. Amnesty International, « [Colombie. “Laissez-nous en paix !” Les civils pris pour cibles dans le conflit armé interne-http://www.amnesty.org/fr /for-media...] », Paris, 28 octobre 2008.

À lire: Un chef des FARC parle

lundi 28 septembre 2009

Guy Laliberté un voyage spatial

Guy Laliberté, 50 ans, a déboursé 35 millions de dollars américains pour effectuer ce vol spatial. Il passera 12 jours à bord de l'ISS. Son objectif? « S’amuser, mais surtout réaliser un rêve d'enfant », a-t-il confié à des proches venus l’accompagner en Russie, en indiquant qu’il emmenait avec lui des nez rouges pour tout l’équipage.

« Dans ma vie, j'ai fait beaucoup de choses amusantes, folles et aventureuses, mais c'est vraiment la plus grande aventure dans laquelle je ne me suis jamais embarqué », a-t-il indiqué aux médias présents sur place.

M. Lalberté entend aussi profiter de cette mission spatiale pour faire passer un message environnemental aux Terriens.

« Je ne suis pas un scientifique, ni un docteur ni un ingénieur, mais j’entends créer une prise de conscience sur la situation de l'eau sur Terre ».

Source Les Affaires.com

Commentaire

À votre retour de mission, monsieur Laiberté, si jamais vous en avez encore les moyens, j’aimerais bien, moi et ma petite famille allez en Palestine, soutenir ce peuple. Mais comme je n'ai pas les moyens, ne serait-ce que de passer quelques jours dans la région de Québec, je me contenterai de formuler cette demande.

Il serait fort apprécié des gazaouis, d'envoyer 2 ou 3 millions de dollars pour aider a la reconstruction des systèmes d’aqueduc qui permettrait aux enfants de Gaza d'avoir accès a de l’eau fraiche... vous savez depuis qu'Israël a tout détruit la vie des enfants Gazaouis a été bouleversée. Je sais, votre grande admiration pour les enfants... alors, ce serait un geste qui serait grandement utile.

LE MONDE VOUS EN SERAIS ENCORE PLUS RECONNAISANT

ONU et la Bande de Gaza

Droit international versus loi de la jungle (extrait)

Selon Miguel d’Escoto Brockman, président sortant de l’Assemblée générale des Nations Unies, « Cette année ma plus grande frustration a été la situation palestinienne » a-t-il dit aux 192 nations de l’Assemblée dans son discours de clôture du 14 septembre, avant de passer la présidence annuelle au diplomate libyen Ali Treki. ( Voir l'intégral de l'exposé )

Il a trouvé « scandaleuse » la manière dont des membres influents du Conseil de sécurité de l‘ONU ont fait preuve de « passivité et d’apparente indifférence » vis-à-vis du long et cruel blocus israélien de Gaza.

« Cette année ma plus grande frustration a été la question palestinienne. La question de la Palestine continue d’être le problème de politique et de droits humains non résolu le plus sérieux et le plus long dans l’agenda des Nations Unies depuis leur création. L’évident manque d’implication pour le résoudre est un scandale qui m’a causé beaucoup de chagrin.»

« J’avais promis une présidence proactive et je crois sincèrement que j’ai fait tout ce que je pouvais à cet égard, sollicitant et tentant de persuader ceux qui auraient dû être le plus étroitement impliqués de demander la convocation de l’Assemblée générale pour s’occuper de la situation palestinienne. Néanmoins, que ce soit au moment des trois semaines d’invasion de Gaza à partir du 27 décembre ou maintenant, tout ce que j’ai obtenu est le conseil de laisser plus de temps au processus, parce que les choses étaient toujours sur le point d’être résolues et que nous ne devions rien faire qui puisse mettre en péril un succès qui était toujours juste hors de notre portée. »

« Face à cette situation, je ne savais sincèrement pas quoi faire. Je voulais aider les Palestiniens, mais ceux qui auraient dû logiquement être le plus intéressés ont refusé leur soutien pour des raisons de ‘prudence’ que j’étais incapable de comprendre. J’espère qu’ils avaient raison et que j’avais tort. Sans cela, nous sommes devant une situation horrible de complicité permanente avec l’agression contre les droits du noble peuple palestinien qui souffre depuis si longtemps. »


« Une solution juste à la question de la Palestine doit se baser sur le contenu du droit international et ne sera atteinte que lorsque l’unité du peuple palestinien sera accomplie et que la communauté internationale parlera avec tous ses représentants qui jouissent de crédibilité et ont été démocratiquement élus. Outre le retrait des Israéliens de tous les territoires illégalement occupés depuis 1967, le droit international exige que tous les Palestiniens déplacés lors de la création de l’État d’Israël, leurs enfants et petits-enfants, soient autorisés à retourner dans leur patrie, la Palestine. »

« Mon conseiller en chef pour les questions humanitaires, le Dr Kevin Cahill, a été envoyé à Gaza du 17 au 22 février pour préparer un rapport sur la situation humanitaire à Gaza immédiatement après l’agression. Le rapport du Dr Cahill a été publié le mercredi 19 août à l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, commémorant les sacrifices du personnel des Nations Unies dans des zones de conflit; l’intention initiale était de le publier lors d’une séance spéciale consacrée à Gaza, mais cela n’a pas pu avoir lieu, pour les raisons que j’ai mentionnées. »

« Je trouve scandaleuses la passivité et l’apparente indifférence de certains membres influents du Conseil de sécurité devant le fait que le blocus de Gaza se poursuit sans interruption depuis deux années, en violation flagrante du droit international et de la Résolution du Conseil de sécurité lui-même, causant d’immenses dommages et souffrances à la population palestinienne de Gaza. Cette situation menace de devenir plus sérieuse encore si des mesures immédiates ne sont pas prises, à l’approche de l’hiver. Il est temps maintenant de faire montre, en actions et non plus simplement en paroles, d’un réel engagement dans le concept de la «responsabilité de protéger».

Comme le souligne Sylvia Cattori, « J’espère que le Père Miguel nous dira les noms de ces membres « très influents» qui ont fait preuve de « passivité scandaleuse et d’indifférence» devant des souffrances humaines aussi révoltantes. Le monde a besoin d’identifier et de se débarrasser de ces méprisables pleutres qui occupent des postes élevés.» (voir à la fin de l'article la réponse a ce questionnement, Serge Adam))

La loi de la jungle

Plus loin dans son discours, Miguel d’Escoto Brockman fait cette observation remarquable :

« ... le monde entier sait que parmi beaucoup d’autres vérités certaines de nos États membres les plus puissants et les plus influents ne croient absolument pas à la souveraineté du droit dans les relations internationales et sont d’avis, par-dessus le marché, que respecter les normes légales auxquelles nous nous engageons formellement quand nous signons la Charte, c’est quelque chose qui ne s’applique qu’aux pays faibles. Avec un aussi faible niveau d’engagement, on ne s’étonnera pas que les Nations Unies ont été incapables d’atteindre les principaux objectifs pour lesquels elles ont été créées.

« Certains États membres pensent qu’ils peuvent agir selon la loi de la jungle et défendre le droit des plus forts de faire ce qu’ils veulent, en toute impunité, sans rendre de comptes à qui que ce soit».

Source Sylvia Cattori

LA RÉPONSE: « Il a reproché au Quatuor du Moyen-Orient, qui comprend les Nations Unies aux côtés des Etats-Unis, de la Russie et de l'Union européenne, d'avoir donné son aval au blocus, « plaçant l'ONU dans un rôle douteux et en violation de nos obligations inscrites dans la Charte des Nations Unies et dans le droit international ». Source ONU

Extrait de l'article de Stuart Littlewood — London « International Law Versus the Law of the Jungle »,paru en français sur le site de Sylvi Cattori

dimanche 27 septembre 2009

Afghanistan : La tension augmente d'un cran

Washington pourrait envoyer jusqu'à 40 000 soldats en plus.
De Jean-Louis Santini AFP

Les États-Unis, qui réexaminent leur stratégie en Afghanistan, pourraient décider d'envoyer jusqu'à 40 000 soldats supplémentaires, a indiqué le sénateur républicain John McCain dimanche, sur la chaîne de télévision ABC.


Le général Stanley McChrystal avait prévenu que la mission américaine en Afghanistan était vouée à l'échec si la situation n'était pas inversée dans les douze mois par une augmentation des troupes.

McCain, a dit avoir discuté samedi du conflit afghan avec M. Obama ajoutant avoir « bon espoir que le président prendra la bonne décision, c'est-à-dire qu'il engagera les renforts nécessaires ». Quant au général McChrystal, il s'en est pris au Pentagone dont il a déploré la lenteur à répondre à ses demandes.

Le secrétaire à la Défense Robert Gates n'a confirmé aucune estimation sur le volume des renforts. La requête du général McChrystal pour plus de troupes sera soumise au président Obama une fois que ce réexamen sera terminé, a précisé M. Gates tout en niant des désaccords entre la Maison Blanche et les militaires sur l'approche en Afghanistan. « Naturellement, le général (McChrystal) ne souhaite pas que ce processus s'éternise », a ajouté M. Gates sans mentionner de date butoir.

Le président Obama a mis en garde vendredi contre toute « solution miracle » en Afghanistan face à l'accroissement de l'insurrection dans le sud et l'est.

Contrairement au secrétaire de la défense Gates,la question d'accroître l'engagement militaire américain en Afghanistan fait l'objet d'un vif débat parmi les principaux conseillers de M. Obama, rapporte dimanche le New York Times.

Le vice-président Joe Biden et d'autres proches du président, y compris Rahm Emanuel, secrétaire général de la Maison Blanche et le général James Jones, conseiller à la sécurité nationale, se sont dits très sceptiques quant au bien-fondé d'un envoi supplémentaire de soldats en Afghanistan, selon le quotidien.

En revanche, la secrétaire d'État Hillary Clinton et Richard Holbrooke, émissaire spécial américain pour l'Afghanistan et le Pakistan, défendent avec force plus de renforts, croit savoir le New York Times.

Au Sénat, le démocrate John Kerry, président de la commission des Affaires étrangères et proche de M. Obama, a dit craindre une répétition de l'erreur faite au Vietnam où il a combattu.



Parmi les personnes hors de l'administration et du Congrès les plus écoutées de M. Obama, le républicain Colin Powell, ancien secrétaire d'Etat de George W. Bush, est également réservé quant à l'envoi de renforts en Afghanistan, selon le New York Times.

Source La Presse

Ce conflit, de plus en plus désapprouvé par les Américains risque de mettre Obama dans une position difficile. Car des va-t-en-guerre se manifestent même à l'intérieur du parti démocrate, rejoignant ainsi le camp conservateur.

Voir la Galerie de Photos sur l'Afghanistan dans Boston.com

Pierre Falardeau, cinéaste québécois, est décédé

Décidément, l'automne ne fait pas tomber que des feuilles. Nelly Arcan, 36 ans, auteure qui s'est suicidée et Pierre Falardeau qui nous quitte a l'âge de 62 ans d'un cancer.

Falardeau fervent nationaliste qui as toujours défendu l'indépendance du Québec et qui ne mâchais pas ses mots, laisse une oeuvre qui caractérise la lutte des Québécois pour leur accession à l'indépendance. En plus d'être un sympathisant actif de la cause Palestinienne. Voir le vidéo. version complète. (Je l'aurais mis ici, mais la première partie est très critique à l'égard d'Israël et je suis incapable de mettre la version complète sur mon site. Boycotte, censure??? impossible de vous le dire. J'ai mis à la fin de l'article la version You Tube ou est absente la partie critique)


Il a réalisé son premier court métrage, « Continuons le combat », en 1971, un film qui dresse un parallèle entre la lutte sportive et l'identité politique des Québécois.

Le film qui le fera connaître comme cinéaste engagé est « Pea Soup », sorti en 1978. Le film est le fruit de six ans de travail, sans aide de l'Office national du film et sans rémunération. Il s'agit d'un documentaire qui tente de démontrer l'aliénation des Québécois face au pouvoir économique. Le film a été tourné dans des usines et donne la parole aux ouvriers.

Il réalise en 1981 la première des aventures comiques d'Elvis Gratton, un fédéraliste grossier et caricatural joué par son bon ami le comédien Julien Poulin.

Ses films les plus connus sont « 15 février 1839 », « Octobre », « Le steak », « Le Party », et « Le temps des bouffons ».

Il a aussi publié plusieurs livres, dont « La liberté n'est pas une marque de yogourt », en 1995, « Les boeufs sont lents, mais la terre est patiente », en 1999, et « Il n'y a rien de plus précieux que la liberté et l'indépendance », sortie cette année.

Le cinéaste Michel Brault résume bien qui était Falardeau : « Pierre était d'abord un grand patriote, flamboyant et impatient. Il a dû se battre pour s'exprimer en toute liberté. Son premier et unique sujet a été son pays, le Québec, et ses compatriotes qu'il aimait par-dessus tout. Comme un bûcheron, ses films sont faits à la hache et au godendart. Ils ont le timbre de sa voix, que nous n'oublierons plus jamais. »

Source Radio Canada

Je ne partage pas tous les points de vues que Falardeau a pu émettre, mais, une chose que j'apprécie de lui, c'est son franc-parler contrairement à certains, dont je préfère taire l'identité. Il préférait crever plutôt que de se mettre à genoux et se vendre pour une poignée de dollars.




Le Temps des Bouffons: un film choc de Pierre Falardeau Il faut le voir



samedi 26 septembre 2009

Mouammar Kadhafi ne viendra pas au Canada

Vendredi j'annoncais la visite de Mouammar Kadhafi. Et bien le programme est changé il ne viendra pas au Canada. Dommage pour Lawrence Cannon, le ministre des affaires étrangères, car il ne pourra pas faire son show tel que prévu.

Par contre le Le dirigeant libyen a profité de son séjour a New york pour présenté ses condoléances aux familles victimes de l'attentat de Lockerbie (1).

« J'ai présenté mes condoléances aux familles pour ceux qu'elles ont perdus. Elles ont de leur côté présenté leurs condoléances pour ma fille qui a été tuée dans le raid américain en 1986 », a-t-il déclaré au cours d'une entrevue accordée au réseau CNN, diffusée vendredi.

« C'était une rencontre amicale », a-t-il affirmé. « Personne ne peut soutenir un acte comme celui-ci et ne pas être ému par une telle tragédie. Qu'il s'agisse de Lockerbie ou du raid de 1986 contre la Libye. Nous sommes tous des familles de victimes », a-t-il ajouté.

Il a déclaré que la Libye avait accepté de prendre la « responsabilité civile » d'un geste commis par un de ses citoyens, mais en aucun cas la « responsabilité criminelle ».

Lisa Gibson, la soeur d'une des victimes de l'attentat, a confirmé avoir rencontré l'homme fort de Tripoli mercredi en compagnie d'un proche d'une autre victime. Se voyant comme une « ambassadrice de la réconciliation » entre Libyens et Américains, elle a dit qu'elle lui avait « souhaité la bienvenue en Amérique » et qu'il les avait reçues « chaleureusement ».

Monsieur Cannon, avant de donner des leçons, devrait suivre l'exemple de Kadhafi au lieu de jouer au matamore et demander à ses amis d'Israël de dédommager les habitants de Gaza qui ont subi de lourdes pertes en vie humaine (1400 décès sans comptabiliser les blessés) et dommages matériels. ( Et en 2003, la Libye était tombée d'accord pour verser plus de 2,1 milliards de dollars aux familles des 270 personnes mortes dans l'attentat de Lockerbie, dont 180 Américains et 52 Britanniques.)

1- Le 21 décembre 1988, le vol 103 de la compagnie aérienne PanAm avait explosé en plein vol au-dessus du village écossais de Lockerbie, peu après son décollage de Londres à destination de New York.