lundi 28 février 2011

Libye, un nouveau partage impérialiste?

Je vais me faire l'avocat du Diable. La Libye est beaucoup plus importante pour les forces occidentales (impérialistes ne l'oublions pas) qui veulent mettre fin au régime de Kadhafi, car il regorge de ressources naturelles dont nous avons besoin. Cette pseudo révolution certes alimentée par des raisons justes, ne doit pas faire oublier que Kadhafi représente pour l'occident une épine et depuis longtemps. Souvenez vous des néoconservateurs Américains en 1998 qui identifiait les régimes (Iran, Irak, Lybie, Corée du Nord) qui posaient menaces dans un document intitulé « The Project for the New American Century » (PNAC)...

Les forces qui luttent présentement contre Kadhafi ne parlent pas de ce qu'ils veulent faire avec leur principale richesse qui est le pétrole convoité par l'Union européenne principale importatrice et les États-Unis qui n'y ont pas accès. Assistons-nous à un nouveau partage des ressources entre les grandes puissances (France, Grande-Bretagne, États-Unis Allemagne, Italie?

N'oubliez pas que les Américains ont des pourparlers avec des groupes d'opposants sans mentionner lesquels? Qu'en Libye on retrouve 5 millions de cellulaires et pourtant nous ne recevons pas beaucoup d'images à part ceux qui proviennent de Benghazi, où résident des internautes bien formés dont on peut voir leur travail, voir the Guardian UK.

Il y a anguille sous roche et je suis très perplexe sur cette prétendue « révolution ». J'ai comme la nette impression d'un coup d'État militaire. N'oubliez pas que son voisin égyptien (1 voir remarque) et tunisien ne parle pas fort malgré les tensions internes, car la direction par intérim reste un allié des Américains... et de plus ne possède pas de puits de pétrole.

Espérons que nous n'allons pas assister à un nouvel Afghanistan ou à un bourbier irakien...!!!

Nos pays impérialistes sont vites sur la gâchette et cohérents avec leur principe. Lors du coup d'État au Honduras qu'on fait nos amis de la démocratie? Rien. Lors du bombardement sauvage d'Israël sur Gaza, qu'ont fait nos bons démocrates (impérialistes)? Rien. On pourrait allonger la liste, mais disons que je vais me contenter de ceux-là pour l'instant.

Tout ça pour dire que leur intérêt passe bien avant le bien-être des peuples et comme des couleuvres ils utilisent bien leur langue fourchue pour endormir leur proie. Leur morale et leur éthique ne sont qu'un paravent qui ne sert qu'à mystifier les crédules, car c'est dans les coulisses que se joue la vraie « game », le reste n'étant que « frame »

(1) Remarque

Ahmed Chafik, un militaire, a été maintenu à la tête du gouvernement par le Conseil suprême, qui refuse pour l’instant de lever l’état d’urgence. Les priorités sont claires? : la sécurité et l’économie. L’armée est un acteur majeur de la vie économique depuis la présidence de Sadate dans les années 1970. Important propriétaire terrien, elle a aussi partie liée avec de nombreux secteurs industriels, y compris civils (immobilier, automobile, agro­alimentaire…). Les militaires jouissent de revenus largement supérieurs à ceux des civils, dont ils vivent déconnectés (exonération de taxes, soins médicaux de qualité, clubs privés…). La somme de 1,3 milliard de dollars injectée chaque année en aide militaire par les États-Unis alimente indirectement des prébendes qu’ils ne voudront probablement pas voir récupérer par un État réformateur.



Depuis quand mordons-nous la main qui nous nourrit?





L'ambassadeur libyen à Washington, qui a fait défection, a été remplacé
Source Romandie.com

Libye, Fillion menace d'utiliser l'OTAN?

Les impérialistes menacent

« Nous étudions toutes les solutions pour faire en sorte que le colonel Kadhafi comprenne qu'il doit s'en aller. (...) Je sais qu'on évoque des solutions militaires, ces solutions font l'objet d'évaluation de la part du gouvernement français », a affirmé M. Fillon sur RTL.

« J'ai entendu plusieurs observateurs expliquer qu'il fallait par exemple interdire le survol du territoire libyen. C'est une option qui est étudiée », a-t-il poursuivi.

Mais, selon le chef du gouvernement français, une telle décision « ne peut être prise que sur la base d'une décision du conseil de sécurité des Nations unies (...) et ne peut l'être que dans le cadre d'une opération conjointe avec des grands pays ».

« Personne aujourd'hui en Europe n'a les moyens tout seul de réaliser cette opération. Il faudrait donc impliquer l'OTAN et je pense là qu'il y a une réflexion à avoir», a avancé le premier ministre.

« Est-ce que l'OTAN doit être impliquée dans une guerre civile au sud de la Méditerranée? C'est une question qui pour le moins mérite d'être réfléchie avant d'être lancée », a-t-il souligné.

Source AFP

NON À UNE INTERVENTION MILITAIRE DE L'OTAN


Le Pentagone a indiqué que l'armée américaine positionnait des forces navales et aériennes autour de la Libye. « Nous sommes en train de repositionner des forces en vue d'avoir la flexibilité nécessaire une fois que les décisions auront été prises », a indiqué à des journalistes le porte-parole du Pentagone, Dave Laplan.
Source L'Express.fr

Égypte : les mouvements sociaux, la CIA et le Mossad

Une analyse intéressante surtout dans le contexte où la Libye traverse une vague sans précédent de manifestations qui laisse planer des doutes sur la possibilité de voir de véritable changement.

Les mouvements de masse qui ont forcé le renvoi de Moubarak révèlent à la fois la force et les faiblesses des soulèvements spontanés.
par James Petras

D’une part, les mouvements sociaux ont démontré leur capacité de mobiliser des centaines de milliers, sinon des millions de personnes, dans une lutte soutenue et menée à bien, culminant par le renversement d’un dictateur, et ce, d’une façon dont auraient été incapables (ou peu désireuses) les partis et personnalités d’opposition pré-existants.

D’autre part, vu l’absence de la moindre direction politique nationale, les mouvements n’ont pas été à même de prendre le pouvoir politique et de concrétiser leurs revendications, permettant ainsi au haut commandement militaire de Moubarak de s’emparer du pouvoir et de définir le processus de l’« après-Moubarak » et garantissant de la sorte le maintien de la subordination de l’Égypte aux États-Unis, la protection de la richesse illicite du clan Moubarak (70 milliards de dollars), la pérennité des nombreuses sociétés appartenant à l’élite militaire et la protection de la classe supérieure.

Les millions de personnes mobilisées par les mouvements sociaux en vue de renverser la dictature ont été efficacement exclus par la nouvelle junte autoproclamée « révolutionnaire » en définissant les institutions et mesures politiques, sans parler des réformes socioéconomiques nécessaires pour faire face aux besoins élémentaires de la population (40 % des Égyptiens vivent avec moins de 2 dollars par jour et le chômage des jeunes dépasse les 30 %). L’Égypte – comme c’est également le cas des mouvements estudiantins et sociaux populaires contre les dictatures de Corée du Sud, de Taiwan, des Philippines et de l’Indonésie – démontre que le manque d’organisation politique nationale permet aux personnalités et partis de l’« opposition » néolibérale et conservatrice de remplacer le régime. Ils se sont arrangés pour instaurer un régime électoral qui continuera à servir les intérêts impérialistes et à dépendre de l’appareil d’État existant tout en le défendant. Dans certains cas, ils remplacent les vieux copains de l’impérialisme par de nouvelles têtes. Ce n’est pas un hasard si les mass media encensent le caractère « spontané » des luttes (et non les revendications socioéconomiques) et confèrent un éclairage favorable au rôle de l’armée (sans considération pour les 30 ans durant lesquels cette dernière aura été le bastion de la dictature). Les masses sont encensées pour leur « héroïsme », la jeunesse de leur « idéalisme », mais on ne les propose jamais comme acteurs politiques centraux dans le nouveau régime. Une fois la dictature tombée, l’armée et les électoralistes de l’opposition ont « célébré » le succès de la révolution et se sont empressés de démobiliser et démanteler le mouvement spontané, afin de faire place nette pour des négociations entre les hommes politiques électoralistes libéraux, Washington et l’élite militaire dirigeante.

Alors que la Maison-Blanche peut tolérer, voire promouvoir les mouvements sociaux en évinçant (« sacrifiant ») les dictatures, elle a bel et bien l’intention de préserver absolument l’État. Dans le cas de l’Égypte, le principal allié stratégique de l’impérialisme américain n’était pas Moubarak, mais bien l’armée, avec laquelle Washington était en collaboration constante avant, pendant et après l’éviction de Moubarak, faisant ainsi en sorte que la « transition » vers la démocratie (sic) puisse garantir la poursuite de la subordination de l’Égypte à la politique et aux intérêts américains et israéliens dans le Moyen-Orient.

La révolte du peuple : les échecs de la CIA et du Mossad

La suite sur Mondialisation. ca

Libye les impérialistes agissent

Le soulèvement populaire qui agite la Libye est devenu le bon prétexte pour les impérialistes qui en profite pour mettre des mesures en place qui desservira à long terme le peuple libyen. Kadhafi, malgré tous ses défauts, représentait une épine dans le pied des exploiteurs et le peuple doit se méfier de ses nouveaux sauveurs qui devront se soumettre aux dictats de différents pays impérialistes.

Le Canada, pays impérialistes, gèle tous les avoirs libyens en sol canadien tout comme les impérialistes français, britanniques et américains qui va dans le même sens. L'objectif mettre à genou Kadhafi forçant ainsi la main des nouveaux dirigeants à se plier aux volontés des impérialistes. Cette révolte aussi juste soit-elle pour l'instant risque de devenir leur futur cauchemar?

Le contrôle des champs pétroliers par les forces rebelles deviendra un objet de chantage et de partage pour les pays impérialistes et les différentes compagnies qui les desservent. Les rebelles s'ils ont la réelle volonté de contrôler leur indépendance politique doivent nationaliser immédiatement les champs pétrolifères. Si ce prétendu comité révolutionnaire n'agit pas en ce sens, c'est qu'il ne souhaite pas de véritable changement. Cette richesse est la propriété du peuple libyen et nous savons tous que les impérialistes en lutte entre eux aimeraient bien se l'approprier.

« Jay Carney, porte-parole de la Maison Blanche, a affirmé que les États-Unis étaient en contact avec des groupes de la rébellion en Libye, mais qu'il était “prématuré” d'évoquer une reconnaissance de l'un ou de l'autre par Washington. » cite l'Express.fr

Quant à Hillary Clinton, elle est arrivée dimanche à Genève, où elle multiplie depuis les entretiens avec ses homologues en vue de préparer « l'après-Kadhafi » en Libye.

Il est clair que la chute de Kadhfi profite aux différents pays impérialistes qui veulent mettre la main sur les ressources pétrolières D'ou la nécessité pour les rebelles de clarifier leur position le plus rapidement. Sinon nous assisterons qu'à un changement de garde.

À Lire : Libye : Suspicion légitime, dangereuse inaction. Info Palestine.net

« Une intervention « militaro-humanitaire » est rendue de plus en plus plausible par la constitution d’une force navale substantielle à proximité des eaux territoriales libyennes. La suspension par l’Italie de son pacte de non-agression avec la Libye conforte les inquiétudes des observateurs, qui voient dans la programmation des réactions occidentales une mise en condition de l’opinion publique internationale pour une aventure militaire destinée à « sécuriser » les puits et les canalisations pétrolières sous le prétexte de protection du peuple libyen. »




Vive les révolutions arabes! Vive le pouvoir des peuples! Vive la liberté
Salah Hamouri

Les gouvernements occidentaux se doivent de réviser leurs positions concernant le Proche - orient avant qu’il ne soit trop tard.
Depuis les cellules de la prison, on peut entendre des voix parfois indignées qui parlent des droits de l’Homme… Ces hommes politiques, ces gouvernements qui prétendent défendre les droits de l’Homme et appliquer la justice savent-ils ce qui se passe dans les prisons de l’occupation israélienne? Savent-ils que plus de 8000 prisonniers sont victimes de mort lente?

Parfois des voix s’élèvent lors de réunions au sommet, il arrive que quelqu’un parle des prisonniers politiques palestiniens, mais on parle de nous comme des terroristes, des numéros sans visage alors que comme tous les êtres humains, nous sommes parfois faibles, parfois forts, nous aimons et nous détestons, nous rions, nous avons même des moments de joie ou nous pleurons aussi quand nous pensons à nos familles.

Pour exprimer notre souffrance, il me faudrait écrire 10 livres, mais même une encyclopédie ne ferait pas bouger vos consciences s’il vous en reste une après la course au pétrodollar de l’Oncle Sam qui occupe l’Irak en guise de démocratie.

Vous soutenez la justice et les droits de l’Homme dans certains endroits du monde, mais ici, vous soutenez et légitimez l’occupation et nous en payons le prix dans nos cellules. Avez-vous déjà imaginé une femme palestinienne accouchant en prison, les pieds et mains liés? Avez-vous déjà vu un enfant de 12 ans menotté à un check point et laissé des heures au soleil ou sous la pluie par la volonté d’un simple soldat? Savez-vous qu’un grand nombre de mes camarades a déjà passé plus de 20 ans derrière les barreaux? Beaucoup ont perdu leurs parents sans pouvoir leur dire « adieu.

Les gouvernements occidentaux se doivent de réviser leurs positions concernant le Proche - orient avant qu’il ne soit trop tard. Depuis quelque temps, les révolutions de peuples arabes sont en train de mettre fin à des dictatures qui ont le plus souvent servi vos intérêts au lieu de défendre leurs peuples.

Vive les révolutions arabes! Vive le pouvoir des peuples! Vive la liberté.

Section 1 Prison de Guilboa,
Source Association France Palestine

dimanche 27 février 2011

Tunisie, un remplaçant au passé douteux (vidéo)

Mohammed Ghannouchi a annoncé qu'il démissionnait de sa fonction « pour créer une meilleure atmosphère pour la nouvelle ère » qui commence. « Je ne suis pas un homme de répression », a-t-il expliqué. (source Les Échos.fr)

Le président par intérim Fouad Mébazzâ a annoncé dimanche la nomination de Béji Caïd-Essebsi comme nouveau Premier ministre de Tunisie dans une intervention à la radio tunisienne.

Cette nomination intervient après la démission de Mohamed Ghannouchi qui dirigeait le gouvernement de transition depuis la chute du président Zine El Abidine Ben Ali.




Qui est Béji Caïd Essebsi?

Béji Caïd Essebsi, un avocat réputé du barreau de Tunis.


Selon les plusieurs témoins, cet ex-ministre de l'Interieur sous Ben-Ali aurait demandé à la police d’ouvrir le feu sur les manifestants faisant Un Mort et plusieurs blessés!

Béji Caid Essebsi a bien publié récemment ses mémoires (qui s’étendent sur 525 pages, grand format), mais il oublie de mentionner dans ses mémoires la mort du syndicaliste Hassen Saadaoui dans les locaux du ministère de l’Intérieur et la répression des manifestations de Borj Rais en 1965 (5 morts et plusieurs blessés) sans parler de la torture alors qu'il était Directeur de la Sureté. Il a déclaré en 2002 qu’il n’était pas au courant.

Ça augure mal pour les Tunisiens, quand la mémoire fait défaut.

Source Sami Ben Abdallah

Libye, « révolution » ou changement de garde? (Vidéo)

Les manifestants ont gagné l’appui de certains généraux de Kadhafi, mais sont-ils vraiment des révolutionnaires ou des partisans de la démocratie véhiculée par Washington?

La Grande-Bretagne dispose de compagnie pétrolière dans les endroits contrôlés par les rebelles... les rebelles entendent-ils reprendre le contrôle de leur industrie ou bien laisser la direction de ses entreprises dans les mains des impérialistes britanniques? Surtout quand on voit apparaitre le drapeau du roi Idris la marionnette des Britanique dans les années 1950. Certains progressistes restent sceptiques, car ils attendent de voir leur programme politique.

Reprendre le contrôle de ses ressources naturelles est la tâche première des révolutionnaires.



British Royal Marines stand and the port at Benghazi (The Guardian.UK)

Quand flottent sur les places les drapeaux du roi Idris
Se sventolano in piazza le bandiere di re Idrish
Par Manlio Dinucci

« Benghazi conquise, les insurgés ont amené le drapeau vert de la République libyenne, et hissé le pavillon rouge, noir et vert, avec le croissant et l’étoile : le drapeau monarchique du roi Idris. Le même que celui qu’ont hissé les manifestants (y compris ceux de Pd et Rifondazione comunista) sur le portail de l’ambassade libyenne à Rome, au cri de “Voici le drapeau de la Libye démocratique, celle du roi Idris”. Un acte symbolique, riche d’histoire et d’actualité brûlante ».

Sur la base d‘un traité vingtennal d’« amitié et alliance » avec la Grande-Bretagne, en 1953, le roi Idris concéda aux Anglais, en échange d’une assistance militaire et financière, l’utilisation de bases aériennes, navales et terrestres en Cyrénaïque et Tripolitaine. Un accord analogue fut conclu en 1954 avec les Etats-Unis, qui obtinrent l’utilisation de la base aérienne de Wheelus Field aux portes de Tripoli. Elle devint la principale base aérienne états-unienne en Méditerranée. Etats-Unis et Grande-Bretagne disposaient en outre, en Libye, de polygones de tir pour l’aviation militaire. Avec l’Italie, le roi Idris conclut en 1956 un accord qui non seulement la disculpait de tous les dommages causés à la Libye, mais permettait à la communauté italienne en Tripolitaine de garder pratiquement intact son patrimoine.

La Libye devint encore plus importante pour les Etats-Unis et la Grande-Bretagne quand, à la fin des années 50, la compagnie états-unienne Esso (Exxon Mobil) confirma l’existence de grands gisements pétrolifères et que d’autres furent découverts tout de suite après. Les plus grandes compagnies, comme l’états-unienne Esso et la britannique British Petroleum, obtinrent d’avantageuses concessions qui leur assuraient le contrôle et le gros des profits du pétrole libyen. L’italienne Eni, à travers Agip, obtint aussi deux concessions. Pour mieux contrôler les gisements, la forme fédérale de gouvernement fut abolie en 1963, en éliminant les régions historiques de Cyrénaïque, Tripolitaine et Fezzan.

Manlio Dinucci Il manifesto

Traduction : Marie-Ange Patrizio International Solidarity Movement





Benghazi.
Un Conseil national libyen a été formé, même si sa composition et son mode de fonctionnement ne sont pas encore définitivement arrêtés.

Un porte-parole de ce Conseil a déclaré qu'aucun contact n'avait été établi avec des gouvernements étrangers et que ces derniers ne devaient pas intervenir.

Il a en outre exclu toute négociation avec le régime du colonel Kadhafi.

« Nos frères à Tripoli disent : nous allons bien pour le moment, nous n'avons pas besoin d'aide. S'ils réclament de l'aide, nous sommes prêts à intervenir », a dit le général Ahmed el Gatrani, l'un des plus hauts gradés des mutins de Benghazi.

Dans la nuit de samedi à dimanche, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté à l'unanimité une résolution imposant un embargo sur les livraisons d'armes, une interdiction de voyager et un gel des avoirs de Kadhafi et de ses proches. La résolution prévoit aussi la saisine de la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye pour la répression sanglante des manifestations.

« L'ONU n'est pas habilitée à s'ingérer dans les affaires intérieures des pays, sauf si un pays en attaque un autre », a réagi Mouammar Kadhafi, selon la chaîne de télévision serbe Pink.

Source Le Point.fr

Libye, Bloody oil (vidéo)

Les impérialistes jubilent, Kadhafi dehors nous pourrons mettre la main sur leur réserve de pétrole et les sanctions mettront le peuple libyen à genoux forcé de reconnaitre notre direction. Finie, le grand rêve de Kadhfi d'unir les forces africaines, nous les soumettrons à notre diktat et que ceux qui élèvent leur voix contre l'oppression se le disent, la démocratie qu'il faut suivre, c'est nous l'occident impérialiste, qui là, dictons.

Merci à Gilad Atzmon pour la vidéo



Tunisie, les manifestations se poursuivent (vidéo)

De nouveaux affrontements ont éclaté dimanche, au centre de Tunis, au lendemain de manifestations qui ont fait trois morts.

Les jeunes ont tenté de se rendre au ministère de l'Intérieur. Ils ont brisé les vitres d'immeubles en lançant des pierres et ont dressé des barricades. Ils ont défié l'interdit du ministère de circuler pour les piétons et les voitures dans l'avenue Habib Bourguiba à partir de samedi 18 h jusqu'à dimanche minuit.

Samedi, de violents affrontements avaient eu lieu au même endroit. Selon le ministère, trois personnes ont été tuées et neuf autres autres hospitalisées. Le ministère a aussi annoncé qu'une centaine de personnes avaient été arrêtées.

Si les autorités attribuent ces actes « à un groupe d'agitateurs », il faut dire que pour de nombreux Tunisiens, la police symbolise toujours la répression du régime du président Zine El Abidine Ben Ali, chassé du pouvoir le 14 janvier.

Des heurts semblables avaient eu lieu précédemment. Vendredi, les manifestants ont tenté de pénétrer dans le ministère de l'Intérieur et ont incendié trois commissariats.

Quelque 100 000 personnes s'étaient rassemblées dans les rues de la capitale pour demander le départ du gouvernement de transition dirigé par Mohammed Ghannouchi.

Deux journaux tunisiens pensent que le pays risque de s'enliser dans le chaos si le gouvernement transitoire reste « insensible » au message du peuple.

L'équipe de transition, ignorant ces appels, a annoncé la tenue d'élections au plus tard à la mi-juillet, sans préciser s'il s'agissait d'un scrutin présidentiel ou législatif.

Source Radio Canada

À lire : Libye, les impérialistes jubilent

samedi 26 février 2011

Libye, les impérialistes jubilent

Dans le langage tiède des réformistes, quand on parle des pays de l'Occcident on oublie de mentionner que ce sont des pays impérialistes pour qui le souci des peuples leur importe peu à moins qu'il ne dispose de richesses qu'ils convoitent.

Les mouvements de protestation qui secoue la Tunisie, l'Égypte, la Libye, Bahreïn, le Yémen, le Soudan est l'occasion rêvée pour les impérialistes qu'ils soient Américains, Britanniques, Français, Canadiens et autres de profiter de ces perturbations pour y réinstaller leurs prochaines marionnettes.

En Tunisie malgré le départ de Ben Ali le mouvement de contestation se poursuit et fait face aux mêmes acteurs reconvertit en pseudo réformistes. Les prochains mois seront déterminants pour l'avenir du mouvement. Aujourd'hui les manifestations ont fait 3 morts.

En Égypte, malgré le départ de Moubarak, les principaux acteurs politiques sont les mêmes qui agissaient sous l'ancien régime. Leur particularité c'est qu'ils ont tout leur temps pour placer leurs pions sous l'oeil approbateur des impérialistes qui dirige en coulisse. Ce n'est pas une surprise et le peuple égyptien n'est pas dupe et voit bien, comme les Tunisiens, que leur lutte est loin de prendre fin.

La Libye, contrairement à la Tunisie et l'Égypte, dispose de ressources pétrolières importantes et Kadhfi malgré tous les défauts représentait une épine pour les puissances impérialistes. Avec le mouvement de contestation, l'occasion est propice pour mettre en place des mesures de coercition qui feront basculer la population dans le camp des impérialistes ce qui explique la rapidité avec laquelle les puissances ont adopté des mesures de sanctions beaucoup plus rapidement . Ne soyons pas dupes, Kadhfi parti,les nouveaux requins ( les repentis militaire et ex de Kadhfi ) reprendront le contrôle sous l'oeil bienveillant des puissances impériales... Le cas de l'ambassadeur libyen à l'ONU nous porte à croire que les États-Unis payeront le prix fort pour s'assurer de la collaboration de leur nouveau poulin...

D'ailleurs un gouvernement provisoire a été mis en place à Benghazi la région riche en pétrole.

«Le journal libyen Kourina rapporte que l'ancien ministre de la Justice, Moustafa Mohamed Aboud Adjleïl, a formé un gouvernement provisoire à Benghazi dans l'est du pays.Moustafa Mohamed Aboud Adjleïl, qui avait démissionné en raison de la répression du soulèvement contre Mouammar Kadhafi, a affirmé que le moment n'est pas aux règlements de compte en Libye et que la tribu de Kadhafi est pardonnée. Selon l'agence Reuters, aussitôt annoncé, le gouvernement provisoire a reçu l'appui de l'ambassadeur de Libye aux États-Unis, Ali Aoudjali.» Source Radio Canada

Libye, retour à la monarchie ou inconscience politique? (vidéo)

Le drapeau de la monarchie libyenne flotte à l'ambassade de la Libye aux États-Unis, ancien symbole du roi Idris qui avait été une marionnette de l’impérialisme américain et britannique. Est-ce à dire que la « révolution populaire » veut un retour à la monarchie???

Un retour en arrière ou une absence de conscience politique?

Lire Réflexion sur les révoltes au Proche-Orient. Une approche des néo-conservateurs américains en 1998 dont l'objectif essentiel au Moyen-Orient consistait à redessiner le paysage politique de la région de manière à ce qu'il soit plus propice aux intérêts états-uniens et israéliens. Dans l'optique du PNAC (Project for the New American Century), cela supposait que l'on établisse une présence militaire dans la région du Golfe et que l'on réforme ou remplace au moyen de la force militaire ce que les néoconservateurs considéraient comme des régimes arabes corrompus et despotiques générant du fanatisme et qui, selon qu'ils étaient ou non des « clients » des États-Unis encourageaient secrètement ou ouvertement l'antisémitisme et toléraient les ecclésiastiques qui prêchent le djihad contre l'Occident...

L'ambassadeur de Libye à l'ONU exhorte le Conseil de sécurité à opter pour une « résolution courageuse » ( Est-ce à dire militaire?)

Le représentant permanent de la Libye auprès des Nations Unies, Abdurrahman Mohamed Shalgham, a exhorté vendredi le Conseil de sécurité à opter pour une « résolution courageuse » pour « sauver la Libye ».

« Nations Unies, nous avons besoin d'une résolution courageuse de votre part », a instamment demandé M. Shalgam lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU.

M. Shalgam a prononcé son discours alors que le Conseil de sécurité devait se rencontrer à nouveau à huis clos plus tard dans la journée vendredi pour décider de la conduite à tenir pour répondre à la crise actuelle en Libye.

Après avoir informé le Conseil, M. Shalgam s'est exprimé pendant plusieurs minutes sur un mode personnel et passionné pour appeler à des sanctions contre le régime libyen.

Plus tôt vendredi, Ban Ki-moon, qui a également prononcé un discours devant le Conseil de sécurité, a qualifié la situation en Libye de « profondément inquiétante », et a appelé la communauté internationale à « intervenir et prendre des mesures de protection de manière résolue, immédiate et collective. » Source CRI OnLine


À lire : Libye, Monarchie, démocratie ou retour des militaires ?



À quand une résolution pour les crimes de guerre d'Israël commis dans la bande de Gaza... le conseil de sécurité de l'ONU perd de plus en plus, de sa crédibilité, en appliquant la politique deux poids deux mesure.

Tunis, de violents affrontements opposent manifestants et forces de l'ordre.

Les forces de l'ordre ont dispersé samedi une nouvelle manifestation devant le ministère de l'Intérieur, en plein centre de Tunis.

Plusieurs policiers, en civil et cagoulés, se sont lancés avec des bâtons de bois dans des rues perpendiculaires à l'avenue Habib Bourguiba où est situé le ministère de l'Intérieur, à la recherche de manifestants.

Sous une fine pluie, des manifestants couraient à toute vitesse en direction du souk, situé à proximité, tandis que la police procédait à de nombreuses arrestations, parfois musclées, dans le centre-ville. Furieux, ils pestaient contre les passants.

« Rentrez chez vous, enfants de m..., je vais vous apprendre ce que c'est la démocratie », s'écriait un des policiers, pris lui aussi dans un nuage de gaz lacrymogène.

Ce nouveau rassemblement de manifestants a eu lieu au lendemain de violents affrontements entre policiers et groupuscules qui avaient tenté de pénétrer dans le ministère et avaient incendié ou saccagé trois commissariats dans le centre.

Vingt-et-un policiers ont été blessés et plusieurs véhicules de police incendiés, a indiqué samedi le ministère de l'Intérieur.

Plus de 100.000 personnes, mobilisées via Facebook, avaient réclamé vendredi le départ du gouvernement de transition dirigé par Mohammed Ghannouchi au cours de la plus grande manifestation à Tunis depuis la chute de Ben Ali le 14 janvier.

Au lendemain de cette manifestation géante et des heurts qui ont suivi, deux journaux tunisiens ont averti que le pays risquait de s'enliser dans le chaos, si le gouvernement transitoire restait « insensible » au message du peuple.

Source France 24


Une Banderole en Tunisie que l'on ne voit pas beaucoup en Libye USA-EU(Union Européenne)
GAME OVER


On dit qu'une image vaut mille mots

À lire :

1 Égypte un coup d'État financé par les États-Unis

2 La Libye menacé par les impérialistes

3 La Libye et l'impérialisme

Égypte : un coup d'État financé par les États-Unis?

Extrait du texte
Les dictateurs sont « éjectables » : Montée et déclin des sbires militaires des États-Unis
L’histoire se répète-t-elle? Du « roi de Java » au pharaon d’Égypte
par Michel Chossudovsky

De Suharto à Moubarak : l’histoire se répète?

En Égypte, la machine militaire domine après la chute de Moubarak. Le feld-maréchal Mohamed Hussein Tantawi, ministre égyptien de la Défense, commandant en chef des Forces armées et chef du conseil supérieur de l'armée depuis le 11 février 2011, est le chef d'État de facto et Omar Souleimane est vice-président. Les deux hommes ont été désignés par les États-Unis.

Tantawi a noué il y a longtemps des liens dans les plus hautes sphères de l'armée étasunienne, soit depuis l'époque où il était au commandement des forces alliées durant la guerre du Golfe en 1991. Ahmed Shafik, un ancien commandant en chef de l'Armée de l'air occupe le poste de premier ministre.

Non seulement l'armée a le mandat d'implanter la démocratie, mais plusieurs leaders de l'opposition, dont Mohammed ElBaradei, ont aussi appelé la population Égyptienne à appuyer l'armée.

L'opposition dans la société civile, soutenue par les États-Unis (comprenant Kefaya et le Mouvement du 6 avril) est en contact à la fois avec les militaires et l'ambassade étasunienne. On rapporte que ses membres « ont rencontré de hauts gradés du conseil supérieur de l'armée ». « Les manifestants ont dit que les généraux avaient exprimé leur sincère intention de préserver les gains de la révolution.» (Egypt's opposition fights itself as army tightens control - World Wires - MiamiHerald.com, 14 février 2011)

Sincère intention? Souleimane et Tantawi, maintenant tous deux responsables de la « transition démocratique » au nom du mouvement de protestation, sont les nouveaux sbires militaires de Washington. Tant pis pour la démocratie. Les deux hommes sont chargés de torturer au nom de la CIA en vertu du programme de « restitution extraordinaire » de l'agence.

L'Égypte est la destination la plus courante pour les suspects envoyés par les États-Unis dans le but d'être interrogés et, en dernier lieu, torturés. La restitution extraordinaire, c'est [...] parfois la torture par procuration ou l'externalisation de la torture. Parfois les agents de la CIA vont avec les détenus dans la salle d'interrogatoire. La plupart du temps toutefois, ils sont à l'extérieur de la salle et entrent une fois que le détenu a été torturé afin de le questionner.

[...] Les États-Unis envoient 1,5 milliard de dollars annuellement à l'Égypte et la majeure partie de cet argent va à l'armée. Et pourtant, les États-Unis ont toujours été au courant de ces violations flagrantes des droits de la personne par le gouvernement égyptien. Nous avons financé tout le gouvernement et la police qui commettaient ces actes. Omar Souleimane, le vice-président, était le pilier de la torture égyptienne quand la CIA envoyait des prisonniers en Égypte en vertu de son programme de restitution extraordinaire. En réalité, il a lui-même commis certains des pires actes de torture. Il supervisait la torture par la police secrète et il est pourtant un ami très proche du gouvernement étasunien, y compris de l'administration Obama. (Marjorie Cohn, Egypt was a common destination for torture of detainees sent by U.S, Global Research, 16 février 2010).

Washington tire les ficelles qui contrôlent à la fois l'appareil militaire et l'opposition de la société civile égyptienne. Les détails de la « négociation » entre les représentants du mouvement de protestation et les militaires ont déjà été déterminés par Washington DC.

La société civile et les groupes jeunesse financés par les États-Unis ont trahi le mouvement populaire.

Lire l'intégrale de l'article
Source Mondialisation.ca

vendredi 25 février 2011

Entrevue hier avec Saïf al-Islam, fils de Mouammar Kadhafi, (vidéo)

Fascinante entrevue avec Saïf al-Islam, fils de Mouammar Kadhafi, réalisée hier, en anglais, par le journaliste turc Cuneyt Ozdemir. Le fils Kadhafi accuse notamment de « petits groupes terroristes » d’avoir créé un « État Mickey Mouse » à Benghazi. Il accuse également des « groupes terroristes islamistes » d’empêcher les jeunes filles d’aller à l’université.

On lui pose la question si la famille a un plan de sorti et il mentionne trois plans... voir la vidéo 3 pour la réponse.

Source Sur le Web de radio Canada

Première partie



Partie 2



Partie 3



La Libye menacé par les impérialistes

La Libye dans le grand jeu du nouveau partage de l’Afrique

par Manlio Dinucci

Ceux qui fuient la Libye ne sont pas seulement des familles qui ont peur pour leur vie et de pauvres immigrés d’autres pays nord-africains. Il y a des dizaines de milliers d’autres « réfugiés » qui sont rapatriés par leurs gouvernements par bateaux et avions : ce sont surtout des techniciens et opérateurs des grandes compagnies pétrolières. Pas seulement l’ENI (Ente nazionali idrocarburi, société nationale des hydrocarbures, NDT), qui réalise en Libye environ 15 % de son chiffre d’affaires, mais aussi d’autres multinationales surtout européennes : BP, Royal Dutch Shell, Total, BASF, Statoil, Rapsol. Sont obligés aussi de quitter la Libye des centaines de Russes de Gazprom et plus de 30 mille Chinois de compagnies pétrolières et du bâtiment. Image emblématique de la façon dont l’économie libyenne est interconnectée à l’économie globalisée, dominée par les multinationales.

Grâce aux réserves de pétrole et de gaz naturel, la Libye a une balance commerciale en actif de 27 milliards de dollars annuels et un revenu moyen par habitant de 12 mille dollars, six fois plus élevé que l’égyptien. Malgré les fortes disparités, le niveau de vie moyen de la population libyenne (à peine 6,5 millions d’habitants par rapport aux 85 millions en Égypte) est ainsi plus haut que celui de l’Égypte et des autres pays nord-africains. En témoigne le fait que travaille en Libye environ un million et demi d’immigrés en majorité nord-africains. 85 % des exportations énergétiques libyennes sont destinés à l’Europe : en premier lieu à l’Italie qui en absorbe 37 %, suivi par l’Allemagne, la France et la Chine. L’Italie est au premier rang aussi des importations libyennes, suivie par la Chine, la Turquie et l’Allemagne.

Ce cadre saute à présent sous l’effet de ce qui se caractérise non pas comme une révolte de masses appauvries, comme celles en Égypte et Tunisie, mais comme une vraie guerre civile, due à une fracture dans le groupe dirigeant. Ceux qui ont fait le premier pas ont exploité le mécontentement contre le clan Kadhafi, mécontentement répandu surtout dans les populations de la Cyrénaïque et les jeunes des villes, à un moment où toute l’Afrique du Nord est parcourue de mouvements de rébellion. À la différence de l’Égypte et de la Tunisie, cependant, l’insurrection libyenne apparaît précommandée et organisée.

Emblématiques aussi les réactions dans le champ international. Pékin s’est dit extrêmement préoccupé par les développements en Libye et a « souhaiter un rapide retour à la stabilité et à la normalité ». La raison en est claire : le commerce sino-libyen est en forte croissance (d’environ 30 % rien qu’en 2010), mais à présent la Chine voit mise en jeu toute l’assise de ses rapports économiques avec la Libye, de qui elle importe des quantités croissantes de pétrole. Position analogue à Moscou. Et de signe diamétralement opposé, par contre, celle de Washington : le président Obama, qui face à la crise égyptienne avait minimisé la répression déchaînée par Moubarak et fait pression pour une « transition ordonnée et pacifique », condamne sans moyens termes le gouvernement libyen et annonce avoir à sa disposition « la gamme complète d’options que nous avons pour répondre à cette crise », y compris « les actions que nous pouvons entreprendre et celles que nous coordonnerons avec nos alliés à travers des institutions multilatérales ». Le message est clair : la possibilité existe d’une intervention militaire É.-U./OTAN en Libye, formellement pour arrêter le bain de sang. Tout aussi claire les raisons réelles : Kadhafi renversé, les États-Unis pourraient renverser tout le cadre des rapports économiques de la Libye, en ouvrant la voie à leurs multinationales, jusqu’ici exclues de l’exploitation des réserves énergétiques libyennes. Les États unis pourraient ainsi contrôler le robinet énergétique, dont dépend une grande partie de l’Europe et où s’approvisionne aussi la Chine.

Ceci advient dans le grand jeu de la répartition des ressources africaines, qui voit s’amplifier le bras de fer surtout entre Chine et États unis. La puissance militaire asiatique en ascension - présente avec environ 5 millions d’entrepreneurs, techniciens et ouvriers en Afrique - construit des industries et des infrastructures, en échange de pétrole et autres matières premières. Les États-Unis, qui ne sont pas compétitifs sur ce plan, s’appuient sur les forces armées des principaux pays africains, qu’ils entraînent à travers le Commandement Africa (AfriCom), leur principal instrument de pénétration dans le continent. Maintenant, entre en jeu aussi l’OTAN qui est sur le point de conclure un traité de partenariat militaire avec l’Union africaine, dont sont membres 53 pays. Le quartier général du partenariat OTAN-Union africaine est déjà en construction à Addis-Abeba : une structure très moderne, financée avec 27 millions d’euros par l’Allemagne, et baptisée « Édifice de la paix et de la sécurité ».

Edition de vendredi 25 février de il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Source Mondialisation.ca


À lire «Faut-il intervenir militairement en Libye ?» par Alain Gresh

COMMENTAIRE
Peuple de Lybie, méfiez-vous des dirigeants qui veulent vendre votre pays à l'impérialisme américain. Il faut refuser toute forme d'intervention étrangère dans votre conflit... C'est à vous et vous seuls, libyens, de mener votre lutte. Les couleuvres sont à l'oeuvre dans votre pays pour s’approprier de vos richesses. La Libye n'est pas le Darfour....

Méfiez-vous, Kadhafi ne sert que de poisson pour permettre aux pays étrangers (en particulier les États-Unis) de mettre la main sur vos ressources naturelles.

INFO
La victime bulgare décédée en Libye, et dont la dépouille a été transportée de Benghazi en Égypte vendredi, n'est pas morte par balle, mais de « causes naturelles », selon le ministre des Affaires étrangères bulgare. Parisien

La Libye et l’impérialisme

Sara Flounders

De toutes les luttes qui se déroulent actuellement en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, la plus malaisée à décortiquer est celle qui se passe en Libye.

Quel est le caractère de l’opposition au régime de Kadhafi et qui, rapporte-t-on, contrôle actuellement la ville de Benghazi, dans l’est du pays?

Est-ce précisément une coïncidence si la rébellion a démarré à Benghazi, située au nord des champs pétroliers les plus riches de la Libye et proche en même temps de ses oléoducs, gazoducs, raffineries et port GNL? Existe-t-il un plan de partition du pays?

Quel est le risque d’intervention militaire impérialiste, ce qui pose un très grave danger pour la population de toute la région?

La Libye n’est pas comparable à l’Égypte. Son dirigeant, Mouammar Kadhafi, n’a pas été une marionnette de l’impérialisme comme Hosni Moubarak. Durant de nombreuses années, Kadhafi a été l’allié de pays et de mouvements combattant l’impérialisme. En prenant le pouvoir en 1969, à la faveur d’un coup d’État militaire, il a nationalisé le pétrole libyen et a utilisé une grosse partie de cet argent pour développer l’économie libyenne. Les conditions de vie se sont considérablement améliorées, pour le peuple.

Pour cette raison, les impérialistes étaient bel et bien décidés à écraser la Libye. En fait, en 1986, les États-Unis ont lancé des frappes aériennes sur Tripoli et Benghazi, lesquelles avaient tué 60 personnes, dont la petite fille de Kadhafi – chose que l’on mentionne rarement dans les médias traditionnels. Des sanctions dévastatrices ont été imposées à la fois par les États-Unis et par les Nations unies, afin de couler l’économie libyenne.

Après l’invasion de l’Irak par les Américains, en 2003, et la destruction d’une grande partie de Bagdad via une campagne de bombardement orgueilleusement baptisée « shock & awe » (choc et terreur) par le Pentagone, Kadhafi a tenté d’écarter d’autres menaces d’agression contre la Libye en faisant d’importantes concessions politiques et économiques aux impérialistes. Il a ouvert l’économie aux banques et sociétés étrangères, il a abondé dans le sens des demandes d’« ajustements structurels » émanant du FMI, privatisant ainsi de nombreuses entreprises de l’État et réduisant fortement les subsides de l’État à l’alimentation et au carburant.

Le peuple libyen souffre de ces mêmes prix élevés et du chômage à la base des rébellions qui éclatent ailleurs et qui découlent de la crise économique capitaliste mondiale.

Il ne fait pas de doute que la lutte pour la liberté politique et la justice économique qui balaie actuellement le monde arabe a également trouvé son écho en Libye. On, ne peut douter que le mécontentement suscité par le régime de Kadhafi motive une section signification de la population.

Toutefois, il est important que les progressistes sachent qu’un grand nombre des personnages dont l’Occident fait la promotion en tant que dirigeants de l’opposition sont à long terme des agents de l’impérialisme. Le 22 février, la BBC a montré des séquences où l’on voit à Benghazi des foules qui arrachent le drapeau vert de la république pour le remplacer par celui du monarque renversé (en 1969, NDT), le roi Idris – qui avait été une marionnette de l’impérialisme américain et britannique.

Les médias occidentaux appuient une bonne partie de leurs reportages sur des faits supposés, fournis par le groupe d’exilés du Front national pour la sauvegarde de la Libye, formé et financé par la CIA américaine. Cherchez sur Google en introduisant le nom du front plus CIA et vous découvrirez des centaines de références.

Dans un édito du 23 février, The Wall Street Journal écrivait ceci : « Les États-Unis et l’Europe devraient aider les Libyens à renverser le régime de Kadhafi. » On n’y dit mot des chambres de commission ou des corridors de Washington sur une intervention destinée à aider le peuple du Koweït, de l’Arabie saoudite ou du Bahreïn à renverser leurs dirigeants dictatoriaux. Même avec tout le semblant d’intérêt accordé aux luttes de masse secouant la région actuellement, la chose serait impensable. Quant à l’Égypte et à la Tunisie, les impérialistes tirent sur toutes les ficelles possibles pour retirer les masses des rues.

Il n’a pas été question d’intervention américaine pour aider le peuple palestinien de Gaza quand des milliers de personnes ont perdu la vie suite au blocus, aux bombardements et à l’invasion par Israël. Ce fut exactement le contraire : les États-Unis sont intervenus afin d’empêcher la condamnation de l’État sioniste occupant.

Il n’est pas difficile de voir où résident les intérêts de l’impérialisme, en Libye. Le 22 février, Bloomberg.com disait, à ce propos, que, tout en étant le troisième(quatrième) pays producteur de pétrole de l’Afrique, la Libye est en même temps le pays qui possède les plus importantes réserves – prouvées – du continent, avec 44,3 milliards de barils. C’est un pays à la population relativement peu nombreuse, mais qui doté d’un important potentiel de production de bénéfices pour les compagnies pétrolières géantes. Voilà comment les grosses fortunes voient la Libye et c’est ce qui sous-tend les préoccupations qu’elles expriment quant aux droits démocratiques du peuple libyen.

Obtenir des concessions de Kadhafi ne suffit pas, pour les barons impérialistes du pétrole. Ils veulent un gouvernement dont ils peuvent disposer directement, le cadenasser, le tenir en dépôt et le mettre en fût. Ils n’ont jamais pardonné à Kadhafi d’avoir renversé la monarchie et nationalisé le pétrole. Dans sa rubrique « Réflexions », Fidel Castro, de Cuba, met en exergue la soif de pétrole de l’impérialisme et met en garde contre le fait que les États-Unis posent actuellement les bases d’une intervention militaire en Libye.

Aux États-Unis, certaines forces tentent de lancer au niveau de la rue une campagne de promotion en faveur d’une telle intervention américaine. Nous devrions nous y opposer carrément et rappeler à toutes les personnes bien intentionnées les millions de morts et de personnes déplacées provoquées par l’intervention américaine en Irak et en Afghanistan.

Les progressistes éprouvent de la sympathie pour ce qu’ils considèrent comme un mouvement populaire en Libye. Nous pouvons aider un tel mouvement en soutenant ses revendications légitimes tout en rejetant toute intervention impérialiste, quelle que soit la forme qu’elle puisse revêtir. C’est au peuple libyen qu’il revient de décider de son avenir.

Source Michel Collon.info

L’OTAN se réunit d’urgence pour discuter de la situation libyenne

Bruxelles, Belgique. Le principal organe de décision de l’OTAN se réunissait d’urgence aujourd'hui pour étudier la situation en Libye et éventuellement envisager de déployer des bateaux et avions de surveillance en Méditerranée, selon des responsables.

Le secrétaire de l’Organisation, Anders Fogh Rasmussen, qui préside les réunions du Conseil de l’Atlantique Nord, a déclaré que l’Alliance n’avait pas l’intention d’intervenir en Libye, que cela ne lui avait d’ailleurs pas été demandé et qu’une telle opération nécessiterait un mandat des Nations unies. Le Conseil de l’Atlantique Nord est composé des ambassadeurs des 28 États membres de l’OTAN.

Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunissait lui aussi aujourd'hui, à New York, pour étudier les mesures à prendre contre le régime de Mouammar Kadhafi. Il pourrait notamment s’agit de sanctions destinées à mettre fin à la répression sanglante du mouvement de contestation.

Les forces navales et aériennes de l’OTAN pourraient par ailleurs être mises à contribution pour aider à l’évacuation des milliers d’étrangers fuyant la Libye. L’Alliance a déjà reçu des appels isolés à l’aide de ses troupes terrestres pour l’évacuation d’étrangers bloqués par les combats.

L’Espagne a déclaré avant la réunion du Conseil de l’Atlantique Nord aujourd'hui qu’elle proposerait que l’OTAN déploie des avions de surveillance AWACS équipés de radars au large de la côte libyenne pour suivre la situation. La ministre de la Défense, Carme Chacon, a déclaré à des journalistes à Madrid que l’objectif était « de savoir ce qui se passe dans le pays » et que l’Espagne suggérerait aussi le déploiement des bateaux de l’OTAN au large de la Libye.

Des navires de l’OTAN effectuent déjà des missions de patrouille en Méditerranée dans le cadre de l’opération Active Endeavour. Ils surveillent le trafic maritime afin de détecter et décourager les activités terroristes et d’assurer une protection contre ces activités.

Fogh Rasmussen, qui assistait à une réunion des ministres de la Défense de l’Union européenne à Budapest (Hongrie), un peu plus tôt aujourd'hui, s’est exprimé sur la situation en Libye. « Cette crise dans notre voisinage immédiat affecte les civils libyens et de nombreux ressortissants des pays alliés de l’OTAN. De nombreux pays évacuent leurs ressortissants. C’est évidemment un énorme défi » à relever, a-t-il déclaré.

Il a ajouté que la priorité était à l’aide à l’évacuation et à la fourniture d’une assistance humanitaire, et que l’OTAN pourrait participer et coordonner les rapatriements pour les États qui le demanderaient.

Les émissaires de l’OTAN à Bruxelles ont affirmé qu’ils ne pensaient pas discuter de la possibilité d’imposer une zone d’exclusion aérienne en Libye. Une telle mesure, destinée à empêcher les avions et hélicoptères des forces gouvernementales d’attaquer les manifestants anti-Kadhafi, nécessiterait l’aval du Conseil de sécurité de l’ONU, ont-ils souligné.
Source Le Devoir

L'ennemi de mon ennemi serait-il mon ami?

Qui dirige le mouvement de rébellion? Nous assistons en direct à une guerre civile et les revendications du peuple libyen qui réclame plus de justice et avec raison ne doit pas nous faire oublier la question suivante : que savons-nous des revendications politiques à part la demande de mettre Kadhafi à la porte? Quel est le programme politique du mouvement? Le départ de Kadhafi signifie-t-il la fin de la misère et de la répression ou une ouverture au pays impérialiste en crise de ressources énergétiques? Allons nous assister à un démembrement territorial?

Autant de questions présentement sans réponses... La situation ressemble de plus en plus à celle qui prévalait sous le régime de Saddam Hussein. Démembrer le pays présentement serait une perte pour le peuple libyen... La propagande occidentale et celle de Kadhafi se recoupent... Il faut que le mouvement populaire s'assure d’avoir le contrôle total de ses institutions et des militaires... sinon les Libyens risquent de se retrouver dans la même situation qu'il conteste.

Les mouvements spontanés de révoltes conduisent souvent dans une impasse et dans l'impasse l'histoire nous enseigne que les plus puissants en profitent et les plus puissants en Libye sont les militaires ayant servi le régime de Kadhafi. Ne nous faisons pas d'illusion, la vraie révolution est à venir.

Un mouvement révolutionnaire ne s'improvise pas et un peuple sans direction risque de se retrouver dans la même situation qu'au point de départ. La Libye ne doit pas devenir une marionnette des pays impérialistes.

Le chef de la diplomatie vénézuélienne, Nicolas Maduro a déclaré au parlement :

« Nous rejetons la violence, mais il faut analyser le conflit libyen avec objectivité. On est en train de créer les conditions pour justifier une invasion de la Libye dont l'objectif principal (...) est de s'emparer du pétrole libyen. Des gouvernements occidentaux ont demandé des explications et des sanctions. Pourquoi n'exigent-ils pas aussi des sanctions pour ceux qui bombardent des innocents tous les jours en Irak et en Afghanistan? (...) Ce sont aussi des assassins », a-t-il ajouté. Cyberpresse