jeudi 31 mars 2011

Discussions secrètes entre Londres et Kadhafi

Un proche conseiller du clan Kadhafi à Tripoli est en pourparlers avec le gouvernement britannique, a rapporté jeudi le quotidien The Guardian sur son site internet.

Le Foreign Office s'est refusé à commenter l'information selon laquelle des responsables britanniques ont rencontré Mohammed Ismail, un proche conseiller d'un des fils du colonel Kadhafi, Saïf al-Islam, pour des discussions confidentielles.

Citant une source anonyme au sein du gouvernement britannique, le quotidien a ajouté que la rencontre secrète n'était que l'une de celles organisées ces deux dernières semaines entre les deux pays. Elle aurait porté sur la possibilité d'une sortie de crise pour le colonel libyen.

Peu connu tant en Libye qu'à l'étranger, Mohammed Ismail est un personnage-clé de l'entourage de Saïf al-Islam et a représenté Tripoli dans des négociations d'achat d'armements, selon des télégrammes diplomatiques révélés par WikiLeaks.

Le Foreign Office a fait savoir au journal qu'il n'entendait pas fournir de compte-rendu au jour le jour des contacts entre les deux pays.

Pétrole, une guerre d'un siècle

Pendant que les tueurs  impérialistes français, britanniques, américains et canadiens (le valet de services) sous la botte de l'OTAN bombardent la Libye sous des prétextes « humanitaires », je me permets de faire une petite lecture d'occasion.

Pétrole, une guerre d'un siècle : L'ordre mondial anglo-américain
de William Engdahl

Cet ouvrage remet radicalement en cause l'idée que l'on se fait communément de la politique internationale et de ses enjeux. Il décrit les moyens extrêmes que les Anglo-Américains sont prêts à mettre en œuvre pour conserver une suprématie née en 1815 et renforcée au prix des deux Guerres mondiales. Nous savons, depuis l'élection de George W. Bush, que la politique américaine et le pétrole entretiennent une relation intime.

Dans les années 1970, les mouvements écologistes anti-nucléaires financés par les grandes compagnies pétrolières devinrent le cheval de bataille visant à entraver l'indépendance que l'énergie nucléaire aurait pu procurer à nombre d'États, afin de les maintenir dans l'orbite des pétroliers. Vous comprendrez enfin que la décision d'envahir l'Irak fut prise pour assurer l'hégémonie de la puissance anglo-américaine et le contrôle de l'économie mondiale....

Comme Henry Kissinger (celui qui a fomenté le coup d'État au Chili) l'a formulé « Controlez le pétrole et vous contrôlerez les nations »

Avec la catastrophe nucléaire au Japon... risquons-nous d'assister à une lutte féroce?

Libye, Confusion et déprime à Benghazi

Agnès Gruda
La Presse
Extrait

Il y a trois jours à peine, les insurgés de l'est de la Libye célébraient avec exubérance la chute imminente de Syrte, ville natale de Mouammar Kadhafi.

Le moral était beaucoup plus bas hier, alors que les forces loyales au dictateur poursuivaient leur progression vers l'est, s'emparant de la ville de Brega pour foncer vers Ajdabiya - repris par les rebelles il y a moins d'une semaine.

Ahmad Omar Bani, porte-parole militaire des opposants, avait le visage long, hier, lorsqu'il a annoncé ces mauvaises nouvelles. Il a accusé Kadhafi d'avoir fait appel à des gardes républicains venus du Tchad. Selon lui, il s'agit d'une armée de 3600 hommes dotée de chars d'assaut et d'artillerie lourde. Ces allégations n'ont toutefois pas été confirmées.

« Peu importe l'enthousiasme de nos combattants, nos armes n'ont aucune chance devant une force aussi puissante, a-t-il admis. Où était donc l'OTAN pour permettre à ces mercenaires d'entrer en Libye? »

Pour rééquilibrer les forces, les opposants libyens réclament qu'on leur fournisse des armes. Lesquelles? « Ce qu'il faut pour détruire leurs armes », dit le colonel Bani.

L'ennui, c'est que ceux qui donnent les armes auront la responsabilité de s'assurer qu'elles seront bien utilisées, avertit Donatella Rovere, qui suit la crise libyenne pour Amnistie internationale.

Or, depuis que les opposants libyens se sont servis dans les katiba - les casernes militaires qu'il y a dans chaque ville du pays -, ils ont fait une « utilisation irresponsable des armes, au point de mettre en danger la vie des civils », constate Donatella Rovere.

À Benghazi, on entend fréquemment tirer en l'air. La représentante d'Amnistie internationale a vu des gens blessés par ces tirs. « Quiconque donne des armes doit s'assurer que des mécanismes permettent de contrôler leur bonne utilisation », prévient-elle. Cela ne va pas de soi dans un pays où de nombreux hommes armés, qui n'ont reçu aucune formation militaire, ne répondent à aucun véritable commandement. Et ont besoin de quelques leçons avant d'être placés aux commandes d'un blindé.


Libye : les forces de Kadhafi pilonnent Brega
Extrait

AJDABIYA, Libye (AP) — Les forces de Moammar Kadhafi poursuivaient leur offensive jeudi avec des tirs nourris d'artillerie contre les rebelles repliés dans la ville pétrolière stratégique de Brega, sur la côte nord-est. Des panaches de fumée s'élevaient au-dessus de la localité.

« Les forces de Kadhafi sont parvenues à environ 30 kilomètres à l'est de Brega », a déclaré Fathi Muktar, un combattant insurgé. Il a précisé que les rebelles les avaient temporairement repoussées durant la nuit, mais qu'au matin elles se trouvaient aux portes de la ville. Il également déclaré que de nombreux rebelles avaient été blessés dans la matinée sur la ligne de front.

Aidés par les frappes de la coalition lancées le 19 mars, les insurgés avaient repris Ras Lanouf la semaine dernière et avancé sans difficulté vers l'ouest avant d'être repoussés mardi à une centaine de kilomètres de Syrte par des forces loyalistes mieux armées et organisées. Ils ne cessent depuis de perdre du terrain et les combats se rapprochent de Benghazi, le fief de l'opposition, qui tient l'Est.

Les revers essuyés par les insurgés confortent l'opinion des États-Unis selon laquelle les opposants à Kadhafi ne l'emporteront probablement pas sans une intervention occidentale décisive, a déclaré un responsable américain du renseignement à l'Associated Press.

L'administration Obama envisage de fournir des armes à l'insurrection. Le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, a souligné mercredi qu'aucune décision n'avait encore été prise sur la question. Des responsables américains ont toutefois révélé que de petites équipes de la CIA avaient été envoyées dans l'Est libyen sous contrôle rebelle, alors que la Maison Blanche réfléchit à la possibilité d'armer l'insurrection.

Après avoir pris officiellement les commandes de l'opération « Protecteur unifié », l'OTAN a précisé ne pas soutenir l'interprétation de la résolution des Nations unies faite par les États-Unis et la Grande-Bretagne, notamment, selon laquelle les

Des agents de la CIA déployés en Libye

Sur le terrain, de « petits groupes » d'agents de la CIA sont déployés en Libye pour prendre contact avec la rébellion et guider les frappes de la coalition, a affirmé mercredi le New York Times. La chaîne ABC a assuré que le président Barack Obama avait donné l'autorisation d'aider secrètement les rebelles.

De même source, « des dizaines de membres des forces spéciales britanniques et d'agents du service d'espionnage MI6 travaillent en Libye », en particulier pour recueillir des renseignements sur les positions des forces loyalistes.

Réagissant à ces révélations, le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, a dit refuser « de s'exprimer sur des questions de renseignement ».

Par ailleurs, à l'ONU, l'ancien ministre des Affaires étrangères du Nicaragua, Miguel D' Escoto, nommé mardi représentant du régime de Mouammar Kadhafi, a été qualifié de « mercenaire » par l'ancien ambassadeur de Libye, Abdulrahman Shalgham, qui a fait défection.

Source Al Manar Tv

L'Argentine et le Vénézuela critiquent l'intervention militaire en Libye

La présidente argentine Cristina Fernández a déclaré : « Quand je vois les dits civilisés régler leurs affaires à coups de bombes, je me sens très fière d’être sud-américaine, de faire partie de l’UNASUR *»

*L'Union des nations sud-américaines (UNASUR)

Libye, l'OTAN responsable de pertes civiles (vidéo )

Un évêque catholique en poste à Tripoli a dénoncé « les raids prétendument humanitaires qui ont fait des dizaines de victimes civiles dans plusieurs quartiers » de la capitale libyenne, dans une interview jeudi à l'agence d'information des missionnaires catholiques Fides. « J’ai recueilli différents témoignages de personnes dignes de foi à cet égard », a déclaré Mgr Giovanni Martinelli, vicaire apostolique de Tripoli.

Selon Mgr Martinelli, « en particulier, dans le quartier de Buslim, une habitation civile s’est écroulée suite aux bombardements, provoquant la mort de 40 personnes ». Source Le Figaro

Le général Charles Bouchard a affirmé être au courant. « L'OTAN va enquêter et dès que l'enquête sera terminée nous ferons rapport », a-t-il déclaré à des journalistes lors de la retransmission vidéo d'une conférence de presse qu'il a tenue à Naples (sud de l'Italie).

Charles Bouchard, le général canadien
« Notre objectif est d'aider à protéger les civils et les centres de population contre une attaque ou qui sont sous une menace d'attaque en Libye. » Source NATO

Monsieur Bouchard permet aux opposants d'attaquer et refuse aux autres de se défendre...?


mercredi 30 mars 2011

Égypte, révolution ou changement de garde?


Une révolution, ce n’est pas qu’une simple relève de la garde!

En Égypte, une nouvelle gardepar Stephen Gowans

Les États-Unis parviendront-ils à garder le contrôle du pays des pharaons grâce à l'armée égyptienne, largement subventionnée par le Pentagone? Quel gouvernement civil oserait s'opposer aux intérêts de Washington si c'est pour se mettre l'armée sur le dos? Faut-il parler de révolution en Égypte ou de simple lifiting cosmétique du moubarakisme? (IGA)

Le maréchal Mohamed Hussein Tantawi, connu des Égyptiens comme le « larbin de Moubarak » a peut-être tout à dire au Caire en tant que chef du gouvernement dirigé par les militaires. Mais, quoi qu’il en soit, son bras droit, lui, est le larbin du Pentagone et il y a gros à parier qu’il continuera à jouer un rôle clé en Égypte, même après qu’un gouvernement civil aura succédé à l’actuelle direction militaire.

 Le général de corps d’armée Sami Hafez Enan, « l’un des favoris des militaires AMÉRICAINS », s’il faut en croire l’article d’Élisabeth Bumiller dans le New York Times du 11 mars 2011, est le second de Tantawi, un homme honni en Égypte pour avoir été un lèche-bottes du président déchu Hosni Moubarak.

Madame Bumiller prétend qu’Enan – qui « reste en contact téléphonique étroit avec les responsables du Pentagone » et « est un lien crucial pour les États-Unis » – est considéré comme le successeur probable de Tantawi à la tête des forces armées égyptiennes.

Et, puisque l’armée joue un rôle dominant en Égypte, il faut s’attendre à ce qu’Enan continue à exercer une influence considérable. C’est un point avec lequel Madame Bumiller est d’accord. « Personne ne conteste », fait-elle remarquer, « que le général Enan puisse jouer un rôle important au sein du futur gouvernement égyptien, plus vraisemblablement en coulisse, là où les puissantes forces armées, traditionnellement peu enclines à la publicité, se sentent plus à l’aise. »

 Chaque année, Washington déverse sur l’Égypte 1,3 milliard de dollars en aide militaire. L’armée égyptienne s’en sert pour acheter des « armes et des équipements de fabrication américaine, et plus particulièrement des avions de combat F-16 et des chars M1A1 Abrams ». Pas un cent de cet argent ne quitte donc les États-Unis. En lieu et place, Enan et d’autres gros pontes de l’armée égyptienne présentent leur liste de desiderata au Pentagone, qui transfère alors l’argent du contribuable américain sur les comptes des marchands d’armes américains, lesquels livrent alors la marchandise.

Il s’agit en quelque sorte d’un don annuel à General Dynamics. Et à l’Égypte. Avec la gracieuse permission du contribuable américain.

Depuis, l’Égypte a accepté de devenir un pilier de l’impérialisme AMÉRICAIN en Afrique du Nord et en Asie occidentale. Et pour permettre à Israël de traiter cavalièrement les Arabes en Palestine et au Liban, Washington a transféré 35 milliards de dollars de l’argent du contribuable américain sur les comptes des fabricants d’armes américains, et ce, pour le compte des forces armées égyptiennes.

Madame Bumiller écrit que les réformes du général Enan et du gouvernement militaire « ont été surtout cosmétiques, jusqu'à présent ».

« Cosmétiques » est bien le terme qui convient. La révolution en Égypte n’a guère été plus qu’un changement de trombines à la tête de l’État. Moubarak est parti parce que le peuple l’exigeait et, aujourd’hui, il en va de même pour l’ancien Premier ministre de Moubarak, lui aussi évincé à la demande du peuple. Mais le « moubarakisme » – la domination AMÉRICAINE sur l’Égypte par l’entremise d’une élite militaire locale – demeure.

Cela ne changera pas, même quand l’actuel gouvernement militaire sera remplacé par un gouvernement civil élu, en admettant que cela arrive.

Qu’arriverait-il si un futur gouvernement décidait de suivre une politique allant à l’encontre des choix de la politique étrangère AMÉRICAINE, tout spécialement en ce qui concerne Israël? Puisqu’une rupture avec Washington sur les points-clés de la politique étrangère mettrait sans doute un terme au flux de matériel et de sessions d’entraînement destiné à l’armée égyptienne, le résultat probable serait que le gouvernement perdrait la confiance de l’armée et que les militaires reprendraient les rênes pour ramener l’Égypte sur la voie prescrite par la politique étrangère AMÉRICAINE. Sachant cela, il est peu probable qu’un gouvernement civil ne sorte des limites tolérées par le bienfaiteur de son armée.

Et jusqu’où un futur gouvernement civil égyptien sera-t-il indépendant de la Maison-Blanche et de son ministère des Affaires étrangères? Déjà, les responsables de Washington « discutent le déblocage de fonds nouveaux pour épauler la montée de partis politiques laïques ». Bien sûr, les Égyptiens sont libres d’élire qui ils veulent, mais les élections modernes sont avant tout d’importantes campagnes de marketing. Sans un solide appui financier, vous n’avez pas l’ombre d’une chance. Dès lors, en vue du maintien sans anicroche du moubarakisme, les promoteurs de la démocratie installés à Washington soutiendront de façon adéquate des hommes et des partis politiques « acceptables » à l’aide de fonds, de conseils stratégiques, de sondages. Bref, tout ce qui sera nécessaire pour évincer des alternatives jugées incompatibles avec les « intérêts AMÉRICAINS », mais qui pourraient, par ailleurs, représenter également les intérêts de la masse des Égyptiens.

Les Occidentaux ne toléreraient jamais que des puissances étrangères soutiennent des partis politiques occidentaux, quand bien même ce serait au nom de la promotion de la démocratie. Il est étrange que tant d’Occidentaux estiment de bon ton que leurs propres gouvernements se mêlent des élections dans d’autres pays. Ainsi, les citoyens occidentaux se font berner en croyant que la pratique impérialiste consistant à exercer une influence à l’étranger par l’achat d’hommes politiques constitue réellement un exercice louable de promotion de la démocratie. Si le fait de voir des gouvernements étrangers se mêler de nos élections signifie qu’une puissance extérieure tente de s’approprier un avantage à nos dépens, le fait que Washington débloque des fonds nouveaux pour s’immiscer dans les élections égyptiennes ne signifie-t-il pas que les États-Unis tentent de s’approprier un avantage aux dépens des Égyptiens?

À moins que les motivations de Washington et de l’Union européennes ne soient plus pures, en quelque sorte? Mais, au vu de leurs pratiques – tant passées qu’actuelles – de soutien à Moubarak, à d’autres dictatures, à des monarchies absolues dans le but de protéger les « intérêts » occidentaux, on aurait vraiment du mal à le croire.

Comment, dans ce cas, avec des forces armées égyptiennes qui sont une extension virtuelle des promoteurs de la démocratie du Pentagone et de Washington disposés à accroître les subventions aux partis politiques proaméricains, comment pourrions nous croire que l’insurrection égyptienne puisse apporter quelque chose de plus qu’un léger lifting cosmétique du moubarakisme?

Une véritable révolution requiert bien davantage que de remplacer Moubarak par Tantawi, Tantawi par Enan, et Enan par un gouvernement civil qui sera bien obligé de satisfaire Enan en personne – et les responsables du Pentagone avec qui Enan entretient des contacts étroits. Une révolution, ce n’est pas qu’une simple relève de la garde!

 Source originale : Stephen Gowans
 Traduit de l'anglais par Jean-Marie Flémal pour Investig'Action

Source : Michel Collon. Investig'action

Libye, Al Qaïda présent avec les opposants?

Le Pentagone a reconnu lundi ne « pas savoir » grand-chose des rebelles.

Des membres du réseau terroriste international Al-Qaïda pourraient figurer parmi les insurgés qui luttent contre le colonel Mouammar Kadhafi, a annoncé mardi l'amiral américain James Stavridis, commandant suprême des forces de l'OTAN en Europe.

« Nous examinons à la loupe la composition des groupes rebelles et leurs leaders», a annoncé l'amiral, cité par la presse. Il existe des « signaux d'une présence potentielle d'Al-Qaïda.... a-t-il poursuivi, confirmant ainsice que le colonel Kadhafi avait déclaré à la télévision libyenne il y a plus d’un mois!

Cette présence possible d’islamistes radicaux brouille quelque peu l’image idyllique, présentée par les Occidentaux, des insurgés libyens supposés représenter l’avenir « démocratique » de la Libye. Elle n’empêche pourtant pas les Occidentaux, et notamment les Etats-Unis et la France, d’envisager d’armer les factions insurgées. Alors, Paris et Washington bientôt fournisseurs d’armes d’Al Qaida ?


 




En Afghanistan Sarkozy combat contre Al Qaïda.

En Libye il combat pour Al Qaïda

Le commandant libyen des rebelles, Abdel-Hakim al-Hasadi, a admis que ses combattants ont des liens avec al-Qaïda lui-même est un ancien d’al-Qaeda «retourné». Plusieurs documents dont une analyse de l'Académie Militaire de West Point USA le confirment. Sarkozy arme et protège donc des anciens combattants d'al-Qaïda. Obama s’apprête à en faire autant en violation de l’embargo sur les armes exigé par la résolution 1973. Des Forces Spéciales US Françaises et Britanniques de L’OTAN, environ 1000, sont déjà déployées au sol et interviennent directement aux côtés des opposants. Leur nombre va augmenter et leurs interventions être renforcées.

Pour justifier l’envoi de troupes françaises en Afghanistan, Sarkozy n’a cessé de dire que c’était pour combattre al-Qaïda. En Libye il n’a apparemment aucun problème à armer des combattants liés à al Qaïda et s’opposant à Kadhafi.

Le commandant des rebelles libyens Abdel -Hakim al-Hasadi a dit que des jihadistes qui ont combattu contre les troupes alliées en Irak sont en premières lignes dans le combat contre le régime de Muammar Kadhafi.

Al Hasadi a insisté sur le fait que ses combattants sont des « patriotes et des bons musulmans pas des terroristes». Il a ajouté que le « membre d’al-Qaeda sont aussi de bons musulmans et combattre contre l’envahisseur».

Un reporte du NYT, Anthony Shadid qui a discuté avec al -Hasadi a dit que ce dernier qui avait promulgué un émirat islamique en Libye avait «fait l'éloge des qualités d'Osama Ben Laden.»

Ces révélations sont faites alors même que le président du Tchad, Debi Itno, a dit qu’al-Qaïda avait réussi à piller des entrepôts militaires dans les zones contrôlées par les rebelles, mais aussi à acquérir des armes, « dont des missiles sol-air, qui ont été transportées clandestinement dans leurs repères».

 
Libyan rebel commander admits his fighters have al-Qaeda links

Libye, un nouvel Irak? (vidéo)

La coalition formée des différents pays impérialistes qui bombardent la Libye, fera-t-elle autant de victimes qu'elle en a faites en Irak? Toute proportion gardée

Le génocide tant décrié par les Sarko (France) Cameron (Royaume-Uni) Obama (États-Unis) Harper (Canada) et les pays de la monarchie réactionnaire de l'Arabie saoudite et de ses valets de services, ne serait-ce pas eux les vrais responsables des génocides?

Juste un petit rappel.

L’intervention américaine a tué plus cinq fois plus d’Irakiens que le régime de Saddam Hussein en 24 ans.

« Aujourd'hui, selon les chiffres du Projet Censuré , le bain de sang irakien, pour ne pas utiliser le terme complexe de génocide, estimé entre 1,2 et 1,3 million de morts semble prédire que le XXIe siècle n’est guère différent du précédent. » (Algerie net work) Sans compter tous les autres conflits.

« Ces chiffres donnent une image partielle des conséquences d’un crime de guerre d’immense ampleur. L’impérialisme américain a ravagé un pays entier et assassiné une partie significative de sa population dans le but de contrôler les vastes réserves de pétrole irakien et d’établir son hégémonie sur le Moyen-Orient.» (WSWS.ORG)

L’organisation « Ancienne combattante d’Irak contre la guerre » a placé la brutalité de l’occupation au centre de l’action de ses membres. Le massacre du peuple irakien est au cœur de leurs revendications. Ils exigent le retrait immédiat et total des troupes des États-Unis, tout comme l’organisation des historiques réunions des « Soldats de l’hiver » à Baltimore.

Même si cet événement n’a été relayé par aucun des principaux médias aux É.-U., le flux de l’information diffusée par Pacifica Radio et le site Web de l’IVAW ont enregistré un fort taux d’audience, y compris parmi un grand nombre de soldats en service actif, avec les descriptions des atrocités commises par la machine de guerre US. Un nombre croissant de sites indépendants offre à présent une couverture régulière sur cet aspect de la guerre, dont Democracy Now, Tom Dispatch, Dahr Jamail’s Mideast Dispatches, Informed Comment, Antiwar.com, et ZNet. (Source Voltaire)

L’information exercée par les médias a été confirmée par une enquête réalisée par l’Associated Press en février 2007, auprès d’un échantillon représentatif de résidents états-uniens, auxquels on a demandé s’ils avaient une idée du nombre d’Irakiens tués dans la guerre. La moyenne des personnes interrogées a estimé qu’ils étaient moins de 10 000, soit 2 % du total réel pour l’époque. Cette ignorance grossière et générale, de même que le déroulement de la guerre en Irak n’a reçu aucune couverture médiatique, même pas de la part de l’Associated Press, qui a commandé l’enquête. (Source  Voltaire)

Aujourd'hui, assistons-nous au même scénario avec la Libye? Avec tous les mensonges et toute cette désinformation, qui de nous peut prétendre croire aux vertus des forces impérialistes quand il nous parle d'humanitaire? Surtout après avoir entendu le commandant de l'OTAN Charles Bouchard  nous dire qu'il n'aidait pas l'opposition libyenne avec ses frappes ciblées de « tomahawk » qui cause beaucoup plus de dommage que la propagande des impérialistes nous le laisse croire.
Même, une certaine gauche se joint au concert des impérialistes. Cessons d'être dupes. Il y a longtemps, la gauche sociale-démocrate aussi supportait les impérialistes, mais les révolutionnaires se sont dissociées de cette gauche de va-t-en-guerre pour fonder d'autres alternatives et d'autres Partis... Il est temps pour les révolutionnaires d'établir une ligne claire entre les sociaux-démocrates et cette gauche qui soutient les va-t-en-guerre dirigés par les puissances impérialistes (Francais, Britanique et Américaine).

Source: 
Vers un nouveau siècle bestial ? Algérie net work.com

Plus d’un million d’Irakiens tués sous l’occupation US

par Maki al-Nazzal, Joshua Holland*, Dahr Jamail*, Michael Schwartz*, Luke Baker
Voltaire.net.org

Les nouvelles les plus importantes censurées par les multinationales de presse aux Etats-Unis

Qu’est-ce que le « Projet censuré » ?
par Ernesto Carmona*
Voltaire.net.org


Libye : les forces de Kadhafi font encore reculer les rebelles

Les forces pro-Kadhafi ont regagné du terrain ce mercredi. Elles ont notamment repris le terminal pétrolier de Ras Lanouf et, vraisemblablement, la ville de Brega. De leur côté, les (Impérialistes) Occidentaux envisagent, au lendemain de la réunion du groupe de contact à Londres, d'envoyer des armes aux rebelles.

La coalition tente d'endiguer ce repli.(Contrairement à ce que disait le Commandant Charles Bouchard qui affirmait ne pas soutenir les groupes rebelles, un beau mensonge de notre commandant. Ils laissent leurs pions se mouiller sur le terrain pendant que le commandant nous ment. Ça promet la démocratie! ) Vers 17 heures, elle a mené un raid aérien contre les forces pro-Kadhafi à Ajdabiya, une ville à l'est, proche de Brega, alors que Otan a commencé à assurer le commandement des opérations aériennes. Les insurgés ont salué la reprise des frappes, interrompues depuis deux jours dans cette région.


Source Le Parisien


mardi 29 mars 2011

Le côté sombre des rebelles libyens (vidéo)

Agnès Gruda
Extrait

Dans la pièce sombre de la prison de Benghazi, on ne voit que leurs yeux qui brillent dans le noir. Ils sont 14 hommes originaires du Mali, tous arrêtés dimanche à Ben Jawad - l'une des quatre villes reconquises par les insurgés libyens depuis le début des frappes internationales.

Mais pour les Africains venus travailler en Libye, le retour des rebelles n'est pas nécessairement une bonne nouvelle. Soupçonnés d'avoir servi comme mercenaires dans les troupes du dictateur, ils risquent d'être arrêtés et détenus sans trop savoir ce qui les attend.

Ibrahima Diarra, 22 ans, ancien joueur de football, est venu gagner sa vie en Libye l'an dernier. Il travaillait pour une société chinoise qui construit un réseau de transport sur rails à Ben Jawad. Il jure n'avoir jamais combattu pour le régime de Kadhafi, pas plus que ses 13 compagnons arrêtés dans l'appartement qu'ils partageaient à Ben Jawad.

En attendant, les arrestations de dizaines d'Africains inquiètent Human Rights Watch. Beaucoup de Libyens se sont servis dans les entrepôts militaires après le départ des troupes de Kadhafi, dit Peter Bouckaert, qui enquête sur la situation en Libye pour cette ONG.

«Des hommes armés qui ne répondent à aucun commandement font la chasse aux mercenaires.»

Depuis que les forces du régime ont dû retraiter, des groupes d'hommes armés se sont mis à ratisser les maisons à la recherche des membres de ces « cellules dormantes », pour les emmener au palais de justice.

Et les mercenaires? Selon Peter Bouckaert,de Human Rights Watch leur présence dans les troupes de Kadhafi a été largement exagérée.

Source Cyberpresse







Libye, génocide ou mensonge ?

Libye, 6000 morts avant l’intervention?
par Cédric Rutter

6000 morts depuis le début des révoltes en Libye. Voilà le nombre de victimes annoncé le 2 mars. Indignation internationale et ainsi accélération du processus vers l'intervention. Tous les journaux ont repris ce chiffre sans s'interroger sur la source. D'où vient cette information « statistique »?

Dans un précédent article, « Le front des images et les bombardements sur Benghazi », nous nous demandions déjà comment aucune image de « bombardements intensifs » n'était disponible et comment Benghazi semblait intact malgré les frappes. Ici, concernant cette répression féroce, très peu d'images sont arrivées jusque dans les rédactions des grands médias. Quelques vidéos prises dans les hôpitaux ont certes montré qu'il y avait eu une répression sanglante dans différentes villes de Libye. Mais de là à voir des milliers de morts et encore plus de blessés, rien.

Lors des bombardements sur Gaza en janvier 2009, les Gazaouis qui vivent pourtant dans des conditions matérielles difficiles ont pu diffuser des images des bombardements, des bâtiments détruits et des nombreuses victimes, 2000 en quelques semaines. La Libye est le pays le plus développé de l'Afrique du Nord et l'un des plus riches de toute l'Afrique. Comment n'ont-ils pas pu se servir d'appareils photo, de caméras ou de téléphones portables pour montrer à l'Occident l'ampleur des massacres?

En fait, ces « 6000 morts » reposent sur une unique déclaration reprise en boucle dans tous les médias. Personne ne s'est intéressé à la légitimité de la personne qui avait déclaré ce chiffre. L'information a été donnée par Ali Zeidan. Ce Libyen est présenté comme le « porte-parole de la Ligue libyenne des Droits de l'homme » ou sur plus de 100 sites internet anglophones comme « the head », directeur ou président. Pourtant, le président, en réalité, est Sliman Bouchiguir, comme indiqué sur le site de la LLDH. (1)

Alors, « porte parole » quand même? Hé bien, depuis peu alors, car il s'agit de la seule intervention que ce monsieur a réalisée à propos de droits de l'homme. Sur le site de la LLDH, il n'y a aucun autre document signé par lui, juste une interview vidéo de lui. Et le pire, c'est que le site ne reprend nulle part l'affirmation de ces « 6000 morts". Dans Wikipédia, il n'y a qu'une seule ligne à son propos où là aussi : il est « porte-parole ». Courte biographie créée le 3 mars, au lendemain de sa déclaration! (2)


Mais Ali Zeidan n'est pas seulement le récent porte-parole de la LLDH, il est aussi celui du Comité Nationale de Transition (CNT) en Europe, l'opposition libyenne reconnue légitime par l'État français. Ce monsieur est donc à la fois juge et partie.

S'il s'est improvisé défenseur des droits de l'homme, il ne s'agit pas de son unique spécialité. Le 22 mars à Paris, devant les invités de marque conviés par Bernard Henri Levy, il a promis concernant le pétrole : « les contrats signés seront respectés », mais qu'un futur pouvoir « prendra en considération les nations qui nous ont aidés » (3). Porte-parole de quoi là?

Mais si c'est pour remplacer Kadhafi ou pour éviter un « bain de sang »?

Ainsi, le chiffre non confirmé par l'ONU, ni Amnesty International n’a conduit à une compréhensible indignation internationale et a précipité la Libye dans une guerre dont le but non avoué est de se débarrasser de Kadhafi.

Pourtant selon l'ONU, qui sert également à légitimer l'attaque, il s'agit de protéger les civils. Mais quand on désarme une partie du pays pour en armer une autre, est-ce cela protéger les civils? Que feront les insurgés quand ils seront entrés dans Tripoli? Comment se comporteront-ils devant les Libyens qui sont en faveur de leur « guide »? Qui protégera les civils? A combien se porteront les victimes?

Non seulement Ali Zeidan a trouvé une vocation tardive pour les droits de l'homme. Mais d'autres membres du CNT faisaient, eux, partie du régime de Kadhafi. Leur président est l'ancien ministre de la Justice Mustafa Abdel Jalil, nommé à ce poste notamment parce qu'il appartient à la même tribu que la femme de Mouammar Kadhafi. « Il connaît très bien sa famille. La femme de Kadhafi a dit à son fils, Saïf al-Islam, qu'il fallait le nommer ministre. C'est ce qui est arrivé », selon... le président de la LLDH (le vrai). Cet opposant ressemble plus à un rival opportuniste qu'à un « libérateur » du peuple libyen, à moins que lui aussi se soit trouvé une vocation démocratique après tout ce temps au service de la dictature.

Si cette coalition prend la place de Kadhafi, les Libyens risquent de ne pas connaître la démocratie. Le temps sera-t-il venu d'entamer leur « printemps arabe »?

3 — AFP


À lire pour info sur les migrants «Le côté sombre des rebelles libyens» de Agnès Gruda Cyberpresse
Autre texte très important
Post-scriptum : Sur la gauche française et la guerre en Libye par Jean Bricmont

Équipe de tueurs américains en Afghanistan (vidéo)

Comment des soldats américains en Afghanistan assassinent des civils innocents et mutilent leurs cadavres. Pourquoi leurs dirigeants ne les ont-ils pas arrêtés? Un regard exclusif sur les photos censurées des crimes de guerre par le Pentagone.

Les mêmes qui lancent leurs Tomahawks sur la LIBYE
The Kill Team
By Mark Boal
Source Rolling Stone .com


Galerie de Photos ICI, coeur sensible s'abstenir.

Vidéos de leurs méfaits

Hypocrisie de l'OTAN sur la mission en Libye (vidéo Obama sur la Libye)

Le mensonge et la désinformation font ménage sur la question libyenne et le pire c'est de l'entendre de la bouche d'un bon Québécois de chez nous...Il est vrai que Parti conservateur et militaire fait bon ménage au Canada depuis quelques années

Libye : Charles Bouchard défend l'action de l'OTAN

Le commandant des opérations de l'OTAN en Libye, le lieutenant-général canadien Charles Bouchard, a repoussé du revers de la main, lundi, l'idée selon laquelle les soldats de l'Alliance contribuent à la progression des rebelles anti-Kadhafi. Il a plutôt réitéré le seul but de la mission : protéger la population civile. (Franchement vous nous prenez pour des crétins. Vraiment général, votre jugement nous épate)

L'OTAN pourrait bombarder les forces fidèles au régime de Tripoli si elles menaçaient de blesser des civils.

Les opérations aériennes internationales ont durement affecté les militaires pro-Kadhafi, permettant aux rebelles de s'approcher de la ville natale du dirigeant libyen, Syrte ....


Réponse a Charles Bouchard


Merci à Gilad Atzmon pour ce rappel

lundi 28 mars 2011

Portrait d'un futur dirigeant de la Libye « libre »

Un collaborateur de la CIA pour commander les rebelles libyens
Par Patrick Martin World Socialist Web Site, 28 mars 2011
traduit de l’anglais par Djazaïri

 Le Conseil National libyen, l’organisation basée à Benghazi qui parle au nom des forces rebelles qui luttent contre le régime de Kadhafi, a désigné un collaborateur de longue date de la CIA pour diriger ses opérations militaires. Le choix de Khalifa Hifter, un ancien colonel de l’armée libyenne a été signalé jeudi par McClatchy Newspapers, et le nouveau chef militaire a été interviewé par un correspondant d’ABC News dimanche soir.

Hifter, dont l’arrivée à Benghazi avait été rapportée pour la première fois le 14 mars par Al Jazeera, a fait l’objet le 19 mars d’un portrait flatteur dans le Daily Mail, un tabloïd britannique farouchement belliciste. Le Daily Mail présentait Hifter comme une des « deux étoiles militaires de la révolution » qui « est rentrée récemment d’exil en Amérique pour apporter une certaine cohérence tactique aux troupes rebelles au sol. » Le journal n’évoquait pas ses liens avec la CIA.

McClatchy Newspapers a publié un profil d’Hifter ce dimanche. Intituler « Le nouveau chef rebelle a passé une bonne partie des 20 dernières années dans une banlieue en Virginie, » l’article note qu’il avait été auparavant un officier supérieur du régime de Kadhafi jusqu’à « une aventure militaire désastreuse au Tchad à la fis des années 1980.»

Hifter avait ensuite rejoint l’opposition à Kadhafi puis finalement émigré aux États-Unis où il a vécu jusqu’à ces dernières semaines qui ont vu son retour en Libye pour prendre le commandement de Benghazi.

Le profil par McClatchy concluait, « Depuis son arrivée aux États unis au début des années 1990, Hifter a résidé dans une banlieue de Virginie aux environs de Washington DC. »  Il citait un ami qui « disait ne pas trop savoir comment Hifter subvenait à ses besoins, et qu’Hifter s’occupait d’abord d’aider sa grande famille. »

Pour ceux qui savent lire entre les lignes, c'est une indication à peine voilée du rôle d’Hifter en  tant qu’agent de la CIA. Comment en effet, un ancien officier supérieur de l’armée libyenne a-t-il pu entrer aux États-Unis au début des années 1990, seulement quelques années après l’attentat de Lockerbie, puis s’installer près de la capitale fédérale, sans l’accord et l’aide active des services de renseignements AMÉRICAINS? Hifter a vécu en fait pendant une vingtaine d’années à Vienna en Virginie, a seulement une dizaine de kilomètres du siège de la CIA à Langley.

La CIA était bien au courant des activités militaires et politiques d’Hifter. Un article du Washington Post du 26 mars 1996 parle d’une rébellion armée contre Kadhafi en 1996 et écrit son nom dans une transcription différente. L’article cite des témoins selon qui la rébellion a pour « chef le colonel Khalifa Iftar [et est] une organisation du type “contra” basé aux États-Unis et appelé Armée nationale Libyenne. »
La comparaison est faite avec les forces terroristes « contra » financées et armées par le gouvernement des États-Unis dans les années 1980 contre les autorités sandinistes au Nicaragua. Le scandale Iran-Contra, qui avait secoué l’administration Reagan en 1986-87, concernait la mise au jour de ventes illégales d’armes AMÉRICAINES à l’Iran, dont le produit servait à financer les contras au mépris d’une interdiction par le Congrès. Les parlementaires démocrates avaient couvert le scandale et rejeté les appels à une procédure d’impeachment contre Reagan pour avoir financé les activités d’une illégalité flagrante ourdies par une brochette d’anciens agents des services secrets et de conseillers à la maison Blanche.

Un livre publié par  en 2001;« Manipulations africaines », fait remonter la relation avec la CIA encore plus loin, en 1987, signalant qu’Hifter, alors colonel de l’armée de Kadhafi, avait été capturé au Tchad où il combattait avec une rébellion soutenue par la Libye contre le gouvernement d’Hissène Habré, soutenu par les États-Unis. Il fit défection pour le Front national de Salut libyen (FNSL), la principale force d’opposition à Kadhafi, qui avait le soutien de la CIA. Il organisa sa propre milice qui opéra au Tchad jusqu’à la déposition d’Hissène Habré en 1990 par Idriss Déby, son rival appuyé par la France.

Selon ce livre, « la force de Haftar, créée et financée par la CIA au Tchad, disparut dans la nature avec l’aide de la CIA peu de temps après le renversement du gouvernement par Idriss Déby. » Le livre cite aussi un rapport du service de recherche du Congrès daté du 19 décembre 1996, selon lequel le gouvernement des États-Unis apportait une aide militaire et financière aux membres du FNSL qui avait été repositionné aux États-Unis.

Ces informations sont accessibles à tous ceux qui se livrent à une recherché même superficielle sur internet, mais elles n’ont pas été relayées par les médiats contrôlés par les grands groupes, hormis une dépêche de McClatchy qui évite toute référence à la CIA. Les chaînes de télévision,  trop occupées à faire l’éloge des « combattants de la liberté » de l’est libyen, ne se sont pas fatiguées à signaler que ces forces étaient désormais commandées par un collaborateur de longue date des services de renseignements des États-Unis.

Pas plus que n’en ont tenu compte ceux qui parmi les libéraux ou la « gauche » s’enthousiasment pour l’intervention des États-Unis et de l’Europe en Libye. Ils sont trop occupés à saluer l’administration Obama pour son approche multilatérale et « consultative » de la guerre, présumée être différente de l’approche unilatérale au « cowboy » de l’administration Bush en Irak. Que le résultat soit le même – mort et destruction qui s’abattent sur la population, la souveraineté et l’indépendance d’un pays anciennement colonisé foulées aux pieds – ne signifie rien pour ces thuriféraires de l’impérialisme.

Le rôle de Hifter, présenté à juste titre il y a 15 ans comme le chef d’une « organisation du genre contra », montre quelles sont les véritables classes sociales à l’oeuvre dans la tragédie libyenne. Quelle que soit l’authenticité de l’opposition populaire qui s’est exprimée dans la révolte initiale contre la dictature corrompue de Kadhafi, la rébellion a été détournée par l’impérialisme.

L’intervention de l’Europe et des États-Unis en Libye n’a pas pour but d’apporter la « démocratie » et la « liberté », mais d’installer au pouvoir des pantins de la CIA qui dirigera le pays aussi brutalement que Kadhafi, tout en permettant aux puissances impérialistes de piller les ressources pétrolières du pays et de se servir de la Libye comme base d’opérations contre les révoltes populaires qui soufflent sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

ONU, laquais des impérialistes

FANON REVIENT!

Comme en 1956, face à la guerre de libération algérienne, la gauche française se couvre de honte. En 1956, la SFIO est au pouvoir et entame la lutte totale contre l’indépendance (1 million de morts algériens), le PCF n’est pas au gouvernement, mais lui vote les pleins pouvoirs.

Franz Fanon, citoyen français en poste en Algérie, n’attend rien de la gauche métropolitaine ni des socialistes au pouvoir à Paris. Il prend le parti des colonisés, rejoint le FLN et s’engage pleinement dans la guerre de libération.

Aujourd’hui la France coloniale, ses marchands de canons, ses avions d‘assaut, tue encore des Africains, ce qu’elle n’a cessé de faire depuis presque deux siècles. Seuls les députés communistes n’ont pas approuvé l’attaque de la Libye.

Aujourd’hui, la France coloniale associée avec la Grande-Bretagne coloniale met à l’ONU le couvert pour l’empire américain.

Les deux ex-puissances colonisatrices grotesques jouent leur dernière carte de laquais de l’empire et achèvent de ridiculiser un Conseil de Sécurité devenu le bateau ivre de l’impérialisme, un véritable conseil de l’insécurité mondiale.

Avec cette ultime aventure militaire, en triste compagnie des monarchies arabes réactionnaires, elles signent leur mise à l’écart des « grands de ce monde ». Elles ne savent plus que maltraiter quotidiennement leur propre peuple et faire à chaque occasion violence aux autres.

Face aux 5 abstentionnistes du conseil de sécurité : Allemagne, Brésil, Chine, Inde et Russie qui représentent la future communauté internationale en gestation, elles entament la dernière étape de leur triste parcours, leur marginalisation dans le concert des nations.


Adresse à tous les chefs d'État qui exporte la « démocratie » à coup de canon. La plus extravagante idée qui puisse naître dans la tête d'un politique est de croire qu'il suffise à un peuple d'entrer à main armée chez un peuple étranger, pour lui faire adopter ses lois et sa constitution. Personne n'aime les missionnaires armés; et le premier conseil que donne la nature et la prudence, c'est de les repousser comme des ennemis.
Robespierre
Discours prononcé au club des Jacobins le 2 janvier 1792

Libye, les rebelles frappent un mur à Syrte

Imed LAMLOUM
Agence France-Presse
Syrte

L'avancée des rebelles a été stoppée lundi matin par les forces de Mouammar Kadhafi à 140 km à l'est de sa ville natale Syrte, bombardée dans la nuit par la coalition dont les opérations sont désormais commandées par l'OTAN.

Au plan politique, le Qatar, premier pays arabe à participer à l'intervention internationale en Libye, a reconnu lundi le Conseil national de transition, organe de direction de la rébellion. Il devient ainsi le premier pays arabe et le deuxième État après la France à lui apporter son appui. (Photo de famille Sarko et son ami du Qatar)

Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a offert lundi sa médiation entre le colonel libyen Mouammar Kadhafi et la rébellion afin d'éviter que le pays ne se transforme en un « nouvel Irak ou Afghanistan ». Ankara prévoit de se charger de la gestion de l'aéroport de Benghazi, aux mains des insurgés, pour faciliter le transport de l'aide humanitaire.

Lundi matin, les milices du régime patrouillaient dans Syrte, ville côtière d'environ 120 000 habitants située sur la route de Tripoli (360 km à l'est), toujours sous le contrôle des loyalistes.

Le calme règne, les rues sont désertes et les boutiques fermées, a constaté un journaliste de l'AFP. Il n'y avait non plus aucun signe de la présence de rebelles

La coalition internationale a bombardé lundi à l'aube des quartiers résidentiels de la ville de Sebha, à 750 km au sud de Tripoli, fief de la tribu des Kadhadfa dont fait partie le colonel Kadhafi, « endommageant des maisons et faisant plusieurs victimes », a indiqué l'agence officielle libyenne Jana.

Libye,le Qatar appuie le Conseil National de transition

Les opposants au dirigeant libyen ont  enregistré une victoire sur le terrain diplomatique: le Qatar est devenu le premier pays arabe à reconnaître leur Conseil national comme seul représentant légitime du peuple libyen.

En neuf jours, les bombardements effectués notamment par la France, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont renversé la situation en faveur des insurgés, auparavant acculés dans leur fief de Benghazi, dans l'est de la Libye.

La Russie, qui s'est abstenue lors du vote le 17 mars au Conseil de sécurité des Nations unies autorisant ces frappes aériennes, a jugé lundi que ces opérations militaires dont l'Otan doit prochainement prendre le commandement outrepassaient le mandat fixé par la résolution 1973.

Pour la Russie, ces frappes aériennes ne respectent pas le mandat fixé par l'Onu puisqu'elles reviennent de fait à prendre parti en faveur des insurgés contre le régime libyen.

"Nous considérons que l'intervention de la coalition dans ce qui est essentiellement une guerre civile n'est pas mandatée par la résolution du Conseil de sécurité de l'Onu", a dit à la presse le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

Depuis son déclenchement, le 19 mars, l'intervention militaire étrangère suscite des interrogations et des critiques quant à son ampleur et à ses objectifs.

Libye Victoire de l'impérialisme Cohn-Bendit applaudi (vidéo)

Les forces de la contre-révolution libyenne peuvent crier victoire. Avec l'aide de leurs amis impérialistes, BHL et les Daniel Cohn-Bendit (voir le vidéo) masquant leur intervention sur la nouvelle donne de l'humanitarisme, viennent de remporter une victoire qui caractérisera le 21eime siècle.

Dorénavant les gros sabots, les militaires et leur arsenal détermineront qui doit vivre et qui doit mourir. Autrement dit, l'axe franco-britanico américain se posera comme les nouveaux gendarmes du monde. À cette puissance des nouveaux néo-colonialistes, les forces progressistes et les révolutionnaires du monde devront refaire leur devoir de rebâtir une opposition politique.



Partout en occident on remarque une monté de la droite le Canada n'y fait pas exception avec ses dépenses militaires vont en croissance... l'arsenal de la démocratie humanitaire.

Les Canadiens iront en élection au mois de mai c'est le moment de mettre le gouvernement Harper dehors. Ce gouvernement va-t-en-guerre ne mérite pas notre soutien et les élections seront l'occasion de lui faire savoir Reprenons le mot d'ordre lancé par le monde arabe, Dégage Harper et tous les opportunistes de ce monde, tels les Cohn-Bendit et les Bernard Henry Lévy et compagnie.



Les opérations militaires de la coalition occidentale en Libye reviennent à une intervention en faveur des rebelles dans le cadre d'une guerre civile, intervention qui n'a pas été autorisée par la résolution des Nations unies, a estimé lundi le chef de la diplomatie russe.

Source lexpress.mu

dimanche 27 mars 2011

Libye, la contre-révolution gagne du terrain

Le dernier round : diviser, régner et prendre le pétrole,
par Pepe Escobar

source Asia Times, 25 mars 2011
traduit de l’anglais par Marc Harpon pour Changement de Société


Sans voir à travers le brouillard de la guerre, il est presque impossible de comprendre ce qui se passe vraiment en Libye.

L’Aube de l’Odyssée a lieu uniquement parce que les 22 membres de la Ligue arabe ont voté l’imposition d’une zone d’interdiction de survol au-dessus de la Libye. La Ligue Arabe - couramment ignorée des capitales occidentales parce que prétendument incapable de décisions pertinentes - n’est presque rien à part un instrument de la politique étrangère de la Maison Royale Saoudienne.

Sa « décision » a été favorisée par la promesse de Washington de protéger les rois/cheikhs/oligarques du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) contre les aspirations démocratiques de leurs propres sujets - qui désirent les mêmes droits démocratiques que leurs « cousins » de l’est de la Libye.

C’est le même CCG qui se positionne pour l’invasion de Bahreïn par l’Arabie Saoudite, dans le but d’aider la dynastie sunnite al-Khalifa à écraser le mouvement pro-démocratie. L’Occident considère les membres du CCG comme étant « ses » salauds à lui, tandis que le Colonel Mouammar Kadhafi - d’après la version occidentale - est un terroriste qui s’est fait désintoxiquer et est devenu un escroc.

Le CCG accueille des inconditionnels de l’égalité comme l’Arabie Saoudite, Bahreïn, le Koweït, le Qatar, Oman et les Émirats Arabes Unis (EAU). C’est le CCG qui, le premier, a voté la zone d’interdiction de survol; ensuite le bras long et pervers de l’Arabie Saoudite a promis des pots de vin pour extorquer le consentement de la Ligue arabe (la Syrie et l’Algérie, par exemple, y étaient sérieusement opposées).

Pour le secrétaire général opportuniste de la Ligue arabe, Amr Moussa, qui est déjà candidat à la présidence de l’Égypte, c’était une affaire en or; il a pris ses ordres à Riyad tout en améliorant son CV pour plaire à Washington.

Pour l’Arabie Saoudite, c’était une affaire en or; l’occasion parfaite pour le roi Abdallah de se débarrasser de Kadhafi (l’animosité entre les deux hommes est de notoriété publique depuis 2002) et l’occasion parfaite pour la Maison Royale de tendre une main à Washington, qui s’inquiète.

On n’est loin du dernier round de l’opération Aube de l’Odyssée. Le Président étasunien Barack Obama a été clair sur le fait que ce dernier round implique « que Kadhafi s’en aille ». On appelle ça le « changement de régime ». Ou, suivant la doctrine Obama du double front, « l’aide étasunienne » (apportée aux opposants aux « mauvais régimes »). Des régimes pas si mauvais, comme à Bahreïn ou au Yémen, sont encouragés à la « transformation du régime ».

Le problème, c’est que le « changement de régime » n’est pas prévu par le mandat de l’ONU et la résolution 1973.

L’Aube de l’Odyssée est la première guerre africaine du nouveau commandement militaire outremer du Pentagone, Africom. Bientôt, elle deviendra la première guerre africaine de l’Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN). Bien qu’on nous la vende comme une « mission limitée », l’Aube de l’Odyssée - qui vise juste à imposer une zone d’interdiction de survol - coûtera au moins 15 milliards de dollars par an. Les membres de la Ligue Arabe sont censés payer une partie substantielle de la facture - puisque le seul d’entre eux à avoir des forces militaires impliquées est le Qatar (deux chasseurs Miarage).

Le cirque en cours tourne autour de la façon de « faire transiter » la guerre entre la succursale africaine du Pentagone - qui est basée à Stuttgart, en Allemagne, parce qu’aucun des 53 États Africains n’en a voulu - et la succursale européenne du Pentagone, connue également sous le nom d’OTAN.

L’OTAN s’est déjà immiscée dans les affaires de la Somalie en 2010 - transportant par les airs des centaines de soldats ougandais. Elle conduit en ce moment l’opération Ocean Shield au large de la Corne de l’Afrique. Et avant l’Aube de l’Odyssée elle avait placé la Libye sous la surveillance permanente de ses avions AWACS - qui fait partie de l’Opération Active Endeavour, vieille de dix ans.

Globalement, le rôle combiné des tentacules mondiaux du Pentagone tombe sous la doctrine de la Full-Spectrum Dominance [domination totale, articulant le contrôle sur la terre, l'air, la mer et l'espace, NDT], qui vise à empêcher tout pays en développement, ou groupe de pays, d’établir des alliances ou des relations privilégiées avec la Chine ou la Russie.

La Chine et la Russie font partie des quatre principaux pays du BRIC, avec le Brésil et l’Inde. Les Quatre se sont abstenus lors du vote à l’ONU. Seulement 48 heures après ce vote précipité, Mouammar Khadafi avait menacé de transférer ses juteux contrats énergétiques à des entreprises de Russie, d’Inde ou de Chine, s’il était attaqué par l’Occident.

Comité de Guerre

L’opposition libyenne est une masse hétéroclite où se mêlent des tribus mécontentes, le mouvement généreux de la jeunesse, des civils et des militaires ayant déserté le régime de Kadhafi, des agents commandités par la CIA (tels que l’ancien ministre de la Justice Mustafa Abdel-Jalil), des islamistes liés (ou non) aux Frères musulmans, et les clans monarchistes de la confrérie Al-Sanussi. Les clans Al-Sanussi sont la principale tribu de la région de Benghazi; la plupart des « rebelles » portant le keffieh et brandissant leurs Kalashnikov sont Al-Sanussi, comme l’était le roi Idris, renversé par Kadhafi en 1969.

Le Conseil de Transition Libyen se nomme maintenant « gouvernement par intérim » - bien qu’il se dise encore déterminé à conserver l’unité de la Libye. Mais la sécession ne peut pas être exclue - parce que, historiquement, la Cyrénaïque a toujours été en désaccord avec la Tripolitaine. Si Kadhafi peut rassembler une majorité des tribus, le régime ne s’effondrera pas.

Tous les yeux se portent sur la « marche verte » annoncée maintenant par la tribu al-Warfalla, forte d’un million d’hommes, la principale tribu de Libye; elle s’était ralliée à l’opposition, mais se montre maintenant impatiente de montrer sa loyauté à Kadhafi.

Il n’y a aucune garantie que le Mouvement du 17 février, la force politique à l’avant-garde de la révolte libyenne, avec une plate-forme démocratique favorable aux droits de l’homme, l’État de droit et des élections équitables, ait la main dans un environnement post-Kadhafi.

L’Occident privilégiera une direction parlant anglais, et en bons termes avec Washington et les capitales européennes. De préférence, une marionnette docile. Le pétrole pourrait corrompre les nouveaux dirigeants jusqu’à la moelle. Ajoutez à cela les nouvelles encore fumantes affirmant qu’al-Quaïda au Maghreb Islamique (AQMI)- probablement encore un autre front de la CIA - avec son maximum de 800 jihadistes, soutenait déjà les « rebelles ». Pas étonnant que les scénarios de fin du monde fusent de partout - la chute de Kadhafi ayant tout le potentiel pour produire un nouvel Afghanistan ou un deuxième Irak.

L’accord obtenu par Obama, le premier ministre britannique David Cameron et le Président français Nicolas Sarkozy veut que l’OTAN joue « un rôle clé » dans l’Aube de l’Odyssée. Traduction : pour toutes les questions pratiques, l’OTAN sera aux commandes. La direction politique se réduira à un « comité de pilotage » de ministres des Affaires étrangères - un club franco-anglo-américain saupoudré de Ligue Arabe. Ils sont censés se rencontrer bientôt à Bruxelles, Londres ou Paris.

Obama a téléphoné au premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan et l’a apparemment convaincu au sujet de cet accord - bien que dans un discours tenu devant les membres de son parti, Justice et développement, au pouvoir, Erdogan ait dit qu’il « ne pointera jamais une arme sur le peuple libyen ».

Le ministre français des affaires étrangères, Alain Juppé, a dit que tous les membres de la coalition militaire n’étaient pas membres de l’OTAN, « ce n’est donc pas une opération de l’OTAN ». Ne vous méprenez pas : c’en est bien une.

Cette guerre « tantôt OTAN tantôt non » est grosso modo ce que voulait Sarkozy - une plate-forme « héroïque » pour assurer sa réélection en 2012. Mais la motivation de l’Occident a surtout un goût de pétrole. Puisque l’Arabie Saoudite n’est plus sur le marché, la Libye est une pièce de choix pour un Occident affamé d’énergie : une station essence géante au milieu du désert avec très peu de monde aux alentours.

La masse des réserves de pétrole et de gaz avérées de la Libye se situe dans la Cyrénaïque « rebelle ». Le pétrole et le gaz représentent 25% de l’économie, 97 % des exportations et 90 % des revenus de l’État. Sarkozy - de même que l’Occident - craint une guerre prolongée. La France veut qu’elle s’arrête tout de suite. Contrairement à l’Allemagne, à la Grande-Bretagne et à l’Italie - qui ont déjà leur part du gâteau - la France bave à l’idée de se tailler la part du lion en matière de pétrole.

Il n’y a absolument rien d’humanitaire à propos de l’actuel jeu de casino qui se joue à l’intérieur de l’UE et de l’OTAN. La seule chose qui compte c’est la bonne position relativement à l’ère post-Kadhafi - le pactole énergétique, la primauté géostratégique autour de la Méditerranée et dans l’espace du Sahara et du Sahel, les opportunités juteuses dans le business de la « reconstruction ».

Changement de régime ou balkanisation?

Donc, la droiture morale occidentale peut se résumer ainsi : si vous vendez beaucoup de pétrole, achetez nos armes, et pétez la gueule d’Al Quaïda, ça ne nous pose pas de problème. Vous pouvez même tuer vos propres citoyens, dès lors que c’est par douzaines, et non par milliers.

C’est ainsi que l’Arabie Saoudite peut s’en tirer avec n’importe quoi dans l’actuel climat d’antiinsurrectionnel, avec la Maison Royale grillant tous les feux rouges pour écraser toute aspiration démocratique dans le Golfe Persique.

Quant à ces régimes qui tuent peut-être des milliers de leurs citoyens - et ont du pétrole, et menacent de le vendre aux Russes ou aux Chinois, leur destin est de combattre une résolution ONU/Tomahawk.

Les forces de la contre-révolution sont en train de se rassembler sous la houlette de l’Occident. L’armée saoudienne restera à Bahreïn. Le CCG légitime la guerre occidentale en Libye. La stratégie favorite de l’Occident en Libye consiste à diviser pour mieux régner, et se tirer avec le pétrole. La grande révolte arabe de 2011 est-elle sur le point de s’écraser dans les sables du désert?

Source Changement de société