lundi 31 octobre 2011

Les derniers instants de Kadhafi (analyse psycho-pop)

On ne voulait pas de Kadhafi à la CPI (Cour Pénal International)
Où se trouvent la mère et le frère de Moussa Ibrahim?


Mansour Daou
Contrairement à ce qu'affirme le journal El Watan et repris par Radio Canada, « Kadhafi préférait "mourir qu'être jugé" par la CPI » en se référant au témoignage d'un proche de Kadhafi, Mansour Daou, ex-chef des services de sécurité intérieure, emprisonné à Misrata... témoignage surprenant venant d'un dirigeant qui semble en pleine forme alors que l'on sait ce qui est advenu des proches de Kadhafi. Comment croire son témoignage... nous n'avons pas fini d'entendre des histoires abracadabrantes.

Kadhafi a été assassiné en violation du droit international par une horde de barbares venus de Misrata... sans foi ni loi.

Le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a fait une visite surprise à Tripoli

VIDÉO DU DRAPEAU D'AL QAÏDA FLOTTANT À BENGHAZI



Kadhafi condamné à mort par Washington et Paris
Extrait

Obama et Sarkozy ne voulaient pas qu’il s’en sorte vivant. De crainte qu’il ne parle trop lors de son procès devant la Cour pénale internationale.

Mercredi, 19 octobre en fin d’après-midi, un colonel du Pentagone téléphone à l’un de ses correspondants au sein du service secret français. Chargé du dossier « Kadhafi », l’une des priorités actuelles des généraux de l’équipe Obama, l’Américain annonce que le chef libyen, suivi à la trace par des drones Predator US, est pris au piège dans un quartier de Syrte et qu’il est désormais impossible de le « manquer ». Puis il ajoute que laisser ce type en vie le transformerait en « véritable bombe atomique ». Son interlocuteur comprend ainsi que la maison Blanche a rendu son verdict, et qu’il faut éviter de fournir à Kadhafi la tribune internationale que représenterait son éventuel procès.

Depuis quelques jours d’ailleurs, des commandos des forces spéciales américaines et françaises participaient ensemble à cette chasse au Kadhafi. À Paris, au Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO), à la Direction du renseignement militaire (DRM) et au service action de la DGSE, plusieurs officiers évaluaient à une cinquantaine de membres du COS (Commandement des opérations spéciales) les militaires présents à Syrte.

Leur mission : porter assistance aux unités du CNT qui investissaient la ville, quartier par quartier, et, selon le jargon maison utilisé par un officier du CPCO, « traiter » le guide libyen et les membres de sa famille ». Une formule codée en cours à la DGSE : « livrer le colis à Renard », et agir en sorte que Kadhafi n’échappe pas à ses poursuivants (une unité du CNT baptisé « Renard ».

Des forces spéciales françaises sont alors présentes sur les lieux. L’histoire ne dit pas à quelle distance de ce qui va survenir, et que raconte avec abondance de détails un officier des services militaires de renseignements : « Il est capturé vivant par des combattants surexcités. La foule scande “Allah Akbar» à pleins poumons, le menace de ses armes et se met à le tabasser pendant que d’autres combattants qui peinent à prendre le dessus, crient de le maintenir en vie ».

On connait la suite, quelques images de ce lynchage suivi d’une exécution par balle sont apparues sur les écrans de télévision et dans la presse écrite. Mais la disparition de Kadhafi n’est pas la fin de l’histoire, car, en croire une analyse barbouzarde, « la Libye est entrée dans un no man’s land politique, une zone de turbulences imprévisibles. »

Voilà qui devrait inquiéter ceux qui, dans plusieurs capitales occidentales et arabes, ont poussé des soupirs de satisfaction que Kadhafi ne serait jamais la vedette d’un procès international.

Al Qaida prend possession du Palais de Justice de Benghazi (Vidéo)

Moustafa Abdeljalil, l’ancien ministre de la Justice de la Jamahiriya arabe libyenne devenu président du Conseil national de transition, a annoncé l’intention des rebelles de transformer la Libye en un État islamique et d’appliquer la Charia comme seule loi.

Le Réseau Voltaire a, dès le premier mois de l’intervention de l’OTAN, mis en évidence le rôle d’Al Qaida pour déstabiliser le pays et justifier une intervention militaire étrangère.

Selon le journaliste Sherif Elhelwa, le drapeau d’Al Qaida flotte actuellement avec celui des rebelles libyens sur le Palais de Justice de Benghazi. Ce Palais est le centre historique et symbolique de la révolte de la Cyrénaïque.



Notes
• « Ennemis de l’OTAN en Irak et en Afghanistan, alliés en Libye », par Webster G. Tarpley, Réseau Voltaire, 21 mai 2011.
• « Comment les hommes d’Al-Qaida sont arrivés au pouvoir en Libye », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 6 septembre 2011.

Source Voltairenet

Militaire canadien victime de l'uranium appauvri

Un ex-militaire menace de faire une grève de la faim
Par Pierre-André Normandin
Extrait

Un ex-soldat canadien menace de faire une grève de la faim devant les bureaux du ministre des Anciens Combattants (ACC), Steven Blaney. Il veut forcer le gouvernement à reconnaître qu'il a été intoxiqué à l'uranium appauvri lors d'une mission en Bosnie, dans les années 90

Après 12 années de combat à tenter de faire admettre le mal causé par l'utilisation de munitions radioactives, Pascal Lacoste espère toujours recevoir un appel d'Ottawa qui accepterait de lui payer un traitement de 50 000 $ dans une clinique au Texas.

Au-delà de sa propre santé, l'homme de 38 ans souhaite créer un précédent qui forcera ACC à traiter les autres militaires croyant avoir été contaminés à l'uranium appauvri.

« Un combat d'honneur »

« Je n'ai jamais parlé d'argent et ce n'est pas ce que je veux. C'est un combat d'honneur. Je veux que le Canada reconnaisse l'intoxication à l'uranium et nous soigne. Je ne veux pas qu'ils fassent comme ils ont fait avec les soldats qui ont servi de cobaye au projet Manhattan [les recherches sur la bombe atomique] à qui il a fallu attendre 50 ans pour être reconnus »

Le Canada nie recourir à l'uranium appauvri dans son arsenal militaire, mais ses soldats sont fréquemment déployés aux côtés de l'armée américaine, qui utilise ce produit radioactif depuis la première guerre du Golfe, en 1991.


Imaginer les civils irakiens et les Libyens... sans oublier la bande de Gaza qui a subi des bombardements massifs...
Nos militaires qui servent de chair à canon pour les politiques mensongères de nos dirigeants...


dimanche 30 octobre 2011

Libye, le chaos s'installe : Rébellion à Misrata et Al Qaïda chasse le CNT de Benghazi

Des milices du Conseil national de transition à Misrata ont refusé hier de déposer les armes aux autorités du CNT, après une réunion secrète de ces groupes sur la situation en Libye, annonçant le début d’une rébellion dont les signes commencent à paraître.

Selon des informations de sources crédibles, les chefs des groupes de ces formations armées de combattants, auraient tenu avant-hier une réunion secrète pour discuter des possibilités de se déplacer vers la capitale Tripoli et mettre fin au règne du Conseil national de transition (CNT), soutenu par les milices dirigées par Abdelhakim Belhadj, ex-émir de l’organisation terroriste « La Djamaâ des combattants libyens).

De longues discussions ont eu lieu entre les chefs des brigades de Misrata qui se sont divisés en deux groupes; le premier pour l’invasion de Tripoli pour remplacer le CNT et l’autre demandant l’autonomie de Misrata et refuser de remettre les armes au CNT, ajoutent les mêmes sources.

Bien que les deux courants aient des avis différents, ils se rejoignent sur le même objectif qui est de se rebeller contre le nouveau régime du CNT et refuser de remettre les armes avec lesquelles ils ont combattu le régime de Kadhafi.

Selon le site d’information « Seven Days News», citant des sources bien informées, les chefs des brigades de combattants de Misrata auraient transmis; il y a deux jours, une lettre de menace au président du conseil national de transition, Mustapha Abdeljalil, suite à ses critiques concernant les circonstances de la mort de Mouammar Kadhafi.

Par ailleurs, un chef touareg libyen a démenti l’information faisant état de la reddition du fils de Kadhafi, Seif el Islam. Selon ce dernier, Seif aurait fait courir cette rumeur exprès pour pouvoir s’enfuir dans un lieu sûr.

De leur côté, les pro-Kadhafi ont revendiqué l’attentat à la voiture piégée au centre de la ville de Derna, à l’est de la Libye, connue pour être un des bastions des groupes de Djihadistes libyens d’Al Qaïda. Le Front de libération de la Libye a annoncé dans un communiqué que l’opération de la voiture piégée portait le nom de Bab El Azizia.

Ennahar/ Yacine Abdelbaki


Libye, les renégats de Misrata s’en prennent aux partisans de Kadhafi

Des partisans de Kadhafi pris à partie.

(La mission humanitaire de l'OTAN est terminée ils ont soutenu les renégats, maintenant ils les laissent finir le sale boulot qui consiste à éliminer les partisans de Kadhafi... Fini la protection des civils. Bravo Bouchard (commandant canadien de l'opération en Libye)... la poursuite de tes crimes se poursuit avec les renégats de Misrata.»

Des milices de Misrata mènent des attaques de représailles contre des habitants déplacés originaires de la ville de Touarga, un bastion des partisans de Mouammar Kadhafi durant le conflit en Libye, a affirmé dimanche Human Rights Watch (HRW).

« Des milices de Misrata (215 km à l'est de Tripoli) terrorisent les habitants déplacés de la ville voisine de Touarga, les accusant d'avoir commis des atrocités avec les forces de Kadhafi à Misrata », notamment des viols et des meurtres, a indiqué l'organisation de défense des droits de l'Homme dans un communiqué.

HRW, qui se fonde sur des témoignages de dizaines d'habitants de Touarga déplacés à travers le pays, fait état de tirs de miliciens de Misrata sur des habitants non armés, d'arrestations arbitraires et de violences commises sur des détenus, ayant conduit dans quelques cas à la mort.

L'ONG souligne que Touarga a été en partie pillée et incendiée, les miliciens ayant affirmé que les 30.000 habitants, qui ont tous fui, ne devaient jamais être autorisés à revenir « après ce qu'ils ont fait à Misrata ».

La ville était toujours déserte dimanche, à l'exception de rares véhicules immatriculés à Misrata que leurs propriétaires chargeaient de biens traînant dans les immeubles déserts, au milieu de voitures et de chars calcinés, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les combattants de Misrata sont également accusés d'exactions à Syrte par HRW, notamment d'exécutions sommaires de partisans de Mouammar Kadhafi. (et de l'assassinat du colonel Kadhafi)


Un groupe de combattants du CNT a été envoyé aux États-Unis, bénéficiant du fonds mis en place par les nouvelles autorités libyennes, qui ont pris en charge l’évacuation et les soins à l’étranger de 3 000 combattants pour quelque 150 millions de dollars. Ce sont les avoirs gelés du régime Kadhafi qui ont financé ces transferts. Quelque 2 000 combattants ont été emmenés en Tunisie, tandis que d’autres ont été envoyés en Allemagne, en Grande-Bretagne, en France, en Autriche, au Portugal, en Turquie ou en Jordanie. Cependant, des dizaines de milliers doivent se contenter des hôpitaux libyens délabrés ou peu équipés.

Extrait de l'article «Des milices s’en prennent aux partisans de Kadhafi»


Selon l'aticle, « la Libye regorge d'armes et est parcourue de groupes de fidèles du régime renversé, ce qui fait craindre une débauche de vengeance propre à faire voler la paix en éclats »...

Mouammar Kadhafi et le projet libyen de redistribution de la richesse

par Mahdi Darius Nazemroaya

L’idée que l’on se fait du colonel Mouammar Kadhafi n’est pas la même partout dans le monde. Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, sous son règne la Libye est passée d’un des pays les plus pauvres de la surface de la Terre au pays ayant le niveau de vie le plus élevé en Afrique. Selon le professeur Henri Habibi :

« Lorsque les Nations Unies ont octroyé son indépendance à la Libye le 24 décembre 1951, on la décrivait comme l’un des pays les plus pauvres et arriérés du monde. La population de l’époque ne dépassait pas les 1,5 millions, elle était illettrée à plus de 90 % et n’avait ni d’expérience politique ni d’expertise. Il n’y avait pas d’université et seulement un nombre limité d’écoles secondaires, établies sept ans avant l’indépendance [1]. »

Kadhafi avait plusieurs plans d’envergure. Il voulait créer une Organisation du Traité de l’Atlantique Sud pour protéger l’Afrique et l’Amérique latine. Il préconisait l’utilisation d’un étalon-or pour le dinar comme devise des pays musulmans. Bon nombre de ses plans étaient de nature panafricaine, dont les États-Unis d’Afrique.

Les projets panafricains de Kadhafi

Le colonel Kadhafi a mis en œuvre la grande rivière artificielle, un projet d’envergure visant à transformer le désert du Sahara et à renverser la désertification de l’Afrique. Grâce à ses plans d’irrigation, la grande rivière artificielle avait également pour but de soutenir l’agriculture ailleurs sur le continent. Ce projet est devenu une cible militaire pour l’OTAN. Sans justification, la campagne de bombardements de l’OTAN visait à détruire la grande rivière artificielle.

Kadhafi envisageait aussi la création d’institutions financières panafricaines indépendantes, où la Libyan Investment Authority (Autorité libyenne d’investissements) et la Banque étrangère de Libye joueraient des rôles importants. Par le biais de ces deux institutions, Kadhafi a contribué à mettre sur pied le premier réseau de satellites africain, la Regional African Satellite Communication Organization (Organisation régionale africaine de communications par satellite, RASCOM), afin de réduire la dépendance des Africains aux puissances étrangères [2].

Son chef-d’œuvre aurait été la création des États-Unis d’Afrique. L’entité supranationale aurait été constituée à l’aide de la Banque africaine d’investissements, le Fonds monétaire africain et finalement, la Banque centrale africaine. L’Union européenne (UE), les États-Unis, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale étaient hostiles à toutes ces institutions.

Le projet de redistribution de la richesse de Kadhafi

Kadhafi avait un projet de redistribution de la richesse en Libye. Des sources du Congrès étasunien l’ont même admis dans un rapport daté du 18 février 2011 :

« En mars 2008, le colonel Kadhafi a annoncé son intention de dissoudre la plupart des corps administratifs gouvernementaux et d’instituer un programme de redistribution de la richesse, où les recettes pétrolières de l’État seraient mensuellement distribuées aux citoyens, qui les administreraient personnellement, en coopération avec des comités locaux. Citant la critique populaire des performances gouvernementales dans un long discours touchant à divers sujets, il a répété que l’État traditionnel serait bientôt “mort” en Libye et que la gouvernance directe s’accomplirait par la redistribution des revenus du pétrole. [L’armée], les affaires étrangères, la sécurité et les arrangements concernant la production de pétrole demeureraient, dit-on, des responsabilités gouvernementales, alors que d’autres organes gouvernementaux seraient supprimés peu à peu. Au début de 2009, les Congrès populaires de base envisageaient des changements dans les propositions et le Congrès général du peuple a voté pour la remise de l’implantation à une date ultérieure [3]. »

Kadhafi souhaitait que tout le peuple libyen ait un accès direct à la richesse nationale. Il était également au courant de la corruption enracinée dans les rangs du gouvernement libyen. C’est l’une des raisons pour lesquelles il désirait appliquer progressivement un modèle d’anarchie politique en Libye. Il a parlé de ces projets pendant quelques années.

Par ailleurs, le projet de redistribution de la richesse et l’instauration d’un système politique anarchiste étaient vus comme des menaces très sérieuses par les États-Unis, l’UE et un groupe de représentants libyens. Si elles réussissaient, les réformes auraient créé des troubles politiques parmi de nombreuses populations à travers le monde. Au niveau national, bien des officiels Libyens tentaient de ralentir le projet, entre autres, en faisant appel à des puissances étrangères.

Pourquoi Mahmoud Jibril s’est joint au Conseil national de transition

Mahmoud Jibril faisait partie des officiels Libyens ayant horreur de ce projet et fortement opposés à celui-ci. C’est Seïf al-Islam Kadhafi qui a nommé M. Jibril. En raison de la forte influence des États-Unis et de l’UE, Seïf al-Islam a choisi Jibril pour transformer l’économie libyenne et imposer une vague de réformes économiques néolibérales qui ouvriraient le marché libyen.

Jibril est devenu chef de deux organes gouvernementaux de la Jamahiriya arabe libyenne : le Conseil national de planification et l’Office national de développement économique de la Libye. Alors que ce dernier est un ministère régulier, le Conseil national de planification se situe au-delà du Bureau du secrétaire général du Comité populaire dans la hiérarchie gouvernementale. En réalité, cela plaçait Jibril dans un poste supérieur à celui qui constitue l’équivalent d’un premier ministre. Jibril est en fait devenu l’une des forces ayant ouvert les portes à la privatisation et à la pauvreté en Libye.

Environ six mois avant l’éclatement du conflit en Libye, Mahmoud Jibiril a rencontré Bernard-Henri Lévy en Australie afin de discuter de la formation du Conseil de transition et de la déposition du colonel Kadhafi [4]. Dans des documents et des procès-verbaux de l’Office national de développement économique de la Jamahiriya arabe libyenne, Jibril a qualifié de « fou » le projet de redistribution de la richesse de Kadhafi [5]. Jibril croyait fermement que le peuple libyen n’était pas digne de se gouverner lui-même et qu’une élite devrait toujours contrôler le destin et la richesse de toute nation. Il souhaitait diminuer la taille du gouvernement libyen et licencier un grand nombre de travailleurs du secteur public, mais, en revanche, il désirait augmenter les réglementations gouvernementales en Libye. Jibril citait aussi toujours Singapour comme l’exemple parfait d’un État néolibéral. Alors qu’il était à Singapour, un pays qu’il visitait régulièrement, il est probable qu’il ait rencontré Bernard-Henri Lévy.

Lorsque les problèmes ont commencé à Benghazi, Mahmoud Jibiril s’est immédiatement rendu au Caire en Égypte. Il a avisé ses collègues qu’il serait de retour bientôt à Tripoli, mais il n’avait aucune intention d’y retourner. En réalité, il est allé au Caire pour rencontrer les leaders du Conseil national syrien et Lévy. Tous l’attendaient au Caire afin de coordonner les événements en Libye et en Syrie. C’est l’une des raisons pour lesquelles le Conseil national de transition (CNT) a reconnu le Conseil national syrien comme gouvernement légitime de la Syrie.

N’ayez pas pitié des morts, ayez pitié des vivants!

Mouammar Kadhafi est mort maintenant. Il a été tué dans sa ville natale, Syrte. Il a tenu bon jusqu’à la fin comme il l’avait promis.

Le CNT, qui avait juré de le poursuivre en justice, l’a fait assassiner.

Kadhafi a même rappelé aux hommes qui l’ont battu, sodomisé, se sont moqués de lui et l’ont finalement assassiné qu’ils ne respectaient pas les lois de l’Islam concernant le traitement respectueux des prisonniers. L’OTAN a pour sa part joué un rôle central et supervisé l’événement du début à la fin.

Ali Tarhouni
Le meurtre de Kadhafi a été systématique, puisque son fils et plusieurs autres leaders libyens ont ensuite aussi été tués.

Le décès de Kadhafi marque une étape historique pour la Libye : la fin d’une époque et le commencement d’un nouveau chapitre.

La Libye ne deviendra pas un nouveau paradis comme le dit le CNT. Dans bien des cas, les vivants envieront les morts, à cause d’hommes comme Mahmoud Jibril, Ali Tarhouni, et Sliman Bouchuiguir.

Sliman Bouchuiguir
Mahmoud Jibril est un simple opportuniste. L’homme ne voyait aucun problème à agir comme représentant du gouvernement sous feu Kadhafi. Il ne s’est jamais plaint à propos des droits humains ou du manque de démocratie. Il était encore premier ministre du CNT quelques jours après le meurtre sauvage du colonel Kadhafi. L’opposition de Jibril au projet de redistribution de richesse du colonel et son attitude élitiste sont parmi les raisons pour lesquelles il a conspiré contre Kadhafi et contribué à la formation du CNT.

Cet officiel de l’ancien régime, qui a toujours appuyé ouvertement les dictateurs arabes dans le golfe Persique, est-il vraiment un représentant et un héros du peuple? Qu’en est-il de ses collègues du CNT qui ont négocié des contrats pétroliers avec les États membres de l’OTAN, avant même de détenir de soi-disant postes gouvernementaux au sein du CNT?

Article original : Who Was Muammar Qaddafi? Libya's Wealth Redistribution Project, paru le 27 octobre 2011

Traduction : Julie Lévesque pour Mondialisation.ca

Notes
[1] Henri Pierre Habib, Politics and Government of Revolutionary Libya (Montmagny, Québec: Le Cercle de Livre de France Ltée, 1975), p.1.

[2] Regional African Satellite Communication Organization, “Launch of the Pan African Satellite,” July 26, 2010:
http://www.rascom.org/info_detail2.php?langue_id=2&info_id=120&id_sr=0&id_r=32&id_gr=3

[3] Christopher M. Blanchard and James Zanotti, “Libya Christopher M. Blanchard and James Zanotti, “Libya: Background and U.S. Relations,” Congressional Research Service, February 18, 2011, p.22.

[4] Private discussions with Mahmoud Jiribil’s co-workers inside and outside of Libya.

[5] Internal private documents from the National Economic Development Board of the Libyan Arab Jamahiriya.

Merci Nicolas, grâce à vous la Libye retourne à l’âge de pierre!

Tandis que monsieur Sarkozy serrait dans ses bras sa nouvelle progéniture la petite Julia, des millions de femmes libyennes tremblaient à l’idée de la réintroduction de la charia! Pendant que Carla va faire une convalescence dorée à l’Élysée, des millions de Libyennes vont devoir dire adieu à la liberté de vivre, de se vêtir, de se coiffer librement, de suivre des études, et dire adieu au principe de monogamie, etc. En effet, le président du CNT Judas, oh pardon! M. Abdeljalil a précisé que le CNT (Contras libyens made in USA) allait réintroduire la loi islamique, à la grande stupeur des crétins occidentaux qui s’imaginaient peut-être que le CNT allait autoriser le mariage gay, ou encore l’homoparentalité…

Après avoir déclaré la guerre à la Libye sans aucun motif valable, tué des milliers de civils libyens, détruites toutes les infrastructures du pays, détruit le régime socialiste qui fonctionnait plutôt bien, spoliées les ressources du pays et assassiné Mouammar Kadhafi comme un chien, l’OTAN et ses serfs ont réussi le tour de force de ramener la Libye à l’âge de pierre.

Que dirait madame Clinton qui se félicitait de l’invasion de la Libye, si la charia était appliquée dans son pays?

Que dirait notre chère Hilary si son mari l’obligeait à sortir dans la rue déguisée en abat-jour avec un niqab en guise de perruque, qu’au nom de la polygamie Bill prennent deux autres épouses et qu’on l’oblige à quitter son poste de secrétaire d'État pour retourner derrière ses fourneaux? C’est pourtant ce qui va se produire pour des millions de femmes libyennes, n’oubliez pas mesdames de dire à merci monsieur Sarkozy!

Source Alain Conny, Écrire sous les tropiques

L'OTAN une menace pour la Syrie et l'Iran

Suite à l’échec des négociations irako-US, le président Obama a annoncé le retrait complet des troupes états-uniennes d’Irak à la fin 2011. Cependant, les experts militaires s’accordent à considérer que cette situation ne sera pas tenable : l’Irak, qui est déjà largement sous influence conjointe de Téhéran et de Damas, va former une alliance de facto avec l’Iran, la Syrie et le Liban, à la fois opposés à l’exploitation impériale du Proche-Orient et à la colonisation de la Palestine.

C’est pourquoi, selon le New York Times, le Pentagone prépare un plan de redéploiement de ses forces dans la région. Les troupes stationnées en Irak seraient simplement déplacées au Koweït. Ce petit émirat, qui a déjà renoncé à la souveraineté sur la majorité de son territoire pour héberger 22 000 GI’s, deviendrait alors la plus importante base états-unienne dans le monde. En outre, Washington miserait sur le Conseil de Coopération du Golfe (CCG), déjà transformé en alliance contre-révolutionnaire des monarchies du Proche-Orient et d’Afrique du Nord depuis son association avec la Jordanie et le Maroc. Le Pentagone encadrerait et armerait un peu plus les États du CCG, principalement l’Arabie saoudite dont l’armée a écrasé les révoltes populaires à Bahreïn et au Yémen, et le Qatar et la Jordanie qui ont participé à la prise de la Libye par l’OTAN.

« U.S. Is Planning Buildup in Gulf After Iraq Exit », par Thom Shanker et Steven Lee Myers, The New York Times, 29 octobre 2011.



Oh please, shut-up Hilary

Par Alain Conny

Madam Clinton ferait mieux de se taire, car chaque jour qui passe est couronné par une des ses déclarations grotesques, voire indécentes, qui à la longue deviennent insupportables à entendre, pour tout être humain normalement constitué.

Hier Madame Clinton nous annonçait que l’Iran se transformait en dictature militaire, ce qui est aussi absurde que de dire que les USA sont une démocratie ou la France un pays souverain!

Aujourd’hui la blondasse nous raconte ( voir ) que le sacrifice que les Grecs doivent faire, pour rester otages des marchés financiers, sont difficiles, mais utiles... Je conseille à Hilary de passer ses vacances à Athènes et de répéter son message aux fonctionnaires grecs, qui par le truchement de Goldman Sachs ont perdu leur emploi!

Je trouve les déclarations des dirigeants américains indécentes, voilà des décennies que ces gens-là trichent et nous imposent un système économique caduc, des décennies que ces gens-là font, ou provoquent des guerres dans le monde entier au nom de la démocratie, pour faire tourner leur industrie belliqueuse, des décennies que ces gens-là imposent au monde un mode de vie que les Américains eux-mêmes ne supportent plus! OWS (Occupy Wall Street) en est la démonstration criante!

Madame Clinton ferait mieux de s’occuper des 45 millions d’Américains qui utilisent des bons alimentaires pour se nourrir, ou des enfants américains qui n’ont plus de domiciles parce que la crise des surprimes à jeté leurs parents dans la rue, ou encore des plus de 20 % de chômeurs américains qui sont obligés d’avoir recours au travail informel pour survivre, etc.

Oh Please, Shut-up Hilary! Occupe-toi de ton peuple qui est en train de crever, avant de te mêler de ce que font les autres et souviens-toi que, si la parole est d’argent le silence est d’or, comme dit le proverbe.

Source Alain Conny , Écrire sous les tropiques

samedi 29 octobre 2011

La censure « made in USA»

Nos médias ne cessent de parler de la censure en Iran, en Chine. Voilà que les « Amaricains » se plaignent de la censure d’internet en Syrie... Ah oui! il censurerait avec vos outils monsieur les « Amaricains ».

Ceux qui exercent la censure sur internet viennent des compagnies américaines en particulier de Blue Coat Systems implantée en Californie...

À regarder la paille dans les yeux du voisin, on en vient à oublier la poutre qui obstrue notre vue.

« Un responsable de l'entreprise Blue Coat Systems implantée en Californie a expliqué à l'AFP que des dispositifs de filtrage d'internet vendus au ministère irakien des Communications ont été mystérieusement mis en service en Syrie. Le responsable assure qu'il ignore comment l'équipement a changé de mains.»

« La vente de ce type d'appareil à la Syrie est interdite par le gouvernement américain. »

« Puisque nous ne l'avons pas vendu là (en Syrie), nous ne connaissons pas les détails », a affirmé le responsable de la société avant de préciser qu'au moins 13 des 14 « appareils » de censure vendus seraient utilisés en Syrie. »

« Un tel dispositif serait suffisant pour contrôler et censurer le trafic internet dans ce pays. » Source AFP
Voilà, nous savons, qu'aux États-Unis ils vendent des systèmes pour censurer... Alors, si vous avez des bogues sur vos ordinateurs ne vous posez pas de question parce que vous publiez des informations qui pourraient contenir certaines vérités alors on se chargera de vous faire taire même par chez nous.

À lire
1- Syrie: 47 soldats et membres des forces de sécurité tués par des déserteurs El Watan

2- Distinguer une révolution authentique d’une trahison caractérisée ISM

Libye : Kadhafi mort, l’Occident annonce les couleurs

Il y a une semaine que le guide de la révolution est passé de vie à trépas. Moins d’une semaine après cette disparition, la vidéo de sa mort se vend comme de petits pains sur les marchés de Conakry, Dakar, Kinshasa, Alger ou Tunis.

Celui qui fit rêver plus d’un jeune dans les années 70 suscite l’émotion et la compassion de la même jeunesse africaine 40 ans plus tard. Laquelle jeunesse, pour la circonstance, lui trouve peu de défauts et beaucoup de qualités.

Après la fin tragique de cet homme politique qui a incontestablement marqué l’Afrique des quatre décennies, quelques leçons sont à tirer :

Premièrement, Kadhafi aurait pu se trouver aujourd’hui au Venezuela chez son ami Hugo Chavez. Il aurait pu faire l’objet de pressions et de menaces de la part des grandes puissances. Mais, du vivant de l’actuel chef d’État de ce pays et même après peut-être, il aurait pu bénéficier d’un asile politique au Venezuela. Sans compter que d’autres pays étaient eux aussi prêts à le recevoir. Mais, le bouillant colonel est allé jusqu’au bout de sa décision : mourir chez lui en martyr. Cet objectif il l’a atteint. Quelles soient les conditions inhumaines dans lesquelles il est mort, sa douleur a pris fin.

Deuxièmement, le traitement cruel, inhumain, voire sauvage, infligé au guide avant son décès ainsi que de la profanation de sa dépouille mortelle devant les caméras de télévision du monde entier ne constituent nullement une insulte à Kadhafi mort. Cet acte de barbarisme en dit long sur la personnalité des nouveaux dirigeants de ce pays et les Libyens en général. Car ils auraient pu éviter cela. Leur pays a pris un sérieux coup avec ce barbarisme d’un autre temps. Les membres du CNT promettent de juger les assassins de Kadhafi. Insinuants ainsi qu’ils ne sont pour rien dans cette mort. Mais le fait de laisser la dépouille mortelle d’une telle personnalité tripoter par des loubards qui prennent le plaisir de se photographier avec le corps criblé des balles et des traces de couteaux, n’est ni honorable ni acceptable pour les nouveaux maitres de la Libye. Ce n’est ni dans la tradition africaine, ni dans celle des Arabes encore moins celle des musulmans de profaner un corps. Fut-il celui du pire ennemi.

Troisièmement, l’intervention militaire de l’OTAN pour « défendre les populations civiles » n’a d’autres objectifs que de faire main basse sur les richesses de ce pays en ces temps plutôt difficiles pour l’Occident en général et l’Europe en particulier. Le deux poids deux mesure entre les situations libyenne et syrienne ainsi que l’oppression dont des populations font l’objet de par le monde de la part de leurs gouvernements sans provoquer la moindre réaction en est l’illustration. Si Kadhafi était un allié des Occidentaux, s’il défendait leurs intérêts, ces derniers n’auraient pas levé un petit doigt. Le cas israélien est là pour l’attester.

Quatrièmement, une semaine seulement après que les grandes puissances soient parvenues à leurs fins, elles annoncent les couleurs. Alors que les insurgés devenus maitres de la Libye réclamaient la prolongation de la mission de l’OTAN au moins jusqu’à la fin de cette année, le Conseil de sécurité a voté à l’unanimité une résolution demandant le retrait de l’OTAN le 31 octobre prochain.

Le message des Occidentaux est très clair. « Nous avons atteint notre objectif, qui était celui de la disparation au figuré comme au propre de Kadhafi. Pour le reste, débrouillez-vous ». Dans un pays où un homme et son armée ont résisté contre la première organisation militaire du monde appuyée par des rebelles puissamment armés et connaissant parfaitement le train pendant 8 mois, ce retrait n’augure rien de rassurant. On peut affirmer sans risque de se tromper que le plus dure est à venir en Libye.

Penseur Canadien de l'OTAN
Cinquièmement enfin la France annonce qu’elle a engagé 300 millions d’Euros pour cette guerre. Une France empêtrée dans une grave crise, au chômage et menacée de récession dépense ce montant faramineux dans un pays où ni sa sécurité ni celle de ses ressortissants ne sont menacées. Assurément, les Français doivent demander des comptes à leur président. Même si ce président n’a pas dit quels sont les engagements pris par ceux-là qu’il a aidé à se rendre maitres de la Libye.

Et si M. Sarkozy luttait contre les dictateurs du monde, il devait commencer par ses amis de Yaoundé, Brazzaville, N’Djamena et Bangui entre autres. Car ne l’oublions pas, après Kadhafi le doyen des chefs d’État africain est un certain Denis Sassou N’Guessou. Mais celui-là peut dormir tranquille, car le pétrole congolais est à la disposition de M. Sarkozy.

Pauvre Afrique. Confrontée à un retour d’une autre forme de colonisation.

Habib Yembering Diallo — Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
29 octobre 2011


La horde de barbares du CNT soutenu par l'OTAN à l'oeuvre... Ça n'a rien à voir avec des révolutionnaires.

Syrte, on ne compte plus les morts de L'OTAN

Les équipes de volontaires collectant les morts dans les ruines de Syrte.continuaient d'y découvrir des dizaines de cadavres, souvent non identifiés.

« On a enterré plus de 500 corps depuis dimanche dernier, et on continue à en trouver à travers la ville. La plupart sont des combattants, je pense, mais je ne suis pas sûr », raconte un des volontaires occupés à la sinistre tâche, Ibrahim Souleymane, qui ne sait pas si d'autres équipes effectuent la même tâche dans d'autres parties de la ville.

Sur le site d'une société de traitement des eaux située dans le quartier nº 2, où les forces de l'ancien dirigeant s'étaient réfugiées avant leur déroute, les volontaires ont découvert 26 tombes sommaires,

Au milieu des bâtiments de la société ravagés par les combats, les corps sont enterrés très peu profondément dans le sable, près d'un grand réservoir d'eau, et l'odeur de leur décomposition se fait très nettement sentir, a constaté un journaliste de l'AFP. Pour Ibrahim Souleymane, il s'agit sans doute de combattants pro-Kadhafi, « enterrés à la hâte » par leurs frères d'armes.

Enfants d'une école
Dans le centre de Syrte, au croisement de la rue de Dubaï et de la rue du 1er Septembre, des membres de l'association caritative libyenne Djebel Al-Akhdar ont affirmé à l'AFP que « plus de 50 corps » de civils se trouvaient sous un immeuble de plusieurs étages détruit par une frappe aérienne de l'OTAN.

« Il y a plus de 50 corps de civils sous les décombres, des femmes, des enfants. C'est horrible. On ne peut pas y accéder, il faudrait des bulldozers », a déclaré un membre de l'association, Mohammed Muftah, les larmes aux yeux. Des habitants du quartier se tenant à ses côtés ont confirmé l'information, et une forte odeur de cadavres pourris flottait sur les ruines.

Selon Ayman Ibrahim, autre membre de Djebel Al-Akhdar, « l'immeuble s'est écroulé après une frappe de l'OTAN ». Un cratère de 7 mètres de diamètre rempli d'eau, coupant la rue de Dubaï voisine, attestait en tout cas d'une frappe de l'OTAN sur la zone, aucune arme des pro-CNT ou des pro-Kadhafi n'étant en mesure de produire pareilles destructions.

vendredi 28 octobre 2011

Canada, police et Opération Mr. Big (vidéo )

UNE MÉTHODE CONTROVERSÉE D'ARNAQUE POLICIÈRE


Les policiers utilisent la menace et la manipulation pour obtenir des aveux dans des cas de crimes non résolus. Cette technique d'enquête, qui a des allures de film hollywoodien, s'appelle « Mr. Big ». Elle a été utilisée 350 fois au pays depuis la fin des années 80. Dans 95 % des cas, les accusés ont été condamnés. Mais la technique d'enquête Mr. Big est controversé, puisqu'elle peut aussi faire condamner des innocents.

Les opérations Mr. Big sont l'oeuvre d'une escouade mixte composée d'agents de la GRC, de la Sûreté du Québec et de la police municipale. Les policiers écrivent et mettent en scène 41 scénarios pour amener le suspect à avouer le meurtre. Au Québec, l'escouade mixte a fait une dizaine d'opérations Mr. Big depuis huit ans pour élucider des crimes non résolus.

Dans toutes les opérations Mr. Big, les policiers se font passer pour des criminels. Ils tendent leurs filets autour du suspect et l'amènent à faire partie de l'organisation. Trafic de cartes de crédit, blanchiment d'argent, trafic d'armes. Ils lui versent un salaire et lui font vivre la grande vie. Les bons restaurants, les bars de danseuses. Tout est là pour rendre l'organisation crédible. Les opérations Mr. Big coûtent entre 100 $ et 400 000 $.

Ultimement, le suspect rencontre le grand patron, à qui il doit confesser ses crimes passés pour devenir membre en règle de la pseudo-organisation criminelle. En échange, le grand patron lui promet de faire effacer toutes les preuves contre lui grâce à ses connexions dans la police. Les aveux sont filmés et seront admissibles en preuve. Une preuve béton, qui a permis d'élucider de nombreux crimes non résolus.

Mais peut-on avouer un crime que l'on n'a pas commis? Alain Perreault vient d'être reconnu coupable à Québec. L'opération Mr. Big a réussi à lui faire avouer le meurtre de Lyne Massicotte, commis il y a sept ans. Il porte le verdict en appel et prétend avoir tout inventé pour satisfaire le grand patron, de façon à pouvoir faire partie de l'organisation criminelle. Son avocat fera valoir que la technique d'enquête employée a brimé les droits constitutionnels de son client.

Tiffany Burns est en croisade depuis 15 ans contre cette méthode, qui a permis d'inculper son frère Sebastian et son ami Atif Rafay. Les deux jeunes Canadiens sont en prison depuis 17 ans pour un meurtre qu'ils disent n'avoir pas commis. Ils ont été reconnus coupables d'avoir assassiné la famille Rafay, le père, la mère et la soeur d'Attif en 1995. La Cour d'appel de l'État de Washington a entendu l'affaire l'été dernier (2011) et doit entre autre se prononcer sur la légitimité de la méthode d'enquête canadienne Mr. Big.
Le criminaliste Marc Labelle

Cette technique est utilisée partout au Canada. La Cour suprême a jugé que cette méthode d'enquête est valable. Pourtant, elle a fait condamner au moins un innocent. Le Manitobain Kyle Hunger réclame 14,5 millions de dollars en compensation. Il a avoué à Mr. Big un meurtre qu'il n'a pas commis. Après avoir passé 14 ans derrière les barreaux, la preuve d'ADN l'a innocenté.

Le criminaliste Marc Labelle a défendu plusieurs accusés tombés dans le piège de Mr. Big. Selon lui, cette méthode d'enquête attaque les piliers de notre système judiciaire. Il est convaincu que dans 15 ou 20 ans, on devra corriger une série d'erreurs judiciaires causées par les enquêtes Mr. Big.

Source Enquête Radio Canada  POUR VOIR LA VIDÉO ICI

Syrte, ville fantôme (vidéo)

Crimes commis par les rebelles et l’OTAN en Libye

De terribles massacres ont été commis contre les « loyalistes », en fait contre les Libyens, par les « rebelles » — en vérité des mercenaires encadrés par l’OTAN- pendant sept mois.

La petite ville de Syrte, si belle et brillante hier, n’est plus qu’un lieu désolé, avec de rares survivants en état de choc, dont les maisons encore debout ont été toutes, nous dit-on, sauvagement pillées par les « rebelles. »



Où sont aujourd’hui les représentants de l’ONU, de l’Union européenne, de tous les pays qui ont appuyé l’intervention en Libye, sous le prétexte de « protéger les civils »?

Où sont les signataires de l’« Appel urgent pour arrêter les atrocités en Libye » lancée le 21 février 2011 en invoquant la « responsabilité de protéger » [1]?

On ne les entend plus. Pas un seul des signataires de cet appel n’a réagi aux crimes perpétrés durant ces sept mois par les soi-disant « libérateurs ». Aucun d’eux n’a élevé la voix pour condamner les crimes commis lors du siège de Syrte. Honte à eux.

Face aux images et vidéos rendues publiques qui témoignent d’exactions insoutenables commises au nom d’une intervention pour « protéger les civils », nous ne pouvons pas rester silencieux.

Il est du devoir de chacun de nous d’exhorter les gouvernements et les ONG qui ont appelé les Nations Unies et la communauté internationale à intervenir sur la base de chiffres mensongers — en février 2011 ils avaient avancé le chiffre de 6’000 morts à Benghazi alors qu’il y en avait eu tout au plus 300 —, à arrêter les massacres et atrocités perpétrés contre leur propre peuple par les forces du CNT soutenues par l’OTAN.


[1] Voir :
http://www.blogger.com/goog_533019799

Les Intrigues autour de Kadhafi : voyou, allié et dictateur!

Hier allié, aujourd’hui voyou, ou les intrigues autour de Kadhafi : les câbles diplomatiques US wikifuités apportent un éclairage utile.

La transformation du Président libyen Mouammar Kadhafi de voyou en allié puis en dictateur que selon les besoins du jour l’on bombarde, encense ou met hors jeu au moyen d’une guerre d’agression témoigne des intrigues stratégiques tissées par les USA et leurs alliés. Soutenir et subventionner ou diaboliser et renverser par les armes des États, des gouvernements ou des fractions sociétales relève des opportunités qui s’offrent aux puissances en place. Se servir de régimes répressifs précisément en raison de leur capacité à s’imposer par la force ou les mettre hors-la-loi pour exactement la même raison n’a rien à voir avec des normes telles que liberté, démocratie ou droits humains, qu’on peut à son gré ignorer ou utiliser comme prétexte à sanctions.
« Bien sûr que c’est un salaud —, mais c’est notre salaud ». Ce propos souvent cité est prêté au Président Franklin Delano Roosevelt qui l’aurait dit d’Anastasio Somoza Garcia. En 1933, lorsqu’une troupe de guérilleros sous la conduite d’Augusto César Sandino a chassé les Usaméricains du Nicaragua, ceux-ci ont laissé sur place la sinistre Garde nationale, dont Somoza prit le commandement. Il disposait ainsi d’un moyen assuré de réprimer la résistance politique et fit assassiner traîtreusement Sandino en 1934 à Managua à l’issue de négociations de paix. Deux ans plus tard, il prenait le pouvoir par un putsch, fondant ainsi la dynastie des dictateurs Somoza.

Le terme très utilisé de « salaud », dont on se sert à dessein et précisément en raison de l’absence de scrupules qu’il évoque pour se laver les mains des agressions impérialistes pourrait s’appliquer à tous les dictateurs Latino-Américains et autocrates d’autres régions du monde. Prendre pour cibles ces mêmes « salauds » parce qu’ils ont fait précisément ce qu’on leur a demandé et pour quoi on les a armés n’est que la poursuite logique du même principe dans le sens inverse. L’ignorer délibérément, comme les croisés des droits humains le font depuis les conflits dans les Balkans, ne peut être réduit à une courte mémoire de l’Histoire. Il s’agirait plutôt du calcul infatué de personnages profondément bourgeois, dont l’agressivité débridée a trouvé une occasion légitime de se donner libre cours ainsi qu’une utilisation carriériste. C’est le fait de propagateurs zélés de stéréotypes racistes et culturalistes qui déclarent close la question des systèmes politiques et escamotent les luttes sociales.

La manière dont l’establishment politique US traite Kadhafi montre à quelle vitesse un allié apprécié peut se muer en paria persécuté. L’an dernier encore le chef de l’État libyen, soutenu par Washington, était un poste avancé en Afrique du Nord dans le cadre de la « lutte contre le terrorisme ». En milieu de semaine dernière, Wikileaks a publié des câbles diplomatiques qui donnent un aperçu de l’étroite collaboration entre politiciens US de haut rang et le dirigeant libyen. Elles ne sauraient offrir plus grand contraste avec le mot d’ordre actuel : pourchasser ce cruel dictateur et le tuer ou mieux : le traduire devant la Cour des vainqueurs de La Haye pour lui faire un procès bidon.

Certes on ne faisait pas entière confiance à Kadhafi sur les moyens employés, mais le but poursuivi ne lui valait que louanges pour sa fiabilité et son efficacité. Le sénateur et ex- candidat républicain à la Maison Blanche, John McCain, a récemment diabolisé Kadhafi, le nommant « l’un des plus sanguinaires dictateurs du monde ». Il y a à peine deux ans il parlait d’un autre ton lors d’une rencontre à Tripoli. En août 2009 les sénateurs/trices John McCain, Lindsey Graham, Susan Collins et Joe Lieberman se sont rendus dans la capitale libyenne pour discuter de questions de sécurité avec Kadhafi et l’un de ses fils, Mouatassim. Selon un câble diplomatique, McCain a affirmé à ses interlocuteurs que les USA étaient prêts à livrer à la Libye tout l’armement nécessaire sous ce rapport. Il a encouragé Mouatassim Kadhafi, alors Conseiller national pour la sécurité, à envisager à long terme une coopération bilatérale en matière de sécurité. Si de petits obstacles venaient à surgir, on les écarterait. McCain a évoqué dans ce cadre l’étroite collaboration militaire entre son pays et la Libye, en particulier la formation d’officiers libyens dans des académies US. (1)

Le câble prête à Liebermann les propos suivants : dix ans plus tôt, on n’aurait pu imaginer qu’un jour on serait à Tripoli pour se voir souhaiter la bienvenue par le fils de Mouammar Kadhafi. La Libye était maintenant un allié de poids dans la « guerre contre le terrorisme » et le sénateur aurait ajouté que parfois des ennemis communs créaient des solides liens d’amitié. Les « ennemis » étaient bien sûr les groupes islamistes qui se concentraient dans l’Est de la Libye. Selon l’ambassade US, le bilan de la rencontre avec les Kadhafi était positif; les liens entre les deux pays en sortaient renforcés.

Ce même McCain qui aujourd’hui hurle, écumant de rage, que Kadhafi a sur les mains du sang américain, avait alors conseillé au chef d’État libyen de traiter avec discrétion la libération imminente d’Abdelbaset Al Megrahi, alors prisonnier en Écosse, car c’était là une question sensible aux USA. On était là pour renforcer les liens bilatéraux, non pour les empêcher. Certes le bouc émissaire de l’attentat de Lockerbie a été fêté en héros par le gouvernement libyen lors de son retour au bercail, mais à Tripoli McCain souligne que le sang américain versé ne posait problème que dans la mesure où la question des commanditaires de l’attentat était relancée et risquait de recevoir une réponse différente.

Dans les câbles livrés au public par WikiLeaks figure aussi une évaluation de la visite historique à Tripoli, en août 2009, de la Secrétaire d'État aux Affaires étrangères d’alors, Condoleezza Rice. On disait alors que la Libye était un partenaire de poids dans la guerre contre le terrorisme, que la collaboration se déroulait parfaitement, et que la coopération en matière de politique sécuritaire était un pilier des relations bilatérales et servait un intérêt stratégique commun.

En février 2009 l’ambassade US met en avant le succès remporté par le gouvernement Kadhafi contre un réseau opérant dans l’Est du pays qui envoyait des combattants en Algérie et en Irak et projetait des attentats contre des objectifs libyens névralgiques au plan sécuritaire. Cette opération avait permis l’arrestation de plus de 100 personnes. En avril 2009, en amont d’une visite de Mouatassim Kadhafi à Washington il a été question de la formation des officiers libyens et de futures livraisons d’armes. L’ambassade décrivait le fils de Kadhafi comme un personnage influent au sein du gouvernement et le possible successeur de son père. Cette visite offrait une occasion de normaliser les relations. Puisque l’appareil sécuritaire libyen était placé sous le contrôle du visiteur, on demandait son soutien en matière de sécurité et d’engagement militaire. Un câble de mai 2009 contient des détails sur une rencontre consensuelle de plusieurs heures entre Mouammar Kadhafi et le chef d’État-major de l’époque du Commandement Afrique des USA (AFRICOM), le général William Ward.

Assez souvent les câbles diplomatiques font état de « mines d’or » pour les firmes pétrolières et du bâtiment US-américaines; les avancées de la privatisation et le projet d’une Bourse à Tripoli sont signalés avec bienveillance. À l’inverse, en 2008 et 2009 on exprime des craintes sur la participation des entreprises US aux « milliards à gagner » : Kadhafi ne finirait-il pas par nationaliser l’industrie pétrolière, pour négocier des contrats plus avantageux pour son pays avec les firmes étrangères?

Une autre cause de méfiance était le rapprochement entre Kadhafi et la Russie, incluant non seulement de gros achats d’armement, mais aussi le projet en commun avec le gouvernement Poutine d’une base navale russe à Benghazi. En octobre 2008 l’ambassade US, de manière cynique, avait intitulé un câble relatif à la visite d’une flottille de guerre russe à Tripoli : « Al-Qadhafi: To Russia, with Love? » Une base navale militaire russe aurait sans doute constitué une assurance-vie pour le régime libyen, ce qui a bien sûr fait sonner le tocsin à l’OTAN.

Sans aucun doute Kadhafi, qui ne faisait pas plus confiance aux USA qu’eux-mêmes à lui, espérait assurer sa sécurité au moyen d’un large éventail de collaborations internationales. Outre ses relations avec divers pays africains, que la Libye soutenait de ses deniers et poussait à coopérer d’autres pays du continent, il avait entretenait aussi des contacts avec les gouvernements d’Amérique latine hostiles à l’impérialisme US et européen.

Le père et le fils mort en résistant
Mouammar Kadhafi a été dans l’intervalle un allié appréciable pour les Occidentaux dans la « guerre contre le terrorisme », Washington espérait le voir prendre pour lui le contrôle de l’Afrique du Nord dans ce domaine, de même qu’il avait stoppé pour les Européens les flux de réfugiés. Mais les bouleversements survenus dans les pays arabes ont modifié la donne et les USA, comme la plupart des gouvernements européens ont estimé préférable de se débarrasser plus tôt que prévu du facteur potentiel d’insécurité que représentait Kadhafi, de placer la Libye sous protectorat et de continuer à attiser les feux dans cette région .

Source TLAXCALA
Note:

La justice aux USA : Selon que vous serez puissant ou misérable

Par Abby Zimet
Traduit par Fausto Giudice

Les médias français se sont hypocritement émus à l'unanimité du « traitement inhumain » accordé par la justice US à DSK. Voici un exemple autrement parlant de la justice de classe au pays de l'Oncle Sam.

1er cas : Paul Allen, 55 ans, d'Oakton en Virginie, condamné à 40 mois de prison pour la plus grande escroquerie aux prêts hypothécaires de l'histoire US — il a arnaqué plus de 3 milliards de dollars. Les procureurs, qui avaient réclamé six ans de prison, se sont dits satisfaits du verdict.

2e cas : Roy Brown, 54 ans, de Shreveport en Louisiane, était un SDF affamé. Il s'est présenté à la banque Capital One et a dit à la caissière, en tenant une main sous sa veste : « Ceci est un hold-up ». La caissière lui a tendu trois liasses de billets. Il les lui a rendues, ne gardant qu'un billet de 100 dollars. Le lendemain, ayant mauvaise conscience, il s'est rendu à la police, à laquelle il a expliqué : « J'avais besoin d'argent pour payer mon séjour au centre de désintoxication et j'avais faim. Mais ma mère ne m'a pas élevé comme ça ». Le juge du tribunal de Caddo, devant lequel il a plaidé coupable, l'a condamné à 15 ans de prison.

Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

Jean de la Fontaine
Les Animaux malades de la peste

Source TLAXCALA


Comment l’Occident a gagné la Libye

Par Pepe Escobar
Traduit par Estelle & Carlos Debiasi

Ils se battent sur la carcasse comme des vautours. Le Ministère de la Défense française dit qu’ils l’ont eu avec un chasseur à réaction Rafale tirant sur son convoi.

Le Pentagone a dit qu’ils l’ont eu avec un Predator tirant un missile Hellfire. Un Colonel Mouammar Kadhafi blessé s’était réfugié dans une canalisation crasseuse sous une autoroute — un écho sinistre du « trou » de Saddam Hussein – où il a été trouvé par les « rebelles » du Conseil national de transition (CNT) et dûment exécuté.

Abdeljalil Abdel Aziz, un médecin libyen qui a accompagné le corps de Kadhafi dans l’ambulance et l’a examiné, a dit qu’il est mort de deux balles, une dans la poitrine, une autre dans la tête.

Le CNT — qui n’a fait que colporter mensonge sur mensonge depuis des mois – jure qu’il a été tué dans un « feu croisé ». Il a pu être lynché. Ou tué par Mohammad al-Bibi, un jeune de 20 ans avec une casquette des Yankees de New York qui a posé pour le monde entier brandissant le pistolet d’or de Kadhafi; peut-être son ticket pour percevoir la prime de 20 millions de dollars offerte en récompense pour Kadhafi « mort ou vivant ».

Cela devient plus que curieux quand on se souvient que c’est exactement ce que la secrétaire d’État AMÉRICAINE Hillary Clinton, dans sa visite éclair à Tripoli, avait annoncé moins de 48 heures auparavant; Kadhafi devrait être « capturé ou tué ». La Reine des fées a exaucé les vœux de Clinton, qui l’a appris en regardant l’écran de son BlackBerry - et réagissant avec le séisme sémantique « Ouaou! »

Aux vainqueurs, le butin. Ils l’ont tous fait ; l’OTAN, le Pentagone et le CNT. Dès l’instant où la résolution des Nations Unies imposant une zone d’exclusion aérienne sur la Libye a donné le feu vert au changement de régime, le Plan A a toujours été de le capturer et le tuer. Assassinat ciblé; telle est la politique officielle de l’administration de Barack Obama. Il n’y avait aucun plan B.

Laissez-moi vous bombarder pour vous protéger

Quant à la R2P (« Responsabilité de protéger » des civils), tous les sceptiques devraient se cramponner à l’explication du Secrétaire général de l’OTAN Anders Fogh Rasmussen; « L’OTAN et nos partenaires ont exécuté avec succès le mandat historique des Nations Unies pour protéger le peuple de la Libye. » Qui veut vérifier comment l’OTAN a protégé les civils n’a qu’à sauter sur un pick-up et aller à Sirte, le nouveau Falloujah.

Les réactions ont été tout à fait instructives. Le bureaucrate du CNT Abdel Ghoga nous renvoie au Colisée dans l’Empire Romain, disant, « Les révolutionnaires ont eu la tête du tyran. »

Abdel Ghoga
Le Président AMÉRICAIN Barack Obama a dit que la mort de Kadhafi signifie QUE « nous sommes en train de voir la force du leadership US à travers le monde ». C’est aussi « on l’a eu » que possible, si l’on considère aussi que Washington a payé pas moins de 80 % des frais opérationnels de ces andouilles de l’OTAN (plus d’un milliard de dollars — Occupy Wall Street pourrait bien dénoncer cette dépense qui aurait été plus utile à la création de travail aux USA). Il est étrange qu’ils disent maintenant « on l’a fait », vu que la Maison Blanche a toujours dit ce n’était pas une guerre; c’était un truc « cinétique ». Et ils n’en étaient pas responsables.

Il revient à ce majestueux stratège de politique étrangère, le vice-président AMÉRICAIN Joe Biden, d’être carrément plus instructif qu’Obama; « Dans ce cas-là, l’Amérique a dépensé 2 milliards des dollars et n’a pas perdu une seule vie. Cela nous donne des indications sur la manière de nous occuper du monde plus clair que dans le passé. »

Monde, te voilà averti : c’est ainsi que l’empire s’occupera de toi dorénavant.

Ressentez mon amour humanitaire

Général du Qatar et le T.C. Français
Félicitations donc à la « communauté internationale » — qui, comme chacun sait, est composée de Washington, quelques membres échoués de l’OTAN et les démocratiques familles régnantes du Golfe — Qatar et Émirats arabes unis (UAE). Cette communauté, au moins, a aimé le résultat. L’Union Européenne (UE) a acclamé « la fin d’une ère de despotisme » — Quand jusqu’à pratiquement jeudi ils caressaient les breloques bling-bling des uniformes de Kadhafi, les voilà qui se bousculent pour des éditoriaux sur les 42 années de règne d’un « bouffon ».

Kadhafi aurait été l’invité le plus incommode de la Cour pénale internationale de La Haye, puisqu’il aurait pris plaisir à rappeler les baisemains, les chaleureuses accolades et les deals juteux que l’Occident s’empressait de conclure après qu’il eut été promu de « Chien fou » (Ronald Reagan) à « notre bâtard ». Il aurait aussi pris plaisir à détailler tous les antécédents troubles de ces opportunistes qui se font maintenant passer pour « révolutionnaires » et « démocrates ».

Quant au concept de loi internationale, il gît dans une canalisation aussi crasseuse que celle où Kadhafi s’est terré. Le dictateur irakien Saddam a eu au moins droit à un procès bidon devant un tribunal fantoche avant d’être exécuté. Oussama Ben Laden a été simplement éliminé, sur le mode tueurs à gages, après une invasion territoriale du Pakistan. Avec Kadhafi on est montés d’un cran de plus, mêlant guerre aérienne et méthodes de tueurs à gages.

Les vautours du pouvoir encombrent les cieux. Mohammed El Senoussi basé à Londres, héritier du trône libyen (le Roi Idriss a été renversé en 1969) est prêt pour son plan rapproché, ayant déjà établi qu’il « est au service du peuple libyen, qui décidera ce qu’il veut ». Traduction; je veux le trône. Il est évidemment le candidat préféré de la contre-révolutionnaire Maison des Saoud.

Et que dire de ces ânes des think tanks washingtoniens marmonnant que c’était le « moment Ceausescu » du Printemps arabe? Si seulement le dictateur roumain avait amélioré le niveau de vie de son pays — du point de vue des soins médicaux gratuits, de l’éducation gratuite, des primes pour les jeunes mariés, etc.- d’une fraction de ce que Kadhafi a fait en Libye. Plus le fait que Nicolae Ceausescu n’a pas été renversé par le bombardement « humanitaire » de l’OTAN. Seules des personnes atteintes de mort cérébrale peuvent avoir avalé la propagande des 40 000 et plus bombardements « humanitaires » de l’OTAN, qui a dévasté l’infrastructure de la Libye en la ramenant à l'âge de pierre. Cela n’a jamais eu rien à voir avec la R2P — le bombardement implacable de civils à Syrte le prouve.

Comme les quatre premiers membres des BRIC le savaient avant même de voter la Résolution 1973 de l’ONU, ce qui était en jeu, c’était l’OTAN faisant la loi dans une Méditerranée vue comme son lac, la guerre d’Africom contre la Chine et l’installation d’une base stratégique clef, les Français et les Anglais obtenant des contrats juteux pour exploiter à leur avantage les ressources naturelles de la Lybie, l’Occident donnant le la du Printemps arabe après avoir été pris au dépourvu en Tunisie et Égypte.
Écoutez les gémissements barbares

Bienvenus dans la nouvelle Libye. Les milices islamistes intolérantes vont transformer les vies de femmes libyennes en un enfer sur terre. Les centaines de milliers d’Africains subsahariens — ceux qui ne pouvaient pas s’enfuir — seront impitoyablement persécutés. La richesse naturelle de Libye sera pillée. Cette collection de missiles antiaériens que les islamistes se sont appropriés sera une raison suprêmement convaincante pour que la « guerre contre le terrorisme » dans le Nord de l’Afrique devienne éternelle. Il y aura du sang – le sang de la guerre civile, parce que la Tripolitaine refusera d’être gouvernée par une Cyrénaïque arriérée.

Quant aux dictateurs restants partout, prenez une politique d’assurance-vie de l’OTAN Inc ; Hosni Moubarak en Égypte, Zine El Abidine Ben Ali en Tunisie et Ali Abdullah Saleh au Yémen ont été assez intelligents pour le faire. Nous tous savons qu’il n’y aura jamais de R2P pour libérer les Tibétains et Ouïghours, ou les gens dans ce goulag monstre qu’est le Myanmar, ou le peuple d’ Ouzbékistan, ou les Kurdes en Turquie, ou le Pashtouns des deux côtés de cette ligne Durand dessinée par les impérialistes.

Nous savons aussi qu’on pourra croire au changement le jour où l’OTAN imposera une zone d’exclusion aérienne sur l’Arabie Saoudite pour protéger les Chiites dans la province orientale, et où le Pentagone lancera un tapis de Hellfire sur ces milliers de princes médiévaux et corrompus de la Maison des Saoud.

Cela n’arrivera pas. Pendant ce temps, c’est ainsi que l’Occident termine : avec un boum de l’OTAN, et mille gémissements barbares, sans loi. Dégoûtés? Mettez un masque de Guy Fawkes et foutez le bordel.

Source TLAXCALA