samedi 31 mars 2012

Syrie : ce qu'on en sait, et comment? (Entrevue audio)

La fermeture de la Syrie à la presse mondiale dès le début des manifestations et des violences a provoqué une disette d'informations sur les événements et le dénombrement des victimes. Dès lors, la soif de nouvelles a fait de l'organisation Observatoire Syrien des Droits de l'Homme la source privilégiée et presque unique dans les comptes-rendus venant de Syrie.

Comment cet observatoire fonctionne-t-il? Quel est son réseau? Quelle est son indépendance? Quelles sont ses méthodes de comptage des victimes?

La fiabilité et l'impartialité de cette source sont, aujourd'hui, contestées et d'autres sources semblent s'activer peu à peu.

Avec quelles méthodes agences de presse et rédactions évaluent-elles la fiabilité des rares sources, parfois militantes? Comment une information passe-t-elle du mode conditionnel au mode indicatif? Les recoupements de sources sont-ils encore possibles dans un pays fermé à la presse?

Avec :
Alain Gresh, directeur adjoint du Monde diplomatique et spécialiste du Moyen-Orient,
Gaëtan Vannay, chef de la rubrique internationale de la RTS-Info (radio) et auteur de reportages en Syrie,
Pierre Piccinin, historien, politologue, auteur de reportages en Syrie,
 Nadia Boehlen, porte-paroles d’Amnesty International, section Suisse.

C'est proprement hallucinant d'entendre ces personnes apparemment objectives démontrer combien est lourde la désinformation véhiculée par les médias français au sujet de la crise syrienne.
Au cours de l'entretien, alors que l'animateur s'interroge sur les raisons de ce suivisme qui fait que les médias colportent la même information infondée, Alain Gresh directeur adjoint du Monde diplomatique et spécialiste du Moyen-Orient, explique l'état d'esprit des rédactions par cette formule : « Il vaut mieux avoir tord avec tout le monde, que raison toute seule ». Cet aveu de suivisme bêlant est proprement renversant...

Faites vous votre propre opinion en écoutant l'enregistrement de l'émission

Écouter l'entrevue ICI

Source RTS

Les ennemis intimes de la démocratie (Entrevue Audio)

Selon Tzvetan Todorov la liberté aujourd'hui se transforme en tyrannie et le désir de progrès en esprit de croisade.

Irak, Afghanistan, Lybie, le philosophe examine l'actualité brûlante qui voit les États forts imposer leurs principes par la force.

Il y a eu la Révolution qui a mené, disent certains, dont Todorov, à la Terreur. Puis le colonialisme, au nom de la civilisation des peuples. Et encore, les totalitarismes. Et enfin, dernière vague de ce que le philosophe appelle le messianisme politique, un projet que les États occidentaux présentent comme un accomplissement de la démocratie. Tzvetan Todorov y voit l'esprit de démesure et la négation même des principes démocratiques.

Dans son dernier essai, Tzvetan Todorov réfléchit aux guerres récentes et aux interventions militaires occidentales qui mettent en avant le droit d'ingérence et le devoir de protection. Il en vient à la conclusion que les plus grands dangers pour la démocratie ne proviennent pas, plus, de ses rivaux extérieurs — fascisme, communisme ou terrorisme —, mais de ses ennemis intimes, ceux qu'elle secrète elle-même et qui menacent jusqu'à son existence.


Source RTS

L’Arabie saoudite et l’émirat du Qatar au service du Choc des civilisations?

Des « musulmenteurs » du Golfe au service du Choc des civilisations?

Grand Mufti d’Arabie saoudite
Des évêques chrétiens en Allemagne, en Autriche et en Russie ont critiqué la promulgation par le Grand Mufti d’Arabie saoudite le 15 mars 2012 d’une fatwa ordonnant la destruction de tous les lieux de culte chrétiens dans la péninsule arabique.

Mgr Robert Zollitsch, président de la Conférence épiscopale allemande, déplore que « le Mufti ne respecte pas la liberté religieuse, ni la libre coexistence des religions, notamment au regard des travailleurs étrangers qui font fonctionner l’économie [saoudienne] ».

Au moins 3,5 millions de chrétiens vivent dans la péninsule arabique. Il s’agit principalement de travailleurs provenant d’Inde et des Philippines, mais aussi d’expatriés occidentaux ou du Levant.

La monarchie saoudienne interdit déjà les églises et punit de prison l’exercice de tout culte non-musulman sur son territoire (à l’exception des quartiers spéciaux réservés aux Occidentaux). Le cheikh Abdulaziz Al al-Shaikh a édicté ce décret religieux pour surenchérir sur la nouvelle Constitution du Koweït qui interdit la construction d’églises dans le pays. Le Grand Mufti saoudien destine sa fatwa aux Émirats, au Koweït, à Oman, au Qatar et surtout au Bahreïn et au Yémen où l’armée saoudienne est déployée.

Les deux États wahhabites, le Royaume d’Arabie saoudite et l’émirat de Qatar entendent étendre leur modèle de dictature religieuse à l’ensemble du monde arabe. C’est officiellement à leur demande que les Occidentaux renversèrent les gouvernements laïques d’Irak et de Libye et qu’ils tentent de le faire en Syrie.

Les responsables religieux musulmans rassemblés au sein de l’organisation mondiale Ahl al-bait en Iran ont eux aussi condamné cette fatwa. Selon eux, les muftis wahhabites et salafistes saoudiens ne représentent pas l’islam et n’ont pas la légitimité pour édicter de tels décrets.

L’assemblée argue qu’à travers son histoire, l’islam a coexisté avec les chrétiens et les juifs et qu’une telle fatwa n’a jamais été promulguée, ni par le prophète Mohammed, ni par sa descendance, ni par les califes.

Depuis son origine, le christianisme a toujours été présent et intégré dans le monde arabe. C’est à Damas que les chrétiens se séparèrent des juifs pour former leur religion. Au moyen âge, ils ont combattu avec leurs compatriotes les envahisseurs croisés, faisant passer la défense du territoire avant tout communautarisme religieux. Au 20e siècle, l’Irak et la Syrie baasistes, bien que très majoritairement musulmans, se sont dotés de régimes laïques pour garantir la pleine citoyenneté des minorités chrétiennes.

L’assemblée Ahl al-bait a critiqué le silence de certains savants musulmans face à des pratiques qui « déforment l’image de l’islam », mais a aussi condamné les gouvernements occidentaux pour leur soutien aux courants sectaires extrémistes.

En Irak, au Pakistan et en Iran, en Lybie et en Syrie, les puissances occidentales s’appuient sur des groupes armés appartenant à la secte des wahhabites ou à des courants takfiristes, via les réseaux saoudiens et qataris, pour déstabiliser des gouvernements indépendants et appuyer militairement leurs opérations.

En opprimant les chrétiens et en appelant au renversement des nations multiconfessionnelles du monde arabe, les leaders religieux du Qatar et d’Arabie Saoudite sont les alliés objectifs du projet israélo-étasunien de remodelage du Moyen-Orient élargi selon des critères ethniques et confessionnels, condition nécessaire à la stratégie du « choc des civilisations ».

Celle-ci implique en effet une reconfiguration régionale où Israël doit apparaitre comme le pays « civilisé » et « démocratique » combattant « pour sa survie même » contre des pays « musulmans » extrémistes.

Il n’y a qu’un seul obstacle pour vendre cette fiction à l’opinion publique mondiale : la minorité chrétienne qui vit et se bat depuis des siècles aux côtés des musulmans. Dès lors, l’expulsion des chrétiens d’Orient est devenue un objectif commun de l’impérialisme anglo-saxon, du sionisme et du wahhabisme.


vendredi 30 mars 2012

Mohamed Merah, ni héros, ni martyr.

Par Alain Conny
La sinistre affaire de Mohamed Merah, qui ne fut ni un héros, ni un martyr, fait couler beaucoup d’encre et crée un climat pesant sur l’hexagone. Lorsque je dis que Merah n’était pas un héros je pèse mes mots, un héros ne tue pas des enfants désarmés, quelle que soit leur religion, seul un pleutre peut faire ce genre de chose, un pleutre ou un dément. Mérah n’était pas non plus un martyr, parce qu’un martyr c’est une personne qui à la foi, or un musulman observant de l’Islam ne tue pas! Peu importe ce que racontent certains imams radicaux, qui prêchent l’Islam selon des préceptes fantaisistes et corporatistes, aux antipodes du message du Prophète.

Merah faisait partie de ceux qui donnent de l’Islam une image fausse, intolérante et fratricide, il faisait le jeu de ceux qui rêvent d’instaurer des guerres interconfessionnelles dans les nations, il faisait le jeu des mondialistes. Ce n’est pas en déclarant la guerre aux autochtones, qu’on s’intègre. Certains jeunes français d’origine magrébine à qui la France n’a plus d’emplois à offrir et qui se sentent marginalisés peuvent comme Mohamed Merah tomber dans ce piège. Ce n’est pas en tuant des enfants juifs en France que l’on épargne les enfants palestiniens lâchement assassinés par des soldats israéliens, qui comme Mohamed Merah sont des infidèles. Le cinquième commandement du décalogue dit bien :

« 5 – Tu ne tueras point ».

Dans la religion islamique, on ne trouve pas le texte tel qu’il est dans la Bible, mais on retrouve l’essence même de ces dix commandements, notamment dans la sourate 5.

« Quiconque tue une personne – à moins qu’elle n’ait commis un meurtre ou semé la corruption – c’est comme s’il avait tué tous les hommes. (5:32) ».

On peut tranquillement imaginer que les jeunes écoliers de Toulouse n’avaient tué personne et n’étaient en aucun cas responsables de corruption… Cela signifie que M. Merah ne respectait pas les préceptes du Coran, ce n’était donc pas un fidèle, ce n’est donc pas un martyr. Par conséquent, je veux dire à tous ceux qui pensent que Merah était un être exceptionnel, qu’ils font fausse route, ce n’était qu’un tout petit pion sur l’immense échiquier de l’ultralibéralisme mondialisé, qui table sur une guerre confessionnelle, pour arriver à ses fins. Les préceptes de Machiavel sont toujours d’actualité, plus que jamais, lisez « Le Prince » de Machiavel, vous y découvrirez beaucoup de choses intéressantes sur la manipulation, lisez aussi le « Contrat social » de Rousseau pour comprendre comment fonctionne une société organisée.

Aux jeunes qui voudraient prendre le même chemin sans issue, que celui prit par Mohamed Merah qui doit en ce moment, rendre des comptes terribles devant l’éternel, je veux dire ceci. Si vous avez la foi tant mieux, mais respectez les préceptes d’amour et de tolérance qu’offre l’Islam comme toutes les grandes religions. Si vous commettez des actes criminels, vous aurez à en répondre devant la justice des hommes et aussi devant celle de dieu. S’il arrive que l’on puisse tromper la justice des hommes, il n’en est pas de même avec la justice divine. Si vous doutez encore de cela, c’est que vous n’êtes déjà plus des hommes, mais un simple tas d’os avec un peu de viande autour, qu’avez-vous donc fait de votre âme?

Source Blogue se Alain Conny Écrire sous les tropiques


Tripoli-Damas-Paris

Par Alexandre Latsa *

Il y a tout juste un an, seulement 48 heures avant le début des bombardements en Libye, j’écrivais un article intitulé « Les enjeux de la bataille pour Tripoli ». En substance le texte soulevait la question des motivations de l’offensive occidentale en Libye, mais aussi de ses conséquences potentielles, tant pour le pays que pour la stabilité dans la région.

L’article citait le spécialiste en géopolitique Evgueny Satanovski qui conseillait à la Russie de ne surtout pas s’ingérer dans les affaires intérieures de la Lybie, mais plutôt de consacrer tant ses ressources que son énergie au développement de la Russie. Il semblerait que celui-ci ait été entendu par le président Medvedev, qui ouvrit sans doute involontairement la porte à l’intervention militaire occidentale en Libye.

On sait ce qu’il advint, après 7 mois de bombardements, le régime de Mouammar Kadhafi détruit et ce dernier assassiné, après avoir été capturé par le Conseil National Syrien, la structure de coalition de ses opposants.

Un an plus tard, on est loin des rêves de démocratie de la coalition occidentale. La situation en Libye n’est pas apaisée, loin de là, et le renversement du régime libyen par cette méthode a probablement créé plus de problèmes qu’il n’en a résolus. La Libye devrait voir la Charia devenir sa loi fondamentale et l’Est du pays est en état de quasi-sécession. Les grandes villes sont toujours le théâtre d’affrontements sporadiques entre partisans de l’ancien régime, et diverses milices du nouveau pouvoir. Les vidéos répugnantes de travailleurs « noirs » (Libyens ou étrangers originaires d’Afrique) martyrisés ont en outre fait le tour de la planète.



Le temps passe, et la rhétorique de la libération et de la démocratisation continue. Aujourd’hui c’est la Syrie qui est sous le feu médiatique occidental, alors que chacun se demande si une intervention militaire occidentale n’est pas de plus en plus probable, sur le modèle libyen. Pourtant, il y a, au nom de la démocratie, quelque chose d’extraordinairement subversif et pervers dans ce qui se passe actuellement et que certains qualifient encore de Printemps arabe. Jusqu’à maintenant, l’onde de choc qui frappe les pays arabes et aboutit à des renversements de pouvoir prend deux formes bien différentes.

La première variante se manifeste sans trop de violences meurtrières, et prend la forme de rassemblements et de soulèvements populaires comme cela fut le cas en Tunisie ou en Égypte. Très logiquement, les échéances électorales qui ont découlé de ces manifestations ont vu la prise de pouvoir des partis religieux, les peuples montrant ainsi clairement qu’ils ont plus confiance dans leur clergé que dans des hommes politiques corrompus et autoritaires. Quel est donc l’intérêt des Occidentaux (s’il y en a un) à provoquer la mise en place de régimes islamistes?

La seconde variante de ces soulèvements est moins pacifique, les opposants au régime choisissant la lutte armée, avec le soutien (moral, médiatique et logistique) des Occidentaux. Le fait que les rebelles syriens soient infiltrés par des combattants islamistes radicaux salafistes, voire proches d’Al-Qaïda comme ceux qui ont combattu en Libye est passé sous silence. Le fait que des armes soient livrées par divers canaux à ces mêmes combattants radicaux, avec les risques évidents engendrés, ne fait curieusement pas la une du mainstream médiatique occidental.

Il y a un autre aspect important de ces événements dans le monde arabe qui est occulté. Les États concernés (visés?) par ces renversements de pouvoir sont maintenant des états non alignés du monde musulman chiite. Qu’est ce que cela veut dire? Les démocraties occidentales font bloc avec la « ligue arabe » (sous contrôle de l’Arabie Saoudite et du Qatar, les deux seuls États wahhabites) contre des états comme la Syrie ou l’Iran. Ce faisant, les états occidentaux contribuent directement à l’extension de l’islamisme le plus radical et ils encouragent par ailleurs (peut être volontairement?), un conflit inter religieux entre musulmans Sunnites et Chiites, conflit qui se développe lentement. Très curieusement lorsque des manifestations de civils Chiites ont eu lieu, par exemple à Bahreïn, et ont été violemment réprimées avec l’aide de l’armée saoudienne, cela n’a pas entrainé de protestations en occident. On ne peut qu’être surpris par un tel système à deux poids et deux mesures.

Lorsque la guerre contre l’Islamisme radical et contre Al-Qaïda a été déclenchée en 2001, des opérations militaires de grande envergure ont été lancées en Afghanistan et en Irak. Les Talibans ont été provisoirement chassés du pouvoir (ils y reviennent peu à peu) et l’Irak est devenu l’épicentre du conflit Sunnite-Chiite alors même qu’aucune arme de destruction massive n’a été découverte dans ce pays. Le 11 septembre 2001, ce ne sont pourtant pas des Iraniens, des Syriens ou des Libyens qui ont contribué à tuer 3.000 citoyens américains. Sur les 19 terroristes impliqués, 15 étaient Saoudiens et 2 émiratis. Je parlais plus haut de l’Arabie Saoudite et du Qatar, et si les liens entre ces deux pays et les États-Unis sont bien connus de tous, ceux de la France avec l’Arabie Saoudite le sont moins, l’hexagone étant pourtant le principal fournisseur européen d’armes du royaume Saoudien. Quand au Qatar, le journal « l’expansion » décrivait récemment les très forts investissements de ce pays en France sous le titre : « Comment le Qatar s’achète la France ». L’article mentionnait notamment les investissements faits dans les banlieues françaises, pour y promouvoir « la diversité culturelle et religieuse via le soutien aux petites entreprises des quartiers défavorisés musulmans » via un fonds d’investissement créé fin 2011. Y a-t-il un lien avec cette première et étonnante rencontre à Bagnolet au mois d’octobre 2011 et qui appelait à un printemps arabe en France?

Il est donc difficile de décrypter le but des ingérences de la France et de ses alliés occidentaux dans le monde arabo musulman. Les projets de démocratisation en Tunisie, en Égypte et en Lybie n’ont pas donné les résultats attendus, l’occupation de l’Afghanistan et de l’Irak non plus. En Irak, l’intervention militaire a permis au bloc chiite de venir au pouvoir, mais la coalition occidentale fait maintenant le jeu des sunnites en Syrie, avec l’appui de l’Arabie Saoudite et du Qatar. De plus, il y a maintenant une menace sérieuse d’affrontements inter religieux entre musulmans dans la région, et toutes ces révolutions paraissent avoir favorisé l’implantation de certains mouvements terroristes.

Les assassinats de Toulouse et de Montauban devraient apparaître pour la France tout comme pour un certain nombre d’états occidentaux comme un avertissement quant à leurs politiques extérieures, mais aussi intérieures. Au lieu de rêver à une révolution du genre printemps démocratique en Russie, les stratèges occidentaux devraient peut-être examiner avec soin les positions intelligentes de la diplomatie russe au moyen orient, ainsi que le fonctionnement du modèle multiculturel russe.

RiaNovosti, 28 mars 2012

* Alexandre Latsa est un journaliste français qui vit en Russie et anime le site DISSONANCE, destiné à donner un « autre regard sur la Russie ». Il collabore également avec l’Institut de Relations Internationales et Stratégique (IRIS), l’institut Eurasia-Riviesta, et participe à diverses autres publications.

jeudi 29 mars 2012

Journal télévisé syrien du 22 mars 2012 (vidéo)

Massacre de civils dont de nombreux enfants à Homs par les terroristes étrangers armés par l'Occident, le Qatar et l'Arabie Saoudite

Un autre regard sur les nouvelles celle dont nos médias ne parle pas


Madame Al Assad une criminelle!

Opération psychologique contre la Syrie : Quand le « shopping » de Mme Assad devient un « crime contre l’humanité »

Les membres de l’Organisation de coopération de Shanghai, incluant la Russie, la Chine et l’Iran, État observateur, imposeront à Michelle Obama, femme du président Obama et icône de la mode, des restrictions en matière de déplacements.

Le budget annuel dans les six chiffres de Mme Obama alloués aux vêtements et accessoires de designer est perçu comme un affront à la moralité, au moment où son mari supervise des guerres d’agression à l’étranger, des meurtres de masse dans plusieurs territoires à l’aide de drones et qu’il ordonne l’assassinat d’individus tels que des scientifiques iraniens spécialisés dans le nucléaire.

Également victimes de la mode, les femmes des premiers ministres britannique et français, David Cameron et Nicolas Sarkozy, seraient elles aussi touchées par des sanctions dans plusieurs pays du Moyen-Orient et de l’Asie centrale en raison de l’appui donné par ces chefs d’État à la campagne de bombardement illégal et meurtrier menée par les États-Unis et l’OTAN en Libye.


Le lecteur aura sans doute réalisé que le « reportage » ci-dessus est une parodie.

Cependant, en réalité l’Union européenne applique de telles mesures sans précédent à la femme du président syrien Bachar Al-Assad.

« L’UE flanque des sanctions à la femme d’Assad », pouvait-on lire à la une de plusieurs journaux après que le ministre européen des affaires étrangères eut interdit à Asma Assad, née en Grande-Bretagne, de voyager dans les États de l’Union. Il a par ailleurs ordonné le gel de ses avoirs personnels.

Le portrait sensationnel de la première dame syrienne de 36 ans, décrite comme, chic, glamour, voire sexy, avait pour but de présenter Mme Assad comme une ravissante idiote, insensible à la misère et à la violence incessante dans son pays.

Le Washington Post l’a surnommée la Marie-Antoinette de Syrie, affirmant qu’« alors que le bain de sang se poursuit, elle fait du shopping pour s’acheter des souliers de cristal ».

Les médias dominants ont employé les termes diffamatoires comme s’ils étaient d’ordre factuel. Or, il s’avère que le battage médiatique à propos de Mme Assad est basé sur de « précieux » courriels obtenus par le journal britannique The Guardian, révélant une prétendue correspondance privée de la famille Assad. Même le Guardian émet un avis de non-responsabilité quant à la véracité des courriels, transmis selon eux par les « opposants syriens ». Il y a de fortes chances que ces messages soient faux et aient été forgés par des groupes de services de renseignement, experts, à l’instar du MI6, dans la science occulte de la calomnie.

Le fait que des affaires aussi personnelles et banales que les présumées habitudes de shopping en ligne d’une femme deviennent un sujet ministériel de politique étrangère nourrit davantage les suspicions.

Née en Grande-Bretagne, Mme Assad aurait dilapidé plus de 40,000 euros sur des articles ménagers et de mode. À la suite des sanctions de l’UE, entrées en vigueur au cours de la fin de semaine, le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a déclaré : « C’est un signe de détermination de l’Union européenne dans son ensemble, afin d’accentuer la pression, la mainmise économique et diplomatique sur ce régime. »

Entre-temps, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a commenté : « Nous avions un certain nombre d’indications – je suis certain que cela ne vous a pas échappé – de la façon dont Mme Assad utilise son argent. C’est sans doute ce qui nous a poussés à durcir les sanctions. » Les inquiétudes de M. Juppé quant à la probité financière sont particulièrement significatives, puisqu’en 2004 il a été condamné par un tribunal français à 18 mois d’emprisonnement avec sursis pour avoir « abusé des fonds publics ».

Lorsqu’un quotidien met l’accent sur un dossier louche de courriels, régurgité ensuite par tout un chacun dans les médias mainstream, incluant ceux dits de qualité, et que ce dossier suspect constitue le fondement de sanctions ministérielles de l’UE, alors il dégage l’odeur typique d’une opération psychologique (« psyops »).

Cela est d’autant plus perceptible si l’on considère que les gouvernements occidentaux et leurs médias serviles ont, pendant près d’un an, grossièrement déformé la réalité des violences et du conflit en Syrie, dans le but de déstabiliser l’alliance entre Damas et Téhéran. Le président Bachar Al-Assad a été continuellement accusé de « massacrer » son propre peuple. Pourtant, les preuves qui s’accumulent indiquent que les actions des forces de son gouvernement visent davantage à protéger la population civile de groupes terroristes armés et dirigés par les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, Israël, la Turquie et les monarchies du Golfe affiliées à Al-Qaïda.

La campagne de diabolisation du gouvernement syrien atteint désormais des sommets plutôt risibles, présentant Mme Assad comme une « insensible accro du shopping » qui doit être bannie des grandes rues de toutes les civilisations décentes et respectueuses des lois.

L’ironie de l’affaire est que ce geste dérisoire et cynique de l’Union européenne devrait en réalité s’appliquer à des criminels de guerre avérés. Il existe suffisamment de preuves pour condamner d’anciens et actuels leaders étasuniens et européens pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité relativement aux agressions militaires en Afghanistan, en Irak, en Libye et visant dorénavant l’Iran.

Des sanctions contre Michelle Obama, Samantha Cameron et Carla Bruni, basées sur des actes illégaux et criminels, ont beaucoup plus de sens.


Traduction : Julie Lévesque pour Mondialisation.ca

mercredi 28 mars 2012

D’Oslo-Utoya à Toulouse-Montauban : l’horreur de la guerre gagne l’Europe

Par Luk Vervaet

En moins d’un an, la guerre mondiale contre le terrorisme (islamiste) a brusquement frappé jusque dans nos foyers. Elle se passe si loin de chez nous que nous n’en réalisions plus l’existence. Elle dure depuis si longtemps qu’on ne peut plus imaginer comment vivre sans. Mais, d’abord au Nord de l’Europe en juillet 2011, puis au Sud en mars 2012, elle a atteint le territoire européen.

Anders B. Breivik (32 ans) et Mohamed Merah (23 ans) sont l’expression des deux camps en lutte. Ils ne se sont pas contentés de placer une bombe anonyme quelque part. Tous deux ont reçu un entrainement militaire. Ils ont abattu et achevé leurs cibles, personnellement, systématiquement et froidement, comme de vrais professionnels militaires. Oui, on l’avait oublié, les petites nouvelles dans la presse sur 10, 100, 1000 morts en Irak, en Afghanistan ou à Gaza, femmes et enfants inclus, n’ont plus aucune signification ni aucun effet, mais elle est comme ça, la guerre : horrible, cruelle, méthodique, d’une souffrance inouïe pour les victimes et leurs familles. Après, il y a eu l’efficacité de nos services de police pour nous assurer que tout était sous contrôle et que tout allait reprendre son semblant de normalité. Breivik a été arrêté le jour même. Merah a été abattu le jour suivant, après trente-deux heures de siège de sa maison, au son des rafales des mitraillettes. À suivre en direct à la télévision, comme une vraie scène de guerre.

Les Templiers.

Le procès de Breivik, le tueur d’Oslo-Utoya qui a abattu 77 personnes, commencera le 16 avril prochain. Le 7 mars dernier, Breivik a été formellement inculpé pour « acte de terrorisme » et « homicides volontaires » par le Parquet norvégien.

Breivik se déclare « commandant militaire du mouvement de résistance norvégien et des Templiers de Norvège ». Il veut épurer l’Europe de la gauche multiculturaliste et de l’islam (1). Il considère Israël comme la ligne de front de « la civilisation occidentale contre la barbarie musulmane », et comme le pays qui a « reconquis » un territoire sur l’islam. Breivik est l’expression de l’alliance guerrière entre l’extrême droite européenne, Israël et les États-Unis. Tout indique qu’au nom de sa « schizophrénie paranoïde », tout ce qui a inspiré, nourri et créé Breivik restera un livre fermé et ne sera pas mis en cause. Il échappera à un procès — et à la prison — au profit de soins psychiatriques.

Depuis l’affaire Breivik, l’actualité prouve pourtant que Breivik n’est plus un « fait isolé » sur le sol européen, comme on a voulu le présenter. D’abord parce que nous vivons bel et bien dans un climat politique et social, raciste et islamophobe, sur un fond de crise économique et de guerre antiterroriste, dans lequel de tels actes de barbarie deviennent un phénomène social. Puis, de l’arrestation en Norvège de deux extrémistes nazis armés et en possession d’explosifs en septembre 2011, à la découverte en Allemagne des assassins néonazis d’immigrants turcs à la mi-novembre 2011, au meurtre de deux vendeurs ambulants sénégalais par un militant d’extrême droite en Italie en décembre 2011, la question du terrorisme d’extrême droite, niée par les autorités et glissant parmi les mailles du filet sécuritaire pendant toute une décennie, se pose dans toute son ampleur.

En mars 2012, à Toulouse-Montauban, des tueries racistes ont fait sept morts, en 14 jours de temps. L’auteur, qu’on surnommait d’ores et déjà le Breivik français, s’est avéré par la suite comme étant Mohamed Merah, un jeune homme de 23 ans, condamné quinze fois pour des délits pendant sa jeunesse, converti en prison et qui se revendique de la marque Al Qaida. Il semble avoir dit qu’il a agi pour venger les enfants de la Palestine, l’intervention française en Afghanistan et contre l’interdiction du port du voile intégral en France. Sur ses motivations, Mohamed Merah n’aura pas la possibilité de nous en dire plus.

Maladie mentale?

Pendant toutes les heures où j’ai suivi le long siège de sa maison, je n’ai pas entendu dans la bouche des commentateurs le diagnostic d’une éventuelle « schizophrénie paranoïde » » de Mohamed Merah. Bien sûr, on dira que c’est parce qu’on ne lui avait pas encore parlé (ce qui n’arrivera en tout cas plus).

Quand il s’agissait de Breivik, on a ressenti un sentiment de reniement, d’écartement, de mal à l’aise. L’horreur de Breivik, homme blanc d’extrême droite, qui avait agi en notre nom et au nom d’une vision politique de plus en plus commune en Europe, ne pouvait pas être la nôtre. Il devait nécessairement être fou. L’acte de Merah par contre nous semble correspondre à quelque chose de bien plus réel et reconnaissable. Merah est la confirmation de nos peurs. Pour nous, les actes de Merah sont présents, potentiellement ou en germes, dans les communautés musulmanes. Ils correspondent mieux à notre imaginaire sur le terrorisme. Pour lui, on ne se pose pas la question de la maladie mentale. Pour lui, on pose celle de l’endoctrinement, de la radicalisation, de l’évolution « d’un délinquant de cité devenu djihadiste meurtrier ».

Comme Breivik a été écarté en tant que fou isolé, personne n’a dû se justifier après son massacre, dix fois plus meurtrier que celui de Merah. Personne n’a été inquiété, personne n’a dû se justifier ou n’a dû jurer en public qu’il n’avait rien à voir avec l’idéologie du jihadiste blanc. Les responsables religieux catholiques ou protestants n’ont pas été invités au Palais, ils n’ont pas été sommés de déclarer qu’il ne faut pas faire d’amalgame « entre le christianisme et les actes odieux de Breivik. » Rien de moins vrai pour le jihadiste musulman. On sent déjà que les armes se préparent pour encore frapper plus fort contre les communautés d’origine immigrée, musulmanes ou pro-palestiniennes. Et que la discrimination et la persécution s’annoncent de manière durcie. Toute personne consultant un site jihadiste, toute personne s’entraînant militairement sera poursuivie pénalement, déclare Sarkozy immédiatement après la liquidation de Merah. Il annonce aussi qu’au sein des prisons la lutte contre le prosélytisme sera intensifiée. Rien de tout cela n’a été entendu après les tueries d’Oslo.

Le reflet réel de la guerre en cours

Ce qui saute aux yeux, c’est que les tueries aussi froidement exécutées de 77 personnes à Oslo ou de 7 personnes à Toulouse, s’inscrivent dans un cadre on ne peut plus politique et que ses auteurs se revendiquent des deux côtés de la ligne de front de la guerre contre le terrorisme (islamiste). Dans leur cruauté, les meurtres d’Oslo ou de Toulouse sont à la hauteur de cette guerre qu’on mène : elles en sont le reflet simple et parfait. Elles sont l’illustration de l’enchaînement de vengeance et de barbarie meurtrière, aboutissement de dix ans de guerre mondiale sans fin contre le terrorisme.

C’est ce que les belles paroles sur « l’unité des communautés, de la nation, sur les amalgames, contre la vengeance, la stigmatisation » doivent nous faire oublier. Face à ces dix ans de guerre, c’est la négation systématique par les hommes et femmes politiques. Pour eux, pas de lien entre la flambée de racisme ou la montée de la violence sur le continent européen et notre implication dans la guerre mondiale contre le terrorisme. Parlant devant un groupe de jeunes réfugiés palestiniens, Madame Ashton, chargée des Affaires étrangères européennes, a eu le malheur de sortir la phrase suivante : « Nous nous souvenons des jeunes qui ont été tués dans toutes sortes de circonstances terribles — les enfants belges ayant perdu la vie dans une tragédie terrible. Nous pensons à ce qui s’est passé à Toulouse, aujourd’hui. Nous nous rappelons de ce qui s’est passé en Norvège il y a un an. Nous nous rappelons ce qui se passe en Syrie. Nous voyons ce qui se passe à Gaza et dans différentes parties du monde - nous nous souvenons de ces jeunes et de ces enfants qui perdent leur vie." Notre allié préféré, Israël, a explosé de colère pour la phrase sur Gaza. Le ministre israélien de l’Intérieur a tout simplement demandé la démission d’Ashton parce qu’elle a mentionné Gaza. Mais s’il y a bien un débat qu’il faudra ouvrir, c’est bien celui-là, le débat sur la guerre et sur l’oppression dans ce monde.

L’entraînement militaire des djihadistes et des autres.

Les commentateurs me font un peu rire quand ils insistent à longueur de journée sur l’entraînement de Mohamed Merah (et, figurez-vous, de dizaines d’autres!) dans des camps en Afghanistan ou au Pakistan. Ces commentaires s’accompagnent d’images vidéo d’hommes masqués, mudjahedines jihadistes avec un look extrêmement effrayant. Et Sarkozy de déclarer qu’il poursuivra pénalement chacun qui va s’entraîner en Afghanistan. Mais à quand la poursuite pénale contre ceux qui ont déclenché les guerres illégitimes contre l’Afghanistan et l’Irak? Et en ce qui concerne l’entraînement, ne réalise-t-on pas que, pendant cette dernière décennie, on a entraîné des milliers de tueurs potentiels au sein de notre propre camp?

Dans l’essai sur Breivik, j’écrivais : « Dix ans de thérapie de choc contre le terrorisme islamiste ont amené plus d’adeptes à Oussama Ben Laden et au mouvement d’Al Qaida que ceux-ci n’avaient jamais pu espérer. Cela vaut également pour les recrues de Bush, de Blair et autres criminels de guerre occidentaux. En Occident, des dizaines de milliers de volontaires se sont présentés pour s’embaucher comme « private contractor» dans les milices privées dans les pays occupés » (2). À ajouter, tous les volontaires d’extrême droite qui se sont fait enrôler dans l’armée américaine pour recevoir un entrainement militaire, qu’ils pourront utiliser… à la maison. Je vous laisse imaginer ce que cela donnera dans le monde occidental, quand toute cette belle génération de militaires, de membres des milices privées et de bandes d’extrême droite retournera à la maison.

Les enfants ne se valent-ils pas?

Je veux conclure par un plaidoyer pour nos enfants, pour les enfants, pour tous les enfants.

Breivik a tué deux jeunes norvégiens de quatorze ans, sept de quinze ans, sept de seize ans, dix-sept de dix-sept ans, dix-sept de dix-huit ans et ainsi de suite. Merah a abattu trois enfants juifs, Gabriel, 4 ans, Arieh, 5 ans, et Myriam, 7 ans. Mehra ne pouvait pas rendre un plus mauvais service à la cause palestinienne. Ce sont les attaques contre les enfants, contre ce qui nous est le plus cher, ce qui est le plus vulnérable et le plus innocent, qui nous ont touchés le plus. Quand je donnais des cours en prison, là aussi, les enfants étaient quelque chose de sacré, auquel on ne touche pas, et ceux qui l’avaient fait étaient mis au ban. Dans les cas de Breivik ou de Merah, on est donc très loin d’un sentiment porté par l’humanité dans son ensemble. Il n’existe pas de remèdes magiques pour redresser cette situation. Mais nous pourrions commencer par nous-mêmes. Nous pourrions cesser notre compassion sélective, qui fait qu’un enfant dans ce monde n’en vaut pas un autre. Nous pourrions commencer par protester contre l’inhumanité à laquelle on assiste et qui est commise en notre nom. C’est cette sélectivité qui crée la rage et la haine. Quand on permet de tuer des enfants, année après année, au nom de notre politique occidentale, sans bouger ou se révolter, les conditions sont créées pour de nouvelles horreurs.

Au moment même où Merah abattait trois enfants juifs, le 14 mars 2012, le petit Baraka Al Mughrabi, un enfant palestinien de 7 ans était tué, lors d’une énième agression israélienne contre Gaza. Ce jour-là, on a compté 26 morts à Gaza. Au moment même où Merah abattait les trois enfants, le 11 mars 2012, Robert Bales, sergent américain, 38 ans abattaient deux familles afghanes, seize personnes en tout, dans les villages Balandi et Alkozai, au sud de l’Afghanistan. Il a ensuite mis le feu à leurs corps. Sumad Khan, un paysan afghan, a perdu onze membres de sa famille dans ce massacre : sa femme, quatre filles entre deux et six ans, quatre fils entre huit et douze ans, et deux autres proches.

Je ne connais pas les noms de tous ces enfants. Nous ne les connaîtrons probablement jamais.

Source Le Grand soir et Michel Collon Investig'action

mardi 27 mars 2012

NATO GAME OVER (vidéo)

L'OTAN, la machine de guerre la plus grande du monde, a évolué d'une alliance militaire défensive à une alliance essentiellement agressive.



L'OTAN met continuellement de l'huile sur le feu. Sous le masque du principe « Responsibility to protect », l'OTAN a attaqué la Libye en vue de forcer un changement de régime. Cette intervention n’a fait qu’aggraver le conflit, causant des milliers de victimes. L'industrie d'armement applaudi. L'intervention de l'OTAN en Afghanistan a ruiné le pays en le poussant vers une guerre civile dont personne n’en voit la fin. On y compte des milliers de victimes. Après plus de dix ans d’occupation de l’OTAN, certains pays de la coalition ont annoncé leur planification de retrait de leur force armée pour les années à venir. Toutefois, une présence militaire permanente est prévue. Pourtant, de hauts responsables militaires avouent que jusqu'à présent aucun résultat probant n’a été atteint.

Bien que les armes nucléaires devaient disparaître, l'OTAN entretient toujours un arsenal à sa disposition dans cinq pays européens, ce qui constitue un obstacle évident au processus de désarmement nucléaire mondial, mais pousse avant tout d'autres pays à devenir une puissance nucléaire à leur tour. À une époque de diminutions drastiques des dépenses pour la sécurité sociale, les pays de l'alliance investissent des millions dans un système anti-missiles, soi-disant comme défense contre des menaces fictives.

Un club sélect de 28 pays aisés qui interviennent partout dans le monde de manière militaire suivant ses intérêts, qui possèdent des armes nucléaires et sont prêts à les utiliser en premier, est un danger pour la paix mondiale.

Pourquoi une journée d'action au 1er avril 2012?

Le prochain sommet de l'OTAN est programmé pour les 20 et 21 mai 2012 à Chicago. L’agenda du sommet se focalisera sur le rôle de l'OTAN lors d'interventions militaires en dehors du territoire de l’Alliance, et sur le résultat du « Defence and Deterrence Posture Review » (DDPR), en cours actuellement à l'intérieur de l'alliance en vue de définir le rôle des armées nucléaires au sein l'OTAN.

Avant que le sommet de l’OTAN ne prenne place, une action européenne commune est indispensable en vue de donner un signal fort à nos gouvernements :
Les armes nucléaires tactiques de l'OTAN en Europe sont anachroniques, inutiles, illégales au regard du Droit International Humanitaire, et contre-productif dans le processus de non-prolifération.
Des menaces et des interventions militaires aggravent les conflits au lieu de les résoudre.

C'est pour donner ce signal que Vredesactie et Action pour la Paix organisent une journée d'Action directe Non-Violente au siège de l'OTAN à Bruxelles.

Notre approche

Des interventions humanitaires doivent mettre fin à des conflits violents mettant en péril la vie de citoyens.

L'OTAN opte pour des interventions militaires, bloquant ainsi toutes solutions pacifiques envisageables et causant une réaction en chaîne sans issue de toujours plus de violence et de victimes.

Notre interprétation du « Responsibility to Protect » : nous avons la responsabilité de protéger les citoyens contre ces interventions militaires de l'OTAN.

Nous exécuterons donc une véritable intervention humanitaire au profit de toute l'humanité et ce en stoppant l'OTAN.

Plus d'infos sur l'action : Nato Game Over

Source Michel Collon Investig'action

Sud Soudan : fiction et réalité

par Manlio Dinucci
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Après la scène avec George Clooney aux manettes, tournée devant l’ambassade nord-soudanaise à Washington, c’est Hillary Clinton qui est venue sur le plateau, les larmes aux yeux, pour exprimer la profonde préoccupation des États-Unis sur la crise humanitaire et ses nombreuses victimes dans la partie méridionale du Soudan. Scènes touchantes de la fiction washingtonienne, destinée au plateau mondial. Toute autre la véritable histoire. Pendant des décennies les États-Unis et Israël ont soutenu les forces sécessionnistes du Sud Soudan jusqu’à ce que, en 2005, le Nord et le Sud aient signé un accord, considéré par l’administration Bush comme un véritable triomphe en politique extérieure.

L’administration Obama en a récolté les fruits : le 9 juillet 2011, le Sud Soudan s’est autoproclamé indépendant. Un nouvel État est ainsi né, avec une superficie de plus de 600mille Km2 (plus que la France, le double de l’Italie) et à peine 8-9 millions d’habitants. En se séparant du reste du pays, le Sud Soudan est entré en possession de 75% des réserves pétrolières soudanaises. C’est par contre le Nord qui possède l’oléoduc, à travers lequel le pétrole du Sud est transporté vers la Mer Rouge pour être exporté. D’où le contentieux entre les deux gouvernements sur la partition des revenus pétroliers, avivés par l’affrontement pour le contrôle de zones de frontières le long des plus de 1.500 Kms de confins, affrontement mené aussi à travers des groupes armés locaux.

Dans tout cela, les États-Unis continuent à jouer un rôle clé. Le Sud Soudan est de plus en plus inséré dans le programme Imet (International Military Education and Training), géré par le Commandement Afrique avec des fonds du Département d’État : c’est là que sont formés chaque année 10mille « leaders militaires et civils » africains, qui suivent des cours dans 150 écoles militaires étasuniennes. Simultanément, sous la régie de Washington, on est en train de mettre au point le projet d’un nouveau corridor énergétique qui, formé d’un oléoduc, d’une autoroute et d’une ligne de chemin de fer, permettra de transporter le pétrole depuis le Sud Soudan jusqu’au port kenyan de Lamu. Les avantages pour Washington seront multiples. D’une part, en se débarrassant de l’oléoduc nord-soudanais, assener un coup dur au pays, déjà affaibli par la perte des deux tiers des réserves pétrolifères, de façon à provoquer l’écroulement du gouvernement de Khartoum. D’autre part, marginaliser les compagnies chinoises qui, avec quelques compagnies indiennes et malaisiennes, extraient le pétrole soudanais : la majeure partie pourra ainsi être contrôlée par des compagnies étasuniennes et britanniques. Et le Sud Soudan n’a pas que du pétrole, mais aussi de riches gisements d’or, argent, diamants, uranium, chrome, tungstène, quartz qui restent à exploiter ; et auxquels il faut ajouter environ 50 millions d’hectares de terres cultivables en utilisant l’abondante eau du Nil.

Des affaires en or pour les multinationales, dont les intérêts sont assurés par le nouveau gouvernement de Juba dont la fiabilité est garantie non seulement par Washington, mais aussi par Tel-Aviv. Fait significatif : le Sud Soudan ouvrira son ambassade à Jérusalem, en la reconnaissant ainsi comme capitale, et Israël « formera » des milliers de réfugiés sud-soudanais avant de les rapatrier. Tandis que le gouvernement de Juba, parmi ses premiers actes, choisit l’anglais et non l’arabe comme langue officielle et demande à entrer dans le Commonwealth britannique. Aux ex vieilles colonies s’en ajoute une de type néocolonial.

La carte ci-dessus fait apparaitre un corridor de transports comprenant un pipeline, une autoroute et une voie ferrée reliant le Nord ouest du Kenya au port kenyan de Lamu.

Il s’agit d’un projet de grande envergure nourri par un des gouvernements de la région les plus soumis aux Etats-Unis.Il est la conséquence de la nouvelle indépendance du Sud-Soudan depuis le 1er Juillet 2011.

L’enjeu est simple : faire évacuer à terme tout ou partie du pétrole extrait du sol du Sud-Soudan vers le Sud via le Kenya alors qu’il l’est pour l’instant en totalité vers le Nord à travers le Soudan.Aujourd’hui le pétrole soudanais est extrait à 80 % du Sud Soudan et il quitte ce pays, ex région de l’Etat fédéral soudanais par un pipe line qui alimente au passage la raffinerie de Khartoum, qui assure les besoins du pays en carburant et poursuit son parcours jusqu’à la Mer Rouge d’où il est exporté vers l’Asie (Malaisie, Inde et Chine).

Quand il existera, le pipeline « kenyan » mettra le Sud Soudan et ses tuteurs les Etats-Unis et Israël en capacité de priver le Soudan du pétrole du Sud de le faire retomber en état de grande dépendance énergétique et donc de fragiliser un régime dont Washington et Tel Aviv désirent depuis longtemps la chute.En attendant si le nouvel Etat sud soudanais, pauvre parmi les pauvres, où il n’existe que 3 kilomètres de route goudronnée mais où les nouveaux dirigeants se sont déjà équipés de gros 4X4 à vitres fumées et de bureaux climatisés, doit laisser le pétrole partir vers le Nord et touche les « royalties » correspondantes qui constituent son unique source de revenus. En effet il n’y a pas de société pétrolière sud-soudanaise et le pétrole est extrait par les compagnies étrangères (malaise, chinoise et indienne principalement) qui l’ont découvert.

La carte ci-dessus montre le tracé de l’actuel pipeline. A noter que sur la plupart des documents cartographiques « occidentaux » (au sens large) le Darfour – région de l’ouest apparait sous une autre couleur que le Soudan lui-même ce qui exprime que cette région, aujourd’hui autonome dans l’Etat fédéral soudanais et potentiellement riche en pétrole, est vouée par les stratèges occidentaux à devenir un jour un Etat indépendant. L’acteur George Clooney est payé pour ce spectacle de prospective géopolitique

Le Soudan en attendant d’autres découvertes – probables, et les recherches sont en cours - sur son territoire restant, doit négocier les conditions financières du transit du pétrole du Sud soudan dans son pipeline. Condamné au moins temporairement à s’entendre les deux pays ont commencé une négociation en forme de « bras de fer ». Le Soudan a proposé des tarifs. Le Sud Soudan les a considérés comme excessifs et a riposté durement en fermant quelques semaines le pipeline Ce premier affrontement ne pouvait pas durer longtemps car l’assèchement du pipeline aurait entrainé très vite celui des caisses de l’Etat sud soudanais.

La négociation a donc repris et l’annonce du projet de corridor kenyan s’inscrit dans ce contexte stratégique d’hostilité au Soudan et vient aussi s’inscrire tactiquement dans la campagne électorale présidentielle kenyane en cours.

Mais le dossier est complexe car le futur pipeline ne sera pas gratuit et le choix de passer par le Nord ou par le Sud sera finalement entre les mains des sociétés pétrolières présentes au Sud Soudan qui ne sont pas des multinationales anglo-saxonnes mais des compagnies asiatiques et principalement chinoises. Affaire à suivre ….

Source IRIB

lundi 26 mars 2012

Charest, l'éducation n'est pas un privilège

La réplique › Droits de scolarité — Nous accusons!

Nous nous présentons, étudiants issus de diverses disciplines, fatigués par les oppositions gauche/droite, sciences sociales/sciences pures. Nous sommes une génération éclatée, qui doit composer avec les désillusions politiques, l'insécurité et la précarité grandissantes des conditions de travail. Nous sommes une génération plus que jamais ouverte sur le monde, connectée, réseautée, informée, une génération ayant eu l'immense chance de côtoyer dans la rue, dans la cour d'école, des gens de divers milieux, de divers pays, de toutes les cultures.

Malgré le cynisme ambiant, malgré le parti pris de certains de nos pairs pour un individualisme crasse — mes études, ma carrière, mon succès, mon avenir —, nous croyons encore aux valeurs collectives, humanistes et égalitaires. Vous ne nous connaissez sans doute pas ainsi, car nous faisons partie de cette foule d'étudiants qu'on peint à gros traits comme de jeunes paresseux irresponsables, gâtés et parasites, brandissant l'iPhone comme on brandit le poing.

Nous sommes intimement convaincus que l'éducation n'est pas un privilège, mais un droit fondamental et inaliénable, c'est pourquoi nous accusons le gouvernement Charest, et tous ceux qui se flattent d'être socialement responsables de:

réduire l'éducation à une industrie au service de l'économie;

faire des étudiants des consommateurs-payeurs, et de leurs diplômes des objets de consommation;

restreindre l'éducation à une question comptable plutôt que de risquer le débat, le dialogue.

Enfin, nous accusons le gouvernement Charest, et ceux qui adhèrent aveuglément à ses tours de passe-passe mathématiques d'encourager une logique individuelle au détriment d'une logique collective.

Nous proposons

Nous proposons au gouvernement Charest d'être cohérent avec son engagement de « faire du Québec une des sociétés les plus instruites au monde ». Si, comme l'affirme le ministre Bachand dans son discours sur le budget 2011-2012, « l'éducation n'est pas subordonnée à l'économie [et qu']elle se justifie en soi, par le développement humain qu'elle permet à tout un chacun », il lui faut absolument revenir sur sa décision de hausser les droits de scolarité de 75 %, soit 1625 $, en cinq ans.

Nous sommes profondément convaincus qu'un dialogue est encore possible entre le gouvernement et les étudiants, même si, jusqu'à maintenant, le gouvernement Charest se complaît dans son intransigeance injustifiée.

Afin de trouver une issue à cette impasse, nous demandons au gouvernement Charest de :

reconnaître l'actuelle mauvaise gestion des universités québécoises plutôt que de montrer du doigt leur sous-financement;

faire preuve d'ouverture quant aux autres solutions en cessant de présenter la hausse des droits de scolarité comme le remède miracle;

admettre avoir failli aux principes démocratiques les plus élémentaires en encourageant le personnel enseignant à franchir les piquets de grève.

Il est grand temps que le gouvernement Charest fasse sa juste part: nous exigeons le dialogue, nous dénonçons son silence.

***

Ont signé ce texte : Frédéric Beaupré, doctorant en médecine, David Bélanger, maîtrise en études littéraires, Charles Boissonneault, doctorant en médecine, Marie-Andrée Bergeron, doctorante en études littéraires, Geoffroy Boucher, baccalauréat en sciences biomédicales, Michèle Côté-Lévesque, baccalauréat en physiothérapie, Anne Arena Daigle, doctorante en médecine, Joël Desgreniers, baccalauréat en physiothérapie, Sébastien Hogue, maîtrise en études littéraires, Pierre-Luc Landry, doctorant en études littéraires, Eve Larouche-Laliberté, maîtrise en sciences de l'administration, Catherine Ménard, maîtrise en droit, Alexandre Paré, baccalauréat en administration des affaires, Mireille Vaillant, baccalauréat en physiothérapie, Mélissa Rouillard Volle, maîtrise en sciences de l'administration, Marie-Hélène Voyer, doctorante en études littéraires, Université Laval.

Source Le Devoir

Islamophobe reconnue coupable

Riposte laïque reconnue coupable

La 17e chambre correctionnelle de Paris a rendu son jugement, vendredi 23 mars, dans l’affaire de provocation à la haine pour laquelle deux rédacteurs du site islamophobe Riposte laïque étaient jugés le 3 janvier (lire notre reportage). Selon le Collectif contre l’islamophobie en France, 4 000 euros d’amende ont été prononcés pour Pierre Cassen, directeur du site, et 1 500 euros pour Pascal Hilout, pour « provocation à la discrimination, la haine, ou à la violence à l’égard d’un groupe de personnes en raison de leur origine ou de leur appartenance à une religion, à savoir les musulmans. »


Ils devront également payer 1500 euros de dommages et intérêts et 2000 euros de frais d’avocat à la Ligue des Droits de l’Homme ainsi que 800 euros de frais d’avocat pour chaque association partie civile, à savoir l’ADDH-CCIF, le MRAP, la Licra et SOS Racisme.

Source Politis

Riposte Laïque déverse sa bile islamophobe devant la justice

dimanche 25 mars 2012

Opposition au Plan Nord (vidéo)

On est entrain de perdre le nord et les enjeux sont réels.
Un jour vous comprendrez que l'argent ne se mange pas...

Affaire Merah décryptée par la Chine?

Par Alain Conny

Yang Jiechi
Le ministre des affaires étrangères chinois Yang Jiechi a soulevé des questions [1] quant à l’affaire Merah qui selon lui a servi de bouclier victimaire à l’état d’Israël pour mener des actions meurtrières en toute impunité dans les territoires palestiniens. Le ministre chinois a précisé que l’État d’Israël était au courant depuis mardi 20 mars du jour où l’assaut serait donné par le RAID, en outre aux USA dès lundi les synagogues ont été mises sous haute surveillance.

En dehors du fait que tous les Français condamnent logiquement, le meurtre des victimes de l’école juive de Toulouse, ils auront pu noter la différence de ton des médias entre cette affaire et celle des trois militaires assassinés relégués en cinquième page des quotidiens, le jour suivant. Deux poids, deux mesures… De toute évidence il est en France une communauté qui jouit d’un soutien médiatique démesuré, par rapport aux autres, ce qui est assez peu démocratique il me semble.

Pour en revenir à l’affaire Merah que la police connaissait et suivait depuis de lustres, plusieurs questions viennent à l’esprit. La première pourquoi avoir laissé Merah, qui était seul, commettre deux crimes? La seconde à qui profitent ces crimes? La police savait tout de Merah, d’ailleurs elle l’a localisé en un clin d’œil, ça me rappelle un peu l’enquête éclair du FBI qui après 24 h connaissait (soi-disant…) les responsables des attentats du 11/09.

On peut penser logiquement que la police qui suivait les faits et gestes du jeune délinquant aurait peut-être pu déjouer ses plans, plus tôt que d’attendre 24 h pour mener un assaut pathétique. Trois-cents flics pour un lascar, ça semble un tant soit peu démesuré, pourquoi pas 2000! Cette histoire sent le souffre… Les faux actes terroristes sont désormais légions, il suffit de penser au nombre de bombes retrouvées avant qu’elles n’explosent, dans des endroits stratégiques et qui dans 99 % des cas ont été placées par des comparses. Et puis il y a aussi, hélas, les explosifs, qui sont placés à dessein pour tuer. De même si on se remémore comment les armées secrètes de l’OTAN [2] ont manipulé les brigades rouges dans les années 70, on peut très bien imaginer qu’il soit aisé à certaines bonnes âmes, de téléguider un gamin de vingt et quelques années. Enfin, il faut tenir compte que les actes terroristes perpétrés en Europe étaient aux alentours de 0,4 % de 2006 à 2010 [3] ce qui est ridicule, quand on pense combien il faut se faire chier à passer les contrôles, pour prendre un malheureux avion!

À qui profitent les crimes de Mohamed Merah? En premier lieu à l’élite qui veut absolument terroriser la population, pour justifier de mesures préventives infinies et disproportionnées, qui ne servent in fine qu’à fliquer la population et qui donneront peut-être un jour à certains l’idée de nous glisser une puce RFID dans le cul, pour nous suivre à la trace. Notez bien que pour cela les Smartphones que les connards s’arrachent à prix d’or suffisent largement!

Les crimes de Merah profitent naturellement à la fameuse « communauté », qui passe avant toutes les autres et qui a fait de la Shoah une religion, qui ne tombe pas sous le coup de la laïcité… Je n’irai pas comme le ministre chinois jusqu’à prétendre que, l’odieux assassinat des enfants de l’école juive de Toulouse, servira un peu plus aux sionistes pour nous jouer leur refrain victimaire (refrain qui leur permet de faire exactement ce qu’ils veulent en Palestine), mais… j’avoue que je me pose la question.

Enfin, je pense qu’il serait plus que temps d’interdire aux Émirats de financer des associations de banlieues, ainsi que de contrôler de plus près qui vient prêcher dans certaines mosquées, afin de savoir quels messages y sont diffusés. L’Islam n’est pas en cause bien sûr, les musulmans sont des personnes honnêtes et respectables, cependant on rencontre dans l’Islam comme dans la chrétienté, des courants de pensée intolérants, qui poussent certains à prêcher plus haut que leur cul!

Il est clair que les gamins de banlieues n’ont pas de plus mauvais instincts que les autres, cependant il est avéré que des jeunes sans avenir, sans-travail et possédant une éducation insuffisante sont extrêmement facile à manipuler dans leur candeur, n’oublions jamais le célèbre proverbe Lao Tseu qui dit : « … Quand le sage montre la lune, l'idiot regarde le doigt...» » Enfin, il faut que ceux qui choisissent de faire partie du grand banditisme ou qui rêvent de guerre sainte, sachent accepter les règles du jeu, sachent perdre et comprennent, que lorsque le peuple se déchire, ça ne profite jamais qu’aux oligarques qui le dirigent.

 

Note

samedi 24 mars 2012

La tuerie de Toulouse, un questionnement

Questions sur l’affaire Merah

« Les méthodes de la démocratie spectaculaire sont d’une grande souplesse, contrairement à la simple brutalité du diktat totalitaire… »

« Jamais censure n’a été plus parfaite. Jamais l’opinion de ceux à qui on fait croire encore, dans quelques pays, qu’ils sont restés des citoyens libres, n’a été moins autorisée à se faire connaître, chaque fois qu’il s’agit d’un choix qui affectera leur vie réelle. Jamais il n’a été permis de leur mentir avec une parfaite absence de conséquence. Le spectateur est seulement censé ignorer tout, ne mériter rien…

… Cette démocratie si parfaite fabrique elle-même son inconcevable ennemi, le terrorisme. Elle veut en effet être jugée sur ses ennemis plutôt que sur ses résultats. L’histoire du terrorisme est écrite par l’État; elle est donc éducative. »

– Guy Debord (« Commentaires sur la société du spectacle », 1988)

* * *

Après notre article d’avant-hier, le rideau est tombé sur le drame soigneusement médiatisé de Toulouse. L’affaire Merah contient des zones d’ombre qui ne feront qu’amplifier avec le temps, mais il nous semble approprié de poser d’emblée certaines questions dont l’évidence et la candeur s’imposent. Ces questions seront-elles résolues avec le temps, seul l’avenir le dira, même si nous avons bien sûr notre petite idée là-dessus?

Voici donc quelques questions qu’il nous parait utile de poser en la circonstance :

1— Qui est derrière Mohamed Merah? A-t-il vraiment agi seul?

2— Comment s’est-il procuré argent, armes, et moyens logistiques pour ses voyages (s’il a effectivement voyagé, rien n’est apparemment moins sûr) en Afghanistan et au Pakistan?

3— Comment se fait-il qu’aucune trace de ses voyages ne soit avérée? Le gouverneur d’une prison de la province Kandahar où il aurait soi-disant été emprisonné et d’où il se serait échappé (çà ne s’oublie pas des trucs pareil…) dément le fait et les autorités américaines interrogées ont rapporté n’avoir personne de répertorié sous le nom de Mohamed Merah. Quelqu’un ment, pourquoi? Est-il possible qu’il ait voyagé sous un autre nom? Ce qui demanderait alors une tout autre logistique (vrai faux passeport, couverture clandestine, données par qui?)

4— Comment quelqu’un de « suivi » par la DCRI depuis 2007 pour ses voyages dans la zone afghano-pakistanaise et soi-disant agissant seul peut avoir enfumé les limiers de la république à ce point? Est-ce surtout plausible?

5— D’après les sources officielles, Merah avait été « logé » après ses crimes. Pourquoi ne pas avoir suivi une procédure classique d’interpellation à la sortie de son appartement, comme cela est souvent le cas en matière de grand banditisme?

6— Pourquoi choisir la voie spectaculaire du siège? Était-ce en la circonstance la meilleure méthode? Qui avait intérêt à faire mousser le plus possible cette affaire?

7— Dès le début de l’opération du siège de Merah, les autorités, par le truchement du ministre de l’Intérieur et d’autres officiels, ont manifesté le désir « de prendre Merah vivant afin de le déferrer devant la justice ». Ceci a été répété à maintes reprises durant les heures qu’a duré le siège. Pourquoi donc donner l’assaut, de jour de surcroit, alors qu’en attendant quelques heures de plus, le forcené épuisé physiquement et mentalement aurait vraisemblablement été cueilli? Pas assez spectaculaire? Pas assez médiatique?

8— De mémoire de citoyens, jamais un ministre de l’intérieur n’a eu une telle prépondérance dans le déroulement d’une opération de ce type. Quelle est la procédure normale dans le cadre du code de procédure pénale? Qui est habilité à rendre compte de l’évolution de la situation/enquête dans le cadre d’une telle affaire? N’est-ce pas le procureur général de la République?

9— Que faisait Guéant, quel était son rôle exact? N’y a t’il pas eu là une violation du code de procédure pénale ? Pourquoi a t’il été si en vue? Cela a t’il un lien avec la campagne électorale de son chef ?

10-En définitive, Merah est mort dans l’assaut (est-ce bien surprenant?) à l’encontre des demandes des autorités qui clamaient le vouloir vivant. Qui avait intérêt à ce que Merah meure, que l’affaire soit classée, qu’il ne puisse plus parler et que l’action du ministère public s’arrête à son décès?

11— Vu les circonstances politiques, y a t’il eu instrumentalisation de « l’affaire Merah » à des fins politiques? Y a t’il eu sur-médiatisation volontaire du cas à des fins de récupération politique servant un agenda multiple dans le cadre d’une campagne électorale qu’on ferait glisser sur le domaine sécuritaire fabriqué au lieu des problèmes fondamentaux de la société, ce qui impliquerait à court et moyen terme un développement législatif liberticide au nom d’une « guerre contre le terrorisme » inventé et ravivé lorsque cela sert les intérêts du petit nombre au détriment de la vaste majorité?

Ces quelques questions à notre sens essentielles se doivent d’être posées. Nous ne pouvons sans doute pas compter sur les médias à la botte pour les poser, mais nous pouvons créer un « effet de suspicion » dans les médias alternatifs et citoyens, qui comptent aujourd’hui pour beaucoup dans la lutte anti-propagandiste et l’éveil de plus en plus de personnes dans la communauté francophone autour du monde.

Il est très possible que cette affaire Merah soit la pierre angulaire d’un énorme hold-up électoral et politique, qui servira les intérêts à moyen terme de l’idéologie ultralibérale fasciste (au sens mussolinien du terme) qui ne connaît et ne reconnaît aucun « clivage gauche-droite » et dont l’impérialisme criminel et la volonté de contrôle liberticide des nations qui la caractérise ne connaissent plus de mesure.

La seule façon de sortir de cette spirale sans fin est d’arrêter de cautionner le système. Cela commence par poser les bonnes questions et est immanquablement suivi par le boycottage de la mascarade du vote et du grand cirque électoral bidon!

« C’est une loi de nature que l’arbre porte son fruit, que tout gouvernement fleurisse et fructifie en caprices, en tyrannie, en usure, en scélératesse, en meurtres et en malheur ».

(Élysée Reclus, 1880)

Tunisie L' Hymne à la LIBERTÉ (vidéo)

L'Hymne à la LIBERTE de celles et ceux qui ont fait la révolution et pris des risques alors que d'autres étaient planqués dans un exil doré en Angleterre ou en France. Les vieux séniles aigris devraient avoir l'humilité et l'honnêteté de rendre le pouvoir à ceux qui l'ont arraché à la dictature au prix de leur sang, c'est-à-dire aux jeunes Tunisiennes et Tunisiens qui ont souffert plus que ces repris de justice pour terrorisme. En prime, je suis sûr au moins que ces jeunes réunissent les compétences nécessaires pour sortir le pays de l'ornière dans laquelle ces séniles d'incapables ont plongé notre beau pays...

Merci à Mohammed Hamzaoui pour la version sous-titrée

vendredi 23 mars 2012

La grève des étudiants du Québec pose les vraies questions (vidéos)

La hausse et la grève : maudits mythes!
Par Xi Sophie Zhang

C’EST ASSEZ. Depuis des semaines, j’entends de la part des « haussistes » beaucoup de propos motivés par l’ignorance surtout, le dépit souvent, et le pire de tout – l’égoïsme. C’est le temps de casser les mythes et les arguments bidon. Avec du evidence-based.

Arrêtez d’écoeurer les contribuables! On est tanné de payer vos études!

J’ai rajouté ce point à mon texte parce que je me suis rendue compte que ce sont les non-étudiants qu’il faut convaincre. Les étudiants, eux, sont au nombre de 300 000 en grève à ce jour.

Nouvelle du jour : le gouvernement a promis une hausse des frais de scolarité, PAS UNE BAISSE D’IMPÔTS. Qu’il y ait ou non hausse, votre prochaine déclaration d’impôts sera LA MÊME. Sauf que vos taxes et impôts, au lieu d’être investis dans l’éducation supérieure des citoyens, seront versés dans les gaz de schiste, le Plan Nord, les subventions aux grandes entreprises, les bonus des fonctionnaires et probablement un peu aussi dans la corruption. Lorsqu’un contribuable appuie le mouvement étudiant, il ou elle dit à Charest : « Avec tout l’argent que je vous donne, je veux voir un retour d’investissement : des services publics de qualité en éducation, en santé et en développement durable. Elles sont là, nos priorités sociales! »

Arrêtez de chialer. Les frais de scolarité au Québec sont super bas!

Bas comparé à qui? À la Suède, l’Irelande, la Norvège, l’Argentine, la Finlande, l’Islande, et plusieurs universités autrichiennes, brésiliennes, belges et allemandes??? Certainement pas, parce que là-bas, c’est GRATUIT. Plus encore, au Danemark, le gouvernement PAIE les étudiants pour aller à l’université!!

J’ai fait un échange un an en Suisse et savez-vous combien mes amis suisses payaient de frais, dans un des pays les plus riches du monde? 300 $. Comparés à la moyenne des pays de l’OCDE (les 34 pays les plus riches du monde), les frais de scolarité au Québec sont CHERS. (1)

Bas, oui, comparé au reste du Canada et aux États-Unis. Mais comme l’a si bien mentionné un confrère sur YouTube, (voir la vidéo à la fin de l'article) justifier une hausse pour « faire comme les autres », ça équivaut à dire qu’on devrait tous adopter l’anglais et s’acheter des fusils pour faire comme nos voisins! Moi, en tout cas, j’aspire à être comme les meilleurs, pas comme les pires. Surtout lorsqu’il s’agit d’accessibilité à l’éducation.


D’ailleurs, ce n’est pas par hasard qu’au Québec on a les MEILLEURS taux d’inscription postsecondaire dans toute l’Amérique du Nord. On a aussi le plus haut taux au Canada de fréquentation universitaire de 1ère génération (étudiant dont les parents n’ont pas de diplôme universitaire) : 45 % dans toute la province et 70% dans les universités situées en région. (2) Les cégeps gratuits et les universités abordables ont prouvé leur utilité!

S.V.P., lâchez donc les comparaisons. Je veux une société basée sur MES valeurs, NOS valeurs, pas celles du voisin.

Le Québec n’a pas les moyens de subventionner l’éducation universitaire.

Chaque gouvernement a un budget de milliards de dollars. Ce qu’il décide de faire avec tout cet argent va déterminer quels secteurs de la société seront plus ou moins financés. Veut-on construire des nouveaux amphithéâtres? Des centrales nucléaires? Plus d’autoroutes? Couper les impôts des grandes entreprises alors qu’on demande aux familles de se serrer la ceinture? Sont-elles des priorités comparées à l’éducation? Ce sont là des choix de société. Tout comme nous avons choisi l’universalité et l’accessibilité des soins de santé – ce qui paraissait utopique et impossible il y a à peine quelques décennies – nous pouvons choisir la même chose pour l’éducation supérieure. Et d’ailleurs, plusieurs pays riches, éduqués, avancés, nous prouvent que c’est faisable ET avantageux.

Notre gouvernement nous présente la hausse comme une mesure financièrement inévitable, exactement comme le font ceux qui parlent de privatisation de la santé. Pourtant, l’IRIS a calculé que ça coûterait 700 millions $ pour la gratuité universitaire. Rappelons-nous que les baisses d’impôt aux entreprises accordées par le gouvernement ont déjà atteint les 2 milliards de dollars. (3) Celui-ci pourrait donc facilement offrir la gratuité en remaniant son budget! Ce n’est pas une question de moyens, c’est une question de choix.

Un diplôme universitaire bénéficie uniquement à l’individu qui l’obtient. Celui-ci doit donc en assumer les coûts.

Lisez, cherchez. Vous trouverez rapidement toutes les retombées positives de l’éducation supérieure sur la société.

Petit topo : entre 1990 et 2009, la part des emplois exigeant des études universitaires a augmenté de 110 %, alors que celle des emplois ne nécessitant pas de diplôme d’études secondaires a diminué de près de 45 %. (4). En 2015, les professions hautement qualifiées vont représenter près de 70 % de l’ensemble des nouveaux emplois. (5) L’université, dans ce contexte, devient une nécessité, et pas seulement un luxe.

D’abord, l’éducation diminue le risque de chômage, et particulièrement de chômage prolongé. (6) Ensuite, on sait très bien que l’état de santé d’un individu est fortement corrélé à son niveau d’éducation. (7) Mais peut-être qu’on oublie que, dans sa vie active, un diplômé universitaire aura payé plus de 900 000 $ en taxes et impôts – plus du double du total calculé d’un diplômé d’études secondaires. (8)

En bref, on réduit la pression sur les programmes sociaux, on désengorge les urgences et les hôpitaux et en plus, on augmente les revenus de l’État, tout ça en éduquant notre peuple!

C’est clair que la société bénéficie d’avoir plus de gens éduqués. Les étudiants d’aujourd’hui sont les enseignants, médecins, avocats, politiciens et entrepreneurs de demain.

La hausse des frais de scolarité n’affectera pas les étudiants moins aisés puisque le gouvernement va aussi augmenter les prêts et bourses.

59,1 % des étudiants à temps plein et 86,4 % à temps partiel ne reçoivent PAS d’aide financière. Et plusieurs ne reçoivent que des prêts (environ 14,4 % des étudiants à temps plein et 13,6 % à temps partiel). (2) Donc, pour la majorité des étudiants, une hausse signifie plus de travail, plus de dettes, ou l’abandon du projet d’université.

Si tu vis dans l’extrême pauvreté, tu obtiendras plus de bourses; si tu vis dans l’extrême richesse, tu peux te payer ton éducation de toute façon; et si tu te situes quelque part entre les deux, comme la plupart d’entre nous, tu es foutu. La classe moyenne reçoit donc le plein fouet de la hausse et, comme pour toutes les politiques inéquitables, la classe moyenne-basse en sera le plus fortement touchée... alors qu’elle est déjà si mal représentée à l’université! (9)

Les étudiants doivent payer leur juste part.

N’oublions pas qu’il y a déjà eu une hausse en 2007 de 100 $ par années sur 5 ans. Et mentionnons également que les étudiants paient aussi des frais afférents chargés par l’université, qui peuvent représenter jusqu’à 46% de la facture totale. (10) Donc, les étudiants, avec leur dette moyenne de 14 000 $, ont déjà à assumer bien des coûts. (2) En plus, on veut leur faire avaler 1625 $ de plus?

Expliquez-moi en quoi une hausse de 75 % des frais de scolarité représente notre « juste part »? Pour moi, faire payer la même chose à un milliardaire qu’à un pauvre, c’est n’est pas de la justice. Et je crois que la plupart des Québécois sont d’accord. C’est pour ça que nous avons choisi comme société un système d’imposition progressif, c’est-à-dire que plus tes revenus sont élevés, plus tu paies d’impôts. C’est à travers ce système que nous redistribuons la richesse collective, que nous favorisons l’égalité. C’est la façon la plus juste de faire payer les gens pour la santé, les services publics ET l’éducation. Pas en demandant aux étudiants, de tous niveaux socioéconomiques confondus, avec leurs 13 330 $ de revenu par année et leur 14 000 $ de dettes, de vider leurs poches!

La hausse ne diminuera pas l’accessibilité aux études universitaires.

Faux. Partout où il y a eu des hausses de frais de scolarité, on a vu la fréquentation universitaire diminuer, au Canada comme ailleurs. (11)

Au Royaume-Uni, depuis la hausse – qui a débuté par quelques centaines de livres et qui a pris des proportions ahurissantes depuis (de 9 000 à 46 000 livres par année!) – les inscriptions ont chuté de 12 %. Étude récente du UK : pour chaque 1000 livres d’augmentation, on observe une diminution des inscriptions de 3,9 %. (12)

Ici au Québec, 1 jeune sur 4 qui désirait poursuivre ses études à la sortie du secondaire, mais qui ne l’avait pas fait invoquait des raisons financières pour expliquer ce choix. (13)

Même une fois rendu à l’université, les facteurs financiers étaient les premiers évoqués (38,2 %) pour expliquer les abandons ou l’interruption des études et arrivaient au second rang (31,2 %) des motifs expliquant le rallongement des études. (14)

Et puisque je suis étudiante en médecine, quels en sont les effets sur ma faculté? Une enquête menée en 2010 à travers le Canada a démontré que les étudiants québécois en médecine, qui ont les plus bas frais de scolarité du pays, avaient aussi 22 % plus de chance de provenir de milieux éloignés ou défavorisés que leurs collègues canadiens. Ils subissaient également un moins grand stress relié à leurs études et les étudiants provenant de milieux ruraux ou défavorisés étaient plus susceptibles de pratiquer dans ces milieux une fois gradués de l’université. (15) Que pourrait-on demander de mieux? A-t-on intérêt à ce que la médecine (ou toute autre discipline) devienne un domaine purement élitiste?

Les universités sont sous-financées, elles s’écroulent!

Où en est la preuve? Les recteurs parlent d’un sous-financement de 620 millions, sans se baser sur une évaluation des besoins du réseau universitaire, mais simplement en comparant les budgets au Québec par rapport au reste du Canada. Ce n’est pas la taille du budget qui détermine la qualité des services. Depuis 2007, les universités québécoises ont reçu 226 M$ de plus avec la 1ère hausse, pourtant, aucune réelle amélioration n’a été perçue ni par les étudiants, ni par les professeurs. (16)

Je ne vois pas la description catastrophique et apocalyptique que peignent les haussistes sur la « ruine » de nos universités. J’ai fréquenté deux universités (McGill et Montréal) et la qualité de mon éducation était dans l’ensemble excellente. Quand elle ne l’était pas, c’était davantage dû aux manques de compétences pédagogiques d’un professeur ou à la lourdeur de la bureaucratie, qu’à un réel manque d’argent.

Non, loin d’un écroulement, je vois de nouveaux bâtiments luxueux s’ériger sur TOUS les campus universitaires et des écrans de télévision apparaître dans les corridors de l’U de M. Et que dire des hausses de salaire vertigineuses des recteurs et des primes de départ pour les cadres? Ceux-ci ont vu leur masse salariale augmentée de 2 % alors que celle des professeurs a diminuée de 4,4 % entre 1997 et 2005. (17)

Comme tous les problèmes dans ce monde, ce n’est pas un manque de ressources, mais bien une mauvaise distribution, une mauvaise gestion. Hausse des frais n’égale pas amélioration de la qualité.

Nos universités ne sont plus capables de faire compétition à l’international.

Encore une fois où en est la preuve?

Montréal est au 30e rang des grandes villes du monde pour le taux de citation des études publiées par les chercheurs, au 24e rang pour l’importance des publications scientifiques et au 9e pour les collaborations internationales. (18) D’ailleurs, une récente étude démontre qu’aucun lien n’a été établi entre les droits de scolarité et le rayonnement scientifique d’une université. (19)

La preuve : l’Université Shanghai Jiao Tong réalise chaque année un palmarès des 500 meilleures universités au monde, basé sur des critères comme le nombre de citations de recherche, de publications d’articles dans les revues spécialisées, de prix Nobel et de médailles Fields (en mathématiques). En 2011, 100 % des universités danoises (toutes gratuites) se retrouvent sur la liste, alors que 56,4 % des établissements américains ont coté. Au Québec, 71,4 % font le top 500! (20) Elles n’ont pas l’air de s’écrouler, nos universités!

Les étudiants n’ont qu’à travailler plus pour payer leurs études.

Les étudiants travaillent déjà beaucoup. 81 % de ceux qui entreprennent des études à temps plein ont déjà occupé un emploi pendant leurs études. La Fondation canadienne des bourses du millénaire déclarait d’ailleurs en 2009 que « les étudiants inscrits à temps plein dans une université ou un collège travaillent plus que jamais. » (13)

Cela ne va pas sans conséquence. « Le fait de travailler 20 heures et plus par semaine tout en poursuivant des études à temps plein peut faire monter le niveau de stress, avoir une incidence sur le rendement scolaire et accroître l’absentéisme et les risques de décrochage ». (21)

Pour compenser la hausse, un étudiant devra travailler 168 heures de plus! Évidemment, cette demande est absurde. Déjà, pour plusieurs étudiants, travailler est très difficile, voire impossible, parce qu’ils ont des charges de cours déjà très élevés (médecine, ingénierie) ou font des stages non rémunérés qui équivalent à un travail à temps plein (enseignement, travail social).

Demander aux étudiants de sacrifier davantage leurs notes et leur santé mentale pour payer la hausse est tout sauf juste. On devrait plutôt investir dans leur potentiel pour qu’ils rapportent à la société plus tard.

Les étudiants s’achètent des cafés à 5$ et des iPad, ils peuvent bien se payer la hausse!

D’abord, il ne faut pas généraliser à tous les étudiants. Je ne bois pas de café à 5 $ et je n’ai pas d’iPad, tout comme la plupart de mes amis.

Ensuite, ce n’est pas parce qu’un étudiant se paie parfois un luxe, qu’il est pour autant riche et capable d’essuyer 1625 $ de hausse. Le revenu annuel moyen d’un étudiant québécois est de 13 330 $ (14) — c’est sous le seuil de la pauvreté sur bien des échelles! — et comme on l’a vu, ils sont endettés jusqu’au cou.

Remettons en perspective :

1) 1625 $ = 4 iPad ou 325 cafés

2) Gratuité universitaire pour tous = 189 $ par contribuable par année, environ 15 $ par mois (en omettant les paliers d’imposition).

La grève n’est pas un bon moyen de pression.

La grève est un moyen parmi plusieurs autres. Jusqu’à maintenant, plusieurs actions ont été tentées, par exemple, le dépôt d’une pétition de 25 000 noms, des manifestations de plusieurs milliers de personnes, des actions symboliques partout à travers le Québec, des rencontres avec les ministres concernés et plusieurs députés, etc. Mais l’histoire du mouvement étudiant québécois démontre que des lettres et des discussions n’ont jamais fait reculer le gouvernement – la grève, si. En 1996 et en 2005, on a réussi. En 2012, on réussira aussi.

Les grévistes briment mon droit à l’éducation!

Et l’éducation de tous ceux qui ne pourront pas se payer la hausse? Et celle des générations futures? Votre droit d’assister à vos cours passe par-dessus le principe d’accessibilité et d’égalité? « Moi j’ai payé, moi je veux étudier, moi moi moi moi moi moi. »

IT’S NOT ABOUT YOU.

Moi et mes collègues médecins qui avons voté pour la grève n’allons pas être affectés. Moi je finis mes études dans 1 mois et je gagne un salaire dès juillet. Et tous les étudiants en médecine auront une job garantie avec un salaire exorbitant pour le restant de nos jours. Mais nous sommes capables de voir au-delà de notre propre nombril et d’être solidaires avec tous ceux qui ne sont pas aussi chanceux que nous l’avons été. Nous sortirons dans les rues avec nos amis des autres facultés pour dénoncer l’injustice sociale de cette hausse.

Xi Sophie Zhang

NOTES:

(1) Vierstraete, V., 2007. Les frais de scolarité, l’aide financière aux études et la fréquentation des établissements d’enseignement postsecondaire : Comparaison à l’échelle internationale et étude de scénarios pour le Québec. MELS.

(2) AFE, 2007. Enquête sur les conditions de vie des étudiants de la formation professionnelle, du collégial et de l’université

(3) IRIS, 2011. Faut-il vraiment augmenter les frais de scolarité?

(4) MELS, 2010. Indicateurs de l’Éducation

(5) RHDCC, 2006. Perspectives du marché canadien du travail pour la prochaine décennie, 2006-2015

(6) Institut de la statistique du Québec, 2011

(7) MSSS, 2007. La santé, autrement dit... Pour espérer vivre plus longtemps et en meilleure santé

(8) Demers, M. (2008). Taux de rendement du baccalauréat : pour les diplômés et pour l’État

(9) FEUQ, 2011. L’endettement étudiant

(10) FEUQ, 2011. Avis sur l’encadrement des frais institutionnels obligatoires

(11) Coelli, 2004. Tuition increases inequality in postsecondary education.

(12) Dearden et al, 2011. The Impact of Tuition Fees and Support on University Participation in the UK.

(13) FCBEM, 2009. Rapport annuel.

(14) FEUQ, 2010. Sources et modes de financement des étudiants de premier cycle.

(15) Merani et al., 2010, Increasing tuition fees in a country with two different models of medical education

(16) FEUQ, 2011. Analyse des mesures budgétaires 2011-2012.

(17) Ouellet, M., 2010. La gouvernance des universités dans l’économie du savoir, Rapport de recherche, IRIS.

(18) A. Plume, 2010. Collaboration, Competition and the Global Drivers of Research, Elsevier.

(19) C.W. Matthiessen, 2010. World Cities of Scientific Knowledge. Urban Studies.

(20) Shanghai Jiao Tong University, 2011. Top 500 World Universities.

(21) Usalcas, 2006. Les étudiants