mardi 31 juillet 2012

Les enjeux de la crise mondiale : par Michel Collon, Michel Chossudovsky et Gabriel Nadeau-Dubois (13 Vidéos)

Conférence du Centre de recherche sur la mondialisation, 4 juillet 2012. Les enjeux de la crise mondiale : austérité, guerres, brutalité policière et mensonge médiatique

par Michel Collon et Michel Chossudovsky et Gabriel Nadeau-Dubois

- Michel Collon, journaliste belge, auteur de « La Stratégie du Chaos », fondateur d'Investig'Action: Guerres et médiamensonges (5 vidéos)



Partie 2



Partie 3



Partie 4



Partie 5




- Michel Chossudovsky, professeur d'économie (émérite), auteur de « Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial », directeur du Centre de recherche sur la mondialisation: Guerres et crise économique (5 vidéos)

Partie 1




Partie 2



Partie 3



Partie 4



Partie 5




- Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de la CLASSE (Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ)): Lutte étudiante et enjeux économiques (3 vidéos) 




Partie 2



Partie 3




Source Mondialisation

lundi 30 juillet 2012

Business d'armes Rome-Tel Aviv

ar Manlio Dinucci



Au plein de la crise arrive enfin « une puissante injection de confiance pour tous ceux qui croient en la valeur du travail » : c'est ce que déclare le député Pd Daniele Marantelli, se félicitant du contrat de Alenia Aermacchi (Finmeccanica) pour la fourniture à Israël de 20 avions militaires d'entraînement avancé M-346. Ainsi, dans la prochaine opération « Plomb durci », les pilotes israéliens pourront être encore plus meurtriers. Berlusconi avait promis de promouvoir la vente des M-346, dit l'onorevole Pd, mais « sa promesse n'a pas été tenue, comme tant d'autres ». Puis, heureusement, est arrivé le gouvernement Monti. Ses mérites sont reconnus par Giuseppe Orsdi, président de Finmeccanica : l'accord est le produit « d'une collaboration fructueuse » entre les gouvernements italien et israélien. Il oublie cependant, injustement, les mérites du gouvernement Berlusconi, artisan de la loi-cadre (17 mai 2005) sur la coopération militaire Italie-Israël.

Ce dernier accord, donc, est le fruit de la même politique bipartisane opérée par les gouvernements italiens. Dans son annonce du succès de la vente à Israël des M-346 et de leurs systèmes opérationnels, le ministre italien de la défense passe par contre sous silence un détail. Le ministère de la défense israélien ne paiera qu'une partie mineure du prix total. La plus grosse partie, environ 600 millions, sera anticipée par un consortium financier formé par le groupe bancaire italien Unicredit et par un fonds de pension corrélé, qui investiront ensemble 400 millions, et par la banque israélienne Hapoalim, qui investira 200 millions. Le ministère italien de la défense annonce ainsi que « les forces armées italiennes, de leur côté, pourront utiliser un système satellitaire optique à haute résolution pour l'observation de la Terre, dénommé Optsat-3000, réalisé en Israël ». Il donne ainsi l'impression que ce satellite a été gentiment mis à disposition de l'Italie par Israël. En réalité, celle-ci l'acquiert à travers Telespazio aux Israël Aerospace Industries, en le payant plus de 200 millions de dollars, auxquels s'ajouteront les coûts nécessaires pour la mise en orbite et le contrôle du satellite. Celui-ci, à une altitude de 600Kms, servira non pas à un générique « observation de la Terre », mais à repérer dans des théâtres d'opérations guerrières lointains les objectifs à frapper, grâce à des images de 50 cms à haute résolution.  Sur son habituel ton plutôt vague, le ministère de la Défense communique enfin « la fourniture de sous-systèmes standard OTAN de communication pour deux avions destinés à l'aéronautique militaire ». Il parle ainsi de la cravache et non du cheval : les avions sont deux Gulfstream 550, jets de luxe  made in USA, que les Israël Aerospaces Industries transforment en très sophistiqués avions de guerre. Dotés des appareillages électroniques les plus avancés et reliés à six stations terrestres, ces G-550 modifiés, capables de voler à 12mille mètres d'altitude avec un rayon d'action de 7mille Kms, sont le fer de lance d'un système de commandement et de contrôle pour l'attaque sur des théâtres de guerre lointains. L'Italie achète à Israël ce système de commandement pour les guerres d'agression au modique prix de 750 millions de dollars qui, ajouté à celui du système satellitaire, porte la dépense à plus d'un milliard. Evidememnt avec de l'argent public. « Une puissante injection de confiance » à ceux qui croient en la valeur de la guerre.


Edition de mardi 30 juillet de il manifesto
Traduit de l'italien par Marie-Ange Patrizio

Source Mondialisation

Des carrés rouges au Vermont

Jean-Thomas Léveillé

(Burlington, Vermont) Un millier de personnes manifestent cet après-midi au centre-ville de Burlington, au Vermont, à la veille de la 36e Conférence des gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre et des premiers ministres de l'Est du Canada (CGNA-PMEC).

Ce comité d'accueil veut faire entendre son opposition à différents projets nord-américains, dont le Plan Nord du premier ministre Jean Charest. Plusieurs manifestants portent par ailleurs le carré rouge en signe de solidarité avec le mouvement étudiant québécois.

 Après avoir marché durant un peu moins d'une heure, les manifestants se sont arrêtés devant l'hôtel Hilton, face au lac Champlain, où doivent se réunir demain les premiers ministres et gouverneurs du nord-est du continent.

 Quelques policiers antiémeute montent la garde à l'intérieur de l'établissement, mais aucun incident n'est à signaler

Source La Presse

dimanche 29 juillet 2012

Syrie : la guerre de l’information (vidéo)

par OTVQTV

Invité pour la troisième émission de « La barge », Bahar Kimyongür a débattu de la question syrienne face à Serge Michel, directeur adjoint des rédactions au Monde et Jean-Baptiste Beauchard, doctorant en droit international rattaché à l’IRSEM (Institut de recherche stratégique de l’école militaire, Paris) et vice-président du CCMO (Cercle des Chercheurs sur le Moyen-Orient).








Source Michel Collon Investig'action

samedi 28 juillet 2012

6000 mercenaires recrutés par la CIA terrorisent la Syrie

« Plus aucun média occidental ne fait semblant d’ignorer la présence dans les régions sud de la Turquie de centaines de volontaires islamistes internationaux. et l’on sait que l’ASL recrute tranquillement dans les camps de réfugiés syriens du Hatay.» ( Info Syrie)


Bülent Esinoglu
Le vice-président du Parti travailliste turc Bülent Esinoglu a révélé que la CIA a recruté 6.000 mercenaires arabes, afghans et turcs, pour mener des opérations terroristes en Syrie.

Esinoglu assure que le peuple turc s’oppose à la présence des citoyens turcs dans les régions syriennes en crise, et aux massacres perpétrés contre les Syriens innocents, « pour les beaux yeux des États-Unis », selon ses termes.

Il met en cause la société sécuritaire américaine « Blackwater » la soupçonnant d'être derrière contre ces tueries, signalant qu’elle verse de grosses sommes d’argent à ses mercenaires pour le faire.
 « La guerre déclarée, par la Turquie, contre-la Syrie, est dirigée par Washington et Tel-Aviv, qui ont transformé pratiquement l’armée turque, en une armée de mercenaires, qui lutte pour l’argent, tout comme “Blackwater" », a-t-il martelé.

Le vice-président du Parti travailliste turc a accusé le gouvernement d’Erdogan d’être le premier gouvernement turc à exécuter les ordres de l’Occident, et d’appeler à son éviction pour éviter une guerre régionale.

Source Algérie Net Work

Une image vaut-elle mille mots?

J'ai un problème de compréhension.

Au Québec quand les étudiants(es) manifestent et qu'une dizaine de manifestants lancent des roches dans une vitrine de banque la police intervient et nos médias appuient la police contre les « casseurs ».


En Syrie lorsque des rebelles armées provenant des pays « démocratiques » de la Libye, du Qatar et de l'Arabie saoudite tirent sur la police et l'armée syrienne... nos médias font la promotion des rebelles violents en accusant le régime de faire preuve de violence à l'égard des manifestants « pacifiques » armés.






SCOOP

« Les autorités turques, avec leurs alliés saoudiens et qataris, ont installé une base secrète à Adana, ville proche de la Syrie, pour fournir aux rebelles syriens une assistance militaire et un appui logistique dans les communications, ont révélé à Reuters des sources des pays du Golfe. Ce centre névralgique, à une centaine de kilomètres de la frontière syrienne, a été mis en place à la demande du vice-ministre des affaires étrangères saoudien, le prince Abdoulaziz Ben Abdallah Al Saoud, après une visite en Turquie, a-t-on précisé. »

vendredi 27 juillet 2012

Syrie, une invasion soutenue par les impérialistes (vidéo)

« En Syrie, Obama combat les guerres de Bush »
 L’opposition syrienne signe une lettre pro-guerre néoconservatrice à Obama
par Tony Cartalucci

Les néoconservateurs ont appelé le président américain Barack Obama d’assister à l’établissement de « zones de sécurité » en Syrie, dans une lettre récente rendue publique par les « Foreign Policy Initiative » (FPI) et la « Fondation for the Defense of Democracies » (FDD), toutes deux de fausses institutions et de véritables fondations corporatives, financées par la grosse industrie et le gouvernement, extensions de think tanks plus importants comme l’American Enterprise Institute, créés pour les agendas motivés par la finance, plus spécifiquement : les guerres. Ces entités ne servent que le seul but de la fabrication du consensus derrière un agenda qui n’a que peu ou pas du tout de soutien auprès de l’opinion publique.

La lettre dévoilée par l’article de Foreign Policy : « Conservatives call on Obama to establish ‘safe zones’ in Syria,» non seulement ne fait que répéter le rapport de la Brookings Institution, financée par les Fortune-500, « Assessing Options for Regime Change, » lui-même répété presque verbatim par Hillary Clinton, mais fut signé par les co-conspirateurs de l’invasion de l’Irak incluant Elliott Abrams, Karl Rove, Paul Bremer, Robert Joseph, and Douglas Feith, et les conseillers de Mitt Romney, incluant Eric Edelman, Jamie Fly, Robert Kagan, and Stephen Rademaker et le membre du Syrian National Council, Radwah Ziadeh.

Radwah Ziadeh, qui est aussi il est bon de le rappeler, un membre de longue date de l’institut de la Paix du ministère des affaires étrangères américain (USIP), Institut qui vient juste de révéler qu’il est derrière l’entraînement, le conseil des leaders de l’opposition syrienne, ainsi que responsable de la préparation d’une nouvelle constitution pour la Syrie, qui s’appelle pour le moment : « un document de stratégie pour la transition ».

Ce qui est peut-être le plus perturbant dans cette lettre des néo-conservateurs, est qu’elle appelle essentiellement pour une zone d’exclusion aérienne :

« Nous insistons pour la prise de mesures immédiates, en consultation étroite et continue avec le congrès des États-Unis, pour travailler avec les partenaires régionales afin d’établir des zones aériennes de sécurité, qui couvriront les zones déjà libérées de la Syrie, utilisant la puissance militaire non seulement pour protéger ces zones de plus d’agression du régime d’Al-Assad par ses forces régulières et irrégulières, mais aussi pour neutraliser la menace posée par les armes chimiques et biologiques à la disposition du régime dictatorial syrien. »

En fait un amalgame de tous les faux prétextes déjà utilisés par les États-Unis afin de déclencher des guerres contre ses ennemis ces 20 dernières années, ainsi que les coups bas afin de leurrer les Américains dans une autre guerre. La lettre révèle une fois de plus qui est véritablement derrière la politique étrangère américaine et que des intérêts va t’en guerre privés de la finance et de l’industrie, et non pas des préoccupations humanitaires, cherchent à répandre le sang américain pour la poursuite de leur volonté d’hégémonie mondiale.

Il a été extensivement révélé que la campagne contre la Syrie a commencé dès 2007, pendant le second mandat de Bush. Avec cette liste de signataires qui inclut aussi Paula Dobriansky, Max Boot, Éric Edelman, William Kristol et Danielle Pletka, nous avons en fait l’agenda de 2007 qui se réalise et nous laisse à la porte d’entrée de la guerre avec l’Iran. Essentiellement, notre soi-disant démocratique, progressiste libéral président Obama, fait et continue les guerres des républicains néo-conservateurs de Bush. Guerres au pluriel, parce que la Libye était aussi sur la longue liste des nations ciblées par les néocons et fut aussi l’objet d’une lettre au président Obama (et une autre à la représentation républicaine du congrès), insistant sur le fait qu’il devait intervenir militairement, ce que firent les États-Unis.




Vidéo (en anglais): Sept nations en cinq ans – Le général américain Wesley Clark expose en 2007 les ambitions des néo-conservateurs remontant à 2001, qui impliquaient la destruction de 7 nations : l’Irak, la Syrie, le Liban, la Libye, la Somalie, le Soudan et l’Iran. L’Irak, la Libye et la Somalie ont souffert d’attaques directes sous forme d’interventions militaires par les États-Unis, le Liban et le Soudan tout comme la Syrie maintenant, ont souffert de manœuvres de déstabilisation et des menaces de guerre ouverte ont été proférées à l’encontre de l’Iran, il n’y a de fait aucun doute que ce plan est en cours de réalisation; que les néocons sont en train littéralement d’articuler la prochaine phase et qu’avec leurs lettres au président des États-Unis, indiquent qu’ils et les intérêts qu’ils représentent, n’ont en fait jamais quitté les commandes du navire en 2008.


L’affaire de la Syrie n’est en aucun cas à propos d’un peuple se soulevant contre un dictateur. Elle a tout à voir avec les néo-impérialistes couplant leurs rêves fomentés de longue date d’hégémonie mondiale au sein d’un « idéalisme humanitaire ”, de la promotion de la démocratie, de la liberté, et si cela échoue, l’entretien de la peur avec le terrorisme et de la violence qu’ils créent eux-mêmes. Ils, les néoconservateurs et les intérêts industrio-financiers qu’ils représentent, ainsi que tous ceux qui les aident dans cette entreprise de l’autre côté de la barrière politique, comme Hillary Clinton, constituent tous la plus grande menace contre la paix mondiale et non pas le gouvernement de la Syrie, qui n’a jamais au grand jamais menacé les États-Unis ou son peuple de quelque manière concevable que ce soit, ni n’en possède du reste la capacité, même s’il le désirait.

Et tandis que la mégalomanie occidentale ne pourra être matée que par la défaite aux mains de ses ennemis d’outre-mer, nous pouvons en ce qui nous concerne, reprendre notre destinée en main chez nous en identifiant, boycottant et en remplaçant les institutions financières et corporatives monolithiques auxquelles nous avons prêté l’influence non-méritée avec laquelle elles parasitent et détruisent le monde (corporations and financial institutions.)

Source Mondialisation

Dalaï-Lama : pas si zen


« Derrière l'image de sérénité, de bonté, de tolérance, de pacifisme… diffusée par tous les médias, il y a un monarque déchu qui ne vise qu'un objectif : rentrer à Lhassa et y restaurer son pouvoir théocratique. Un pouvoir qu'il y a exercé jusqu'en 1959, en maintenant le pays dans un réel état de misère et d'ignorance et sans s'inquiéter de combattre le servage et l'esclavage qui y étaient encore en vigueur. » Maxime Vivas

Le lama Rinpoché à Paris : pas si zen, ces bouddhistes… par Elodie Emery
Le temple, Lérab Ling modèle d’architecture bling-bling en pleine nature, est inauguré en grande pompe par le dalaï-lama en 2008, en présence de Carla Bruni-Sarkozy, Rama Yade et Bernard Kouchner.

Dossier de presse de l’éditeur.

« Le dalaï-lama rentrant à Lhassa, cela serait le vieux loup des contes anciens entrant dans la bergerie du XXIe siècle, la promesse implicite d’un retour à la case départ, celle des années précédant 1959… »

 L’image la plus répandue du Tibet est celle du haut pays des monastères où tout est sérénité, amour du prochain, spiritualité, celle d’un presque paradis guidé par le dalaï‐lama, haut chef spirituel, prix Nobel de la paix, allégorie mondiale de la compassion. Depuis 1959 et son exil en Inde, se superpose à cette image celle d’une région martyrisée par une puissance coloniale étrangère, la Chine, qui depuis réprime violemment toute forme d’indépendance sur le territoire. Peut‐on accepter cette version des faits sans interroger l’histoire, le présent et la nature d’un pouvoir temporel, celui du dalaï‐lama, immobile depuis 4 siècles?

Lors d’un voyage de presse en 2010 Maxime Vivas visite le Tibet. Là où il s’attend à trouver un pays vidé de sa culture, l’auteur découvre des panneaux indicateurs, des enseignes de magasins, des journaux, des radios et télévisions tous en tibétain, ainsi qu’une université libre, des panneaux photovoltaïques montrant un respect de l’environnement très rigoureux, mais aussi une brasserie ultramoderne dont les serveurs travaillent 7 heures par jour et 5,5 jours par semaine pour un salaire convenable. Cette découverte, à l’encontre de toute information véhiculée sur le sujet, le pousse à enquêter, notamment sur la figure du 14e dalaï‐lama et sur ses deux visages. L’un qui arbore un sourire permanent est signe de tolérance, pacifisme et d’inépuisable patience face aux persécutions.

L’autre, qui fronce les sourcils, est le visage d’un monarque déchu qui ne vise qu’un objectif : rentrer à Lhassa pour y restaurer son pouvoir théocratique.

En s’appuyant sur la parole du dalaï‐lama transcrite dans ses mémoires et également dans ses discours prononcés lors de ses voyages à l’étranger, Maxime Vivas met en lumière l’opportunisme, les omissions, les ruses, les mensonges et le refus du devoir d’inventaire d’un homme et son royaume.

L’histoire de la domination du Tibet reconstruite au travers de sa littérature et des rapports consécutifs aux voyages d’études de parlementaires français dessine le portrait d’un pays et d’une réalité méconnus. Un portrait au-delà de nos représentations et de l’agitation médiatique autour d’une personnalité à double discours.

Loin de faire l’apologie des politiques régionales du gouvernement chinois, Maxime Vivas souhaite rétablir la réalité des faits, historiques et présents, trop souvent broyée par une image monolithique du dalaï‐lama. Dans un plaidoyer pour la laïcité, l’auteur se pose la question de savoir ce que serait un « Tibet libre » dirigé par un prophète récalcitrant devant les sciences et la liberté de culte. Dans un portrait au vitriol du dalaï-lama Tenzin Gyatso s’exprime une critique inédite qui donne les éléments souvent passés sous silence et nécessaires pour comprendre une région du monde que nous connaissons trop mal, un Tibet prit malgré lui « dans le rêve de l’autre » (1).

Le royaume du 14e dalaï-lama : un système féodal

Avant 1959, le servage et l’esclavage étaient pratiqués au profit d’une élite dont les moines font partie.

L’éducation leur était réservée et l’analphabétisme touchait 95 % de la population. La justice était l’apanage des seigneurs et plié au service des conseillers du dalaï‐lama et des aristocrates, l’indiscipline était souvent sanctionnée par la torture. Pour échapper aux sanctions, les serfs étaient obligés d’effectuer des corvées et de payer une redevance aux seigneurs, ce qui les contraignait souvent à s’endetter auprès des mêmes seigneurs, des moines et des propriétaires terriens. L’usage de la roue pour les transports était interdit, tout comme celui des brouettes (utilisées dans le reste de la Chine depuis un siècle avant notre ère) ou des charrettes tirées par des bêtes. Ce fonctionnement féodal, en place jusqu’au début des années 1960, a engendré une stagnation de la population sous un million d’habitants pendant deux siècles. Entre 1927 et 1952, le nombre de familles fuyant pour chercher un salut hors du Tibet atteignait parfois plus de 90 % dans certains villages.

L’isolement intellectuel de la région

Si la particularité géographique de ce territoire peut expliquer en partie l’ignorance de certains progrès par la population, cette organisation sociale anachronique semble plutôt évoquer une volonté délibérée de pétrifier une société et d’en figer le système politico‐religieux, profitable à une minorité, en gardant le peuple à l’écart de toute contamination externe et de toute forme de liberté.

L’isolement intellectuel était prôné par le chef spirituel par crainte que son peuple ne développe un esprit critique. Encore aujourd’hui, selon le dalaï‐lama, le savoir susceptible de générer des progrès technologiques est forcement sans conscience et donc « ruine de l’âme ».

Quelques mois après la fuite du chef spirituel et temporel, le comité préparatoire de la région autonome du Tibet (2), organisme de travail créé par le gouvernement chinois annula les dettes de la population. L’éducation est désormais offerte, avec un contenu élargi et moderne, à l’ensemble des Tibétains. Le taux d’analphabétisme est tombé en dessous de 3 %. Le tibétain est la première langue, la langue obligatoire dans les écoles, sauf pour l’enseignement supérieur. Le Tibet est la seule région chinoise qui bénéficie d’une éducation primaire gratuite avec logement et nourriture gratuits pour les élèves. Depuis la fin du pouvoir du 14e dalaï‐lama, l’espérance de vie a doublé de 35 à 70 ans.

Maxime Vivas
L’auteur : Ecrivain et journaliste web, ex‐référent littéraire d’Attac‐France, Maxime Vivas (prix Roger Vailland 1997) a publié plusieurs livres (romans, polars, humour, essais), dont en 2007 La Face cachée de Reporters sans frontières, de la CIA aux faucons du Pentagone. Il écrit également pour la presse quotidienne et anime chaque semaine une chronique littéraire sur Radio Mon Païs à Toulouse.


NOTES:
(1) « Le Tibet pris dans le rêve de l’autre », Slavoj Žižek, Le Monde Diplomatique, mai 2008 : http://www.monde-diplomatique.fr/2008/05/ZIZEK/15906
(2) Encore aujourd’hui l’ensemble des pays membres de l’ONU reconnaît le Tibet en tant que région autonome chinoise, aucun pays n’a reconnu le gouvernement tibétain en exil ni la possibilité d’une indépendance. A ce sujet voir : Martine Bulard, « Chine‐Tibet, des identités communes », article du blog Planète Asie du Monde Diplomatique à la date du 30 avril 2008


Quelques articles sur le Dalaï-Lama

1— Le Dalaï-Lama est-il un modéré? Domenico Losurdo

2— TIBET : vrai ou faux? Réponses Michel Collon, Mila Marcos

3— Le Dalaï-Lama et le Waffen SS Georges André Morin

Terrorisme d’État : Canada, Guatemala et crimes de guerre

par Mary Ellen Davis
Documentariste indépendante

 
Des citoyens de tous les horizons parviennent jusqu’au Canada à titre de réfugiés ou d’immigrants. Leurs histoires sont étonnantes pour qui veut les écouter et les croire. Parfois même, elles se croisent.

Il en va ainsi du destin de deux hommes d’origine guatémaltèque qui ont abouti séparément au Canada et sont devenus citoyens canadiens : Ramiro Cristales et Jorge Vinicio Sosa Orantes. Chacun à sa manière, ils ont vécu le massacre de Las Dos Erres, survenu le 7 décembre 1982 dans le Peten, en pleine guérilla. Au petit matin, un groupe de Kaibiles, les forces spéciales de l’armée guatémaltèque, est entré dans le petit village de Las Dos Erres, forçant les habitants à sortir des maisons pour se rendre à l’école et à l’église du village, où hommes, femmes et enfants furent torturés, violés et assassinés. Après plus de 24 heures de massacre, quelque 250 personnes étaient tuées.

Ramiro Cristales est un des rares survivants de cet événement, qui est survenu alors qu’il avait cinq ans. Quant à lui, Jorge Vinicio Sosa Orantes est un ancien militaire et il est accusé de crimes de guerre et contre l’humanité dans son pays d’origine. Il se trouve depuis janvier 2011 dans une prison, en Alberta, et le Canada a le pouvoir - et même, le devoir - de l’extrader vers le Guatemala pour qu’il y subisse son procès, à moins de le traduire ici même en justice. Or notre gouvernement s’abstient d’agir, bien que les motifs ne manquent pas, ce dont je peux témoigner personnellement.

Troublantes exhumations

Blanca Rosa Quiroa de Hernandez
Cette histoire me touche parce que je m’en suis approchée. Le 24 avril 2012, je me trouvais aux confins de la base militaire de Coban, au Guatemala, en compagnie de Blanca Rosa Quiroa de Hernandez, survivante de la guerre et membre de FAMDEGUA (Familiares de detenidos-desaparecidos de Guatemala). Étaient également présents sur les lieux un fonctionnaire du ministère de la Justice guatémaltèque, un officier de l’armée guatémaltèque, un avocat militaire, plusieurs archéologues et fossoyeurs de la FAFG (Fundación de antropología forense de Guatemala) qui y menaient des exhumations depuis quelques semaines.

Ils en étaient à la 17e fosse commune, et ils avaient trouvé une centaine d’ossements non identifiés. Le résultat des fouilles dans la fosse no 15, par exemple : 37 jeunes de moins de 18ans et plusieurs femmes. D’après les vêtements et les ornements trouvés, il s’agirait, m’informa-t-on, de gens issus de communautés mayas-achis. D’autres fosses restent à ouvrir.

Non loin de là, à l’extérieur de la base, d’autres membres de la FAFG, aidés de traducteurs, recueillaient les témoignages de la parenté de personnes disparues, dans leur langue natale autochtone, à propos des circonstances de chaque enlèvement. Les survivants fournissent un échantillon de salive comme preuve d’ADN à des fins d’identification scientifique.

Ces exhumations renvoient à d’autres événements tragiques survenus au Guatemala. Dix ans auparavant, un témoin avait révélé que des individus séquestrés (ou « forcés à disparaître ») avaient été livrés à la base militaire pour être interrogés. C’est-à-dire torturés à des fins de renseignement. Après quoi, ils avaient été exécutés et jetés dans des fosses communes.

Les fouilles qui sont toujours en cours au Guatemala sont le résultat de 10ans de démarches juridiques : les efforts inlassables de l’organisation FAMDEGUA et de leurs représentants légaux. En effet, entre 1960 et 1996, on compte 45 000 victimes de disparition forcée et d’exécutions extrajudiciaires : étudiants, professeurs, syndicalistes, travailleurs, intellectuels, écrivains, artistes, mères de famille. Les régimes militaires les percevaient comme des ennemis internes, des « subversifs » de gauche, qu’il fallait liquider.


Des survivants racontent


Autre retour dans le temps : en 1999, je filmais des séquences pour le documentaire « Le pays hanté » sur le site du hameau de Petanac où, le 14 juillet 1982, l’armée guatémaltèque massacrait tous les villageois sur place - des Mayas Chuj - avant de mettre le feu aux maisons. J’étais en compagnie de Mateo Pablo, survivant et témoin oculaire de cette tuerie. Réfugié au Canada, il vit à Montréal. Les résultats de ces exhumations corroboraient en tout point les témoignages précis de la douzaine de survivants.

Cinq ans plus tôt, en 1994, je m’occupe d’un autre tournage, avec FAMDEGUA, dans un autre cimetière clandestin. Avec mon équipe, on recueille des témoignages à propos du massacre de Las Dos Erres, perpétré par un bataillon de Kaibiles de l’armée guatémaltèque. Des survivants, des voisins racontent ce qu’ils ont vu et entendu. Les anthropologues allaient découvrir des horreurs sans nom.

Après le tournage, je rencontre un autre survivant : Ramiro, qui avait cinq ans lorsqu’un des militaires impliqués dans l’opération l’a séquestré, alors que sa famille se faisait éliminer. FAMDEGUA avait requis ma présence à l’ambassade du Canada, car Ramiro, 18ans, allait donner son témoignage devant une cour guatémaltèque et voulait donc demander le refuge politique. Le statut lui serait accordé. Il vit maintenant au Canada, avec sa femme et ses deux jeunes enfants.

Peines d’emprisonnement


Général Efrain Rios Montt au centre
Retour en 2012. Le général Efrain Rios Montt, âgé de 86ans, est appelé deux fois devant les tribunaux pour faire face à des accusations de génocide et crimes contre l’humanité. À la fin de la lecture des preuves et des conditions, on entend jaillir un cri collectif, mélange de joie, de soulagement et de victoire. Moment historique : la libération est refusée. Il n’est pas emprisonné, mais il est au moins assigné à domicile pour la durée des procès. Il était au pouvoir du 23 mars 1982 au 8 août 1983. Il était aux commandes du pays lors des deux massacres que j’ai mentionnés.

Général Efrain Rios Montt
En 2011 et 2012, cinq ex-militaires accusés du massacre de Las Dos Erres ont été condamnés chacun à 6000 ans de prison. Ces peines - de durées qui semblent surgies d’un roman de Gabriel Garcia Marquez - étaient l’aboutissement de décennies d’efforts de la part d’activistes et de professionnels déterminés à défendre la mémoire des 200 000 morts pendant les 36ans du conflit. Ces organisations avaient réussi, malgré tous les obstacles, à recueillir et à fournir des preuves irréfutables.


Au Canada maintenant

Aujourd’hui, le Canada a une occasion unique d’emboîter le pas aux tribunaux guatémaltèques. Un sixième accusé du massacre de Las Dos Erres, derrière les barreaux en Alberta, se bat contre une requête d’extradition des États-Unis pour fraude de citoyenneté. La prochaine audience de Sosa Orantes a lieu le 25 juillet. S’il est extradé aux États-Unis, sa peine ne sera pas à la mesure des atrocités dont il est accusé au Guatemala.

C’est pourquoi plusieurs organisations (dont Maritimes-Guatemala Breaking the Silence Network, le Projet accompagnement Québec-Guatemala, le Centre canadien pour la justice internationale, Rights Action, le Comité de justice sociale) exigent depuis un an que le Canada respecte les conventions internationales qu’il a signées, sa propre Loi sur les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre, et qu’il ordonne une enquête sur les responsabilités de Sosa Orantes; ou bien que le ministère de la Justice sorte de son tiroir secret la demande d’extradition livrée en juin 2011 par le Guatemala, un dossier d’environ 400 pages selon la correspondance gouvernementale qui m’a été fournie par les juristes de ce pays.

À cet égard, le gouvernement du Canada fait preuve de moins de transparence que celui du Guatemala, car si notre ministère des Affaires étrangères reconnaît avoir reçu ce dossier et l’avoir transmis au ministère de la Justice, celui-ci, en revanche, refuse d’en reconnaître l’existence. Le Groupe d’entraide internationale (ministère de la Justice), qui reçoit les demandes d’extradition, ne répond pas aux appels.

Le Canada doit aussi répondre à la demande soumise par Ramiro Cristales qui, à titre de survivant de ce massacre et citoyen canadien, exige que justice soit faite au Canada, ou au Guatemala, pour les horreurs commises à Las Dos Erres. Voici une bonne occasion pour que le Canada défende les valeurs familiales si chères au gouvernement conservateur. Les victimes de terrorisme d’État le méritent.

Source Le Devoir

jeudi 26 juillet 2012

La soldate de l’Occident à l’assaut d’Allah (candidate du Parti Québécois)

par MARC-ANDRÉ CYR

Fort heureusement, le dernier livre de Djemila Benhabib ne fait pas l’unanimité. Pourtant, les commentateurs – du moins ceux qui ont été capables, contrairement à Guy A. Lepage, de lever les yeux de leurs (osties de) cartons – n’ont pas employé de mots assez forts pour le caractériser. Car ce livre, il faut le dire et le répéter, n’est rien de moins qu’une véritable et authentique horreur. La thèse de l’auteure? La gauche multiculturelle est « le cheval de Troie de l’Islam politique ». Les barbus – du fond de leurs villages bombardés par nos armées? – mettent de l’avant un agenda diabolique. Et la gauche est à son service.

Ce livre contient tous les clichés pistonnés médiatiquement par la droite occidentale et québécoise. Benhabib, tout comme ses collègues de Fox News et du Tea Party, en a assez d’être traitée, comme elle dit, de « raciste » et d’« islamophobe ». Assez de cette « rectitude politique » et de ce « régime de terreur intellectuelle » qui favorise l’ouverture à l’intransigeance. Assez de ces « idiots utiles, pétris de culpabilité coloniale » : il faut défendre les « valeurs universelles » de la civilisation! Elle en a également assez, tout comme ses amis du Journal de Montréal, de ceux qui veulent « victimiser les musulmans et culpabiliser les Québécois ». C’est pour cette raison que Benhabib, avec tout le courage que ça prend, se porte ouvertement à la défense de la croix de Duplessis à l’Assemblée nationale, du code de vie d’Hérouville, de l’ADQ, de Benoit Dutrizac, de la prière du maire Tremblay à Chicoutimi, etc.

Amalgames utiles

Pour Benhabib, il suffit de ne pas s’opposer radicalement et exactement de la même manière qu’elle au voile pour faire de vous un « idiot utile ». Vous êtes avec elle ou vous êtes contre elle. Pour preuve, la chasseuse de sorcières affirme – au moins 400 000 fois – que la Fédération des femmes du Québec (FFQ) défend le port du voile. La position de la FFQ est pourtant claire à ce sujet, et se résume ainsi : « ni obligation religieuse, ni interdiction étatique ». La FFQ a donc une position anti-voile différente de celle de Benhabib et de ses amis d’Hérouxville. Pourtant, l’auteure, toujours en phase avec la propagande brunâtre, affirme que la FFQ participe au « consensus pro-voile » qui affligerait aujourd’hui le Québec.

Mais il y a plus… car c’est littéralement d’alliance entre la gauche et l’islamisme dont parle Benhabib. La preuve que ces « noces islamo-gauchistes » sont bien réelles est argumentée à grands coups d’anecdotes on ne peut plus pathétiques : poignée de main de Tariq Ramadan (elle parle de lui au moins 800 000 fois) à José Bové; propos du très représentatif et influent militant Jaggi Singh, qui accuse la commission Bouchard-Taylor d’être « raciste »; conférence de Tariq Ramadan (on se demande ce qu’elle ferait sans lui!) lors d’un sommet altermondialiste, etc. Et c’est sans oublier notre Lénine national, notre guérillero du Plateau : Amir Khadir, qui a déjà été assis à côté de – vous le devinez – Tariq Ramadan, et à qui elle consacre, sans toutefois avancer la moindre information litigieuse, un chapitre entier.

Au service de la guerre

Pourtant, si Benhabib était réellement à la recherche de fauteurs de haine, elle aurait pu en trouver quelques-uns fort influents. Et je ne parle pas ici des fous de Dieu qui siègent à Ottawa ou à Washington, mais bien de ces authentiques barbus qu’elle prétend prendre en chasse.

Joseph Gilles Breault, alias « Dr Youssef Mouammar » alias « Abou Djihad » et Mubin Shaikh, en est deux exemples bien documentés 1. Shaikh a été l’un des plus grands défenseurs des tribunaux islamiques en Ontario, de même que l’un des membres de la « cellule terroriste » de Toronto arrêtés en 2006. Mouammar, pour sa part, a écrit des dizaines d’articles à saveur islamiste radicale dans la presse à grand tirage et a été porte-parole, de 1989 à 1994, de nombreuses organisations islamiques. Ces deux hommes ont profité de larges tribunes médiatiques afin de diffuser leur message fondamentaliste et religieux. Pourquoi Benhabib n’en souffle mot ? Pourquoi préfère-t-elle allait renifler l’odeur éculée des souliers de Khadir plutôt que de parler de ces cas drôlement plus importants? Serait-ce parce que Mouammar et Shaikh ont été informateurs du Service de renseignement et de sécurité canadien (SCRS) pendant de longues années? Serait-ce que d’exposer ces cas nous permettrait de comprendre qui a intérêt à mettre de l’avant la menace islamiste? Benhabib, un jour, rencontrera peut-être un journaliste qui sait faire son métier, et qui lui posera la question…

En attendant, parfaitement en phase avec son époque, ce brûlot mouillé est d’une grossièreté à rendre jaloux n’importe quel animateur du Canal V. Seulement, et c’est précisément pour cette raison que ce livre est une horreur, la charge est faite, comme Benhabib le dit elle-même, au nom du féminisme et des valeurs progressistes. N’était-ce pas elle qui parlait d’« idiots utiles » aux soldats d’Allah en Amérique? Qu’en est-il, alors, des « idiots utiles » au chauvinisme, à l’impérialisme, au colonialisme et à la guerre? Des esprits libres, sans aucun doute. Libres et « courageux ». Car il en faut du courage, en 2011, pour se porter à la défense de la toutes petite et fragile civilisation occidentale menacée par les barbus et les socialistes. Vraiment...

Djemila Benhabib, Les soldats d’Allah à l’assaut de l’Occident, Montréal, VLB, 2001.

1 Alexandre Popovic, « SCRS et médias (1 de 5) - Des informateurs qui se prennent pour des leaders musulmans », et  SCRS et médias (2 de 5) – Youssef Mouammar et l’affaire Salman Rushdie article disponible sur le site Cent Papiers. Tout comme Benhabib, Popovic tient pourtant la vaste majorité de ses informations des journaux à grands tirages.

Source Le Couac




Évasion fiscale, le sans-gêne (vidéo)

par Serge Truffaut

Le sans-gêne, pour rester poli, très poli, est un banquier. Après avoir appris, la semaine dernière, que la Banque HSBC excellait dans l’aspiration financière des pellicules de drogue qui tapissent les billets, que Barclays, avec d’autres établissements enclins à la confection de coups malfaisants, manipulait le taux interbancaire à sa guise, que JP Morgan avait enregistré des pertes plus importantes qu’envisagé pour avoir jonglé avec des produits que l’on sait toxiques depuis la crise de 2008, voilà que l’organisme Tax Justice Network (TJN) vient de calculer que l’évasion fiscale totalisait 25 000 milliards d’euros. Soit l’addition des PIB américain et japonais, ou dix fois celui de la France!

Cela paraîtra étrange, voire inapproprié, mais l’énormité des chiffres en présence, et donc des crimes commis, combinée à une relative indifférence a fait penser à cette boutade que Staline formula en présence d’un interlocuteur britannique. La voici : « Je tue une personne, j’en fais un martyr, il devient un héros et je récolte que des ennuis. J’en tue 12 000, je fais des statistiques et je suis tranquille. »

Toujours est-il que l’énormité des chiffres, puisque c’est de cela qu’il s’agit en grande partie, est plus… énorme que ce qui avait été avancé jusqu’à présent. Selon James S. Henry, ex-économiste en chef de la firme de conseils McKinsey et auteur de l’étude publiée par TJN, la méthodologie employée par le FMI, la Banque mondiale et la Banque des règlements internationaux, a ceci de vicié qu’elle pousse à sous-estimer l’étendue des dégâts ou du trou noir de la finance internationale. Bref, d’après Henry, l’évasion avoisine bel et bien les 25 000 milliards, et non les 17 000 avancés par les trois organismes nommés.

La nationalité des banques impliquées confirme, comme si besoin était, que les vrais paradis fiscaux s’appellent Londres, New York, le Luxembourg et la Suisse, plutôt que les îles Vierges ou Caïmans. En effet, les banques en question sont avant tout suisses, américaines, etc. À la faveur du « big bang » financier, mis en oeuvre il y a une trentaine d’années par Ronald Reagan et Margaret Thatcher, et les politiques de baisses des impôts, UBS, HSBC, JP Morgan et consorts se sont attelés à élaborer une panoplie de services « compliqués complexes » destinés aux élites, aux riches du monde entier, dictateurs comme chefs d’entreprise, trafiquants de drogue sud-américains comme mafieux italiens.

Pour bien mesurer l’ampleur du mal voulu et entretenu par le 1 % les plus riches, les dettes de la Grèce, de l’Espagne, de l’Italie diminueraient énormément si les sommes camouflées en Suisse ou ailleurs étaient rapatriées. Selon les travaux menés par les économistes Paul Krugman aux États-Unis et Thomas Piketty en France, la puissance des banques est aujourd’hui si profonde, si marquée, qu’elles représentent un danger pour la démocratie. Et grâce à qui? À ces gouvernants qui sont devenus leurs vassaux.

Source Le Devoir

Les réfugiés Syriens fuient-ils tous la violence du régime?

par Mounadil al Djazaïri

Il s’en faut de beaucoup en réalité.
Réfugiés syriens arrivent à la ville frontalière de Qaim, en Irak
Un article du Spiegel allemand qui, s’il n’a sans doute pas grande valeur en termes d’analyse politique, nous rappelle que tous les réfugiés qui quittent la Syrie ne le font pas par crainte des forces gouvernementales. On avait vu par exemple que les Irakiens fuient la Syrie sous la pression des forces d’opposition au régime de Damas. De la même manière, le Spiegel nous parle de ces chrétiens qui fuient également la marche en avant de la démocratie, à Qusayr notamment. Et puis on a tous ces réfugiés qui fuient simplement la situation dangereuse que connaît leur pays. (  Photo : AP/Karim Kadim )

Incidemment, nous apprenons que d’autres réfugiés sont tout simplement les membres des familles de ceux qui ont pris les armes contre le gouvernement de leur pays et qui ne se gênent pas pour menacer ou tuer leurs compatriotes qui ne sont pas de la bonne confession ou couleur politique. Leur parenté étant en sécurité, ils se sentent effectivement libres de se livrer à leurs exactions.

D'ailleurs, ces combattants eux-mêmes sont qualifiés de réfugiés! (voir vidéo ci dessous) C’est dire à quel point la crise syrienne permet à la presse occidentale de donner libre cours à ses abus de langage.

Pour information, c’est plus d’un million de réfugiés que la Syrie accueillait sur son sol au début cette crise. Des réfugiés essentiellement irakiens qui avaient fui la terreur imposée par George W. Bush et d’autres grands démocrates occidentaux comme Tony Blair. Mais bon Dieu, vous ne savez pas que la terre d’asile c’est la France?

À comparer aux 112 000 réfugiés Syriens à l’étranger décomptés par l’ONU (et non les centaines de milliers comme l’indique l’article).

Sur la question des réfugiés Syriens, je me permets de vous renvoyer à un précédent post qui est plus que jamais d’actualité.

Je souhaite bien entendu que tous ces réfugiés puissent rentrer chez eux en toute sécurité, chose qui dépend avant tout malheureusement des pétromonarchies et de l’OTAN.

Pour finir cette introduction à l’article, quand je parle de la valeur limitée de l’article en termes d’analyse politique, je veux simplement dire qu’il semble ignorer la place capitale des chrétiens d’orient dans l’idée moderne de nation arabe. Une idée dont le régime de Damas, avec tous ses défauts il est vrai, est sans doute la dernière incarnation. C’est pour cette raison aussi que les monarchies démocratiques du Golfe ont décidé de l’éliminer

Les Chrétiens fuient les rebelles extrémistes en Syrie
Der Spiegel (Allemagne) 25 juillet 2012
par Ulrike Putz à Qa, Liban traduit de l’anglais par Mounadil al Djazaïri

Syriens qui travesent la frontière du Liban
Des milliers de Syriens fuient vers le Liban voisin – pas tous par peur du régime Assad. La minorité chrétienne du pays souffre sous les coups des attaques menées par les troupes rebelles. Dans la vallée de la Bekaa dans l’est du Liban, les familles chrétiennes ont trouvé un refuge temporaire, mais elles sont encore terrifiées.

On nous a avertis maintes fois que la famille Khouri (nom d’emprunt) n’accepterait pas de parler. »Ils ne diront pas un mot – ils sont trop effrayés, » nous avait prédit le maire de Qa, un petit bourg du nord-est du Liban où les Khouris se sont installés. « Ils n’ouvriront pas même la porte aux journalistes, » avait dit une autre personne qui était entrée en contact avec la famille pour une organisation non gouvernementale.

D’une manière ou d’une autre, l’interview a quand même pu être organisée en fin de compte. Réservées et hésitantes, les femmes ont relaté ce qui était arrivé à leurs maris, frères et neveux dans leur ville de Qusayr en Syrie. Ils ont été assassinés par des combattants rebelles syriens, disent les femmes – assassinés parce qu’ils étaient chrétiens, des gens qui, aux yeux des combattants de la liberté islamistes radicaux, n’ont pas de place dans la nouvelle Syrie.

En un an et demi, depuis le début du soulèvement contre Bachar al-Assad, le président autoritaire de la Syrie, des centaines de milliers de Syriens ont fui leurs domiciles pour chercher refuge à l’étranger. À l’intérieur du pays, les Nations Unies estiment à 1 million le nombre de personnes qui sont parties de chez elles pour fuir la violence et se retrouvent maintenant déplacées à l’intérieur du pays. La majorité a probablement fui pour échapper à la brutalité des soldats d’Assad. En effet, comme c’est le cas depuis le début de la guerre civile syrienne, la plupart des violences sont toujours commises par l’armée, les services secrets et des groupes de voyous aux ordres de l’Etat.

Avec la poursuite des combats cependant, les rebelles ont aussi commis des excès. Et certaines factions qui composent le patchwork de groupes disparates qui forment l’Armée Syrienne Libre se sont radicalisées à un rythme très rapide dans les derniers mois. Certains sont même influencés par des djihadistes étrangers qui sont venus de Libye pour leur prodiguer leurs conseils. C’est du moins ce que rapportent les témoignages sur le terrain à Qusayr où de rudes combats ont fait rage pendant des mois. Le contrôle de la ville a changé de mains à plusieurs reprises; passant parfois entre celles du régime et parfois entre celles des rebelles. En ce moment, ce sont les combattants de l’Armée Syrienne Libre qui ont la haute main, et ils ont fait de cette ville de 40 000 habitants un endroit où la minorité chrétienne du pays ne se sent plus en sécurité.

Campagnes contre les chrétiens

« Il y a toujours eu des chrétiens à Qusayr – ils étaient environ 10 000 avant la guerre [civile], » explique Lila, la matriarche du clan Khouri. Présentement, 11 membres du clan se partagent deux pièces. Il y a la grand-mère, le grand-père, trois filles, un mari et cinq enfants. « En dépit du fait que beaucoup de nos époux travaillaient dans la fonction publique, ça se passait plutôt bien avec les rebelles pendant les premiers mois de l’insurrection. Les rebelles laissaient les chrétiens tranquilles. De leur côté, les chrétiens prenaient soin de préserver leur neutralité dans l’escalade des combats. Mais la situation a commencé à se détériorer l’été dernier », raconte Lila, baissant un peu plus la voix avant de garder le silence.

 « Nous avons trop peur pour parler,» explique sa fille Rim, avant de trouver le courage de poursuivre. « L’été dernier, des salafistes sont venus à Qusayr, des étrangers. Ils ont monté les rebelles locaux contre nous, » dit-elle. Bientôt, une campagne ouvertement contre les chrétiens de Qusayr a pris forme. « Ils disaient dans les sermons du vendredi dans les mosquées que c’était un devoir sacré que de nous expulser, » dit-elle. « Nous étions constamment accusés de travailler pour le régime. Et les chrétiens devaient souvent graisser la patte des djihadistes pour éviter d’être tués. »

La grand-mère, Leila, fait le signe de la croix. « Quiconque croit en cette crois souffre, » dit-elle?

Des djihadistes étrangers au Combat à Qusayr

djihadistes étrangers au Combat à Qusayr
Il n’est pas possible de corroborer de manière indépendante le récit des Khouris, mais l’essentiel des informations est cohérent avec ce qu’on sait déjà. Le 20 avril, Abdel Ghani Jawhar a involontairement apporté la preuve que des djihadistes étrangers participent aux combats à Qusayr. Jawhar, un ressortissant libanais qui était un des chefs de l’organisation terroriste Fatah al islam, avait péri dans la ville syrienne ce jour-là. Spécialiste des explosifs, Jawhar se trouvait à Qusayr pour former les rebelles à la fabrication de bombes et il une bombe qu’il était en train d’assembler avait explosé accidentellement. Jusqu’à sa mort, Jawhar avait été l’homme le plus recherché au Liban où il était mis en cause pour la mort de 200 personnes. Les autorités libanaises ont confirmé sa mort en Syrie. Le fait que les rebelles aient coopéré avec un homme comme Jawhar a éveillé des craintes de coir après sa mort les rangs insurgés de plus en plus infiltrés par des acteurs du terrorisme international.

La décision des Khouris de fuir la Syrie est en partie attribuable aux menaces quasi quotidiennes qu’ils commençaient à recevoir, tout comme les autres chrétiens de la ville. Elle résulte aussi cependant du fait que les combats dans la ville sont tout simplement devenus insupportables. «Les bombes tombaient au beau milieu de notre quartier. Nous sommes incapables de dire d’où venaient les tirs – des rebelles ou de l’armée, » déclare un membre de la famille. Pendant une pause dans les tirs, un jour d’hiver glacial, la famille a fini par partir. « Nous nous sommes procuré une voiture et nous avons roulé vers le Liban. Le trajet n’est que de 45 minutes.»

Le mari de Rim avait aussi fui avec eux. Son destin fut scellé quand il repartit en voiture pour Qusayr, le 9 février. Il possédait une supérette dans la ville et il voulait rentrer pour ramener de la nourriture à sa famille en exil. Sa famille ne sait ce qui lui est arrivé par ce que leur en ont raconté des parents et amis qui sont restés à Quasyr. « Il a été stoppé à un checkpoint rebelle près de la boulangerie gérée par l’État, » explique Rim. « Les rebelles savaient qu’il était chrétien. Ils l’ont emmené et puis ils ont jeté son corps devant la porte de la maison de ses parents quatre ou cinq heures après.»

La grand-mère Leila se signe à nouveau. Il n’y a pas que son gendre qui a été tué. Son frère et deux de ses neveux ont aussi été tués. « Ils ont tué par balle un de mes neveux, un pharmacien, dans son appartement parce qu’il soutenait le régime, » dit-elle.

Peur de ses Compatriotes syriens

32 familles chrétiennes ont trouvé refuge et asile à Qa, qui se trouve à seulement 12 kilomètres de la frontière syrienne. Quoique la ville soit aussi chrétienne et veille sur ceux qui ont fui les rebelles pour cette raison, n’empêche pas les Khouris et les autres victimes comme eux de vivre dans un état de permanent de peur. La première raison en est qu’ils peuvent entendre le grondement assourdi des tirs d’artillerie dans la Syrie toute proche. Le bruit diffuse bien au-delà de la frontière et sert de rappel constant de ce qui se passe dans leur pays. Le jour de l’interview, on pouvait voir une colonne de fumée s’élever derrière au-dessus de la chaîne de montagnes à côté. La veille, un obus avait touché une station-service du côté syrien de la frontière provoquant un incendie qui n’est toujours pas terminé. Il y a quatre semaines, les Khouris ont appris que leur maison avait été détruite après avoir été frappée par une roquette

Mais ce dont la famille a le plus peur, c’est de ses propres compatriotes syriens. En tant que ville frontalière, Qa est un pôle d’attraction pour deux types de réfugiés, explique Mansour Saad. « Vous avez d’un côté les chrétiens qui fuient les rebelles, » dit-il. Et puis vous avez les réfugiés qui appartiennent aux familles des hommes qui combattent dans des rangs de l’ASL. Ces deux groupes antagonistes s’affrontent parfois dans leur exil libanais. »

« Il y a beaucoup de tension entre eux, » observe Saad. « Nous faisons de notre mieux pour maintenir les deux groupes séparés. »

Comme de nombreux chrétiens libanais et syriens, Saad est aussi un partisan du régime d’Assad. En tant que minorité religieuse au Moyen Orient, les chrétiens n’ont guère d’autre choix que de s’aligner avec un homme fort qui peut les protéger, déclare Saad. « Les rebelles n’ont pas réussi à me convaincre qu’ils luttaient pour plus de démocratie, » affirme le maire.

Et si on peut franchement se poser des questions sur le régime syrien, par exemple sur le fait « qu’il n’y a assurément pas de liberté d’expression en Syrie, » il considère que les rebelles ne sont pas mieux. Il y avait peut-être des objectifs louables au début du soulèvement, mais l’insurrection a depuis été détournée par les islamistes, soutient le maire. « Et nous savons quel genre de musulmans a pris la tête de la rébellion : ceux qui voudraient ramener la population à l’âge de pierre. »

* Les noms des personnes citées ont été changés afin de protéger l’identité des personnes interviewées.

mercredi 25 juillet 2012

Intervention de Michel Collon et Jean Bricmont à l'UNESCO (vidéos)

Par Jah Raph

Le Club des 77 et la Chine organisaient une table ronde à l’UNESCO le 14 juin 2012 sur le thème « Quel avenir et quels défis pour l’UNESCO? » Jean Bricmont et Michel Collon étaient invités en qualité d’intervenants.

Voici l’intervention de Michel Collon, journaliste et écrivain belge, qui dénonce quant à lui les guerres impérialistes, la propagande, et la désinformation.




Et l’intervention de Jean Bricmont, écrivain et intellectuel belge. Il y fustige le rôle de l’ONU, qui ne fait pas respecter le droit international, et des USA, chef de file des pays qui usent et abusent du « droit d’ingérence ».




Source : Cercles des Volontaires

Les crimes de l’« Armée syrienne libre » que les médias traditionnels cachent (vidéo)

Voilà les « rebelles » que soutient l’Occident, allié aux monarchistes obscurantistes du Golfe. Voilà ceux qu’ils voudraient mettre au pouvoir en Syrie, pays laïc comme l’était la Lybie, aujourd’hui en plein chaos. Il ne s’agit pas d’une guerre civile, mais d’une guerre menée par des puissances étrangères, et programmées de très longue date... [International news]
Voir, pour y croire. Voir l’indicible sur le site International news pour le combattre de toutes ses forces.

Voir les actes barbares que les hommes de « l’Armée syrienne libre » (ASL), et ses unités salafistes infligent à des civils : Attention, images dures.

Ces images la presse internationale le censure non pas parce qu’elles sont choquantes, mais parce qu’elles ne cadrent pas avec sa ligne éditoriale immanquablement favorable à l’opposition militarisée qualifiée de « pro-démocratie », soutenue par les puissances occidentales et nombre d’ONG humanitaires : Amnesty International en tête.

Il y a un peuple en Syrie qui souffre et qui en sa majorité refuse l’opposition militarisée. La complicité, de ceux qui ont le devoir de nous informer correctement avec ce genre d’« opposants » criminels ne devraient pas être tolérée par nos pays démocratiques.


Source Silvia Cattori, d'autres vidéos sont disponibles sur le site International News


IMAGES DURES - SYRIE : Le traitement inhumain des civils
par les terroristes salafistes

L'hypocrisie olympique

Contrairement aux prétentions du CIO, les Jeux modernes ont toujours été éminemment politiques


par Pascal Boniface
L'auteur est directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques à Paris. Il vient de publier JO Politiques, chez l'éditeur Jean-Claude Gawsewitch.


Le 27 juillet s'ouvrent à Londres les Jeux olympiques. La capitale britannique va être au centre du monde jusqu'à la cérémonie de clôture prévue le 11 août. Avec la Coupe du monde de football, les Jeux olympiques sont l'événement le plus médiatisé au monde. La télévision crée un stade universel où des centaines de millions de personnes peuvent trouver leur place.

De ce fait, le sport devient plus que du sport. Les enjeux deviennent plus importants que le simple résultat de la compétition et par la puissance de l'image, par la force du symbole, ils prennent un caractère stratégique.

 Le Comité international olympique (CIO) répète à l'envi qu'il ne faut pas mélanger sport et politique. Cela fait même partie de la Charte olympique. C'est une contradiction, voire une hypocrisie. Les Jeux ont pris une telle importance qu'il est impossible de les réduire à leur seule dimension sportive.

 Cela était vrai dès la renaissance des Jeux. Lorsque le Baron de Coubertin veut recréer les Jeux olympiques des temps modernes, il a bel et bien un objectif puissamment politique : contribuer à la pacification des relations internationales en permettant au sport de rapprocher peuples et nations. Y a-t-il un objectif plus stratégique que celui-ci?

 Il en avait un autre non avoué, mais tout aussi politique : contribuer à la formation physique de la jeunesse française, la défaite de 1870 étant largement attribuée à la supériorité athlétique des soldats allemands grâce à une pratique intense du sport. L'une des disciplines olympiques qui vont faire leur entrée dans les jeux modernes est le pentathlon, qui combine des épreuves de course, de tir, d'escrime, de natation et d'équitation, tout utiles d'un point de vue militaire.

 Bien sûr, les premiers Jeux seront assez peu universels : 400 athlètes environ, 13 nations seulement y participent. À l'époque, les distances sont longues, les médias s'y intéressent peu. Le sport est encore le fait d'une petite élite. Mais du choix du pays hôte à celui des nations qui peuvent concourir, les décisions du CIO ont toujours été marquées du sceau de la politique. L'Allemagne vaincue est exclue des Jeux après la Première Guerre mondiale et c'est pour permettre sa réintégration dans la communauté internationale qu'on lui accorde en 1931 les Jeux de Berlin de 1936. Hélas, entre-temps, Hitler va parvenir au pouvoir et utiliser l'événement comme un instrument de propagande pour le régime nazi.

 L'URSS, qui a longtemps dénoncé les « jeux bourgeois », va y participer à partir de 1952. Il est vrai qu'ils avaient lieu à Helsinki, en Finlande, pays voisin et lié diplomatiquement à Moscou. Pendant la guerre froide, au-delà de la bataille idéologique entre l'Union soviétique et les États-Unis et du calcul des arsenaux conventionnels et nucléaires de chacune des deux superpuissances, celles-ci s'affrontaient également dans l'arène sportive. Le décompte des médailles devait prouver quel était le système qui était supérieur. Il y avait dans ce bras de fer une sous-compétition entre l'Allemagne de l'Ouest et de l'Est, qui devait amener la seconde à doper massivement ses athlètes.

 En 1964, l'attribution des Jeux à Tokyo marque la réintégration de l'Empire nippon dans la famille occidentale. La décolonisation va accroître le nombre de nations africaines participantes qui vont très rapidement demander l'exclusion des Jeux de l'Afrique du Sud. Le boycottage du pays de l'apartheid va commencer dans les enceintes sportives. Ce n'est qu'après le démantèlement de l'apartheid que l'Afrique du Sud sera réintégrée dans la famille olympique pour les Jeux de Barcelone en 1992. En attribuant les Jeux à Pékin pour 2008 puis à Rio pour 2016, le CIO prend acte et appuie la multipolarisation du monde.

Source La Presse

Dans un article de Mali Lise Paquin (Jeux de Londres : la « police des marques » veille au grain) ... on constate à quel point les entreprises tiennent aux contrôles des jeux.


McDonald's détiendra le monopole des frites à l'intérieur du Parc olympique. Un visiteur portant un t-shirt présentant le logo de Pepsi pourra être refoulé à la sortie.

Le plus grand Mac Donald’s du monde s’apprête va ouvrir ses portes à Londres, juste en face du stade Olympique là où se tiendra la cérémonie d’ouverture des prochains Jeux Olympiques.

mardi 24 juillet 2012

Au moins 21 000 milliards de dollars cachés dans les paradis fiscaux





C'EST CA LA JUSTE PART MONSIEUR BACHAND ET QUE VOTRE « CHEUF» CHAREST  DU PLQ NOUS RÉPÈTE AU QUOTIDIE

Jean Charest

Au moins 21 000 milliards de dollars d’actifs financiers étaient détenus par des particuliers fortunés dans des paradis fiscaux à la fin 2010, a estimé dans une étude l’association Tax Justice Network (TJN).
« Cela représente le poids cumulé des économies des États-Unis et du Japon », souligne l’organisation non gouvernementale dans cette étude publiée dimanche et menée par un ancien expert du cabinet McKinsey, James Henry.
Selon la fourchette haute de son estimation, le montant des actifs financiers (hors oeuvres d’art, biens immobiliers...) détenus dans des territoires offshore à l’abri des administrations fiscales pourrait atteindre 32 000 milliards de dollars. Dans l’hypothèse où ces sommes rapporteraient un « modeste » rendement de 3 % par an et si un prélèvement de 30 % était appliqué sur ce revenu, TJN affirme que cela générerait entre 190 à 280 milliards de recettes fiscales, soit près du double de l’aide au développement versée chaque année par les pays riches de l’OCDE.
« Ce nouveau rapport se concentre sur un énorme trou noir de l’économie mondiale [...] à un moment où les gouvernements à travers le monde manquent de ressources », a souligné M. Henry, cité dans un communiqué.

D’après son étude, les cinquante premières banques destinées aux clients fortunés ont collectivement géré en 2010 plus de 12 100 milliards de dollars dans des investissements transfrontaliers (contre 5400 milliards en 2006), via notamment des trusts qui permettent de dissimuler le nom du bénéficiaire réel de ces placements.
Les établissements UBS, Credit Suisse et Goldman Sachs forment le trio de tête des banques ayant géré le plus d’actifs offshore pour le compte de leurs clients fortunés, selon cette étude baptisée The Price of Offshore revisited (Nouveau regard sur le coût de l’offshore).

Source Le Devoir


À lire:
La prison pour les ripoux à cravates, sur le Blogue de Léo-Paul Lauzon