lundi 31 décembre 2012

Bonne Année 2013 (vidéo)


Texte de Mario Pelchat - Musique : Auld Lang Syne (Ce n'est qu'un Au Revoir) (Traditionnel)

Bonne et heureuse année,
À tous ceux qui n'ont rien dans les bras que les battements tristes et gratuits,
Dont les yeux brillent de toutes les larmes retenues,
Dont le front résonne de coups atroces et silencieux.
Dont les paroles ne traduisent plus les pensées,
parce que ces pensées sont douloureuses.



Bonne et heureuse année
À tous ceux dont les actes ne sont plus que des symboles,
Dont les attitudes sont pétries de courage.
Qui redressent le dos pour cacher leur peine,
Qui marchent seuls pour marcher droit,
Mais qui marchent......



Bonne et heureuse année,
À tous les humains brisés, à tous ceux qui ne font pas ce qu'ils aiment,
Et à tous ceux qui aiment ce qu'ils ne disent pas.
À tous ceux que vous frôlez le sachant bien,
Et à tous ceux qui vous frôlent ne le sachant même pas.

Bonne et heureuse année,
À tous ceux qui portent en eux, blessure vraie,
Un immense néant fait de tous les arrachements.

Bonne et heureuse année,
À ceux dont c'est la dernière et qui s'en doute,
Et à ceux dont c'est la dernière et qui ne s'en doute pas.
À ceux qui n'ont pas la force d'y penser,
Et à ceux qui n'ont pas la faiblesse de l'avouer.
À ceux qui n'osent pas vous regarder,
Parce que leur regard peut être les trahirait,
Et qu'ils veulent garder pour eux seul leur terrible secret.

Bonne et heureuse année
À ceux qui sourient pour voiler le chagrin de leur âme,
Badinent pour masquer la grimace de leur cœur,
Crient pour taire la panique de leurs yeux,
Jouent la comédie pour ne pas assombrir des vies.

Bonne et heureuse année,
À certains heureux aussi que j'oubliais,
À ceux qui portent leur tête, et leur cœur et leur âme
aussi légèrement qu'un poids d'hélium.

Bonne et heureuse année,
À ceux que le plaisir égare et dont le sang charrie tout l'idéal,
Car pour eux suffit l'apparence charnelle de la vie.

Bonne et heureuse année enfin,
À ceux qui possèdent le détachement de l'esprit,
Et à ceux qui soignent les corps ou les âmes,
À ceux dont le cœur bat généreusement,
Et à ceux qui luttant pour la justice veulent établir le règne de la paix,
À tous ceux qui sont pur dans leur pensée et leur amour.

Bonne et heureuse année,
À vous tous,
Qui donnait un sens divin à l'humanité.

Montréal, opération Boxing day (vidéo)

Petit rappel

 

Gaza et le « ciblage » israélien

Gaza : un stade de foot en ruine ça en dit long sur le « ciblage » israélien
 

Nous n’avons pas trouvé les « terroristes » sous les décombres du plus grand stade de foot de la bande de Gaza. Toutes les destructions dont nous sommes témoins à Gaza, des multiples maisons, jusqu’au service de l’État civil du ministère de l’Intérieur montrent en revanche la volonté israélienne de cibler des infrastructures civiles.

La pelouse, les tribunes, les bâtiments.... il ne reste pas grand-chose du stade de football de Gaza. Et il a fallu plus d’une bombe pour le mettre dans cet état!

Pourquoi Israël a-t-il délibérément châtié les sportifs palestiniens et la population qui peut de temps à autre profiter des talents des joueurs de la grande prison gazaouie?

Pourquoi personne ne pose cette question à Israël?
 

Pourquoi la FIFA s’engage-t-elle à reconstruire ce stade (et avec quel argent?) sans questionner ceux auxquels elle décerne au contraire une récompense inadmissible : l’accueil de la coupe européenne de foot des moins de 21 ans? Précisément la tranche d’âge qui a été la plus pénalisée par cette destruction!

Source CAPJPO-EuroPalestine


dimanche 30 décembre 2012

Syrie : Brahimi sur la piste du modèle yougoslave?

Aujourd’hui, de l’aveu même des instigateurs de cette guerre, nous savons que l’Occident a utilisé les éléments tchétchènes et afghans de l’organisation d’al-Qaida : 100 000 bénévoles financés par les Pays du Golfe, armés et entrainés par la Turquie, et soutenus par des états laïcs de l’Europe occidentale!

par Nasser Kandil*
Traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal

Brahimi

La chaîne qatarie Al-Jazeera, son intello favori Azmi Bishara, et leur cortège d’intervenants affabulateurs voudraient continuer à nous subjuguer par la magnificence et le caractère exceptionnel du soi-disant « Printemps arabe ». Il n’empêche que nombreux sont ceux qui y voient un scénario déjà vécu dans les années quatre-vingt-dix du siècle dernier [1][2].
 
En effet, quiconque accepterait de revenir sur l’expérience du « Printemps européen » qui a démarré par la révolution ouvrière du bassin de Gdansk en Pologne, sous la direction de Lech Walesa, pour la comparer à celle du prétendu « Printemps arabe » qui a débuté par l’immolation de Bouazizi en Tunisie, ne pourrait ignorer certaines similitudes. Notamment, entre le rôle joué par les États de l’Europe occidentale, leurs églises catholiques et l’ensemble de leurs médias dans la bénédiction de ces révolutions qui ont secoué les pays d’Europe orientale, d'une part; et le rôle joué par les Pays arabes du Golfe, l’Islam politique principalement représenté par les Frères musulmans, et les organisations d’al-Qaïda avec leurs composantes salafistes wahhabites dans les révolutions arabes, d’autre part. Ceci, non sans concéder que dans ce deuxième cas c’est Al-Jazeera qui a tenu, avec brio, le rôle joué par la BBC dans les révolutions en Europe!
 
Or, c’est en Yougoslavie que le « Printemps européen » a rencontré son premier obstacle. Cette Yougoslavie de la Chrétienté orthodoxe où s’était arrêté le Catholicisme et où l’Islam politique, soutenu par l’Arabie saoudite et la Turquie avec un début de collaboration de l’astre ascendant qatari, a été mis à contribution pour inverser l’équation et, tirant profit de l’effondrement de l’URSS, créer un jeu différent alliant guerre civile, intervention militaire étrangère, et machinerie onusienne.
 
Nasser,Indira et Tito
Plus de vingt ans après cette « Crise yougoslave » et suite à plus d’une centaine de décisions du Conseil de sécurité, de centaines de milliers de victimes, et de destructions dévastatrices nécessitant des centaines de milliards de dollars pour compensation, la Yougoslavie qui sous la direction du Maréchal Tito fut un partenaire de l’Égypte et avec Gamal Abdel Nasser l’un des catalyseurs du « Mouvement des Pays non alignés », s’est transformée en petits pays rivaux occupés par des troupes étrangères et a perdu son rôle, son économie et sa souveraineté.
 
Et voilà qu’aujourd’hui l’émissaire onusien Lakhdar Brahimi revient sur la scène syrienne, porteur des mêmes propositions que Peter Fitzgerald avait avancées à la Yougoslavie. En somme, l’État syrien devrait accepter de se laisser démanteler, à plus ou moins courte échéance, au nom d’un gouvernement de transition [3] sur la base d’une prétendue réconciliation avec un regroupement d’individus refusant ouvertement toute proposition sous prétexte qu’elle serait insuffisante!
 
Parmi ces propositions, deux sont particulièrement évocatrices :
 
1. la réduction des pouvoirs de l’État central représenté par le Chef de l’État syrien sous prétexte d’une phase de transition; ce qui dans le cas de la Yougoslavie s’est soldé par les « Accords de Dayton » [4] venus confirmer la logique de son démembrement en quatre états : Serbie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, et Monténégro.
 
2. Le démantèlement des institutions militaires et des services de sécurité syriens sous prétexte de leur restructuration; pour s’empresser ensuite de soumettre leurs commandants à un tribunal spécial calqué sur le « Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie » ou TPIY.
 
Armés et entrainés par la Turquie
Ceci, sans oublier que diverses prescriptions ou « recettes » se sont succédé en ex-Yougoslavie. Il y a eu celle de la Pologne, puis celle de la Roumanie où l’exécution de Ceausescu rappelle étrangement celle de Kadhafi en Libye, puis celles des Républiques tchèque et bulgare. Ayant échoué les unes après les autres, il ne restait plus que la recette finale d’une guerre féroce et dévastatrice! Et aujourd’hui, de l’aveu même des instigateurs de cette guerre, nous savons que l’Occident a utilisé les éléments tchétchènes et afghans de l’organisation d’al-Qaida : 100 000 bénévoles financés par les Pays du Golfe, armés et entrainés par la Turquie, et soutenus par des états laïcs de l’Europe occidentale!
 
Poursuivant la comparaison, force est de constater que les recettes tunisienne, égyptienne, libyenne et yéménite ont échoué en Syrie, d’où la nécessité d’une « nouvelle recette » inspirée du modèle yougoslave. Et nous revoilà avec 100 000 volontaires terroristes couvés en Turquie, financés par l’Arabie saoudite et le Qatar, glorifiés médiatiquement par Al-Jazeera et ses consœurs. Mais la tâche la plus complexe, pour la mise en œuvre d’une stratégie onusienne débouchant sur une intervention militaire et politique étrangère en Syrie, revient à M. Lakhdar Brahimi, Président du « Panel Brahimi », lequel s’est chargé, en 2000, de rédiger un rapport du même nom, le « Rapport Brahimi » [5], censé améliorer la pratique de l’ONU dans le domaine du maintien de la Paix!
 
Mais M.Brahimi et ceux qui se cachent derrière lui auront à se confronter à quatre obstacles, avant de prétendre installer en Syrie un « gouvernement de transition ayant tous les pouvoirs »! Quatre obstacles qui ne leur permettront pas de réussir leur dernière manœuvre pour torpiller le rôle du Président syrien et, du même coup, réussir à démolir l’État syrien et ses institutions politiques et militaires. En effet :
 
1. La Russie d’aujourd’hui n’est plus la Russie d’hier. Après les expériences vécues en Yougoslavie, en Irak et en Libye, elle ne couvrira pas des résolutions, tirées du chapitre VII, pour « camoufler la manœuvre » et autoriser une intervention militaire qui mettrait la Syrie sous tutelle onusienne au nom d’un prétendu maintien de la paix.
 
2. Une intervention militaire des USA et de l’OTAN dépasse les capacités des mêmes va-t-en-guerre après leur défaite en Afghanistan et en Irak, et aussi à cause de la situation géostratégique de la Syrie où une telle initiative s’accompagnerait de conséquences dévastatrices sur Israël et la Turquie; ce qu’ils voudraient absolument éviter.
 
3. La Syrie n’est pas la Yougoslavie. Malgré toutes leurs tentatives pour briser l’unité nationale et territoriale, installer des émirats et des roitelets sectaires, et étendre le conflit vers l’Irak, le Liban et, éventuellement, la Jordanie, les Syriens sont restés majoritairement solidaires de leurs autorités légitimes; majorité garante de la survie de l’État et de ses institutions sous la direction du Président Bachar al-Assad.
 
4. Le « Printemps européen » a connu son apogée quand l’État yougoslave est tombé, alors que le « Printemps arabe » est en passe de tomber sans que l’État syrien ne cède en rien de sa souveraineté. Si bien que les Égyptiens et les Tunisiens désireux d’échapper à la dictature humiliante des Frères musulmans se dirigent désormais dans la direction indiquée par la « boussole syrienne ». Il en est de même pour tous les Arabes qui soutiennent la Résistance du peuple palestinien, maintenant qu’ils ont constaté la complicité éhontée des Frères musulmans et de leurs alliés avec l’occupant sioniste. Une complicité qui a dépassé de loin celle de Sadate et de Moubarak avant eux.
 
Par conséquent, en Syrie, M. Brahimi découvrira que « le travail de guerre », pour lequel il a été missionné, est loin d’être une tâche facile contrairement à ce qu’on aurait pu lui assurer.
 
La seule solution en Syrie n’a besoin ni d’un gouvernement provisoire, ni de ceux qui se laissent gouverner. Elle passe par un cessez-le-feu qui devra être garanti par M. Brahimi et cie, et par Jamaat al-Nousra et équivalents, ainsi que par des observateurs, intègres et neutres, issus du haut commissariat des Nations Unies pour s’assurer de la transparence d’élections mises sur pied dans les trois mois. Dès lors, celui qui obtiendra 50 % des voix plus une formera le gouvernement, celui qui détiendra les 2/3 des voix rédigera la constitution, et celui qui en sortira avec le 1/3 des voix aura le droit de veto; l’ensemble du processus aboutissant, dans un délai maximum d’une année, à une nouvelle constitution soumise à référendum et à des élections législatives. Le temps sera venu de passer aux élections présidentielles et la vérité sortira des urnes. Celui qui se lancerait à la recherche d’une autre solution aura à poursuivre sa guerre!

Texte original : Top News

Notes :

[1] Serbie, 1999 : calomnies, trahisons, et ingérence humanitaire…
http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/serbie-1999-calomnies-trahisons-et-123236

[2] Serbie, 1999 : de la dislocation de la Yougoslavie au projet de « Grand Moyen-Orient »…
http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/serbie-1999-de-la-dislocation-de-123729

[3] Syrie : M. Brahimi plaide pour un « gouvernement de transition »
http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2012/12/28/syrie-m-brahimi-plaide-pour-un-gouvernement-de-transition_1811128_3208.html

[4] L’accord de Dayton
http://www.monde-diplomatique.fr/cahier/kosovo/dayton

[5] Rapport Brahimi
http://www.operationspaix.net/137-resources/details-lexique/rapport-brahimi.html


* Nasser Kandil est Libanais, ancien député et directeur de TopNews-nasser-kandil

Source Mondialisation

samedi 29 décembre 2012

Tempête de neige au Québec (vidéo)

Record
Voici la situation vécue par nos Montréalais(e)
 
Si on peut se vanter d'une force au Québec... C'est bien celle d'être capable de vivre là-dedans presque comme si de rien n'était!

Merci à Christian Montmarquette et Stacey Gravel  pour l'info et Pauline Decroix pour la vidéo.


TEMPETE NEIGE MONTREAL from Pauline Decroix on Vimeo.

Entrevue, Retour sur la grève étudiante avec Gabriel Nadeau-Dubois (Audio-vidéo)

Inconnu de la plupart des gens au début de 2012, il est devenu en quelques mois un personnage incontournable au Québec. Nos auditeurs l'ont mentionné à plusieurs reprises comme personnalité de l'année. Plusieurs l'ont adoré, ont apprécié son charisme et son dévouement. Mais il est également devenu le symbole d'une confrontation paralysante pour le Québec. René Homier-Roy reçoit l'ancien porte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante Gabriel Nadeau-Dubois.

Audio-vidéo Écouter ici L'entrevue avec Gabriel Nadeau-Dubois

Source Radio Canada

vendredi 28 décembre 2012

Soldat canadien tué par l’armée israélienne


Le crime sioniste que le gouvernement canadien entend faire oublier
Mounadil al Djazaïri

Lors de sa dernière agression massive contre le Liban en 2006, l’armée terroriste sioniste avait attaqué un poste avancé de l’ONU, provoquant la mort de quatre observateurs de la mission internationale de maintien de la paix.

Parmi ces victimes se trouvait un officier canadien, le major Paeta Hess-von Kruedener

Comme il se doit dans ces cas-là, l’ONU avait fait un rapport tandis que l’armée canadienne avait aussi de son côté produit un rapport d’enquête.

On vient cependant de s’apercevoir que le rapport canadien, qui avait été rendu public en 2008 sur le site internet du ministère de la Défense en a été retiré discrètement moins d’un an après au grand dam de la veuve du soldat canadien et de la rédaction du Legion Magazine, une revue publiée à l’intention des membres de la Royal Canadian Legion.

Parce que si le gouvernement canadien considère l’affaire close, il n’en va pas de même de certains secteurs de l’opinion ainsi que le suggère même la parution de l’article que je vous propose.

C’est que le soldat canadien avait trouvé la mort dans une attaque délibérée effectuée par l’artillerie et l’aviation sionistes en dépit des protestations des plus hautes instances de l’ONU et de l’officier supérieur chargé du commandement des forces de l’ONU au Liban.

Comme on peut le lire dans l’article, les attaques ont non seulement été délibérées, mais méthodiques afin de s’assurer que les militaires de l’ONU qui s’étaient réfugiés dans un bunker n’en réchapperaient pas.

On peut se demander pourquoi les terroristes sionistes ont agi ainsi. On peut se dire, comme Stephen Harper, le premier ministre canadien, que l’officier canadien n’aurait pas dû être là, parce qu’être là signifie d’une manière où d’une autre protéger le Liban en étant en mesure de témoigner de l’action destructrice et meurtrière du terrorisme sioniste.

Il y a bien entendu beaucoup de ça : le besoin d’éliminer des témoins potentiellement gênants car représentant l’ONU.

Il y a aussi le message habituel des gangsters sionistes qui font comprendre à chacun que rien ne saurait les arrêter.

Et, plus subtilement, il y a là une manière se s’attacher de manière encore plus solide le soutien de certains dirigeants occidentaux et en même temps d’en vérifier le caractère indéfectible

Quelle meilleure preuve en effet de cet attachement que de voir un premier ministre chercher à imputer la responsabilité de sa propre mort à son propre officier tué par les bombes de son allié le plus cher?

Et quel meilleur moyen de solidifier une amitié que par le sang d’un concitoyen versé volontairement par un ami très cher. Psychologiquement en effet, dès lors qu’on a passé l’éponge sur ce genre de chose on devient l’esclave de l’assassin qu’on s’évertue à présenter comme un «ami.»

Les États-Unis sont passés par le même cheminement avec l’épisode de l’USS Liberty, ce navire militaire américain bombardé par l’aviation sioniste en 1967.

Lors de la même agression contre le Liban en 2006, plusieurs autres citoyens canadiens, dont quatre enfants en bas âge, avaient trouvé la mort sous les bombardements sionistes sans susciter non plus d’émotion particulière de la part des autorités d’Ottawa, le premier ministre déclarant même à l’époque que les raids des terroristes sionistes « lui semblaient justifiés et mesurés ».


Le ministère de la Défense supprime un rapport sur la mort d’un soldat canadien tué par l’armée israélienne

 Par David Pugliese, Ottawa Citizen (Canada) 25 décembre 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le ministère de la Défense a discrètement retiré d’internet un rapport sur la mort d’un officier de l’armée canadienne tué par les forces israéliennes, une démarche qui est liée, selon la veuve du soldat, à la réticence du gouvernement conservateur du Canada à critiquer n’importe quelle mauvaise action d’Israël.

Le major Paeta Hess-von Kruedener et trois autres observateurs des Nations Unies avaient été tués en 2006 quand l’armée israélienne avait visé leur petit avant poste par des tirs répétés d’artillerie ainsi qu’en l’attaquant avec un avion de combat

Début 2008, le ministère de la Défense avait posté sur son site web un rapport de 67 pages de la commission des forces armées canadiennes chargée d’enquêter sur cette mort. La commission avait conclu que la mort de Hess-von Kruedner aurait pu être évitée et était imputable à l’armée israélienne.

Mais moins d’un an plus tard, le rapport avait été discrètement retiré du site web du ministère de la Défense et n’est depuis plus accessible au public via les canaux officiels.

Cynthia, la veuve de Hess-von Kruedener a déclaré au Citizen que la décision de retirer ce document du domaine public a été prise par le ministère de la Défense et par le gouvernement dans l’intention de protéger la réputation d’Israël.

Ils ne veulent pas que les gens lisent des choses sur ce sujet, » dit-elle. « C’est gênant pour les Israéliens et, comme nous le savons, le premier ministre (Stephen) Harper a donné son soutien inconditionnel aux Israéliens. »

Les circonstances qui entourent la mort de Hess-von Kruedener et les démarches du ministère de la Défense et de l’armée canadienne pour restreindre l’accès au rapport de la commission d’enquête sont relevées dans un article dans la dernière livraison du Legion Magazine, une publication éditée à Ottawa et adressée aux membres de la Royal Canadian Legion.

Le ministère avait d’abord refusé de transmettre au magazine le rapport d’enquête qui était auparavant public, en affirmant que l’obtention d’une copie du rapport nécessitait de faire une démarche avec la loi sur l’accès à l’information.
 
Le Legion Magazine a obtenu un exemplaire du rapport par d’autres moyens. Il a désormais posté le rapport sur son propre site web.

Dans un courriel envoyé au Citizen, le ministère de la Défense a confirmé avoir retiré de son site web le rapport de la commission d’enquête début 2009 pour des raisons de sécurité « après avoir découvert qu’une partie de son contenu était considéré comme de l’information classifiée. »

Cette explication ne résiste cependant pas à l’analyse puisque quand le Legion Magazine a comparé une version de 2008 et une version de 2012 obtenue en passant par la loi sur l’accès à l’information, il a constaté que la version actuelle renferme plus d’informations que la version du début.

L’article du Legion Magazine soulève aussi des questions sur la disparition sur le site du ministère de la Défense d’un rapport de l’ONU sur la mort [des observateurs]. Ce document avait été utilisé par l’armée canadienne pour sa commission d’enquête et le rapport de l’ONU est cité dans le rapport canadien. Mais le service chargé de l’accès à l’information au ministère de la Défense soutient avoir fait une recherche approfondie dans ses archives et n’avoir trouvé aucun rapport de ce genre.

Le ministère de la Défense n’a pas été en mesure de répondre à des affirmations en provenance de sources militaires selon lesquelles des exemplaires papier du rapport d’enquête de la commission ont aussi été retirés des bibliothèques de l’armée.

La mort de Hess-von Kruedener, un observateur de l’ONU assigné à la frontière israélo-libanaise a été en grande partie oublié.

L’attaque israélienne sur le poste avancé de l’ONU avait commencé en tout début d’après-midi le 25 juillet 2006, incitant le secrétaire général adjoint de l’ONU à convoquer presque immédiatement l’ambassadeur israélien à l’ONU pour se plaindre [de cet acte].

Quelques heures plus tard, un autre tir de barrage d’artillerie avait touché le poste avancé. Il fut suivi de 16 autres tirs d’artillerie qui touchèrent la base, détruisant l’essentiel des bâtiments en surface et soufflant la porte du bunker souterrain où Hess-von Kruedener et ses collègues de la force de paix avaient trouvé refuge.

A un moment, un général chargé des opérations de l’ONU au Liban avait appelé l’officier israélien de liaison et lui avait dit: «Vous êtes en train de tuer mes hommes.» Auparavant, les Israéliens arrêtaient ce genre d’attaques quand on leur adressait des protestations.

Plus tard ce jour-là, le pilote d’un avion de combat israélien largua une bombe guidée de précision à travers la porte du bunker de l’ONU. L’explosion de cette bombe de forte puissance tua les quatre hommes.

Le général Reck Hillier, alors chef d’état-major, qualifiera ultérieurement la mort du major de « tragique accident. »

Cynthia Hess-von Kruedener a déclaré au Citizen que l’armée canadienne ne l’avait pas informée de la mort de son mari. Elle avait appris qu’il avait été tué aux actualités à la télévision.

L’article du Legion Magazine observe que les Israéliens avaient visé la base délibérément. La base avait été ajoutée à la l liste d’objectifs» de l’armée israélienne, qui a reconnu avoir commis une erreur.

Cynthia Hess-von Kruedener conteste également certains des propos tenus par Harper au sujet de son mari. A l’époque de sa mort, Harper avait demandé ce que Hess-von Kruedener faisait au poste avancé de l’ONU.

Elle avait dit que la réponse est simple : il faisait le travail que lui avaient ordonné l’armée et le gouvernement du Canada. «Au lieu de demander pourquoi cela était arrivé, il (Harper) a cherché la responsabilité d’un innocent soldat de la paix de l’ONU,» dit-elle.

Le 19 septembre 2006, Ehud Olmert, alors premier ministre israélien, avait écrit à harper pour lui exprimer ses profonds regrets. Harper avait répondu le 20 novembre 2006, remerciant Olmert pour son « expression de condoléances, pour la rapide enquête du gouvernement israélien sur l’incident et pour les informations transmises aux officiels Canadiens. »

Le Legion Magazine note toutefois que les Israéliens avaient refusé de répondre à des questions du Canada sur l’attaque.

David Pugliese

jeudi 27 décembre 2012

La Syrie saignée à blanc


« La destruction de gouvernements, leaders ou valeurs qui contrecarrent les intérêts de gouvernements puissants est monnaie courante. Depuis la Seconde Guerre mondiale, les assassins ont souvent été des gouvernements démocratiques de style libéral. »
« La ligne rouge que les États-Unis et leurs alliés européens ont tracée entre les groupes armés « extrémistes » et « modérés » est artificielle.On brandit partout le drapeau noir d’Al Qaida. Mais des « modérés », on n’en voit nulle part. »

Une analyse de Jeremy Salt *
Selon le dictionnaire, le mot « politicide » peut être utilisé pour décrire la destruction d’un gouvernement ou d’un groupe socio-politique spécifique, comme les Palestiniens, dans un sens plus large que « génocide ». On peut l’appliquer à un État, un système et un pays.
 Saddam Hussein a tenté de commettre un politicide en effaçant le Koweït de la carte. Dans les années 1930, les fascistes ont commis un politicide en détruisant le gouvernement espagnol. Territorialement le pays n’a pas changé. Il a simplement été vidé de son contenu idéologique et transformé en autre chose.

La destruction de gouvernements, leaders ou valeurs qui contrecarrent les intérêts de gouvernements puissants est monnaie courante. Depuis la Seconde Guerre mondiale, les assassins ont souvent été des gouvernements démocratiques de style libéral. Il n’y a aucun endroit du monde qui a échappé à leur attention. Rien que dans les 11 dernières années, l’Irak et la Libye ont été, au Moyen-Orient, les victimes d’un politicide. Leurs gouvernements, leur système de valeurs et leurs leaders avaient peut-être grand besoin de changer, mais le changement n’est pas venu de leur peuple, mais de gouvernements étrangers. Maintenant c’est la Syrie qui retient leur attention. Comme en Irak et en Libye, la justification brandie pour les massacres en Syrie des 20 derniers mois est « le dictateur » et « le régime ». Mais en fait ce qu’ils veulent c’est le pays lui-même. Comme Saddam et Kadhafi, le « dictateur » sert de diversion au magicien pour que les spectateurs ne voient pas ce qu’il est réellement en train de faire.

Comme les gangs armés ne parviennent pas à renverser le gouvernement de Damas, il semble que la menace d’une intervention militaire se précise. Les États-Unis, l’Allemagne et la Hollande ont fourni à la Turquie six batteries de missiles Patriots qui doivent être installés à la frontière avec la Syrie. Environ 2000 soldats étrangers vont être envoyés en Turquie pour opérer et protéger les batteries de missiles et assister un nombre inconnu de soldats turcs. Les Patriots seront situés dans trois provinces du sud-est qui sont majoritairement sunnites, les provinces de Gaziantep, Adana et Kahramanmaras. Pour de raisons de sécurité, ils ne seront pas placés dans la province de Hatay, où plus de la moitié de la population est Alevi (Alawi), et profondément opposée à l’intervention de la Turquie en Syrie ni dans celle de Diyarbakir qui est majoritairement Kurde et hostile au gouvernement pour d’autres raisons.
Missiles Patriot, le 11 mars 2003 dans le sud de la Turquie

Le jour qui a suivi la fourniture par l’OTAN de missiles Patriots à la Turquie, la Russie a répondu en envoyant des missiles Iskander à l’armée syrienne. Ces armes hypersoniques volent à plus de 2 km seconde et les experts en armement affirment qu’elles sont plus performantes que les Patriots. Pour donner de la consistance au spectre de la Turquie menacée par la Syrie, les portes-parole de l’OTAN prétendent que l’armée syrienne utilise déjà des missiles Scud et se prépare à utiliser des armes chimiques, mais ces deux affirmations ne sont que de la propagande guerrière. Anders Fogh Rasmussen, le Secrétaire Général de l’OTAN condamne l’utilisation de missiles Scud — sans apporter la moindre preuve qu’ils ont été tirés —, mais pas les attentats à la bombe, bien réels ceux-là, perpétrés au cœur des villes par les groupes armés que lui et les membres de son organisation soutiennent.

La Turquie prétend que les Patriots sont uniquement défensifs, mais on peut se demander quelle attaque au juste elle craint : une attaque gratuite de la Syrie tout à fait improbable ou une attaque de l’OTAN à partir du sol turc? Bien que la cible évidente semble être la Syrie, le commentateur Abdel Bari Atwan pense que les missiles ont été mis en place en vue d’une attaque contre l’Iran. Si les États-Unis décidaient de se servir de la base aérienne d’Incirlik dans la province d’Adana où se trouvent des milliers de soldats pour attaquer l’Iran, la Turquie serait exposée à des frappes de représailles. C’est pourquoi elle a besoin non seulement des Patriots mais aussi des radars anti-missiles installés dans la province de Malatya plus tôt dans l’année, et qui sont aussi considérés par la Russie comme une dangereuse extension du bouclier de « défense » anti-missile Européen de l’OTAN.

Même si c’était Israël qui attaquait, l’Iran considérerait que les États-Unis sont partis prenante et il rétorquerait en attaquant les bases Etasuno/OTAN de Turquie et du Golfe. L’Iran pense que l’installation des Patriots en Turquie fait partie des préparatifs de guerre de l’OTAN dans la région, avec comme cible lui-même et la Syrie. Le fait de savoir si les États-Unis et/ou Israël finiront pas attaquer ou non l’Iran qu’ils menacent depuis des années, continue, bien sûr, à faire l’objet d’intenses spéculations.

Si la cible est la Syrie, l’OTAN interviendra probablement derrière l’écran d’une « zone d’exclusion aérienne », qui s’étendra sans doute jusqu’à Alep pour pouvoir placer toute la ville sous le contrôle des groupes armés et en faire la « capitale » des territoires « libérés ». Sans l’accord du Conseil de Sécurité de l’ONU, la mise en place unilatérale d’une « zone d’exclusion aérienne » n’aurait pas le moindre semblant de légalité. Dans une telle situation, abattre un avion syrien dans l’espace aérien syrien serait un acte de guerre. Les conséquences seraient si graves qu’on a du mal à imaginer l’OTAN s’avancer sur ce terrain là sans l’accord tacite de la Chine et de la Russie.

Ils ne semblent pas prêts de le donner. L’enjeu est d’importance pour la Russie et si ses positions sur la Syrie ont évolué, ce serait plutôt dans le sens d’un durcissement. Malgré les interprétations aussi mensongères que malveillantes de tout ce qui sort de Moscou par les médias occidentaux, la Russie n’est pas revenue sur ses engagements. Elle a dit tout au long que son principal souci était l’intégrité de la Syrie et non le sort de tel ou tel gouvernement. Elle ne s’est jamais engagée à maintenir le « régime d’Assad » en tant que tel. Depuis le début, elle souligne que le droit de choisir revient au peuple syrien et pas aux groupes armés ni à leurs sponsors étrangers.

La Russie a affirmé tout au long qu’elle ne laisserait pas l’OTAN faire de la Syrie une seconde Libye. La semaine prochaine, des unités russes de la mer Noire, la Baltique et la mer du Nord se rassembleront pour des manœuvres militaires au large des côtes syriennes. Les navires de guerre étasuniens sont aussi présents à l’est de la mer Méditerranée, ce qui laisse présager l’éventualité d’une confrontation maritime dans le style de Cuba dont la Syrie serait l’enjeu si l’OTAN intervenait.

On peut se demander si l’OTAN a vraiment l’intention d’intervenir en Syrie ou si l’installation des missiles en Turquie fait partie d’une guerre psychologique à base de propagande.

Donner des missiles à la Turquie est une chose. Attaquer la Syrie est une autre paire de manches. On ne peut pas entièrement rejeter cette possibilité, mais on voit mal comment les membres de l’OTAN pourraient le faire, à moins qu’ils ne parviennent à neutraliser la Russie et la Chine, ce qui changerait la donne. Et pourtant, sans intervention directe, les groupes armés ne semblent pas capables de renverser le gouvernement syrien.

On dirait que l’OTAN se retrouve dans une impasse, mais seulement si l’on suppose que le renversement du régime syrien est vraiment le but premier de l’intervention en Syrie. Pour Hasan Nasrallah, le but des États-Unis et de ses alliés est de sortir la Syrie de « l’équation régionale ». Cela peut se faire en renversant le gouvernement, mais on peut aussi y arriver en semant le chaos en Syrie. C’est ainsi que l’Irak et la Libye ont été sortis de « l’équation régionale ». Dans les deux cas, le « dictateur » a été utilisé comme prétexte à l’intervention. En Irak les Étasuniens ont choisi de laisser Saddam en place parce qu’on pouvait compter sur lui pour maintenir l’Irak à genoux. C’est seulement quand les sanctions ont perdu de leur impact et que l’Irak menaçait de se reconstruire que la décision a été prise de le renverser. Bashar est utilisé de la même manière, mais cela ne signifie pas que les États-Unis et leurs alliés veulent le remplacer par les groupes armés. Ils poursuivent leurs propres objectifs en s’adaptant à la réalité du terrain.

Dans le journal Al Akhbar, le vice-président syrien, Faruq al Shar’a, a proposé récemment une solution politique pour sortir de l’impasse. Il faut dire ici que si les soi-disant « amis de la Syrie » se souciaient le moins du monde du peuple syrien, ils auraient depuis longtemps trouvé une solution politique au lieu de bloquer, saboter et rejeter à priori toute tentative de négociation. La lecture de l’article ne permet pas de penser que Monsieur Shara’a ait le moindre espoir que les sponsors des groupes armés acceptent une solution politique. De fait, si l’on convient avec Hasan Nasrallah que le principal objectif des États-Unis et de leurs alliés est de sortir la Syrie de « l’équation régionale », alors les 20 mois de destruction auxquels on vient d’assister prennent tout leur sens. Le moment viendra peut-être où ces gouvernements s’intéresseront à une solution politique, mais pour le moment la Syrie peut continuer de perdre son sang.

Pour que ces gouvernements se trouvent finalement obligés de venir à la table des négociations, il faudrait, par exemple, que les groupes armés parviennent à remplir leur contrat, c'est-à-dire à renverser le gouvernement de Damas. Si les gangs armés étaient sur le point de prendre la relève, leurs sponsors occidentaux pourraient changer de tactique en interrompant leur approvisionnement en argent et en armes (par des pressions sur l’Arabie Saoudite et le Qatar) et en réclamant une intervention et des négociations immédiates qui leur permettraient de mettre en place leurs protégés « modérés » Mu’iz al Khatib et le Conseil de Doha.

Ou à l’opposé, il faudrait que l’armée syrienne réussisse à mettre en déroute les gangs armés. Cela pourrait aussi susciter un intérêt soudain pour une solution négociée qui permettrait de contrôler le processus de transition politique. Il y a un sérieux problème qui inquiète de plus en plus les États-Unis et leurs alliés occidentaux, c’est le « retour de bâton ». La plupart de ces groupes armés détestent « l’Occident » autant que le gouvernement de Damas. Les États-Unis et leurs alliés occidentaux qui n’ont pas oublié ce qui s’est passé en Afghanistan, ne veulent que la Syrie se transforme en une nouvelle base takfiri agissant contre les intérêts des Occidentaux et de leurs alliés dans la région. Bien sûr, rien n’est certain, mais une Syrie très affaiblie avec Bashar toujours en place - comme l’Irak de Saddam après 1991 - pendant un processus de transition pourrait leur sembler préférable. En filigrane de tous ces développements, il y a toujours la possibilité que la Syrie n’implose et que les acteurs étrangers qui ont tout fait pour l’amener au point de non-retour en perdent le contrôle.

La dégradation de la Syrie donne un avantage incontestable aux États-Unis et à Israël. Inutile d’ajouter que ce qui est bon pour les États-Unis et Israël est toujours mauvais pour les Palestiniens. La Syrie a été l’ennemi viscéral d’Israël depuis le début. Depuis sa création, Israël a comme stratégie de faire éclater les États arabes sur des lignes sectaires et rien ne pourrait mieux lui convenir que l’explosion de l’État syrien en petites enclaves ethno-religieuses querelleuses. Quoi qu’Israël fasse au Moyen-Orient, la Palestine est le centre de gravité de sa stratégie.

Le problème central des États-Unis et de leurs alliés est la gestion de ce qui va suivre en Syrie. À un moment donné le chaos cessera de servir leurs intérêts. Dans l’abstrait, un État islamique ne leur pose aucun problème. L’Arabie saoudite, le Qatar, le Barhein sont gouvernés selon la loi islamique et sont des piliers des intérêts occidentaux au Moyen-Orient. Le gouvernement des Frères musulmans d’Égypte a montré qu’il n’avait nulle intention de malmener le navire occidental. Le Conseil de Doha est majoritairement Frère musulman. Cependant, bien qu’il soit présenté par ses sponsors comme le prochain gouvernement syrien, le Conseil de Doha a peu d’espoir de s’installer dans les bureaux du gouvernement de Damas, du moins dans ce qu’il en reste. Après avoir utilisé les gangs armés comme fer de lance, leurs soutiens étrangers, en tout cas les États-Unis, l’Angleterre, et la France sinon l’Arabie Saoudite et le Qatar, n’ont aucune envie de les laisser prendre le pouvoir pour les voir se disputer le butin. Lakhdar Brahimi a souligné que la Syrie pourrait finir comme la Somalie. Une autre possibilité est un gouvernement de style Taliban au coeur du Moyen-Orient. Mais aucune de ces alternatives ne garantirait avec certitude les intérêts des États-Unis et de leurs alliés occidentaux.

La ligne rouge que les États-Unis et leurs alliés européens ont tracée entre les groupes armés « extrémistes » et « modérés » est artificielle. Quand Obama a mis Jabhat an Nusra sur la liste des organisations terroristes affiliées à Al Qaida, le chef du Conseil de Doha, Mu’iz al Khatib, a demandé qu’elle en soit enlevée parce que son rôle dans la lutte armée était crucial. Ses atrocités ne le dérangeaient pas. Si égorger des prisonniers est un acte terroriste alors Jabhat al Nusra est sans nul doute une organisation terroriste mais d’autres groupes font exactement la même chose, y compris l’Armée libre Syrienne. Les gangs armés les plus importants ont rejeté l’autorité du Conseil de Doha et exprimé leur solidarité avec Jabhat al Nusra. Certains s’affairent déjà à poser les fondations d’un État islamique sans concession. On brandit partout le drapeau noir d’Al Qaida. Mais des « modérés », on n’en voit nulle part.

Il y a plus d’un an, la Syrie a été délibérément plongée dans une longue guerre contre des gangs armés. Depuis, la situation a métastasé bien au-delà de l’équation gouvernement autoritaire contre mouvement de protestation légitime, ou de l’équation crimes du « régime » contre crimes des gangs armés. Dans cette guerre par procuration impulsée par des gouvernements étrangers, le bien-être de la population syrienne ne pèse pas lourd. Si le peuple syrien avait la moindre importance aux yeux de ces gouvernements étrangers, ils se conduiraient différemment.

Ceux qui ont soutenu activement ou tacitement la lutte armée au nom d’une transition politique démocratique ne peuvent espérer rien de plus qu’une victoire à la Pyrrhus. La Syrie ne jouera plus aucun rôle sur la scène arabe, elle est en train d’être ruinée et détruite sous nos yeux par l’Occident et sa tactique : diviser pour régner, qui lui réussit si bien depuis 200 ans.

Texte original en anglais (22.12.2012) :  PalestineChronicle.com, 22 décembre 2012

Traduit de l’anglais pour Info-Palestine.net par Dominique Muselet (25.12.2012) :
 
* Jeremy Salt est professeur associé d’histoire politique du Moyen-Orient à l’université Bikent d’Ankara. Il a enseigné auparavant à l’université du Bosphore d’Istanbul et à l’université de Melbourne dans les facultés d’étude du Moyen Oriens et de science politique. Le professeur Salt a écrit de nombreux articles sur les problèmes du Moyen-Orient et a été journaliste pour le quotidien australien The Aga lorsqu’il résidait à Melbourne.
 

Suicide chez les Soldats israéliens et exode des cerveaux

237 soldats israéliens se sont suicidés dans la dernière décennie


24 soldats israéliens se suicident annuellement pendant leur service militaire. C’est ce qu’a révélé l’armée israélienne dans un rapport publié mercredi.

Le nombre total des soldats qui se sont suicidés dans la dernière décennie est 237 soldats. Citant une source militaire, le quotidien israélien Haaretz a fait état d’une légère diminution du nombre des soldats suicidaires.

En 2005, 36 soldats ont mis fin à leur vie, alors qu’en 2009 leur nombre a atteint les 29, et en 2011 les 21.

D’autres rapports publiés auparavant ont révélé qu’en moyenne, 40 soldats israéliens se sont suicidés entre les années 1990 et 2000.

Fuite de cerveaux : Israël tire la sonnette d’alarme

Bien que l’entité sioniste se vante d’être parmi les « pays les plus développés sur le plan scientifique », elle souffre comme les pays en voie de développement du phénomène de la fuite de cerveaux.

Selon les dernières statistiques, plus de 14 % des académiciens, titulaires de doctorat en sciences, ont quitté « Israël » ces dix dernières années. De plus, un titulaire de doctorat en mathématique sur cinq vit à l’extérieur d’Israël depuis plus de trois ans.

Des milliers d’ingénieurs sont promus chaque année des universités israéliennes, pour aller ensuite travailler en Europe ou en Amérique. Des observateurs s’alarment face à la poursuite de ce phénomène, qui constitue « un grand danger pour l’État hébreu », selon eux.

Selon ces statistiques, plus de 750000 Israéliens vivent et travaillent à l’étranger, et ce chiffre augmente chaque année. Des académiciens, des médecins, des ingénieurs et des savants font partie de ces émigrés.

Source Al Manar
 

mercredi 26 décembre 2012

Pourquoi tue-t-on aux États-Unis beaucoup plus qu’ailleurs?


« Michael Moore vient d’envoyer ce texte à sa liste (toujours à propos du massacre de Newtown). On notera que le bon Michael fait preuve d’un optimisme inébranlable, qu’il croit que certaines grandes valeurs finiront par l’emporter. Mais son constat est accablant.»  Bernard Gensane


Michael Moore
 

Après avoir regardé vendredi dernier la conférence de presse de la NRA, trompeuse et franchement dingue, il m’est apparu évident que la prophétie des Mayas s’était réalisée. À ceci près que le seul monde qui ait disparu était celui de la NRA. Son pouvoir brutal visant à déterminer la politique des armes dans notre pays, c’est terminé. Notre nation a été écœurée par le massacre du Connecticut.

Ces tueries ne vont pas cesser d’ici demain. Désolé de le dire. Mais au fond de nous-mêmes, nous savons que c’est ainsi. Ce qui ne veut pas dire qu’il faille cesser de lutter. Après tout, l’élan est de notre côté. Je sais bien que, moi y compris, nous aimerions tous voir le président et le Congrès voter des lois plus restrictives. Une interdiction des armes automatiques ET semi-automatiques est nécessaire. Ainsi que celle de chargeurs comptant plus de sept balles. Il nous faut davantage de contrôles, d’examens de santé. Nous devons également pouvoir réglementer la vente des munitions.

Mais, mes amis, autant ce que je viens de suggérer contribuera à faire baisser le nombre de morts par balle (demandez au maire de New York, cette ville où il est pratiquement impossible de s’acheter une arme de poing : le nombre de meurtres par année est tombé de 2200 à moins de 400), autant cela ne mettra pas un terme aux tueries collectives et ne résoudra pas les problèmes fondamentaux qui nous font face. Le Connecticut avait l’un des arsenaux législatifs les plus contraignants en la matière.

Cela n’a pas empêché l’assassinat de vingt enfants en bas âge ce 14 décembre.

Concernant Newton, soyons clairs : le tueur avait un casier judiciaire vierge et n’avait jamais été référencé chez un marchand d’armes. Toutes les armes qu’il a utilisées avaient été achetées légalement. Le tueur avait certainement des problèmes psychiques, sa mère avait tenté de l’aider, mais sans résultat. Concernant les mesures de sécurité, l’école de Sandy Hook avait été fermée à double tour AVANT l’arrivée du tueur ce matin-là. Des exercices de simulation avaient eu lieu pour prévenir un tel épisode.

Il y a un petit point bien embêtant que nous les progressistes ne voulons pas aborder : le tueur ne mit un terme à son massacre que quand il vit les flics grouillant dans l’enceinte de l’école, donc quand il perçut des hommes armés. C’est alors qu’il arrêta le massacre et se supprima; ces policiers en armes empêchèrent 20, 40 ou 100 morts. Parfois, les flingues, ça marche. Cela dit, il y avait un shérif adjoint à Columbine le jour du massacre et il ne put rien empêcher.

Je suis navré de soumettre ces éléments dans notre combat pour un changement radical de la législation sur les armes, une nouvelle législation nécessaire, mais plutôt cosmétique.

Nos dirigeants approuvent et perpétuent des actions violentes à des fins la plupart du temps immorales. Nous envahissons des pays qui ne nous ont pas attaqués. Nous utilisons régulièrement des drones dans une demi-douzaine de pays, en tuant souvent des civils. Pas vraiment de quoi être surpris puisque notre nation est née d’un génocide et qu’elle a été construite grâce à la sueur des esclaves. La Guerre de Sécession à fait 620 000 mort parmi nous. Nous avons « apprivoisé » le Far West avec le pistolet à six coups; nous avons violé, battu et tué nos femmes, sans merci, à un rythme sidérant : toutes les trois heures, une femme est assassinée aux États-Unis, une fois sur deux par son compagnon ou par un ex; une femme est violée toutes les trois minutes dans notre pays; une femme est battue toutes les quinze secondes.

Notre pays appartient à ce groupe illustre de nations (Corée du Nord, Arabie Séoudite, Chine, Iran) qui applique toujours la peine de mort. Nous n’avons que faire des dizaines de milliers de nos concitoyens qui meurent chaque année parce qu’ils n’ont pas de couverture sociale ou parce qu’ils n’ont pas accès à un médecin.

Pourquoi faisons-nous cela? Une réponse simple est : parce qu’on le peut. Chez nous qui sommes aussi des gens animés de sentiments amicaux, il y a un degré d’arrogance qui nous pousse à croire bêtement qu’il y a quelque chose d’exceptionnel en nous qui nous différencions des « autres » pays. Il y a beaucoup de bonnes choses chez nous; il en va de même en Belgique, en Nouvelle-Zélande, en France, en Allemagne, etc.

Nous pensons que nous sommes nº 1 dans tous les domaines alors que nos étudiants sont les 17es en sciences, les 25es en mathématiques et que notre espérance de vie est la 35e au monde. Nous croyons que nous sommes la plus grande démocratie de la planète alors que notre taux de participation aux élections est le plus bas de toutes les démocraties occidentales. Nous sommes les plus forts et les meilleurs dans tous les domaines et nous exigeons et prenons tout ce que nous voulons.

Parfois, nous devons nous conduire comme des f** de p** (fils de putes) pour obtenir tout cela. Mais si l’un de nous pète les plombs et révèle la nature totalement psychotique et les conséquences brutales de notre violence à Newton, à Aurora ou à Virginia Tech, alors nous sommes « tristes », « nos sentiments vont aux familles des victimes » tandis que nos présidents promettent « des mesures significatives ». Peut-être que le président actuel est sincère cette fois. Il vaudrait mieux. Des millions de personnes en colère ne vont pas lâcher le morceau.

Je demande respectueusement que nous nous arrêtions un instant pour réfléchir à ce qui me semble être les trois circonstances atténuantes qui peuvent nous aider à comprendre pourquoi les Américains sont le peuple le plus violent de la terre :

1) LA PAUVRETE

S’il y a une chose qui nous différencie du reste du monde développé, c’est que 50 millions de nos concitoyens vivent dans la pauvreté. Un Étatsunien sur cinq souffre de la faim au moins une fois par an. La majorité de ceux qui ne sont pas pauvres n’ont plus rien à la fin du mois. À l’évidence, ceci engendre de plus en plus de comportements délictueux. Les emplois du type de ceux de la classe moyenne préviennent le crime et la violence. Si vous ne croyez pas à cela, posez-vous simplement la question suivante : si mon voisin a un vrai boulot et gagne 50 000 dollars par an, y a-t-il un risque qu’il pénètre chez moi par effraction, qu’il me tue et embarque ma télé? Bien sûr que non.

2) LA PEUR, LE RACISME

Nous sommes un peuple extrêmement peureux, si l’on veut bien considérer que, contrairement à la plupart des nations, nous n’avons jamais été envahis (non, 1812 ne fut pas une invasion, c’est nous qui avons commencé). Pourquoi diable avons-nous besoin de 300 millions d’armes chez nous? Je comprends que les Russes puissent avoir un peu les jetons puisque 20 millions d’entre eux sont morts pendant le Deuxième Guerre mondiale. Mais quelle est notre excuse? A-t-on peur que les Indiens qui travaillent dans les casinos reprennent le sentier de la guerre? On a peur que les Canadiens rachètent trop de cafétérias Tim Horton des deux côtes de la frontière?

Non. La raison est que trop de Blancs ont peur des Noirs. Un point c’est tout. La grande majorité des armes sont achetées par des Blancs qui vivent dans les banlieues résidentielles ou à la campagne. Quand nous fantasmons que nous allons être victimes d’une agression ou d’un bris de clôture, quelle image de l’agresseur construisons-nous dans nos têtes? Le môme à tache de rousseur de la maison d’à côté ou quelqu’un qui, s’il n’est pas noir, est à tout le moins pauvre?

Il serait bon de a) faire de notre mieux pour éradiquer la pauvreté et reconstruire la classe moyenne d’antan, et b) d’arrêter de promouvoir l’image du Noir croquemitaine qui sort de chez lui pour nous taper dessus. Calmez-vous les Blancs et débarrassez-vous de vos flingues.

3) LA SOCIETE DU « MOI-JE »

C’est cette éthique du chacun-pour-soi qui nous a mis dans une telle panade, et là est notre délitement. Je me débrouille par mes propres moyens! C’est pas votre problème! C’est le mien!

Assurément, nous ne sommes plus les gardiens de nos frères et de nos sœurs. Vous tombez malade et vous ne pouvez pas payer l’opération? Pas mon problème. La banque a saisi votre maison? Pas mon problème. Vous ne pouvez pas aller en fac? Pas mon problème.

Et pourtant, un jour ou l’autre, cela devient notre problème, n'est-ce pas? Enlevez trop de filets de protection et tout le monde finit par en ressentir l’effet. Vous voulez vivre dans ce type de société, une société où vous aurez à bon droit raison d’avoir peur? Je ne le crois pas.

Je ne dis pas qu’ailleurs ce soit parfait, mais j’ai constaté, au cours de mes voyages, que d’autres pays civilisés estiment que s’occuper de tous et de chacun bénéficie à l’ensemble du pays. Des soins gratuits, des droits universitaires gratuits ou peu élevés, une assistance aux malades mentaux. Et je me pose la question : pourquoi nous, ne pouvons-nous pas réaliser cela? Parce que dans de nombreux autres pays les gens ne se perçoivent pas comme des entités individuelles et solitaires, mais comme les membres d’un groupe, sur le chemin de la vie, chacun existant comme la partie d’un tout. On aide les nécessiteux, on ne les punit pas parce qu’ils ont joui de malchance ou parce qu’ils sont dans une mauvaise passe.

J’en viens à croire que la raison pour laquelle les meurtres par balle dans les autres pays sont si rares est que leurs citoyens ne sont pas affligés de la mentalité du loup solitaire. La plupart ont reçu durant leur éducation le sens du lien, voire d’une solidarité totale. Difficile alors de se tuer les uns les autres.

Voilà quelques réflexions avant de partir en vacances. N’oubliez pas de saluer votre beauf (Petit-bourgeois aux idées étroites et bornées) de droite pour moi. Même lui vous dira que si vous n’êtes pas capable de gauler un daim en trois balles, et que vous estimez qu’il vous en faut trente, vous n’êtes pas un vrai chasseur, mon pote, et vous n’avez aucun droit à posséder une arme.
 

ISM-France vous souhaite de joyeuses fêtes (vidéo)

International Solidarity Movement -FRANCE VOUS SOUHAITE DE JOYEUSES FETES
avec, en cadeau, une belle chanson palestinienne.



Rions un peu avec Julie Caron (vidéo)

Grand rire de Québec 2010


mardi 25 décembre 2012

La guerre contre la drogue n’est qu’une farce

 
 « Si vous avez déjà été arrêté pour une affaire de drogues, si vous avez déjà passé ne serait-ce qu’une nuit en prison pour la possession d’une dose de marijuana ou de « matériel destiné à la consommation de la drogue » dans votre sac de sport, le ministre de la Justice et vieux copain de Bill Clinton, Lanny Breuer, a un message pour vous : allez vous faire foutre.

La plupart des gens savaient déjà. C’est désormais officiel.
Le scandaleux arrangement financier avec la Banque HSBC prouve que la guerre contre la drogue n’est qu’une farce. (Rolling Stone)

Matt Taibbi

Lanny Breuer, Ministère de la Justice US.
Si vous avez déjà été arrêté pour une affaire de drogues, si vous avez déjà passé ne serait-ce qu’une nuit en prison pour la possession d’une dose de marijuana ou de « matériel destiné à la consommation de la drogue » dans votre sac de sport, le ministre de la Justice et vieux copain de Bill Clinton, Lanny Breuer, a un message pour vous : allez vous faire foutre.

Cette semaine Breuer a signé avec le géant bancaire HSBC un accord qui constitue l’insulte suprême à tous les gens ordinaires qui ont vu leurs vies basculer à la suite d’une affaire de drogue. Malgré que HSBC ait avoué le blanchiment de milliards de dollars des cartels de la drogue colombiens et Mexicains (entre autres) et la violation de toute une série de lois importantes sur les pratiques bancaires, Breuer et le Ministère de la Justice US ont choisi de ne pas poursuivre la banque, optant pour la signature d’un accord historique de 1,9 milliard de dollars, ce qu’un commentateur a fait remarquer est l’équivalent de cinq semaines de chiffre d’affaires de la banque.

Les transactions de blanchiment étaient menées si ouvertement qu’elles auraient probablement pu être repérées depuis l’espace. Breuer a admis que les trafiquants de drogue se présentaient dans les filiales mexicaines de HSBC et « déposaient des centaines de milliers de dollars en espèces, en une seule journée, sur un seul compte, en utilisant des boites fabriquées expressément pour passer par les trous dans les fenêtres des guichets ».

Cela vaut la peine d’être répété : pour déposer efficacement autant d’argent sale que possible dans une banque « sérieuse » comme la HSBC, les trafiquants de drogues avaient expressément fait fabriquer des boites pour passer par les fenêtres des guichets. Même les hommes de Tony Montana (personnage du film Scarface, NDT) qui transportaient des sacs remplis de billets vers une « American City Bank » imaginaire à Miami étaient plus subtils que les cartels qui blanchissaient leur argent via une des institutions financières les plus respectées de Grande-Bretagne
 
   
Sans être explicite, le raisonnement du gouvernement US derrière l’abandon de poursuites contre la banque est apparemment basé sur le risque que l’emprisonnement pour trafic de drogue des dirigeants d’une « importante institution charnière » pourrait menacer la stabilité du système financier. Le New York Times l’exprime ainsi :

« Les autorités fédérales et centrales ont choisi de ne pas inculper HSBC, une banque basée à Londres, pour une vaste opération de blanchiment qui durait depuis longtemps, par crainte que les inculpations ne déstabilisent la banque et, par conséquent, ne mettent en danger tout le système financier ».

Pas besoin d’être un génie pour comprendre qu’un tel raisonnement est totalement faussé. Lorsqu’on prend la décision de ne pas poursuivre des banquiers pour des crimes qui se chiffrent en milliards de dollars et en relation avec le trafic de drogue et le terrorisme (certains des clients Saoudiens et Bengalis de HSBC ont des liens avec le terrorisme, selon une enquête du Sénat), ceci n’a pas pour effet de protéger le système bancaire, mais tout le contraire. Elle terrifie tous les investisseurs et épargnants en donnant l’impression que même les banques les plus « réputées » peuvent en réalité être instrumentalisées par des dirigeants qui se mettent au service (on ne le répétera jamais assez) d’assassins et de terroristes. Plus choquant encore, la réaction du Ministère de la Justice en apprenant cette affaire a été de faire exactement la même chose que les cadres de HSBC faisaient avant de se faire prendre : accepter de l’argent en échange de son silence.

Ils se sont non seulement vendus aux trafiquants de drogue, mais l’ont fait pour une somme modique. On va entendre l’administration Obama cette semaine se vanter comment elle a infligé une amende record à HSBC, mais ce sera une plaisanterie. Certaines amendes vont vous faire littéralement exploser de rire. Voici un extrait du communiqué de Breuer :

« En conclusion de l’enquête gouvernement, HSBC a… « récupéré » en différent les primes de certains de ses plus hauts dirigeants américains des services juridiques et de lutte contre le blanchiment, et a accepté de différer partiellement les primes de ses plus hauts dirigeants pendant une période de cinq ans. »

Wouaaah... Ainsi, les dirigeants qui ont passé des décennies à blanchir des milliards de dollars verront leurs primes partiellement différées pendant cinq ans ? Vous vous foutez de nos gueules? C’est ça, la punition? Les négociateurs du gouvernement n’ont pas pu faire preuve de fermeté et obliger les dirigeants de HSBC à abandonner totalement leurs primes imméritées? Ils ont dû négocier un paiement différé « partiel »? Chaque procureur digne de ce titre aux États-Unis doit être en train de vomir ses tripes devant une telle négociation. Quelle était donc l’offre initiale du Ministère de la Justice – que les dirigeants limitent leurs vacances aux Caraïbes à neuf semaines par an?

On peut se poser la question, quelle est l’amende appropriée pour une banque telle que HSBC? Quelle est la somme qu’il faut soutirer à une société qui a éhontément tiré profit de ses affaires avec des criminels pendant des dizaines d’années? N’oublions pas que nous avons affaire à une société qui a avoué toute une série de délits bancaires graves. Le procureur les tient par les couilles. Alors, quelle est la somme qu’il faudrait leur infliger ?

Pourquoi ne pas prendre tout? Pourquoi ne pas saisir jusqu’au dernier centime gagné par la banque depuis le début de ses activités illégales? Que diriez-vous de vous pencher sur chaque compte de chaque dirigeant concerné par cette affaire et confisquer toutes les primes qu’il a jamais gagnées? Saisissez ensuite leurs maisons, leurs voitures, leurs tableaux achetés aux enchères chez Sotheby, leurs vêtements, toute la petite monnaie qui traîne, absolument tout. Prenez tout et n’y réfléchissez pas à deux fois. Ensuite, vous les jetterez en prison.

Ça vous paraît sévère? Le seul problème est que c’est exactement ce qui arrive aux gens ordinaires lorsqu’ils sont pris dans une affaire de drogue.

Il serait intéressant, par exemple, de demander aux habitants de Tenaha, Texas, ce qu’ils pensent de l’accord passé avec la HSBC. C’est la ville où la police locale contrôlait régulièrement les automobilistes (en majorité noire) et, lorsqu’ils trouvaient de l’argent, leur offrait l’alternative suivante : ils pouvaient soit laisser la police saisir leur argent, soit être accusés de blanchiment et de trafic de drogues.

Nous pourrions poser la question à Anthony Smelley, de l’Indiana, qui a obtenu une indemnisation de 50.000 dollars pour un accident de la route et qui transportait environ 17.000 dollars de cette somme lorsqu’il a été arrêté. Les flics ont fouillé son véhicule et ont fait intervenir des chiens renifleurs : les chiens ont donné l’alerte à deux reprises. Aucune drogue n’a été trouvée, mais la police a quand même confisqué l’argent. Même après que Smelley ait présenté les documents pour prouver d’où venait l’argent, les officiels de Putnam County ont tenté de garder l’argent en arguant qu’il aurait pu utiliser cet argent pour acheter de la drogue dans le futur.

Non, ce n’est pas une blague. Ça arrive tout le temps, et il arrive même que le propre ministère de la Justice de Lanny Breuer soit de la partie. Pour la seule année de 2010, le Ministère public a déposé près de 1,8 milliard de dollars dans les comptes du gouvernement provenant de saisies, la plupart en relation avec la drogue. Voici les propres statistiques du Ministère :

Aux États-Unis, si vous êtes contrôlé en possession d’une somme d’argent et que le gouvernement pense qu’il peut s’agir d’argent de la drogue, l’argent sera saisi et servira dés le lendemain à acheter un tout nouveau véhicule de service au Shériff ou Chef de Police local.

Et ça, c’est uniquement la cerise sur le gâteau. Si vous êtes connecté d’une manière ou d’une autre avec la drogue, le véritable prix que vous aurez à payer est une amende outrageusement exorbitante. Ici à New York, un procès sur sept est une affaire de marijuana.

L’autre jour, alors que Breuer annonçait sa petite remontrance contre les blanchisseurs d’argent de la drogue les plus prolifiques du monde, j’étais dans un tribunal à Brooklyn en train d’observer comment ils traitaient les gens. Un avocat de la défense a expliqué l’absurdité des arrestations pour drogue dans cette ville. En fait, à New York, les lois sur la drogue sont relativement tolérantes en ce qui concerne l’herbe – la police n’est pas censée vous arrêter en cas d’usage privé. Alors comment fait la police pour contourner le problème et procéder à 50.377 arrestations par an, uniquement dans cette ville? (chiffres de 2010; en 2009, le nombre était de 46.492)

« Ce qu’ils font, c’est qu’ils vous arrêtent dans la rue et vous demandent de vider vos poches » a expliqué l’avocat. « Au moment même où une pipe ou un brin d’herbe sort de votre poche... boom, ça se transforme en usage public. Et ils vous arrêtent. »

Les personnes passent des nuits en prison, ou pire. À New York, même s’ils vous relâchent après une courte peine pour un délit, vous devez payer 200 $ et subir un prélèvement de votre ADN – qu’il faudra payer aussi (50 $ de plus). Cela dit, il ne faut pas chercher bien longtemps pour trouver des affaires où des peines draconiennes, stupides, sont infligées pour des affaires de drogue non violentes.

Demandez à Cameron Douglas, le fils de Michael Douglas, qui s’est vu infliger une peine de 5 ans de prison pour simple possession. Ses geôliers l’ont maintenu en isolement 23 heures par jour pendant 11 mois et ont refusé les visites d’amis ou de proches. Le détenu typique pour une affaire de drogue non violente n’est pas le fils blanc d’une célébrité, mais généralement un usager appartenant à une minorité et qui reçoit des peines bien plus lourdes que les gosses de riches pour les mêmes délits – on se souvient tous de la controverse de crack-contre-cocaïne lorsque les instructions délivrées par les autorités fédérales et nationales faisaient que les usagers de crack (la plupart issus des minorités) se voyaient infliger de peines pouvant aller jusqu’à 100 fois celles infligées aux usagers de cocaïne, à majorité blanche.

Une telle partialité institutionnelle constituait un scandale raciste, mais cet accord avec HSBC vient de tout balayer. En abandonnant des poursuites contre des blanchisseurs majeurs d’argent de drogue sous prétexte (prétexte totalement absurde, soi-dit en passant) que leur inculpation pourrait mettre en péril le système financier mondial, le gouvernement vient d’officialiser le deux-poids deux-mesures.

À présent ils disent que si vous n’êtes pas un rouage important du système financier global, vous ne pourrez pas vous en tirer, pour quoi que ce soit, même une simple possession. Vous serez emprisonné et tout l’argent qu’ils trouveront sur vous sera confisqué sur le champ et servira à l’achat de nouveaux joujoux pour la GIGN locale qui sera déployée pour défoncer des portes des maisons où vivent d'autres, économiquement insignifiants, dans votre genre. En d’autres termes, si vous n’avez pas un job essentiel au système, le gouvernement considère que vos biens peuvent être confisqués et employés à financer l’appareil de votre répression.

D’un autre côté, si vous êtes quelqu’un d’important, et que vous travaillez pour une grosse banque internationale, vous ne serez pas poursuivi même si vous blanchissez neuf milliards de dollars. Même si vous êtes activement complice avec des gens placés au sommet du trafic international de drogues, votre punition sera de loin plus légère que celle d’une personne placée tout en bas de la pyramide. Vous serez traité avec plus de respect et de compréhension qu’un junkie affalé sur les banquettes du métro à Manhattan (occuper deux sièges constitue un délit dans cette ville). Un trafiquant de drogue international est un criminel et généralement aussi un assassin; un drogué qui marche dans la rue est une de ses victimes. Mais grâce à Breuer, nous sommes officiellement passés à une politique d’emprisonnement des victimes et de tolérance envers les criminels.

Nous touchons le fond du fond. Cela n’a aucun sens. Il n’y a aucune raison qui justifierait que le Ministère de la Justice n’arrête pas toutes les personnes chez HSBC impliquée dans le trafic, les inculpe pour crimes, et fasse appel aux organismes de contrôle pour assurer la continuité de l’activité de la banque pendant la période de transition. Il s’avère que la HSBC a dû procéder au remplacement de pratiquement tous ses hauts dirigeants. Les coupables n’étaient donc apparemment pas si indispensables que ça à la bonne marche de l’économie mondiale.

Il n’y a donc aucune raison pour ne pas les inculper. Le fait qu’ils ne le soient pas est un signe de lâcheté et de corruption pure et simple, et rien d’autre. En approuvant cet accord, Breuer a détruit toute l’autorité morale du gouvernement pour poursuivre quiconque dans une affaire quelconque de drogue. La plupart des gens savaient déjà que la guerre contre la drogue n’est qu’une farce. C’est désormais officiel.
 
Traduction « lorsqu’on disait bankster, on ne croyait pas si bien dire » par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et lignes de coke habituelles.

dimanche 23 décembre 2012

Gaza : La « Communauté internationale » et ses mensonges

de Felicity Arbuthnot *
 
On a entendu les mêmes mots : « précision extrême », « frappe chirurgicale ». Il y a eu les mêmes « inévitables erreurs tragiques », « bévues », « efforts scrupuleux pour éviter », etc. Bla, bla, bla...
 
 Mais comme a dit le colonel anglais Richard Kemp, en parlant de la 1400e victime du massacre de Noël et nouvelle année 2008-09 à Gaza : « Les erreurs ne sont pas des crimes de guerre ».

Colonel Kemp
Le colonel Kemp qui a des liens impeccables avec les services secrets anglais, a, depuis Jérusalem, prononcé à la BBC des paroles tout aussi sanguinaires, le 21 novembre, à propos des dernières 24 heures de bombardement de la minuscule bande Gaza emmurée où la moitié des habitants sont des enfants. Mais le Colonel Kemp a assisté à de nombreux carnages au cours de sa vie, depuis Belfast jusqu’aux Balkans, en passant par l’Irak, l’Afghanistan et ailleurs. Il semble qu’à force, les morts et les estropiés fassent partie de la routine.

En huit jours, l’assaut — à coup d’attaques impitoyables contre des familles qui n’avaient nulle part où se cacher — a fait 163 morts palestiniens. Il y a eu 993 blessés. 865 maisons ont été détruites ou endommagées.

6 centres de santé ont été endommagés ainsi que 30 écoles, 2 universités, 15 bureaux d’ONG, 27 mosquées, 14 bureaux des médias, 11 usines, 81 magasins et un centre de distribution de nourriture de l’UNRWA (United Nations Relief and Works Agency).

Et aussi, 7 bureaux de ministères, 14 postes de police ou des forces de sécurité, 5 banques et deux maisons de la jeunesse. Le complexe sportif où les athlètes palestiniens des jeux olympiques et paralympiques s’étaient entraînés pour les Jeux olympiques de Londres en 2012 est en ruines de même que le beau et combien nécessaire ministère de l’Intérieur.

Le 20 novembre, Journée universelle des Enfants, une frappe aérienne a détruit le jardin d’enfants Al Bajan, financé et géré par Oxfam, et endommagé le jardin d’enfants Al Housna. Sara Almer de Oxfam a déclaré que plus de 150 enfants fréquentent ces écoles. « Les enfants sont indemnes, mais les bâtiments et les cours de récréation sont en ruines. » Ici, « Les enfants sont déjà profondément traumatisés... »

C’est à cause de la dévastation provoquée par l’« Operation Cast Lead » (27 décembre 2008-17 janvier 2009) qu’Oxfam a construit cette école et a aussi remis en état l’arrivée d’eau et les installations sanitaires qui viennent d’être à nouveau détruites.

Il manque 250 écoles à Gaza, selon cette organisation — et comme il est interdit d’y importer du matériel de construction, les 32 écoles supplémentaires et les 2 universités qui viennent d’être endommagées ne seront pas reconstruites ni d’ailleurs rien d’autre.

Ironiquement, le jour où les jardins d’enfants ont été détruit, le Secrétaire Général de l’ONU avait annoncé que l’ONU lançait un nouveau projet, « L’éducation d’abord » en l’honneur de la Journée universelle des Enfants. Cette journée commémore l’adoption de la Déclaration de l’ONU sur les Droits des Enfants de 1959 et de la Convention de l’ONU des Droits des Enfants de 1989. La Convention de 1989 est entrée en application le 2 septembre 1990, moins d’un mois après le début de l’embargo de l’ONU contre l’Irak qui interdisait de vendre à ce pays même le lait pour les bébés.

« Les enfants... ont besoin de soins attentifs et d’une protection toute particulière et ils doivent même pouvoir bénéficier de protection légale avant comme après leur naissance », lit-on dans le préambule de ce beau document.

Les jumeaux de 4 ans, Suhaib et Muhammed Hijazi, ne sauront jamais que, selon l’ONU, ils avaient le droit « d’être protégés. » Ils ont été tués quand leur maison a été bombardée juste avant l’aurore du Jour universel des Enfants. Leurs parents, Fouad et Amna sont morts à l’hôpital.

Saraya, 18 mois, ne pourra pas non plus lire ces belles paroles. Elle est morte d’une crise cardiaque, de terreur littéralement, sous les bombardements.

Gilad Sharon
Au moment où les lumières s’éteignaient dans les hôpitaux de Gaza parce qu’on avait plus de carburant pour les générateurs, Gilad Sharon — le plus jeune fils de l’ancien premier ministre Ariel Sharon, 84 ans, qui bénéficie des excellents services de santé israéliens et est médicalement assisté depuis 2006 — a déclaré :
« Il faut raser des quartiers entiers de Gaza. Raser Gaza tout entier. Les Américains ne se sont pas arrêtés après Hiroshima — les Japonais ne se rendaient pas assez vite, alors ils ont aussi bombardé Nagasaki. »

Le ministre l’Intérieur israélien, Eli Yishai, a dit que le but de l’attaque était de « ... renvoyer Gaza au Moyen Age. »

La Palestine n’a pas d’armée, ni de Marine, ni d’armement lourd. Israël est une puissance nucléaire non déclarée qui est considérée comme la 4e puissance militaire mondiale.

Gaza était, bien sûr, bombardée par des F-16 et autres armes fournis par les Étasuniens. Mais le 22 novembre, pendant que les Gazaouis, endeuillés, pleuraient, les Étasuniens se réjouissaient, mangeaient de la dinde, et priaient pour leurs repas de fête de Thanksgiving (journée d’Action de grâce).

Ce qu’ils devraient plutôt faire; dans toutes les villes, c’est brûler la Déclaration et la Convention de l’ONU sur les Droits des Enfants, la Déclaration de l’ONU sur les Droits humains, la Convention de Genève, les Principes de Nuremberg, et faire un grand feu de tous ces mots qui ne servent à rien puisqu’ils ne peuvent ni empêcher ni dissimuler la barbarie et l’inhumanité internationale, oui, faire un énorme feu de joie pour éclairer le mensonge et l’hypocrisie meurtriers des « États démocratiques " autoproclamés.

Felicity Arbuthnot
The Palestine Chronicle, 24 novembre 2012.

Source Silvia Cattori

* Felicity Arbuthnot est une journaliste spécialiste de l’Irak. Elle a écrit avec Nikki van der Gaag, "Baghdad" dans la série des Grande Villes de World Almanac books. Elle a aussi été responsable de la recherche pour deux documentaires sur l’Irak qui ont obtenu des prix, Paying the Price : Killing the Children of Iraq de John Pilger et Returns que Denis Halliday a réalisé RTE (Irlande).

P/S Une réponse au sioniste québécois David Ouellette