jeudi 31 janvier 2013

Les sortilèges des médias et des intellectuels sur la guerre en Syrie

Aider les « insurgés » malgré leurs crimes!
Par Fida Dakroub

Généralités
 
Nous avons prédit aux rebelles syriens ce qui les attendait si leur « Sainte-Révolution » triomphait : un pourboire et des coups de pied.

Nous nous sommes trompés. Le conflit n’a pas encore pris une tournure décisive que les rebelles syriens reçoivent des coups de pied de l’armée syrienne, sans en recevoir de pourboire de leurs patrons atlantiques et arabiques.

En ce qui concerne les coups de pied, la « Grande bataille de Damas » s’est finie en une grande défaite des rebelles, alors que des milliers parmi eux ont péri dans les derniers affrontements, et l’armée syrienne s’est avancée vers leurs bastions à Daria et a détruit leurs arrières-rangs, sécurisant ainsi la capitale Damas.

Quant au pourboire, le président américain Barack Obama a avoué, récemment, une certaine hésitation quant à savoir si les États-Unis doivent, ou ne pas, intervenir en Syrie. Il a expliqué être « aux prises » avec cette décision; sans donner de réponse [1] !

Les différents discours sur le conflit syrien

Dès le premier jour de la crise syrienne, la propagande atlantique impérialiste et celle arabique réactionnaires présentaient le conflit en Syrie comme conflit entre régime et opposition, ou comme conflit de pouvoir. Beaucoup d’écrivains, d’intellectuels, d’artistes et de journalistes se précipitèrent délibérément pour réserver leur place dans le train de la campagne médiatique contre la Syrie. Parmi eux, nous trouvions des noms célèbres de l’intelligentsia arabe et occidentale. Des poètes, des romanciers, des artistes, des chanteurs, des musiciens, des académiques, des professeurs, des hommes de droit, mais aussi des médiums, des charlatans, des clairvoyants, des faquirs, des prophètes, des derviches et des ensorceleurs, tout eut écrit des milliers d’analyses et de critiques, d’enquêtes et de reportages sur la prétendue « révolution syrienne »; ceci entraîna d’abord la métamorphose de la soi-disant « révolution » en la Sainte-Révolution syrienne, puis son élévation au rang des Archanges, enfin son apothéose pour ainsi dire en l’Âme éternelle de toutes les révolutions sociales de l’histoire humaine, depuis la Révolte des Esclaves de Spartacus, en 109 – 71 (av. È.C.), jusqu’à la Révolution des Roses de monsieur Saakachvili, en 2003 (É.C.) !

Quelle farce! Quelle misère!

Parmi ce groupe de faquirs et de derviches, nous trouvions des noms célèbres tels que Christophe Barbier, Alain Gresh et Bernard-Henri Lévi, des figures héroïques dans le Sefer [2] de la campagne médiatique contre la Syrie.

Parallèlement à ce groupe se formait un autre dont les membres, étant tombés victimes de la propagande impérialiste contre la Syrie, se furent mis à l’écart et eurent observé le silence et la neutralité. Parmi ceux-ci, nous distinguions deux sous-groupes : ceux qui préférèrent la neutralité parce qu’ils étaient éblouis et brouillés par la propagande impérialiste, et ceux qui la choisirent parce qu’ils attendaient que la poussière des combats entre l’armée syrienne et les groupes armés s’écartât.

Face à ces deux groupes se démarquaient ceux qui, dès le début de la guerre impérialiste, se précipitèrent pour défendre la Syrie, pour décortiquer et contrecarrer la propagande atlantique et arabique réactionnaire, pour redresser la vision de l’opinion publique vers la boussole qu’est toujours la résistance face à l’impérialisme, pour démasquer enfin ces loups qui se prenaient et que l’on prenait pour des moutons; pour montrer que leurs bêlements ne faisaient que répéter, dans un langage de « démocratie » et de « droits de l’homme », le discours idéologique des puissances impérialistes; pour montrer aussi, dans un autre domaine, que les fanfaronnades des hâbleurs du prétendu « Printemps arabe », réduits en une bande de « vicaires » aux grands salons de la Sainte-Alliance, ne faisaient que refléter des actes dérisoires des échecs continus de la guerre impérialiste contre la Syrie. Il était du devoir des membres de ce groupe de montrer que le conflit fut en effet « entre la patrie et ses ennemis, entre le peuple et les tueurs criminels, entre le citoyen, son pain, son eau, son réchauffement, et celui qui les en privait, et entre la sécurité et la peur [3] », comme l’expliqua bien le président Assad.

Les sortilèges de monsieur Jean-Baptiste Jeangène Vilmer

Dans un de ses numéros, Le Devoir, un journal prestigieux au Québec, publia un article écrit par monsieur Jean-Baptiste Jeangène Vilmer [4], dénonçant, comme il nous fit croire au début, les crimes contre l’humanité commis, selon lui, par les deux parties du conflit syrien, les « insurgés » et le régime. Jusqu’à ce point, nous demeurâmes affriolés par les bonnes intentions de monsieur Vilmer ainsi que par sa bienséance; et il ne nous resta qu’à réclamer, avec monsieur Pangloss, que « tout allait bien dans le meilleur des mondes possibles [5] ».

Or, en dépit de cet optimisme candide au départ, il fallut, à la fin, ajouter le nom de monsieur Vilmer au premier groupe mentionné ci-devant, car monsieur Vilmer eut fabriqué dans son article intitulé « Lutter avec des monstres sans en devenir un soi-même » [6], grâce à une formule alchimique, une certaine justification sous-entendue des actes de barbarie et de terreur, des massacres et des carnages systématiques menés par les mousquetaires de la Sainte-Révolution syrienne contre leurs adversaires, civils ou militaires; et cela, sous prétexte qu’« en Syrie, malgré leurs crimes, les insurgés sont un moindre mal, et il faut les aider [7] ».

Quel argument! Quelle synthèse!
Bravo Vilmer ! Félicitations al-Qaïda !

La suite de l'article ICI Mondialisation

Notes

[1]Le Point. (28 janvier 2013). « Syrie: l’opposition réclame de l’aide et des armes ». Récupéré le 29 janvier 2013 de
 
[2] Livre, en hébreu dans le texte.
 
[3] Agence SANA. (6 janvier 2013). « Le président al-Assad lance une solution politique de la crise à trois étapes et affirme que la Syrie redeviendra plus forte et jamais concédant ni principes ni droits ». Récupéré le 25 janvier 2013 de

http://www.sana-syria.com/fra/51/2013/01/06/460573.htm
 
[4] Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, enseignant à l’Université McGill en droit et membre associé de la Chaire Raoul-Dandurand à l’UQAM.
 
[5] « Que tout va bien dans le meilleur des mondes possible », une phrase célèbre de monsieur Pangloss dans « Candide ou l’Optimisme » de Voltaire.
 
[6] Jeangène Vilmer, Jean-Baptiste. (19 novembre 2012). « Lutter avec des monstres sans en devenir un soi-même ». Publié dans Le Devoir. Récupéré le 26 janvier 2013 de

http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/364283/lutter-avec-des-monstres-sans-en-devenir-un-soi-meme
 
[7] loc. cit.

L’aviation israélienne aurait mené une opération à la frontière libano-syrienne

Damas affirme qu’un centre de recherche a été bombardé. Le Liban dit que 18 avions israéliens ont survolé son territoire.

Source : Le Devoir

mercredi 30 janvier 2013

La reconquête de l’Afrique

Par Manlio Dinucci


Au moment même où le président démocrate Obama réaffirmait dans son discours inaugural que les États-Unis, « source d’espoir pour les pauvres, soutiennent la démocratie en Afrique », de gigantesques avions étasuniens C-17 transportaient des troupes françaises au Mali, où Washington a installé au pouvoir l’an dernier le capitaine Sanogo, entraîné aux USA par le Pentagone et par la CIA, en aiguisant les conflits internes. La rapidité avec laquelle a été lancée l’opération, officiellement pour protéger le Mali de l’avancée des rebelles islamistes, démontre que celle-ci avait été planifiée depuis longtemps par le socialiste Hollande.

La collaboration immédiate des États-Unis et de l’Union européenne, qui a décidé d’envoyer au Mali des spécialistes de la guerre avec des fonctions d’entraînement et de commandement, démontre que l’opération avait été planifiée conjointement à Washington, Paris, Londres et dans d’autres capitales. Les puissances occidentales, dont les groupes multinationaux rivalisent entre eux pour s’accaparer les marchés et les sources de matières premières, se compactent quand leurs intérêts communs sont en jeu. Comme ceux qui en Afrique sont mis en péril par les soulèvements populaires et par la concurrence chinoise. Le Mali, un des pays les plus pauvres du monde (avec un revenu moyen par habitant 60 fois inférieur à celui des Italiens, et plus de la moitié de sa population sous le seuil de pauvreté), est très riche en matières premières : il exporte de l’or et du coltan, dont les gains finissent cependant dans les poches des multinationales et de l’élite locale. Pareil au Niger voisin, encore plus pauvre (avec un revenu par habitant 100 fois inférieur à l’italien) bien qu’il soit un des pays les plus riches en uranium, dont l’extraction et l’exportation sont aux mains de la multinationale française Areva. Ce n’est pas un hasard si Paris, en même temps que l’opération au Mali, a envoyé des forces spéciales au Niger. Situation analogue au Tchad, dont les riches gisements pétrolifères sont exploités par l’Étasunienne Exxon Mobil et d’autres multinationales (mais des compagnies chinoises sont aussi en train d’arriver) : ce qui reste des profits va dans la poche des élites locales. Pour avoir critiqué ce mécanisme, l’évêque combonien (ordre religieux missionnaire italien, NdT) Michele Russo avait été expulsé du Tchad en octobre dernier. Niger et Tchad fournissent aussi des milliers de soldats, qui, sous commandement français, sont envoyés au Mali pour ouvrir un deuxième front. Ce qui a été lancé au Mali, avec la force française comme fer de lance, est donc une opération de vaste envergure, qui du Sahel s’étend à l’Afrique occidentale et orientale. Elle se soude à celle qui a commencé en Afrique du Nord avec la destruction de l’État libyen et les manœuvres pour étouffer, en Égypte et ailleurs, les rebellions populaires.

Une opération à long terme, qui fait partie du plan stratégique visant à mettre la totalité du continent sous le contrôle militaire des « grandes démocraties », qui reviennent en Afrique avec un casque colonial peint aux couleurs de la paix.

Source Mondialisation
Édition de mardi 29 janvier 2013 de il manifesto
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
 
À lire :
« L’Algérie est clairement la suivante sur la liste » Michel Collon
Entretien accordé au quotidien algérien La Nouvelle République à propos de la guerre au Mali, du conflit syrien et des « printemps arabes ».
Extrait de l'émission Ce soir ou jamais. Michel Collon interpelle Henri Guaino. Le même Henri Guaino qui, au micro de RTL, déclarait il y a quelques jours : « Sur le Mali, l'heure n'est pas au débat ». On comprend mieux pourquoi il n'en voulait pas.
 


 
 

mardi 29 janvier 2013

Le panafricanisme est-il mort dans les sables du Sahel?

par Théophile Kouamouo
 


L’opération « Serval » lancée par l’armée française pour chasser les islamistes du Nord-Mali sera-t-elle couronnée de succès? Au-delà de l’unanimisme de façade qui marque en général le commencement de telles opérations, l’honnêteté recommande d’admettre que la tournure prise par les événements signe une des défaites les plus accablantes du panafricanisme.

Qui pourra encore continuer à défendre l’idée selon laquelle l’Afrique doit – et peut – résoudre elle-même ses problèmes politiques et tout ce qui touche aux enjeux de sécurité collective? Comme dans un film de guerre, la communication impériale française captive les esprits, repousse les objections, transforme nos chefs d’État en midinettes serviles – le pompon revenant au Béninois Yayi Boni, se déclarant « aux anges » sans avoir la moindre amertume quant à l’incompétence notoire de l’Union africaine, dont il est le président en exercice!

Recolonisation cha cha ! N'importe quoi!

Bien entendu, nous entendons déjà les zélés porte-flambeaux du « réalisme », toujours partisans de la loi du plus fort et du fait accompli, nous demander avec agacement : « Vous proposez quoi alors? Vous voulez vivre sous le règne des barbus? On vous aide et vous n’êtes pas content! Vous n’êtes que d’horribles dogmatiques du panafricanisme fanatique! » (Comme cet article «À Gao, tout le monde est content!» de Agnès Gruda de la Presse)
 

Au moment de la guerre de Libye, il aurait juste fallu un peu de courage…

A ceux-là, nous répondons qu’il est profondément malhonnête de mettre en place les conditions du pire pour se réjouir par la suite de mener la moins mauvaise des politiques du pire. Comment en sommes-nous arrivés à ce point? Comment le Mali pacifique est-il devenu la menaçante poudrière que nous regardons tous, les yeux écarquillés?

Tout est parti de l’organisation, sous couvert de « révolution arabe », de l’invasion de la Libye par des hordes d’islamistes fanatisés et soutenus à tous points de vue par un Occident déchaîné. À l’époque, il suffisait d’un peu de courage pour conjurer la malédiction qui se déploie devant nos yeux impuissants. Si la CEDEAO et l’Union africaine, prenant leur courage à deux mains, s’étaient opposées à la virée catastrophique de l’OTAN en Libye, jamais la résolution 1973 des Nations unies – mère de tous les malheurs! – n’aurait été votée. Et les rebelles du CNT auraient pris une déculottée, face à une armée libyenne bien plus « consistante » que la pitoyable troupe malienne…

Plus cyniquement, l’on peut dire que même en cas de guerre de longue durée entre laïcs et salafistes (comme celle qui a cours en Syrie), le centre de gravité de l’affrontement serait demeuré un peu plus haut un peu plus longtemps. Ce qui aurait permis aux pays d’Afrique de l’Ouest de se préparer… Mais à quoi avons-nous eu droit à l’époque?

À la lâcheté.
À la couardise.
À l’attentisme.
À la discorde et aux trahisons.

Aux obscures hésitations de Jacob Zuma, qui a dit « oui » et « non » en une fraction de seconde aux projets de l’OTAN.

Au lâchage de ces pays sahéliens longtemps subventionnés par Kadhafi, qui n’était pas non plus un saint, mais qui était leur allié objectif dans ce contexte précis.

Au « laissez les Blancs faire, ils trouveront toujours une solution ».

Et ce qui devait arriver arriva!

Une menace encore plus grande…

Personne ne nous empêchera de penser que les islamistes sont les alliés objectifs de l’Occident. Ils sont leurs amis en Libye et en Syrie, leurs ennemis au Mali et en Afghanistan, mais ils sont toujours le prétexte idéal à une remilitarisation du monde dont ne profiteront que les nations occidentales, en raison de leur supériorité militaire évidente, qui compense très opportunément leur déclassement économique.

Et maintenant? Alors que les youyous enthousiastes empêchent une réflexion prospective, nous nous faisons un devoir de gâcher l’ambiance. Quel sera le prix de l’intervention française au Mali, car en diplomatie il n’y a pas de service gratuit? Les Maliens à la reconnaissance dégoulinante nous casseront-ils les tympans si au sortir de cette opération, la « métropole » choisit leurs dirigeants, prend possession de leurs ressources et se rembourse avec le taux d’intérêt qu’elle aura choisi?

Que dira l’Afrique si cette guerre du « Sahelistan » fournissait aux Américains le prétexte idéal pour étendre encore plus leur domination militaire, économique et politique? Quand les occupants du Nord-Mali seront dispersés par les frappes de la France, où iront-ils? Quels sont les pays africains susceptibles d’être ébranlés par quelques colonnes de 4X4 surmontés de lance-roquettes? Le Niger, la Mauritanie, le Burkina Faso, le Tchad, la Centrafrique, voire la Côte d’Ivoire, le Nigeria et le Cameroun… sont-ils préparés à un harcèlement tous azimuts? La France pourra-telle protéger tout le monde tout le temps? N’est-il pas urgent que l’Union africaine, dont le Conseil de paix et de sécurité (CPS) est aux abonnés absents, se réveille de son long sommeil et mette en place aussi vite que possible une vraie force de réaction rapide au commandement unifié pour protéger les États qui la constituent?

N’est-il pas temps que l’Afrique se joigne aux autres puissances qui le souhaitent pour dénoncer le rôle sournois du Qatar et de l’Arabie saoudite, meilleurs amis de la France officielle, et dénonce leur soutien aux forces obscures qui agressent le continent? Pour cela, il faudrait renoncer à l’esprit de facilité et aux pétrodollars ensanglantés des wahhabites! Tout un programme!
 
 Artistes Maliens pour la Paix
 

lundi 28 janvier 2013

Mali, des artistes maliens pour la paix (vidéo)

Mali Ko, Chant pour la Paix

Des artistes au Mali s'unissent pour chanter contre la guerre. Il fut un temps où ce genre d'initiative était prise aussi par les artistes d'Occident. Mais depuis l'avènement des guerres humanitaires, les chants pour la paix ont laissé place aux tambours de guerre. Les mouvements pacifistes se sont effondrés. Beaucoup se sont même reconvertis, soutenant les nouvelles croisades menées au nom des droits de l'homme et de la démocratie. De l'autre côté du fusil par contre, on connait toute la réalité des guerres humanitaires. Et on chante, pour la paix. (IGA)

Source Michel Collon Investig'Action

 


dimanche 27 janvier 2013

Stratégie de la terreur, la recolonisation du Sahara

Par HÉLÈNE CLAUDOT-HAWAD.
article paru le samedi 7 avril 2012 in temoust.org

Business, profits souterrains et stratégie de la terreur, la recolonisation du Sahara
 
Terroristes, islamistes, trafiquants, preneurs d’otages, voleurs, violeurs de fillette, égorgeurs, usurpateurs minoritaires, indépendantistes illégitimes, aventuriers sans programme politique, activistes obscurantistes et quasi médiévaux et, pour couronner le tout, destructeurs potentiels de manuscrits trésors de l’humanité… Le bon vieux scénario colonial de terreur barbare et de diabolisation des rebelles touaregs au Mali s’étale à la une, alors que la création de la République de l’Azawad vient d’être déclarée le 6 avril 2012 par le MNLA (Mouvement National de Libération de l’Azawad).L’aspiration à l’indépendance d’une population malmenée depuis cinquante ans par un État dont le caractère « démocratique » relève de la langue de bois est malvenue dans la zone saharo-sahélienne. Dans le tableau caricatural présenté à l’opinion publique, l’innommable demeure la revendication politique des Touaregs, systématiquement tue par les experts assermentés. Le motif du jihad islamiste vient à point nommé pour étouffer tout élément d’intelligibilité de la situation et légitimer la répression à venir du mouvement et peut-être, comme par le passé, les dérives génocidaires. Qui se souvient des milices paramilitaires Maliennes qui, juste après les accords de paix signés entre la rébellion et le gouvernement malien en 1991, ont été lancées contre les civils touaregs et maures à « peau rouge », torturés, tués, décimés ou contraints à l’exil (1), dans un silence international fracassant et sous le gouvernement même d’ATT, président du Mali démocratique, aujourd’hui détrônés par une junte militaire non démocratique? Le canevas jihadiste n’a rien de nouveau, il a été régulièrement brandi et activé, d’abord au sujet de la guerre anticoloniale menée par les Touaregs jusqu’à l’écrasement complet de leur résistance en 1919, puis à chaque soubresaut contre les régimes autoritaires des États postcoloniaux, mis en place en fonction des intérêts de l’ancien empire colonial. L’amalgame entre insurgés touaregs, islamistes et terroristes, sans compter les autres registres diffamatoires, est un raccourci commode pour éradiquer, sous couvert de lutte antiterroriste, toute contestation politique de la part des Touaregs, toute déclaration ou action qui pourrait contrarier les intérêts des grands acteurs politiques et économiques de la scène saharienne. Les opposants sont d’ailleurs immédiatement pris en main par les services spéciaux des États à l’aide des dispositifs habituels : intimidation, diffamation ou corruption. L’un des petits cadeaux classiques et anodins que les services français ont toujours offerts spontanément à leurs « amis touaregs » est un téléphone portable, satellitaire si nécessaire, directement branché sur les centres d’écoute (2).

Mais l’enjeu essentiel de la question saharo-sahélienne ne se joue pas à l’échelle locale. Il concerne l’économie mondiale et le redécoupage des zones d’influence entre les puissances internationales avec l’entrée en scène de nouveaux acteurs (américains, chinois, canadiens, etc.) qui bousculent l’ancien paysage colonial. L’accès convoité aux richesses minières (pétrole, gaz, uranium, or, phosphates…) dont regorge le Niger, la Libye, l’Algérie, et le Mali d’après des prospections plus récentes, est au centre de la bataille invisible qui se déroule dans le désert. Les communautés locales n’ont jusqu’ici jamais compté en tant que telles, mais seulement comme leviers de pression qu’ont systématiquement cherché à manipuler les États en concurrence. C’est ainsi que les revendications politiques touarègues ont longtemps été contenues dans les limites strictes d’une autonomie régionale, d’ailleurs jamais appliquée par les Etats ; et c’est pourquoi l’autre manette d’action que représentent les islamistes est devenue une réalité saharienne. Par contre, la question des liens étroits qu’entretient la création des groupes islamistes au Sahara avec, au premier rang, l’État algérien n’est pratiquement jamais évoquée. De même qu’un silence de plomb règne sur les interventions constantes des services secrets français, algériens et libyens pour contrôler à leur profit la rébellion touarègue, la divisant en groupes rivaux destinés à se neutraliser les uns les autres.

Sous la pression des nouveaux contextes politiques nationaux et internationaux, les mouvements insurrectionnels touaregs ont, de leur côté, fortement modifié leurs revendications et leurs axes de mobilisation, dans la forme comme dans le contenu. Ils sont passés d’un projet d’indépendance politique de tout le « territoire des Touaregs et de ses marges » (Kawsen) au début du XXe siècle, lors de l’insurrection générale contre l’occupation coloniale, à des revendications plus restreintes : en 1963, les Touaregs de l’Adagh se soulèvent contre le découpage frontalier (entre le Mali et l’Algérie) qui les prive d’une partie de leur territoire et les séparent des Touaregs de l’Ahaggar; la répression par l’armée malienne contre les civils sera féroce, laissant des cicatrices indélébiles jusqu’à aujourd’hui et cette terreur instaurée contre la population sans défense fournira le modèle privilégié utilisé pour réprimer chaque nouvelle insurrection touarègue dans les États de la zone saharosahélienne. Dans les années 1990, les mouvements rebelles du côté nigérien autant que malien expriment une revendication d’autonomie régionale infra étatique qui ne remet plus en cause les frontières postcoloniales. Les mouvements nés en 2007 s’insurgent contre la mal gouvernance, mais, en dépit de leur inscription dans l’identité nationale étatique – « Notre identité est Niger » déclare le 23 avril 2008 Aghali Alambo, responsable touareg du Mouvement des Nigériens pour la Justice –, ils sont accusés d’ethnicisme et de communautarisme. En février 2012, le MNLA, fondé par des Touaregs du côté malien et armé d’une force de frappe inédite suite à l’effondrement de la Libye, revendique clairement « l’indépendance de l’Azawad » et une ligne politique républicaine, laïque et pluri-communautaire. Un nouveau mouvement, Ansar Dine, dirigé par Iyad ag Ghali, surgit en mars 2012, alors que l’action armée du MNLA est déjà engagée : l’objectif d’Ansar Dine est religieux et sa tendance salafiste, visant à instaurer la sharia dans tout le Mali et l’Afrique de l’Ouest. Iyad Ag Ghali s’exprime bruyamment dans les médias et donne l’occasion aux responsables politiques internationaux de brandir à nouveau la menace islamiste comme étendard de terreur et argument qui légitimerait une intervention militaire soutenue par la communauté internationale.

La carte du péril terroriste dans la zone saharo-sahélienne est jouée. Le projet était déjà dans les cartons des États bien avant les événements actuels. L’existence d’al-Qaïda au Maghreb est en effet un schéma qui s’ébauche en 2001 quand le Département de Renseignement et de Sécurité algérienne (DRS) annonce que l’armée a abattu un combattant yéménite présenté comme un émissaire de Ben Laden cherchant à assurer la liaison avec le Groupe Salafiste pour la Combat (GSPC). Dans le cadre de la lutte anti-terroriste, les États-Unis promettent à l’Algérie une aide en équipement militaire qui tarde à venir jusqu’à ce qu’un événement opportun survienne pour sceller la coopération américano-algérienne : l’enlèvement en mars 2003 de trente-deux touristes européens dans le sud algérien par des membres du GSPC. Ce groupe est dirigé par Amari Saïfi, alias Abderrezak El Para. Mais l’itinéraire de cet ancien militaire algérien révèle de nombreuses incohérences (3) qui montrent qu’il s’agit plutôt d’un « agent infiltré du DRS » (Malti, 2008). Sur le terrain, les observateurs touaregs constatent que les ravisseurs se ravitaillent dans les casernes du Sud algérien et que certains d’entre eux, croisés sur les pistes sahariennes, n’ont visiblement pas passé la nuit à la belle étoile. La capture d’El Para en 2004 par un petit groupe de rebelles tchadiens qui propose sans succès à l’Algérie, aux USA et à la France de leur livrer l’islamiste le plus recherché d’Afrique, montre que cet épisode n’entrait pas dans le scénario organisé de la traque des « terroristes » à travers tout le Sahara. C’est finalement la Libye qui se chargera d’extrader El Para vers l’Algérie. Le rapt des otages dont un groupe sera libéré contre rançon au nord du Mali après une étrange mise en scène d’affrontement armé, donne l’occasion au président américain Bush d’agiter le spectre d’Al Qaïda au Sahara et d’affirmer la nécessité d’étendre la chasse aux extrémistes, de la corne de l’Afrique à l’Atlantique.

La Pan-Sahel Initiative (programme d’assistance militaire américaine au Mali, Niger, Tchad et Mauritanie), élaborée dès 2002, devient opérationnelle en 2003 avec l’envoi de troupes américaines sur le sol africain. Cette coopération militaire s’étend en 2005 à tous les pays adjacents (Tunisie, Algérie, Maroc, Sénégal, Nigéria) et devient l’Initiative du Contre-terrorisme trans-saharien. Le Rapport sur le terrorisme dans le monde publié en avril 2007 par le département d’État américain, produit une carte explicite qui désigne comme « Terrorist Area » pratiquement toute la zone saharo-sahélienne, et en particulier celle où évoluent les Touaregs et leurs anciens partenaires économiques et politiques. Les routes caravanières et les axes de circulation habituels des familles sont inclus dans ce périmètre terroriste. Pour l’Algérie, seuls les espaces frontaliers avec le Maroc, le Mali, le Niger et la Libye, font partie de l’aire incriminée, alors même que les attentats islamistes à cette période précise ont tous lieu au nord de ce pays, et notamment dans sa capitale. Le rapport américain allègue que ces zones désertiques servent de refuge aux organisations terroristes défaites au Moyen-Orient. Selon le Département d’État, le GSPC qui aurait fusionné en septembre 2006 avec Al Qaïda – prenant le nom d’Al-Qaïda in Islamic Maghreb (AQIM) – « a continué d’être actif au Sahel, franchissant les frontières difficiles à surveiller entre le Mali, la Mauritanie, le Niger, l’Algérie et le Tchad pour recruter des extrémistes aux fins d’entraînement et de lancement d’opérations dans le Trans-Sahara et peut-être à l’extérieur. Sa nouvelle alliance avec Al-Qaïda lui a peut-être donné accès à plus de ressources et à un entraînement accru. »

Le rapport manie sans cesse la dichotomie simpliste et bien connue entre un monde civilisé et régulé par l’autorité étatique dont l’Occident aurait le monopole et l’espace sans foi ni loi des « tribus », aboutissant à des injonctions d’intervention au nom de la sécurité du monde. Le glissement entre supposition et réalité est opéré en 2008 par la presse américaine qui abandonne les « peut-être » du Rapport du Département d’État américain. La traque de « Al-Qaeda in the Islamic Maghreb (AQIM) » par les forces armées américaines au Sahel devient une évidence indiscutable, de la même façon que s’instaure insidieusement l’idée que le groupe islamiste serait aidé par des : « tribus nomades connues sous le nom de Touareg, un groupe ethnique berbère qui est en lutte avec le gouvernement du Mali » et d’autre part que sa trésorerie serait assurée par le trafic de drogue (Daniel Williams, in Bloomberg.com, 23 avril 2008).

Le compactage commode opéré entre « islamistes/terroristes/Touaregs/nomades/trafiquants » dessine ainsi une « zone de non-droit » livrée aux « tribus », et donc à l’anarchie, au désordre, à la délinquance. On retrouve ici la sémantique et le schéma appliqués entre autres à l’Afghanistan par les autorités américaines, avec le succès que l’on connaît.

Entretemps, l’ancien GSPC devenu Aqmi se développe au nord du Mali. Le successeur d’El-Para à la tête d’Aqmi est un autre algérien du nord, Mokhtar Belmokhtar. Grâce à la rançon obtenue en échange des otages, il s’assure des complicités locales dans l’Azawad en milieu arabophone et aurait pris épouse chez les Maures de Tombouctou. Il s’insère notamment aux réseaux de contrebande de cocaïne que les États ou du moins des personnes haut placées dans l’appareil étatique laissent opérer entre Mali, Mauritanie, Sahara occidental, Algérie, Niger, Libye, tant les bénéfices perçus sont juteux. Plusieurs brigades d’Aqmi sont identifiées dans cet espace, nanties de véhicules lourdement armés qui se déplacent au grand jour sans se dissimuler. Ces groupes qui ont établi un lien direct avec Al-Qaïda échappent à présent au contrôle de l’Algérie. En 2007, les services algériens auraient même tenté de faire assassiner Belmokhtar par des éléments de la rébellion touarègue (4)

Iyad ag Ghali, ancien chef de la rébellion touarègue des années 1990, travaillant ensuite au profit du gouvernement malien, a été en 2004 le médiateur principal dans l’affaire des otages enlevés par Aqmi. Il aurait alors été chargé d’« infiltrer les groupes d’Abou Zeid et Belmokhtar via la Katiba Ansar Essuna selon un plan bien établi avec les services secrets maliens et algériens » (Ansar 2012). Assumant des fonctions diplomatiques en Arabie Saoudite pour le gouvernement malien, il se rapproche des courants salafistes et des soutiens financiers lourds qu’ils procurent. Le 18 mars 2012, après les premiers succès significatifs du MNLA dans l’Azawad, il apparaît à la tête de son nouveau mouvement appelé Ansar Dine, spécialement créé pour diviser le front indépendantiste et « le dégarnir en hommes » (Ansar 2012). On a à faire, en somme, au traitement habituel des dynamiques insurrectionnelles par les services secrets, travaillant toutes les lignes de fractures possibles. Sauf que le schéma tribal sur lequel s’appuient ces stratégies d’affaiblissement du MNLA ne fonctionne pas exactement comme l’imaginent ou comme ont systématiquement essayé de l’instaurer depuis 1990 les artisans de la division.

Les informations alarmistes qui circulent sur les islamistes qui auraient chassé le MNLA et seraient sur le point d’imposer la sharia jusqu’à Bamako font partie du schéma de terreur, manipulé par les États en vue d’obtenir le soutien de l’opinion publique internationale pour justifier une intervention militaire musclée destinée à éradiquer le « Danger » qui en fait, pour leurs intérêts, serait au nord plus indépendantiste qu’islamiste.

Derrière la poudrière saharienne et ses imbroglios inouïs dont je n’ai évoqué qu’un très petit aspect, se profile l’échec cuisant des États postcoloniaux dits indépendants et de leurs élites, modelés spécialement pour préserver les intérêts pharaoniques des puissances internationales anciennes et montantes, au détriment complet de leurs peuples, souffrants, réprimés, brisés, manipulés, interdits de voix, d’espoir, de futur et dont le désir de vie se transforme peu à peu en désir de mort, pour des soulèvements à venir de plus en plus désespérés.
 

Notes
1- Voir CLAUDOT-HAWAD Hélène et HAWAD (eds.), Touaregs. Voix solitaires sous l’horizon confisqué, Ethnies, Survival International, Paris, 1996

2- Pour les interventions de la DGSE dans le dossier touareg, voir SILBERZAHN Claude et GUISNEL Jean, Au cœur du secret. 150 jours aux commandes de la DGSE, 1989-1993, Fayard, Paris, 1995.

3- Voir à ce sujet notamment MALTI Hocine , Les guerres de Bush pour le pétrole , Algeria-Watch, 21 mars 2008 ; BENDERRA Omar, GÈZE François, MELLAH Salima, , « L’« ennemi algérien » de la France : le GSPC ou les services secrets des généraux ? », Algeria-Watch, 23 juillet 2005 ; GÈZE François et MELLAH Salima, « Al-Qaida au Maghreb » et les attentats du 11 avril 2007 à Alger. Luttes de clans sur fond de conflits géopolitiques, Algeria-Watch, 21 avril 2007 ; KEENAN Jeremy, « The Collapse of the Second Front », Silver City, NM and Washington, DC : Foreign Policy In Focus, Sept. 26, 2006.

4- Voir ANSAR Issane, « Métastases du salafisme Algérien à l’épreuve des soubresauts sahariens et des rebellions Azawadiennes », blog Temoust, 2012.

samedi 26 janvier 2013

Débat sur le Mali et la Libye, Michel Collon répond (vidéos)

« Il appartient aux peuples, à leurs forces révolutionnaires et progressistes de combattre par leurs propres moyens les courants rétrogrades, les ingérences et les guerres destructrices impérialistes qui favorisent l’extension de ces courants, renforce l’exploitation et l’oppression des peuples. Face à cette collusion réactionnaire interne et externe, ils doivent compter sur la mobilisation interne de leurs masses laborieuses et sur la solidarité des forces de progrès dans le monde. La clé de la résistance est d’abord l’édification de partis révolutionnaires décidés à mettre fin à l’exploitation et à la domination capitaliste et impérialiste. 
 
 
Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme : Déclaration du PADS sur l'intervention impérialiste au Mali
 




Michel Collon répond aux nombreuses questions... par rikiai

vendredi 25 janvier 2013

De l’Iran en 1953 au Mali en 2013, soixante ans de tourmente mondiale

Et derrière, l’ombre de l’Oncle Paul

Par Richard Le Hir

J’ai commencé à m’intéresser au pétrole en classe de Quatrième (dans le système français, l’équivalent de la « Méthode » dans les collèges classiques du Québec) au Collège Stanislas à Montréal. J’avais alors 15 ans, et nous étions en 1962. Cette année-là, le programme de sciences était consacré à la géologie. Pour les fins du cours, chaque élève devait produire une monographie sur un sujet de son choix. Surpris de découvrir toute l’importance du pétrole dans l’activité humaine, j’avais choisi de creuser plus particulièrement ce sujet-là.

J’avais écrit à toutes les compagnies pétrolières pour qu’elles m’envoient du matériel de vulgarisation. Je me souviens que la plus généreuse avait été BP (British Petroleum) qui m’avait fait parvenir un très beau volume (en anglais évidemment à cette époque-là) intitulé « Our Industry ».

À l’époque, les jeux vidéo n’existaient pas, et la lecture occupait une place beaucoup plus importante dans la vie des adolescents. Je m’étais donc précipité avidement sur ce bouquin qui devait bien faire ses 800 pages, et j’avais ingurgité toutes ces informations où il était question de géologie du pétrole, de techniques d’exploration, de forage et d’extraction, de logistique de transport, de raffinage (un processus de distillation), des différents produits chimiques et pétroliers qu’on en tire, et de leurs applications à des fins industrielles ou de consommation courante. Aussi bien renseigné, j’avais obtenu la meilleure note de la classe.

Près de treize ans plus tard, ces connaissances allaient jouer un rôle déterminant dans ma sélection pour un poste en affaires publiques chez Esso. C’est dans ces fonctions que j’allais pouvoir les approfondir, notamment au chapitre de l’économie du pétrole et des stratégies de mise en valeur et d’exploitation.
On se souviendra que la conjoncture était assez particulière à l’époque. Avec la création de l’OPEP, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, le monde venait d’encaisser son premier choc pétrolier. Pour une bonne compréhension de la situation actuelle, je vous suggère fortement de prendre connaissance du contenu de ce lien.

Le pétrole s’est donc alors retrouvé propulsé, presque du jour au lendemain, au premier rang des préoccupations mondiales. C’est également à ce moment-là qu’ont commencé à surgir les premiers gros questionnements sur le rôle et l’influence des enjeux pétroliers dans la politique mondiale.

Il y avait bien eu le renversement du gouvernement Mossadegh en Iran en 1953, orchestré par la CIA et le MI6 pour le compte des intérêts pétroliers américains et américains, mais l’inexistence à l’époque de réseaux d’information aussi bien développés que ceux que nous avons aujourd’hui avait ralenti la propagation de la nouvelle et empêché le monde de prendre la juste et pleine mesure des événements avant plusieurs années plus tard.

Au début des années 1970, l’information circule déjà beaucoup mieux, et se mettent à apparaître des films ou des livres qui abordent ouvertement la possibilité de manoeuvres politiques douteuses dans l’industrie pétrolière.

À peine arrivé chez Esso depuis quelques mois, je découvre que le cinéma de la Place Ville-Marie où sont logés nos bureaux présente un film du grand réalisateur italien Francesco Rosi, « L’affaire Mattei » qui relate l’enquête tenue sur les circonstances mystérieuses de la mort d’Enrico Mattei, le président de la puissante société pétrolière d’État mise sur pied par le gouvernement italien après la guerre.

Voici ce qu’en dit Wikipédia :
« Enrico Mattei »(29 avril 1906 – 27 octobre 1962) était un industriel italien dans le domaine du pétrole. Après la Seconde Guerre mondiale, Mattei a été chargé de démanteler l’Agip, l’agence pétrolière de l’État établie par le régime fasciste. Mais au lieu de cela, il l’a développée et réorganisée en un trust national, l’Ente Nazionale dei Idrocarburi (ENI).

Sous sa direction, l’ENI a négocié d’importantes concessions pétrolières au Moyen-Orient, ainsi que des accords commerciaux de grande portée avec l’Union soviétique, qui ont permis de briser l’oligopole des « Sept Sœurs » qui dominait l’industrie pétrolière au milieu du 20e siècle. Il a aussi introduit le principe selon lequel le pays où se situe l’exploitation pétrolière perçoit 75 % des profits.

Mattei, qui est devenu une personnalité puissante en Italie, était un démocrate-chrétien de l’aile gauche et a été député de 1948 à 1953. Il a fait d’ENI une compagnie puissante, au point que les Italiens l’ont qualifié d’« État dans l’État ». Il est mort dans un accident d’avion mystérieux en 1962, vraisemblablement causé par une bombe embarquée. Cette affaire non résolue a été une obsession en Italie pendant des années et a été le sujet du film « L’Affaire Mattei » de Francesco Rosi en 1972. »


Cette mort mystérieuse tourmente encore tellement les Italiens que le film de Rosi repasse régulièrement à la télévision nationale. Tout récemment, il a été affiché en version intégrale sur YouTube.



Si vous avez l’oreille faite aux langues étrangères, je vous conseille de le visionner en entier. C’est une histoire fascinante. Mattéi dérangeait tellement les Américains que leTime Magazine avait écrit de lui en 1962 qu’il était « l’homme le plus puissant en Italie depuis l’empereur Auguste ».

Vous aurez remarqué que Mattei a baptisé les grandes multinationales du pétrole « Les sept soeurs » (en italien, Le Sette Sorelle). L’image est tellement forte qu’elle est leur est immédiatement accolée dans le monde entier. Même si elles sont des concurrentes, elles ont toutes le même intérêt, et donc à peu près le même modus operandi, à quelques différences culturelles (au sens de culture d’entreprise) près.

C’est donc dans cette foulée que paraît en 1975 « The Seven Sisters », le livre du journaliste et essayiste britannique Anthony Sampson qui connaitra un très grand succès mondial ». Paru en français sous le titre « Les Sept Soeurs », voici le descriptif qu’on découvrait sur la jaquette arrière d’une édition parue au Québec :
« Défiant les lois de leur propre pays, soudoyant les gouvernants étrangers et les renversant au besoin, alternant de façon diabolique le charme et la ruse, les grandes compagnies pétrolières ont véritablement remodelé la face du monde dans lequel nous vivons.

Prix international de la presse 1976.

Après son anatomie désormais classique d’une grande multinationale (“I.T.T., l’État souverain»), Anthony Sampson pénètre, dans une synthèse magistrale et passionnante, l’univers secret des sociétés pétrolières et des conséquences géopolitiques de leurs opérations.

L’auteur retrace d’abord l’épopée fantastique des premiers chercheurs de pétrole de la Pennsylvanie, riches un jour, ruiné le lendemain, et la constitution du gigantesque monopole de John D. Rockefeller I, qui introduisit la piraterie dans le monde du big business. Il analyse finalement les formidables puissances que représentent les sociétés pétrolières et notamment « Les Sept Soeurs» : Exxon, Shell, Texaco, Mobil, B.P., Socal et Gulf.

Anthony Sampson, qui a rencontré tous les grands patrons du pétrole et les nouveaux riches de l’OPEP, trace des portraits hauts en couleur de ces personnalités puissantes et fait revivre l’atmosphère dramatique des réunions où furent prises ces dernières années des décisions qui ont bouleversé le monde.

Personnalité marquante du journalisme britannique, l’auteur est collaborateur régulier de l’Observer de Londres et du magazine « Vision ». Il a déjà publié huit ouvrages, dont « I.T.T., l’État souverain » (Alain Moreau-Éditions Québec/Amérique). »


Et voici un bref extrait de la critique parue dans Le Monde diplomatique en 1976.
« Il ne subsiste aujourd’hui à peu près rien de la première station de forage montée en 1859 à Titusville, en Pennsylvanie. C’est pourtant là qu’est née l’aventure du pétrole, dont la répercussion sur l’économie mondiale devait être presque aussi importante que celle de l’électricité.

L’ouvrage d’Anthony Sampson, Les Sept Sœurs, va plus loin que son titre ne le laisserait croire. Il ne décrit pas seulement la naissance et la croissance des sept plus grandes sociétés pétrolières du monde, mais aussi la formation de l’Amérique moderne, la constitution de méga-fortunes, celles de Rockefeller ou de Gulbenkian, la lente évolution des mentalités qui président aux rapports entre le monde surdéveloppé consommateur et le tiers-monde producteur, etc.

Ces quelque cinq cents pages constituent une remarquable enquête, au fil de laquelle l’auteur égrène posément les périties et les arguments.

La réalité qui recouvre les activités des « Sept Sœurs » est à l’image de leur flotte pétrolière, « entreprise dépourvue de centre ou de base géographique, dont le cœur navigue en haute mer entre une source intermittente d’approvisionnement et une destination sujette à changement enfin, pour couronner le tout, n’ayant d’allégeance envers aucun pays particulier ».


À partir de 1975, l’action des pétrolières devient beaucoup plus transparente. Non pas par choix, mais parce qu’elles sont désormais dans la mire des médias qui les suivent à la trace, d’abord sur fond de crise mondiale, puis notamment sur les enjeux environnementaux.

Depuis quelques années, alors qu’on s’interroge sur la possibilité que les réserves pétrolières mondiales soient en train de s’épuiser face à l’accélération de la demande dans les économies émergentes et à l’épuisement des réserves de pétrole conventionnel, de nouveaux enjeux géostratégiques refont surface. Qui a du pétrole? En quelles quantités? À quel prix?

Ce dernier point est particulièrement important. Ce n’est pas tout d’en avoir, encore faut-il que son prix de revient lui permette d’être concurrentiel sur le marché mondial. Ainsi, le prix de revient du pétrole extrait des sables bitumineux est très élevé (entre 65 et 75 $ le baril). Lorsque le cours mondial dépasse les 100 $ le baril, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes pour le pétrole albertain.
Mais lorsque le cours mondial du brut de référence en Amérique du Nord (le West Texas Intermediate ou WTI) baisse en dessous des 100 $ comme c’est le cas en ce moment (95,25 $ en ce 19 janvier 2013 et que se profile à l’horizon une nouvelle récession mondiale et une autosuffisance américaine en pétrole à compter de 2017 en raison des découvertes récentes dans le Bakken Field qui chevauche le Dakota du Nord et le Montana, avec un prix de revient nettement plus bas que celui des sables bitumineux de l’Alberta, la question de l’avenir de ces derniers se met à se poser. Va-t-il pouvoir trouver preneur ?

La question se pose avec d’autant plus d’acuité que l’acheteur applique parfois un escompte sur le prix de vente qui fluctue avec les conditions du marché et les caractéristiques du pétrole qu’il achète. Ainsi, le pétrole des sables bitumineux a une forte teneur en soufre qui va en compliquer le raffinage. En ce moment, les Américains l’achètent à escompte de 40 % sur le cours du WTI.

La problématique est différente pour chaque pays. La France n’a pas de pétrole et doit donc l’importer. C’est pour réduire la part du pétrole dans son bilan énergétique et dans ses équilibres d’échanges commerciaux qu’elle a développé une filière atomique très importante. Ce faisant, elle s’est créée une autre vulnérabilité avec l’uranium qu’elle importe à des conditions très avantageuses du Niger, une de ses anciennes colonies d’Afrique de l’Ouest.

Les troubles politiques qui agitent présentement cette partie du monde constituent une menace directe à la sécurité de ses approvisionnements. Qui plus est, Total, sa pétrolière nationale, vient tout juste de découvrir un important gisement de pétrole au Mali. En effet, le site français Boursorama affichait ces jours derniers la dépêche suivante : « Découverte pétrole bassin Taoudéni-Mali 11/01/2013 à 21:08 janvier 2012 – Total : résultats prometteurs de forages dans le bassin Taoudéni, Mali  ».

Cette information faisait suite à une autre parue l’an dernier presque jour pour jour :
« Simple hasard? Alors que la région du Sahel est soumise à des troubles de plus en plus violents, l’actualité nous rappelle que la région est riche en pétrole.

Le géant pétrolier français Total vient en effet d’annoncer avoir signé deux permis d’exploration avec les autorités mauritaniennes dans le très prometteur bassin de Taoudéni.

Le groupe a ainsi acquis, en tant qu’opérateur, une participation de 90% dans les blocs C 9 en mer très profonde et Ta 29 à terre dans le bassin de Taoudéni. La compagnie nationale mauritanienne SMH détiendra les 10% restants.

Le bloc C 9, situé à environ 140 kilomètres à l’ouest des côtes mauritaniennes, s’étend sur plus de 10.000 km (!…), par des profondeurs d’eau comprises entre 2.500 et 3.000 mètres. Le bloc Ta 29 est situé dans le désert du Sahara à 1.000 kilomètres à l’est de Nouakchott, au nord du bloc Ta 7 sur lequel Total mène déjà des activités d’exploration.

En février 2011, la presse algérienne indiquait que le groupe français Total et le groupe énergétique national algérien Sonatrach avaient dans leurs besaces plusieurs projets au Sahel. L’essentiel semblant être pour les deux groupes de « rafler » le plus de projets possible, au Mali et au Niger.

Les récentes découvertes de richesses minières, dans le bassin de Taoudéni, large de 1,5 million de kilomètres carrés, partagé entre le Mali, l’Algérie, la Mauritanie et le Niger, provoquent en effet désormais un vif intérêt pour cette région.

Jean-François Arrighi de Casanova, directeur Afrique du Nord de Total a ainsi fait état d’immenses découvertes gazières dans le secteur, freinant la progression du puits vers la zone pétrolière, en Mauritanie et le conduisant même à parler « d’un nouvel Eldorado ».

À travers sa filiale internationale Sipex, Sonatrach a par ailleurs obtenu l’approbation du ministère des Mines nigérien pour procéder à des forages expérimentaux.

Pour rappel, la Sipex est présente au Niger depuis 2005, plus précisément au périmètre de Kafra, situé à la frontière algéro-nigérienne.

Fin 2009, Sipex a obtenu une prolongation d’un an de la première période d’exploration, arguant d’une situation politique difficile dans le pays.

Au Mali, la filiale de Sonatrach présente depuis 2007, a acquis une prolongation de deux ans, émanant du ministère malien des Mines, pour la première phase d’exploration qui prendra fin en 2013.

Simple coïncidence?

À trois mois de l’élection présidentielle au Mali, le gouvernement, déjà confronté aux enlèvements d’al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) et à la menace d’une crise alimentaire, doit désormais faire face à une nouvelle rébellion touareg.

Ainsi, l’armée malienne a repris dans la nuit de jeudi à vendredi le contrôle des trois villes du nord-est du Mali attaquées mardi et mercredi par des rebelles.

« L’armée malienne a repris le contrôle des villes de Ménaka, de Tessalit et d’Aguelhok. Des renforts sont venus sur place », a déclaré une source militaire régionale.

Dans ces deux dernières villes, les combats ont fait 47 morts – 45 rebelles et deux soldats – selon le ministère malien de la Défense. Les rebelles touareg auraient été vus se dirigeant vers le nord-ouest du Mali.

Ces attaques sont les premières de ce type depuis un accord ayant mis fin à la rébellion mais également depuis le retour de Libye de centaines d’hommes armés ayant combattu aux côtés des forces du leader libyen Mouammar Kadhafi.

Plus globalement, l’instabilité provoquée par les activités d’Aqmi dans le nord du Mali, lieu d’implantations de plusieurs de ses bases, a été renforcée par le retour sur le territoire libyen de plusieurs centaines de ces rebelles.


Elisabeth STUDER – www.leblogfinance.com – 21 janvier 2012  »

Total, ce n’est pas que la France. C’est aussi Paul Desmarais et l’Empire Power. Et, « comme par hasard», le Canada participe à l’intervention française au Mali. Pour lutter contre le Djihad islamique et le risque terroriste, nous dit-on…

En Libye, il fallait, disait-on, débarrasser le pays d’un tyran sanguinaire. On a appris depuis que le tyran en question avait donné 400 millions d’euros à Sarkozy,et qu’il était devenu pour ce même Sarkozy, l’ami de Paul Desmarais, un témoin gênant.



Au lendemain du renversement de Kaddhafi, Total se réjouissait de pouvoir reprendre rapidement ses activités en Libye, pour se faire dire quelques mois plus tard que les soupçons de corruption qui pesaient contre elle risquaient de la disqualifier pour l’obtention de nouveaux permis.

Pour les dessous pétroliers de l’opération de l’OTAN contre la Lybie, voir cet article paru sur le site Russia Today intitulé “Libya : So it was all about oil after all !».

Total a donc dû jeter son dévolu sur d’autres régions, et c’est ainsi qu’elle a accéléré ses programmes d’exploration au Mali. « Comme par hasard», elle annonce une découverte importante juste au moment de l’annonce de l’intervention française dans ce pays. Si ce n’est pas « arrangé avec le gars des vues »*…

* Expression québécoise qui signifie “du cinéma »

Source Mondialisation

jeudi 24 janvier 2013

La stratégie de la tension qui est derrière les terroristes?

Manlio Dinucci

Les images dramatiques de l’attaque contre le site gazier en Algérie, par un commando qui se définit comme jihadiste, font le tour du monde. Des techniciens de BP et de Statoil attachés à des explosifs au plastic, tués par ceux qui les ont séquestrés ou pendant les affrontements. Effet garanti. Le ministre des affaires étrangères français Fabius lance l’alarme sur la dramatique situation algérienne. Le premier ministre britannique Cameron convoque le « Comité Cobra » pour les situations d’urgence. Le président Obama déclare que l’attaque nous rappelle une fois encore la menace posée par Al Qaeda en Afrique et que les USA agiront pour que des faits analogues ne se répètent pas.

Selon des informations diffusées par des sources pas très identifiées, le commando terroriste recevait les ordres par téléphone satellitaire de l’émir Moctar Belmoctar, ex-chef de « Al Qaeda au Maghreb Islamique », à présent à la tête d’une nouvelle formation qui est basée au Mali. Juste là où (comme par hasard) la France est en train d’intervenir militairement et où l’Union européenne est sur le point d’envoyer une « mission d’entraînement », formée de 450 spécialistes de la guerre (Italiens compris), qui fournira aussi du « conseil aux opérations de commando ». Reste le mystère de comment le commando, formé de dizaines d’hommes lourdement armés, a pu parcourir à découvert avec son convoi de véhicules tous terrains des centaines de kilomètres dans un territoire surveillé jour et nuit par environ 300mille hommes de l’armée algérienne, entraînée et armée par la France et par le Commandement Africa des États-Unis. Il est légitime de soupçonner que l’attaque contre le site gazier ait été orchestrée et/ou facilitée par la France, avec la couverture des USA, pour impliquer l’Algérie et d’autres pays nord-africains dans l’opération militaire au Mali, en en élargissant l’aire.

En Afrique, la France, la Grande-Bretagne, les États-Unis et d’autres puissances occidentales ne sont pas en mesure de gérer, avec leurs groupes multinationaux, la concurrence économique de la Chine et d’autres pays émergents. Voulant maintenir à tout prix le contrôle des sources énergétiques et des minéraux stratégiques du continent, ainsi que de ses zones d’importance géostratégique, ils soufflent sur le feu des tensions et des conflits internes pour justifier leur intervention militaire, dont l’objectif est d’étouffer les luttes de libération des peuples. À cette fin ils n’ont aucun scrupule à utiliser des groupes jihadistes, dont les militants de base, convaincus de combattre l’impérialisme occidental, finissent par en être l’instrument. Ils les ont utilisés en Libye pour désagréger le pays de l’intérieur, pendant que l’OTAN l’attaquait avec des chasseurs-bombardiers et des forces spéciales infiltrées. Même le New York Times, après l’attaque en Algérie, admet que Kadhafi avait raison quand il prévenait que l’abattage de l’État libyen aurait provoqué le chaos, en laissant les mains libres aux jihadistes. Le New York Times cependant ne dit pas que l’OTAN fait la même chose en Syrie, confirmant que cela entre dans sa propre stratégie de la tension.

Bersani (Secrétaire du Partito democratico, chef de l’« opposition », NdT) a tout compris. « Il faut arrêter les formations djihadistes sanguinaires -a-t-il déclaré - on ne peut pas laisser seule la France, qui est intervenue au Mali : il faut intervenir et il est temps que l’UE reprenne le bout de l’écheveau ». Celui, en réalité, que l’Europe a déjà repris en main pour dévider le vieil embrouillamini des guerres coloniales.
 
 
À lire
Les origines d’Al-Qaïda au Maghreb islamique : Qui est derrière les terroristes?
Par Prof Michel Chossudovsky
 
Qui est derrière le groupe terroriste qui a attaqué le complexe gazier d’In Amenas exploité par BP, Statoil et Sonatrach, situé sur la frontière libyenne au sud-est de l’Algérie? (Voir la carte ci-dessous)

L’opération a été coordonnée par Mokhtar Belmokhtar, chef de la brigade islamiste des Moulathamine (brigade masquée) ou « Ceux qui signent avec du sang », affiliée à Al-Qaïda

L’organisation de Belmokhtar a été impliquée dans le trafic de drogue, la contrebande ainsi que des opérations d’enlèvement d’étrangers en Afrique du Nord. Alors que ses allées et venues sont connues, le renseignement français a surnommé Belmokhtar l’« insaisissable ».

Belmokhtar a revendiqué au nom d’Al-Qaïda l’enlèvement de 41 otages occidentaux, dont 7 Étatsuniens, au complexe gazier de BP à In Amenas.

Belmokhtar n’était toutefois pas impliqué directement dans l’attaque. Le commandant de l’opération sur le terrain était Abdul Rahman al-Nigeri, un vétéran djihadiste du Niger qui s’est joint en 2005 au Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) en Algérie. (Albawaba,  17 janvier 2013)

mercredi 23 janvier 2013

Débat sur le Mali et la Libye Sur France 3 (vidéo)

« Il appartient aux peuples, à leurs forces révolutionnaires et progressistes de combattre par leurs propres moyens les courants rétrogrades, les ingérences et les guerres destructrices impérialistes qui favorisent l’extension de ces courants, renforcent l’exploitation et l’oppression des peuples. Face à cette collusion réactionnaire interne et externe, ils doivent compter sur la mobilisation interne de leurs masses laborieuses et sur la solidarité des forces de progrès dans le monde. La clé de la résistance est d’abord l’édification de partis révolutionnaires décidés à mettre fin à l’exploitation et à la domination capitaliste et impérialiste.  

( Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme : Déclaration du PADS sur l'intervention impérialiste au Mali )




mardi 22 janvier 2013

L'intervention impérialiste au Mali et les provocations de leurs agents islamistes

Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme.
Déclaration du PADS sur l'intervention impérialiste au Mali et les provocations de leurs agents islamistes à In-Aménas

Non aux ingérences des impérialistes au Mali et aux provocations de leurs agents islamistes en Algérie

L’impérialisme français poursuit sans relâche l’exécution de son plan de contrôle politique et militaire total de ses anciennes colonies africaines. Après la Côte d’Ivoire où ses commandos avaient démis par la force Gbagbo, envoyé ce dernier dans une prison de La Haye et installé sa marionnette Ouattara, il vient de lancer son armada aérienne et de débarquer ses troupes au Mali sous le prétexte de combattre des groupes armés islamistes déployés au nord de ce pays et de défendre son intégrité territoriale.

Depuis maintenant une semaine les impérialistes français tentent de réaliser un de leurs objectifs : déployer durablement leurs troupes militaires au Mali, transformer ce pays en tête de pont afin de contrôler les richesses du Sahel, avec la bénédiction de l’ONU, instance de marchandage et de partage du monde en zones d’influence des puissances impérialistes. Grâce à la soi-disant légitimité internationale délivrée à son action par l’ONU, l’impérialisme français a obtenu l’habilitation de la Cédéao, son instrument néo-colonialiste, à jouer au gendarme de la Françafrique, faire et défaire les régimes africains au gré de ses intérêts.

Ce prétexte est grossier et hypocrite. Que ce soit sous un gouvernement de droite ou un gouvernement de « gauche », l’impérialisme s’est toujours appuyé sur les mouvements réactionnaires qui se camouflent sous la religion pour contrer la volonté d’émancipation des peuples de la domination impérialiste et abattre les dirigeants qui lui tiennent tête.

Il vient de faire d’une pierre deux coups. Ses troupes prennent pied au Mali. Et il camoufle sous cette intervention son plan d’encerclement de l’Algérie par le sud en vue de renforcer ses pressions sur nos gouvernants pour les pousser encore plus dans la voie de la compromission et de la rupture avec ses orientations anti-impérialistes traditionnelles. Le Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme condamne l’autorisation accordée par le gouvernement algérien au survol du territoire de l’Algérie par les avions militaires français.

L’impérialisme trompe le peuple malien auquel il veut faire croire qu’il cherche à le protéger des hordes obscurantistes. Il faut être naïf, aveugle ou de mauvaise foi pour oublier ou ne pas voir que depuis des dizaines d’années ces groupes et leurs régimes sont et ont été les meilleurs auxiliaires de l’impérialisme : Afghanistan, Bosnie, Kosovo, Libye, et maintenant Syrie. Peut-on oublier que durant les années 1990 les dirigeants socialistes français ont appuyé le Front islamique du Salut en Algérie en exigeant de reconnaître sa prétendue « victoire électorale » de décembre 1991 et contribué à répandre les pires campagnes de mensonges visant à innocenter les groupes islamistes armés dans les massacres commis en Algérie? Comment peut-on croire que les puissances impérialistes vont libérer les Maliens de la dictature des groupes obscurantistes, alors qu’elles ont mis à feu et sang la Syrie pour tenter de les placer à la tête de ce pays avec l’appui des régimes monarcho-théocratiques de l’Arabie saoudite et du Qatar?

L’impérialisme est confronté à la plus grave crise économique structurelle de son histoire. Il a besoin de diviser les peuples. Tout en prétendant les combattre dans certains pays, il soutient dans d’autres les groupes religieux fanatiques qui organisent dans les pays arabes et musulmans des diversions en imposant par la terreur des pratiques religieuses moyenâgeuses. Ces diversions ont pour but et pour résultat d’empêcher les peuples de réfléchir aux mesures politiques, économiques et sociales à prendre pour se libérer du pillage de leurs richesses par les multinationales, pour secouer la domination impérialiste, transformer de façon révolutionnaire les bases économiques de leurs pays. L’impérialisme entretient de façon sournoise ou déclarée l’existence et l’influence de ces groupes. Il en tire profit pour justifier le fichage policier de tous les peuples. Il propage le racisme islamophobe. Il allume les guerres internes dans les pays arabes et islamiques. Il se présente ensuite sous le masque du « sauveur ». En fait, il tente de se créer de toutes pièces les prétextes pour dépêcher dans ces pays ses espions, ses agents, ses mercenaires, ses tueurs à gages et ses militaires, et installer des marionnettes aux commandes.


Ce qui se passe au Mali
et ce qui vient de se passer dans le complexe gazier de In Amenas avec l’incursion de groupes lourdement armés à partir de la Libye, la prise de dizaines d’otages étrangers, le massacre d’un certain nombre d’entre eux, ne sont que la suite prévisible de l’intervention militaire en Libye des puissances impérialistes, des USA, de l’Angleterre, de la France, de l’OTAN, de l’Union européenne. La liquidation par la force du régime de Kaddafi avec l’appui des forces les plus rétrogrades de ce pays fait peser sur l’Algérie de graves dangers et l’expose à toutes les provocations montées par les services subversifs de ces puissances. Cette liquidation a encouragé partout les forces obscurantistes à relever la tête dans leur sinistre marche pour la prise du pouvoir. Ce sont les puissances impérialistes qui organisent l’insécurité généralisée dans la région pour justifier leurs ingérences. L’émir du Qatar, ami des dirigeants français, ne cache pas qu’il soutient et finance ouvertement les terroristes islamistes intégristes envoyés de Libye au Mali. Aucun gouvernement, pas même le gouvernement algérien, ne l’a condamné. Les dirigeants français exploitent ensuite la présence des bandes terroristes pour s’ingérer dans les affaires du Mali.
Sous prétexte de prêter leur assistance dans la lutte contre les bandes islamistes armées, les puissances impérialistes font pression pour amener le régime algérien à accepter le principe de la présence de leurs « experts » militaires dans le Sahara algérien, premier pas vers l’installation de bases militaires destinées à miner le pays de l’intérieur. Le peuple algérien n’est pas dupe. C’est pourquoi il rejette l’intervention de ces puissances dans ses problèmes internes et réagit avec indignation aux tentatives des dirigeants de la Grande-Bretagne, des USA et d’autres pays de dicter leurs vues aux responsables militaires algériens sur la manière de neutraliser ces groupes criminels.

Ce sont les dirigeants des puissances impérialistes qui portent la responsabilité de la mort de nombreux travailleurs, techniciens algériens et étrangers du site gazier de In Amenas. Les communistes algériens expriment leur solidarité avec les familles de toutes les victimes de l’opération terroriste d’In Amenas, sacrifiées par l’impérialisme pour réaliser ses plans de domination de la région.

Ces événements ne surprennent pas les communistes algériens. Le Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme a prévenu à maintes occasions les travailleurs et le peuple algérien sur les conséquences qui allaient résulter de l’agression impérialiste en Libye et, d’une manière générale, de son agressivité dans le monde. Mais il n’y a pas de fatalité. Les travailleurs et les peuples sont en mesure de lui résister et de lui infliger des défaites.

Il appartient aux peuples, à leurs forces révolutionnaires et progressistes de combattre par leurs propres moyens les courants rétrogrades, les ingérences et les guerres destructrices impérialistes qui favorisent l’extension de ces courants, renforcent l’exploitation et l’oppression des peuples. Face à cette collusion réactionnaire interne et externe, ils doivent compter sur la mobilisation interne de leurs masses laborieuses et sur la solidarité des forces de progrès dans le monde. La clé de la résistance est d’abord l’édification de partis révolutionnaires décidés à mettre fin à l’exploitation et à la domination capitaliste et impérialiste.

Source Le Grand Soir

À lire:
1- Al-Qaïda sert d’écran de fumée à la recolonisation de l’Afrique du nord par l’OTAN

C’est très intéressant, parce que si on repense à 2011, c’était des gens comme David Cameron et William Hague qui étaient ceux qui criaient le plus fort et qui étaient les plus agressifs pour déposer le colonel Kadhafi. Et maintenant, les mêmes personnes, Cameron et Hague, disent que nous devons nous impliquer au Mali pour y réprimer les groupes d’al-Qaïda. Et il y a donc une contradiction réelle ici, une véritable hypocrisie.

Source Mondialisation

lundi 21 janvier 2013

Afrique, terrain de jeux des impérialistes (vidéo)

Le Mali et la ruée vers l’Afrique : Une nouvelle vague de Barbarie
Par Ben Schreiner
 
L’intervention militaire française au Mali qui a débutée vendredi, la seconde intervention de la France en deux ans dans une ex-colonie africaine, est rapportée être « secondée » par les États-Unis. Ceci ne doit pas être une surprise lorsque l’on considère l’intensification de la pénétration du Pentagone en Afrique.

D’après le centre de commandement étasunien en Afrique, AFRICOM, le Pentagone prévoit de déployer des soldats dans quelque 35 pays africains différents en 2013. Comme le rapporte NPR, environ 4000 soldats étasuniens vont prendre part « à des manœuvres militaires et entraîner les troupes africaines dans des domaines allant de la logistique au tir en passant par l’organisation des soins médicaux. » (De plus, l’officier malien responsable du coup d’État en mars dernier venait juste de recevoir une formation militaire par les États-Unis.)

Bien entendu, l’armée AMÉRICAINE a déjà une présence de terrain très significative en Afrique. Par exemple, la « base de drones Predator, la plus active en dehors de la zone de guerre d’Afghanistan » avec 16 vols de drones par jour, est localisée au Camp Lemonnier à Djibouti.

Mais comme le note la revue Army Times : « La région à bien des égards représente la dernière frontière militaire » et afin de rassasier l’appétit des États-Unis pour une « projection de sa puissance mondiale », aucune frontière n’est laissée non conquise.

Ainsi, un rapport de juin dernier du Washington Post révélait que les tentacules préliminaires de l’armée américaine s’étendaient déjà à travers les États-Unis. Comme le journal le rapportait, la surveillance aérienne étasunienne s’exerce actuellement depuis des bases clandestines au Burkina Faso, en Mauritanie, en Ouganda, en Éthiopie, à Djibouti et au Kenya, avec un plan contingent d’ouvrir une nouvelle base au sud Soudan.

Le Post expliquait plus en disant que : « le pentagone dépense 8,1 millions de dollars pour moderniser une base aérienne opérationnelle avancée en Mauritanie, sur la côte ouest du Sahara. La base est proche de la frontière avec le Mali touché par les troubles. »

Avec de tels avantages déjà en place, le Pentagone était en position non seulement de « seconder » la France dans son intervention au Mali, mais, comme l’a rapporté le New York Times (NDT : La voix officielle de la CIA dans la presse écrite étasunienne), de peser « sur un bon nombre d’options pour aider les efforts français, ceci incluant un soutien accru dans la logistique et dans le partage optimisé du renseignement ».

Pour mieux mettre en lumière ce qu’un soutien étasunien pourrait éventuellement devenir au Mali, J. Peter Pham, le directeur de l’Atlantic Council’s Africa Center de Washington et un chef conseiller stratégique de l’AFRICOM a commenté : « Les attaques de drones ou de l’armée de l’air ne vont pas restaurer l’intégrité territoriale du Mali ou défaire les islamistes, mais elles peuvent être de moindres maux. » Un signe plutôt de mauvais augure, quand on sait que « cette option du moindre mal » a déjà coûté le massacre de centaines d’innocents dans la campagne d’assassinat des États-Unis par les drones.

Bien sûr, tout comme avec la campagne de drones, la poussée du Pentagone en Afrique est devenue partie intégrante par extension de l’emballage acidulé de la « guerre contre la terreur ». Un rapport de Juin d’Army Times notait : « L’Afrique en particulier, a émergé comme la plus grande des priorités pour le gouvernement américain parce que des groupes terroristes y sont devenus une menace de plus en plus grande pour les États-Unis et la sécurité régionale. »

Mais quelle intervention n’a t’elle pas été justifiée en employant quelque variante que ce soit de la toujours très utile rengaine de la « guerre contre la terreur » ? Comme le président français François Hollande l’a déclaré vendredi dernier : « Les terroristes devraient savoir que la France sera toujours là quand les droits d’un peuple, ceux du Mali qui veut vivre librement et dans une démocratie, sont en danger. »

« L’idéologie de notre temps, du moins lorsqu’il s’agit de légitimer la guerre, est un certain discours sur les droits de l’Homme et la démocratie », a écrit Jean Bricmont dans son livre « L’impérialisme humanitaire ». Et nous pourrions même ajouter, un certain discours cynique de combattre la terreur.

Naturellement, la notion même que le renouveau d’intérêt de l’Occident pour l’Afrique soit ancré dans un désir altruiste d’aider les états africains à combattre le terrorisme et d’établir la démocratie est complètement absurde. Ce fut l’alliance de l’OTAN, moins une nation, qui s’est si avidement alignée avec les combattants salafistes pour renverser Mouamar Kadhafi en Libye. De plus, c’est la même alliance militaire qui encourage les salafistes en Syrie, tout en les bombardant dans la région AfPak (Afghanistan/Pakistan), en Somalie, au Yémen et maintenant au Mali.

Clairement, seuls ceux qui pratiquent la double pensée ont une chance de comprendre le terrain en permanence mouvant de la « guerre contre la terreur » menée par l’Occident.

De fait, pour une fois, le voile de la « protection de la démocratie » et de « combattre la terreur » est levé et le visage impérialiste est dévoilé.

Ainsi, l’impératif qui motive le renouvellement de l’intérêt occidental en Afrique, comme l’a expliqué Conn Hallinan, est la course pour sécuriser les vastes ressources et richesses du continent.

« Les États-Unis reçoivent actuellement environ 18% de ses sources d’énergie de l’Afrique, on prévoit que ce chiffre grimpera à 25% à l’aube de 2015, l’Afrique aussi fournit environ un tiers des besoins énergétiques de la Chine, plus du cuivre, du platine, du bois et du minerai de fer », écrit Hallinan.

De plus comme l’affirme Maximilian Forte dans son Slouching Towards Sirte : « Les intérêts chinois sont perçus comme entrant en concurrence avec ceux de l’Occident quant à l’accès aux ressources et aux influences politiques. AFRICOM et quelques autres initiatives du gouvernement étasuniens sont faits pour prendre en compte et contrer ce phénomène. »

Ceci explique l’aventure de l’OTAN de 2011 en Libye, qui a éliminé du pouvoir un leader panafricain borné qui menaçait de frustrer l’expansion d’AFRICOM dans cette « dernière frontière » militaire. Ceci explique aussi l’intervention française, soutenue par les États-Unis au Mali, qui sert au renforcement des intérêts occidentaux plus avant en Afrique.

L’intervention comme nous le voyons appelle l’intervention. Comme Nick Turse nous avait prévenu en juillet : « Le Mali n’est sûrement que le début et bien malin qui peut dire comment cela va se terminer. »

Une chose est certaine, nous allons vers une nouvelle vague de barbarisme alors que la course effrénée pour l’Afrique s’accélère.

Article original en anglais :

Mali and the Scramble for Africa, A New Wave of Barbarism, Global Research, le 13 janvier 2013.

Traduit de l’anglais par Résistance 71

Ben Schreiner est un écrivain free lance qui couvre la politique étasunienne et internationale. Il est actuellement étudiant en Masters de journalisme à l’université du Wisconsin-Madison.
 
Source Mondialisation

À Lire:
1- Prise d’otages en Algérie : Boîte de pandore du Malistan (un Extrait ci-dessous)

Il est curieux de constater la propension des Occidentaux à vouloir à tout prix s’ingérer dans les affaires intérieures des pays soumis à des opérations de chantage. Les médias ont repassé en boucle quelques phrases. David Cameron n’est pas content, il s’est interrogé pourquoi il n’a pas été informé par les Algériens, les Américains se sont déclarés inquiets au point d’envoyer un drone Prédator dont on peut penser qu’il a eu l’autorisation de survoler la base; le comble est la position du gouvernement nippon qui exige des Algériens de cesser immédiatement les opérations.

Pour l’histoire, les prises d’otages consubstantiels de la mal-vie des damnés de la Terre. Les 5 et 6 septembre 1972, pendant les Jeux olympiques de Munich, 11 membres de la délégation israélienne sont tués lors d’une prise d’otages. Deux sont tués par le commando, neuf, lors de fusillades déclenchées par la police allemande. Le 4 novembre 1979, à Téhéran (Iran), 52 Américains sont retenus à l’ambassade des Etats-Unis. Ils sont libérés 444 jours plus tard, par l’intervention de l’Algérie après l’échec d’une opération commando américaine en avril 1980. Les 6 et 7 novembre 1985. A Bogota (Colombie), 400 personnes sont prises en otage au palais de justice par un commando du M19. Le lendemain, l’assaut fait une centaine de morts. Rappelons-nous aussi, que du 1er au 3 septembre 2004, dans une école à Beslan (Ossétie du Nord), un commando tchétchène prend en otages près de 1200 personnes, enfants, parents et enseignants. L’assaut des forces russes se solde par la mort de 331 personnes et fait quelque 400 blessés. Enfin en février-mars 2003 dans le Sahara algérien, 32 touristes d’Allemagne, Suisse, Pays-Bas et Autriche sont enlevés en plusieurs groupes par le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (Gspc). Une otage allemande meurt après une insolation, les autres sont libérés en mai lors d’une opération de l’armée algérienne, puis en août au Mali contre le versement non confirmé d’une rançon. (1)

Pour rappel, la résolution 1904 de décembre 2009 a été votée suite à l’instance de l’Algérie/ stipule qu’il ne faut pas verser de rançon. Le gouvernement Sarkozy a été le premier à la torpiller en payant des rançons pour libérer ses concitoyens. Les deux fois où la France a tenté de libérer les otages, cela s’est traduit par la mort des otages français comme en Maurétanie, il y a deux ans et dernièrement en Somalie avec la mort de trois personnes dont l’otage de la Dgse. Le problème du Mali est d’abord un problème de décolonisation bâclée à la fois du côté malien, mais aussi de la mentalité des anciens colonisateurs.

Source Mondialisation

2- La main du Pentagone derrière l’intervention française au Mali

Alors que les soldats français envahissent le Mali pour un combat visant à repousser l’avancée de militants islamistes, des questions ont d’ores et déjà été posées quant aux motifs derrière cette intervention. L’écrivain et chercheur en géopolitique William Engdahl a dit à RT que les Etats-Unis utilisaient la France comme bouc émissaire afin de sauver la face.

Source Mondialisation