mardi 30 avril 2013

L’Occident à la reconquête de l’Afrique

Mohamed Hassan
Les guerres occidentales en Afrique se multiplient. En 2008, les USA créaient Africom, un centre de commandement unique pour toutes leurs opérations militaires en Afrique. Depuis, il y a eu la Côte d'Ivoire, la Libye, le Mali... Sans compter la Somalie et le Congo, théâtres de violentes guerres indirectes depuis des années. Spécialiste de l'Afrique et auteur chez Investig'Action de « La stratégie du chaos », Mohamed Hassan nous explique les raisons de ces agressions à répétition. Menées par un Occident en pleine crise, elles ont pour toile de fond la lutte contre la Chine et le contrôle des matières premières. Premier volet d'une série de trois articles sur « Les causes et conséquences de la guerre au Mali » (IGA).

Ce qui a précédé : crise et guerre

Depuis les années 70, le capitalisme est en crise. La réaction des dirigeants mondiaux du capitalisme dans les années 80 a consisté en une politique ultralibérale et une offensive idéologique acharnée contre le communisme. En Afrique, en Asie et en Amérique latine, cette politique a été formulée dans les fameux programmes d’adaptation structurelle (PAS) qui ont fortement affaibli les États et ont balayé tout ce qui restait encore des infrastructures et des services sociaux. Dans le monde capitaliste, toutes les règles ont été supprimées, surtout — et de la façon la plus radicale — dans le monde bancaire. La législation du travail, la sécurité sociale et les droits syndicaux ont été également remis en question.

En 1990, quand le socialisme s’est effondré en Union soviétique, l’euphorie s’est emparée de l’Occident : on a parlé de la fin de l’histoire et de la victoire définitive du capitalisme. Le sigle de quatre lettres, TINA (pour There is no alternative — il n’y a pas d’alternative), a été très en vogue. Mais, au milieu des années 90, cette euphorie s’est quelque peu tempérée et le capitalisme en crise s’est mis en quête d’une nouvelle image d’ennemi. À cette fin, la théorie du « choc des civilisations », de la guerre entre civilisations, de Samuel Huntington, s’est avérée utile. Et, déjà à l’époque, l’islam a été défini comme l’ennemi.

Sur le plan stratégique, il y a eu le livre influent de l’Américain d’origine polonaise, Zbigniew Brzezinski, Le grand échiquier avec, comme sous-titre, American Primacy and Its Geostrategic Imperatives (littéralement : « L’hégémonie américaine et ses impératifs stratégiques »; c’est devenu « L’Amérique et le reste du monde », dans la version française). Pour Brzezinski, les États-Unis devaient s’appuyer sur l’Union européenne et les grands pays Est-européens comme la Pologne et l’Ukraine afin de pouvoir contrôler la totalité de l’Eurasie, la plus vaste étendue de terre émergée du monde, que composent à la fois l’Europe et le continent asiatique.

À la fin de la présidence de Clinton est venu le projet PNAC (Project for a New American Century — Projet pour un nouveau siècle américain), par lequel les néoconservateurs préconisaient le remodelage du Grand Moyen-Orient. Cela allait être la politique du président américain suivant, George Bush Jr. Conséquence : la première décennie de ce siècle fut ébranlée par les guerres en Irak et en Afghanistan.

Une grossière erreur de calcul

Aussi violente et impressionnante qu’ait été la guerre en Irak lorsqu’elle débuta voici dix ans, on ne peut que constater aujourd’hui que les États-Unis ont perdu cette guerre. Après dix ans d’occupation américaine, le contrôle politique du pays est aux mains d’un gouvernement qui écoute davantage le pays voisin, l’Iran — l’ennemi de toujours de Washington — que ses maîtres américains mêmes. Si, par l’occupation de l’Irak, l’intention des États-Unis était de contrôler la production de pétrole à l’échelle mondiale, cela aussi a été un échec : une partie importante du pétrole irakien part actuellement en Chine. Et les hausses du prix de l’or noir ont également enrichi des pays producteurs de pétrole qui ne sont pas en très bons termes avec les États-Unis : l’Algérie, le Venezuela, la Libye, la Russie. Ces pays ont pu de la sorte se constituer d’importantes réserves monétaires, ce qui a accru leurs possibilités de suivre un cours indépendant.

En ce qui concerne la Russie, dans les années 90 Washington a soutenu les islamistes radicaux en Tchétchénie dans le but d’affaiblir plus encore le pays. Au cours d’une lutte sanglante, la capitale tchétchène Grozny a été réduite en ruines et on a déploré, en outre, le drame des otages à l’école de Beslan (1). Mais la Russie a tenu bon et, sous Poutine, est redevenue un pays absolument autonome et indépendant bénéficiant également d’une forte croissance économique.

Mais c’est surtout en Chine que les États-Unis se sont trompés. Leur intention, c’était de voir la poursuite de l’application du libre marché mener enfin à l’effondrement du système d’État socialiste, comme cela avait été le cas plus tôt en Union soviétique. Mais cela n’a pas eu lieu et l’économie chinoise a continué à croître. La Chine a dépassé, l’un après l’autre, les grands pays capitalistes et est devenue aujourd’hui la deuxième économie au monde, après les États-Unis, ainsi que la plus grande puissance commerciale. Si cette évolution se poursuit, ce n’est plus qu’une question de temps avant que la Chine ne dépasse aussi les États-Unis. Dans le sillage de la Chine, on trouve, par ailleurs, nombre de grands pays du tiers monde, comme l’Inde et le Brésil, tandis que quelques grands pays africains se sont mués eux aussi en pays émergents : l’Afrique du Sud, l’Angola et le Nigeria. Ensemble, les principaux pays émergents (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) constituent ce qu’on appelle les BRICS.

À mesure que se développait cette évolution, on était de plus en plus désespéré, en Occident, par ce « printemps chinois » pro-occidental qui se faisait attendre et l’idée faisait alors son chemin d’approcher ouvertement la Chine en tant qu’adversaire stratégique, dans une deuxième « guerre froide » et une politique d’encerclement, d’endiguement et de confrontation. Quand, en novembre 2011, le président américain Obama effectua un vaste périple en Asie, il déclara que les États-Unis étaient et restaient une « puissance pacifique », faisant allusion à l’océan Pacifique qui sépare les États-Unis et l’Asie. « L’Asie est désormais la priorité numéro un des États-Unis », ajoutait-il. Ce n’est pas un hasard si le premier voyage à l’étranger d’Obama après les élections présidentielles de 2012 n’a pas eu pour destination l’Europe ou l’Amérique latine, mais bien la Birmanie, un pays clé dans la politique d’encerclement de la Chine.

L’importance stratégique croissante de l’Afrique

C’est dans ce nouveau cadre politique que l’Africom a été fondé en 2008. Il s’agit d’une importante réforme stratégique des centres de commandement suprême de l’armée américaine. L’Africom réunit désormais toutes les opérations de l’armée américaine en Afrique sous un commandement unique (dont le quartier général se trouve à Stuttgart), alors qu’auparavant elles dépendaient de trois commandements différents. Il ne s’agit pas d’une opération de chirurgie esthétique : cette réforme reflète la grande importance stratégique du continent africain dans la politique américaine de confrontation avec la Chine.

Les progrès rapides de la technologie font que de plus en plus de matières premières sont nécessaires pour l’industrie des pays capitalistes, mais aussi pour celle de la Chine et des autres économies émergentes. Dans le sous-sol africain se trouvent d’importantes réserves encore intactes de pétrole, de gaz et de métaux ordinaires ou rares. On estime que le continent possède 40 % des matières premières minérales du monde ce qui lui confère une grande importance stratégique.

La croissance spectaculaire de la Chine et des autres économies émergentes requiert en effet d’énormes quantités de matières premières. En outre, les BRICS ont grandement besoin de possibilités d’exportation et, pour eux aussi, l’Afrique constitue un marché d’écoulement très prometteur. Si les États-Unis veulent mettre un terme à l’ascension de la Chine (la politique de l’« endiguement »), l’Afrique constitue un élément clé pour la décennie à venir. En attendant, depuis quelques années, la Chine est le principal partenaire commercial de l’Afrique. Les États-Unis viennent ensuite et tous deux ont dépassé les anciennes métropoles coloniales qu’étaient la France et la Grande-Bretagne.

Conquérir le contrôle de l’Afrique devient donc urgent pour Washington, et cela ne peut se faire uniquement par la concurrence des acteurs économiques au sein d’un marché « libre ». Pour le bloc impérialiste, il s’agit tout autant d’une question militaire. D’où le rôle décisif joué par les armées des États-Unis et des pays européens depuis 2011 dans les guerres en Côte d’Ivoire, en Libye et aujourd’hui au Mali. Ce qui surprend ici, c’est que les États-Unis se profilent de façon peut-être plus discrète, aux yeux de l’extérieur, tandis qu’en même temps, par leur Africom et leur énorme réseau politique et diplomatique, ils tiennent malgré tout fermement les rênes en main.

Cette intervention directe des armées des États membres de l’Otan dans les guerres africaines, avec un rôle clé pour Africom, ne fera que s’accroître au cours des années à venir. Par ailleurs, Africom est également impliqué dans un nombre spectaculairement croissant de programmes de collaboration militaire avec des armées africaines, sous la forme de formation et d’exercices en commun. Le but est de prendre pied au sein de ces armées et de faire mener le plus possible les guerres qui auront lieu en Afrique par des armées africaines — mais, naturellement, toujours en fonction des intérêts des États-Unis.

Cette stratégie, Washington l’applique depuis des années déjà dans deux pays qui sont très importants sur le plan géostratégique : la Somalie et la République démocratique du Congo. Les armées, respectivement, de l’Éthiopie, de l’Ouganda et du Rwanda se chargent sur place du boulot. Aujourd’hui, les États-Unis passent à la vitesse supérieure dans le travail préparatoire de ce genre d’interventions. En 2012, une brigade de l’armée américaine a reçu la mission de mener des activités dans pas moins de 35 pays africains, un nombre record.

Cette tentative de soumettre militairement l’Afrique afin de contrôler l’influence économique de la Chine et des autres économies émergentes s’effectue sous le prétexte de la lutte contre le terrorisme. Et c’est ainsi que nous en arrivons au mouvement intégriste islamique et à ce que les médias ont appelé le « Printemps arabe ».

Extrait de « Causes et conséquences de la guerre au Mali », article paru dans Études marxistes, nº 101. La suite bientôt disponible sur michelcollon.info.

Notes
(1) Voir Wikipedia.
 
Mohamed Hassan est spécialiste du Moyen-Orient et de l’Afrique. Il est l’auteur, avec David Pestieau, de L’Irak face à l’occupation (EPO, 2004) et, avec Grégoire Lalieu et Michel Collon, de La stratégie du chaos, Investig’Action/Couleur Livres, 2012.

Source Michel Collon Investig'Action

lundi 29 avril 2013

Le Qatar, champion du mensonge et de la dissimulation

Majed Nehmé

AFRIQUE-ASIE : Sans sponsors et en toute indépendance, à contre-courant des livres de commandes publiés récemment en France sur le Qatar, Nicolas Beau et Jacques-Marie Bourget* ont enquêté sur ce minuscule État tribal, obscurantiste et richissime qui, à coup de millions de dollars et de fausses promesses de démocratie, veut jouer dans la cour des grands en imposant partout dans le monde sa lecture intégriste du Coran. Un travail rigoureux et passionnant sur cette dictature molle, dont nous parle Jacques-Marie Bourget.

Écrivain et ancien grand reporter dans les plus grands titres de la presse française, Jacques-Marie Bourget a couvert de nombreuses guerres : le Vietnam, le Liban, le Salvador, la guerre du Golfe, la Serbie et le Kosovo, la Palestine… C’est à Ramallah qu’une balle israélienne le blessera grièvement. Grand connaisseur du monde arabe et des milieux occultes, il publiait en septembre dernier avec le photographe Marc Simon, Sabra et Chatila, au cœur du massacre (Éditions Érick Bonnier, voir Afrique Asie d’octobre 2012)

Nicolas Beau a longtemps été journaliste d’investigation à Libération, au Monde et au Canard Enchainé avant de fonder et diriger le site d’information satirique français, Bakchich. info. Il a notamment écrit des livres d’enquêtes sur le Maroc et la Tunisie et sur Bernard-Henri Lévy.

Qu’est-ce qui vous a amenés à consacrer un livre au Qatar?

Le hasard puis la nécessité. J’ai plusieurs fois visité ce pays et en suis revenu frappé par la vacuité qui se dégage à Doha. L’on y a l’impression de séjourner dans un pays virtuel, une sorte de console vidéo planétaire. Il devenait intéressant de comprendre comment un État aussi minuscule et artificiel pouvait prendre, grâce aux dollars et à la religion, une telle place dans l’histoire que nous vivons. D’autre part, à l’autre bout de la chaîne, l’enquête dans les banlieues françaises faites par mon coauteur Nicolas Beau nous a immédiatement convaincus qu’il y avait une stratégie de la part du Qatar enfin de maîtriser l’islam aussi bien en France que dans tout le Moyen-Orient et en Afrique. D’imposer sa lecture du Coran qui est le wahhabisme, donc d’essence salafiste, une interprétation intégriste des écrits du Prophète. Cette sous-traitance de l’enseignement religieux des musulmans de France à des imams adoubés par le Qatar nous a semblé incompatible avec l’idée et les principes de la République. Imaginez que le Vatican, devenant soudain producteur de gaz, profite de ses milliards pour figer le monde catholique dans les idées intégristes de Monseigneur Lefebvre, celles des groupuscules intégristes qui manifestent violemment en France contre le « mariage pour tous ». Notre société deviendrait invivable, l’obscurantisme et l’intégrisme sont les meilleurs ennemis de la liberté.

Sur ce petit pays, nous sommes d’abord partis pour publier un dossier dans un magazine. Mais nous avons vite changé de format pour passer à celui du livre. Le paradoxe du Qatar, qui prêche la démocratie sans en appliquer une seule once pour son propre compte, nous a crevé les yeux. Notre livre sera certainement qualifié de pamphlet animé par la mauvaise foi, de Qatar bashing… C’est faux. Dans cette entreprise nous n’avons, nous, ni commande, ni amis ou sponsors à satisfaire. Pour mener à bien ce travail, il suffisait de savoir lire et observer. Pour voir le Qatar tel qu’il est : un micro-empire tenu par un potentat, une dictature avec le sourire aux lèvres.

Depuis quelques années, ce petit émirat gazier et pétrolier insignifiant géopolitiquement est devenu, du moins médiatiquement, un acteur politique voulant jouer dans la cour des grands et influer sur le cours de l’Histoire dans le monde musulman. Est-ce la folie des grandeurs? Où le Qatar sert-il un projet qui le dépasse?

Il existe une folie des grandeurs. Elle est encouragée par des conseillers et flagorneurs qui ont réussi à convaincre l’émir qu’il est à la fois un tsar et un commandeur des croyants. Mais c’est marginal. L’autre vérité est qu’il faut, par peur de son puissant voisin et ennemi saoudien, que la grenouille se gonfle. Faute d’occuper des centaines de milliers de kilomètres carrés dans le Golfe, le Qatar occupe ailleurs une surface politico-médiatique, un empire en papier. Doha estime que cette expansion est un moyen de protection et de survie.

Enfin, il y a la religion. Un profond rêve messianique pousse Doha vers la conquête des âmes et des territoires. Ici, on peut reprendre la comparaison avec le minuscule Vatican, celui du xixe siècle qui envoyait ses missionnaires sur tous les continents. L’émir est convaincu qu’il peut nourrir et faire fructifier une renaissance de la oumma, la communauté des croyants. Cette stratégie a son revers, celui d’un possible crash, l’ambition emportant les rêves du Qatar bien trop loin de la réalité. N’oublions pas aussi que Doha occupe une place vide, celle libérée un temps par l’Arabie Saoudite impliquée dans les attentats du 11-Septembre et contrainte de se faire plus discrète en matière de djihad et de wahhabisme. Le scandaleux passe-droit dont a bénéficié le Qatar pour adhérer à la Francophonie participe à cet objectif de « wahhabisation » : en Afrique, sponsoriser les institutions qui enseignent la langue française permet de les transformer en écoles islamiques, Voltaire et Hugo étant remplacés par le Coran.

Cette mégalomanie peut-elle se retourner contre l’émir actuel? Surtout si l’on regarde la brève histoire de cet émirat, créé en 1970 par les Britanniques, rythmée par des coups d’État et des révolutions de palais.

La mégalomanie et l’ambition de l’émir Al-Thani sont, c’est vrai, discrètement critiquées par de « vieux amis » du Qatar. Certains, avançant que le souverain est un roi malade, poussent la montée vers le trône de son fils désigné comme héritier, le prince Tamim. Une fois au pouvoir, le nouveau maître réduirait la voilure, notamment dans le soutien accordé par Doha aux djihadistes, comme c’est le cas en Libye, au Mali et en Syrie. Cette option est même bien vue par des diplomates américains inquiets de cette nouvelle radicalité islamiste dans le monde. Alors, faut-il le rappeler, le Qatar est d’abord un instrument de la politique de Washington avec lequel il est lié par un pacte d’acier.

Cela dit, promouvoir Tamim n’est pas simple puisque l’émir, qui a débarqué son propre père par un coup d’État en 1995, n’a pas annoncé sa retraite. Par ailleurs, le premier ministre Jassim, cousin de l’émir, le tout-puissant et richissime « HBJ », n’a pas l’intention de laisser un pouce de son pouvoir. Mieux : en cas de nécessité, les États-Unis sont prêts à sacrifier et l’émir et son fils pour mettre en place un « HBJ » dévoué corps et âme à Washington et à Israël. En dépit de l’opulence affichée, l’émirat n’est pas si stable qu’il y paraît. Sur le plan économique, le Qatar est endetté à des taux « européens » et l’exploitation de gaz de schiste est en rude concurrence, à commencer aux États-Unis.

La présence de la plus grande base américaine en dehors des États-Unis sur le sol qatari peut-elle être considérée comme un contrat d’assurance pour la survie du régime ou au contraire comme une épée de Damoclès fatale à plus ou moins brève échéance?

La présence de l’immense base Al-Udaï est, dans l’immédiat, une assurance vie pour Doha. L’Amérique a ici un lieu idéal pour surveiller, protéger ou attaquer à son gré dans la région. Protéger l’Arabie Saoudite et Israël, attaquer l’Iran. La Mecque a connu ses révoltes, la dernière réprimée par le capitaine Barril et la logistique française. Mais Doha pourrait connaître à son tour une révolte conduite par des fous d’Allah mécontents de la présence du « grand Satan » en terre wahhabite.

Ce régime, moderne d’apparence, est en réalité fondamentalement tribal et obscurantiste. Pourquoi si peu d’informations sur sa vraie nature?

Au risque de radoter, il faut que le public sache enfin que le Qatar est le champion du monde du double standard : celui du mensonge et de la dissimulation comme philosophie politique. Par exemple, des avions partent de Doha pour bombarder les taliban en Afghanistan alors que ces mêmes guerriers religieux ont un bureau de coordination installé à Doha, à quelques kilomètres de la base d’où décollent les chasseurs partis pour les tuer. Il en va ainsi dans tous les domaines, et c’est le cas de la politique intérieure de ce petit pays.

Regardons ce qui se passe dans ce coin de désert. Les libertés y sont absentes, on y pratique les châtiments corporels, la lettre de cachet, c’est-à-dire l’incarcération sans motif, est une pratique courante. Le vote n’existe que pour nommer une partie des conseillers municipaux, à ceci près que les associations et partis politiques sont interdits, tout comme la presse indépendante… Une Constitution qui a été élaborée par l’émir et son clan n’est même pas appliquée dans tous ses articles. Le million et demi de travailleurs étrangers engagés au Qatar s’échine sous le régime de ce que des associations des droits de l’homme qualifient « d’esclavage ». Ces malheureux, privés de leurs passeports et payés une misère, survivent dans les camps détestables sans avoir le droit de quitter le pays. Nombre d’entre eux, accrochés au béton des tours qu’ils construisent, meurent d’accidents cardiaques ou de chutes (plusieurs centaines de victimes par an).

La « justice », à Doha, est directement rendue au palais de l’émir, par l’intermédiaire de juges qui le plus souvent sont des magistrats mercenaires venus du Soudan. Ce sont eux qui ont condamné le poète Al-Ajami à la prison à perpétuité parce qu’il a publié sur Internet une plaisanterie sur Al-Thani! Observons une indignation à deux vitesses : parce que cet homme de plume n’est pas Soljenitsyne, personne n’a songé à défiler dans Paris pour défendre ce martyr de la liberté. Une anecdote : cette année, parce que son enseignement n’était pas « islamique », un lycée français de Doha a tout simplement été retiré de la liste des institutions gérées par Paris.

Arrêtons là car la situation du droit au Qatar est un attentat permanent aux libertés.

Pourtant, et l’on retombe sur le fameux paradoxe, Doha n’hésite pas, hors de son territoire, à prêcher la démocratie. Mieux, chaque année un forum se tient sur ce thème dans la capitale. Son titre, « New or restaured democracy » alors qu’au Qatar il n’existe de démocratie ni « new » ni « restaured »… Selon le classement de The Economist, justement en matière de démocratie, le Qatar est 136e sur 157e États, classé derrière le Bélarusse. Bizarrement, alors que toutes les bonnes âmes fuient le dictateur moustachu Loukachenko, personne n’éprouve honte ou colère à serrer la main d’Al-Thani. Et le Qatar, qui est aussi un enfer, n’empêche pas de grands défenseurs des droits de l’homme, notamment français, de venir bronzer, invités par Doha, de Ségolène Royal à Najat Vallaud-Belkacem, de Dominique de Villepin à Bertrand Delanoë.

Comment un pays qui est par essence antidémocratique se présente-t-il comme le promoteur des printemps arabes et de la liberté d’expression?

Au regard des « printemps arabes », où le Qatar joue un rôle essentiel, il faut observer deux phases. Dans un premier temps, Doha hurle avec les peuples justement révoltés. On parle alors de « démocratie et de liberté ». Les dictateurs mis à terre, le relais est pris par les Frères musulmans, qui sont les vrais alliés de Doha. Et on oublie les slogans d’hier. Comme on le dit dans les grandes surfaces, « liberté et démocratie » n’étaient que des produits d’appel, rien que de la « com » (propagande).

Si l’implication du Qatar dans les « printemps » est apparue comme une surprise, c’est que la stratégie de Doha a été discrète. Depuis des années l’émirat entretient des relations très étroites avec des militants islamistes pourchassés par les potentats arabes, mais aussi avec des groupes de jeunes blogueurs et internautes auxquels il a offert des stages de « révolte par le Net ». La politique de l’émir était un fusil à deux coups. D'abord, on a envoyé au « front » la jeunesse avec son Facebook et ses blogueurs, mains nues face aux fusils des policiers et militaires. Ceux-ci défait, le terrain déblayé, l’heure est venue de mettre en poste ces islamistes tenus bien au chaud en réserve, héros sacralisés, magnifiés en sagas par Al-Jazeera.

Comment expliquez-vous l’implication directe du Qatar d’abord en Tunisie et en Libye, et actuellement en Égypte, dans le Sahel et en Syrie?

En Libye, nous le montrons dans notre livre, l’objectif était à la fois de restaurer le royaume islamiste d’Idriss tout essayant de prendre le contrôle de 165 milliards, le montant des économies dissimulées par Kadhafi. Dans le cas de la Tunisie et de l’Égypte, il s’agit de l’application d’une stratégie froide du type « redessinons le Moyen-Orient », digne des « néocons » américains. Mais, une fois encore, ce n’est pas le seul Qatar qui a fait tomber Ben Ali et Moubarak; leur chute a d’abord été le résultat de leur corruption et de leur politique tyrannique et aveugle.

Au Sahel, les missionnaires qataris sont en place depuis cinq ans. Réseaux de mosquées, application habile de la zaqat, la charité selon l’islam, le Qatar s’est taillé, du Niger au Sénégal, un territoire d’obligé suspendus aux mamelles dorées de Doha. Plus que cela, dans ce Niger comme dans d’autres pays pauvres de la planète le Qatar a acheté des centaines de milliers d’hectares transformant ainsi des malheureux affamés en « paysans sans terre ». À la fin de 2012, quand les djihadistes ont pris le contrôle du Nord-Mali, on a noté que des membres du Croissant-Rouge qatari sont alors venus à Gao prêter une main charitable aux terribles assassins du Mujao…

La Syrie n’est qu’une extension du domaine de la lutte avec, en plus, une surenchère : se montrer à la hauteur de la concurrence de l’ennemi saoudien dans son aide au djihad. Ici, on a du mal à lire clairement le dessein politique des deux meilleurs amis du Qatar, les États-Unis et Israël, puisque Doha semble jouer avec le feu de l’islamisme radical…

Le Fatah accuse le Qatar de semer la zizanie et la division entre les Palestiniens en soutenant à fond le Hamas, qui appartient à la nébuleuse des Frères musulmans. Pour beaucoup d’observateurs, cette stratégie ne profite qu’à Israël. Partagez-vous cette analyse?

Quand on veut évoquer la politique du Qatar face aux Palestiniens, il faut s’en tenir à des images. Tzipi Livni, qui fut avec Ehud Barak la cheville ouvrière, en 2009, de l’opération Plomb durci sur Gaza – 1 500 morts – fait régulièrement ses courses dans les malls de Doha. Elle profite du voyage pour dire un petit bonjour à l’émir. Un souverain qui, lors d’une visite discrète, s’est rendu à Jérusalem pour y visiter la dame Livni… Souvenons-nous du pacte signé d’un côté par HBJ et le souverain Al-Thani et de l’autre les États-Unis : la priorité est d’assister la politique d’Israël. Quand le « roi » de Doha débarque à Gaza en promettant des millions, c’est un moyen d’enferrer le Hamas dans le clan des Frères musulmans pour mieux casser l’unité palestinienne. C’est une politique pitoyable. Désormais, Mechaal, réélu patron du Hamas, vit à Doha dans le creux de la main de l’émir. Le rêve de ce dernier – le Hamas ayant abandonné toute idée de lutte – est de placer Mechaal à la tête d’une Palestine qui se situerait en Jordanie, le roi Abdallah étant déboulonné. Israël pourrait alors s’étendre en Cisjordanie. Intéressante politique-fiction.

Le Qatar a-t-il « acheté » l’organisation de la Coupe du monde football en 2022?

Un grand et très vieil ami du Qatar m’a dit : « Le drame avec eux, c’est qu’ils s’arrangent toujours pour que l’on dise “cette fois encore, ils ont payé!” » Bien sûr, il y a des soupçons. Remarquons que les fédérations sportives sont si sensibles à la corruption que, avec de l’argent, acheter une compétition est possible. On a connu cela avec des jeux olympiques étrangement attribués à des outsiders…

Dans le conflit frontalier entre le Qatar et le Bahreïn, vous révélez que l’un des juges de la Cour internationale de justice de La Haye aurait été acheté par le Qatar. L’affaire peut-elle être rejugée à la lumière de ces révélations?

Un livre – sérieux celui-là – récemment publié sur le Qatar évoque une manipulation possible lors du jugement arbitral qui a tranché le conflit frontalier entre le Qatar et Bahreïn. Les enjeux sont énormes puisque, sous la mer et les îlots, se trouve du gaz. Un expert m’a déclaré que cette révélation pouvait être utilisée pour rouvrir le dossier devant la Cour de La Haye…

Les liaisons dangereuses et troubles entre la France de Sarkozy et le Qatar se poursuivent avec la France de Hollande. Comment expliquez-vous cette continuité?

Parler du Qatar, c’est parler de Sarkozy, et inversement. De 2007 à 2012, les diplomates et espions français en sont témoins, c’est l’émir qui a réglé la « politique arabe » de la France. Il est amusant de savoir aujourd’hui que Bachar al-Assad a été l’homme qui a introduit la « sarkozie » auprès de celui qui était alors son meilleur ami, l’émir du Qatar. Il n’y a pas de bonne comédie sans traîtres. Kadhafi était, lui aussi, un grand ami d’Al-Thani et c’est l’émir qui a facilité l’amusant séjour du colonel et de sa tente à Paris. Sans évoquer les affaires incidentes, comme l’épopée de la libération des infirmières bulgares. La relation entre le Qatar et Sarkozy a toujours été sous-tendue par des perspectives financières. Aujourd’hui Doha promet d’investir 500 millions de dollars dans le fonds d’investissement que doit lancer l’ancien président français à Londres. Échange de bons procédés, ce dernier fait de la propagande ou de la médiation dans les aventures, notamment sportives, du Qatar.

François Hollande, par rapport au Qatar, s’est transformé en balancier. Un jour le Qatar est « un partenaire indispensable », qui a sauvé dans son fief de Tulle la fabrique de maroquinerie le Tanneur, le lendemain, il faut prendre garde de ses amis du djihad. Aucune politique n’est fermement dessinée et les diplomates du Quai-d’Orsay, nommés sous Sarkozy, continuent de jouer le jeu d’un Doha qui doit rester l’ami numéro 1. En période de crise, les milliards miroitants d’Al-Thani impliquent aussi une forme d’amitié au nom d’un slogan faux et ridicule qui veut que le Qatar « puisse sauver l’économie française »… La réalité est plus plate : tous les investissements industriels de Doha en France sont des échecs… Reste le placement dans la pierre, vieux bas de laine de toutes les richesses. Notons là encore un pathétique grand écart : François Hollande a envoyé son ministre de la Défense faire la quête à Doha afin de compenser le coût de l’opération militaire française au Mali, conduite contre des djihadistes très bien vus par l’émir.
 
 
* Le Vilain Petit Qatar – Cet ami qui nous veut du mal, Jacques-Marie Bourget et Nicolas Beau, Éd. Fayard, 300 p., 19 euros
 

samedi 27 avril 2013

Quand Sarkozy gâtait Obama

Un sac de golf Hermès valant 7750 $, des peignoirs de chez Dior, des statuettes et lampes en cristal Baccarat, l'ex-président français Nicolas Sarkozy a offert à son homologue américain, en 2011, pour plus de 42 000 $ de cadeaux.
 

La Maison-Blanche a dévoilé, hier, la liste des cadeaux officiels que se sont vus offrir les principaux responsables de l'administration Obama. Une liste qui met en exergue la générosité dont faisait preuve l'ex-locataire de l'Élysée à l'endroit de la famille Obama.
 
À lire sur lefigaro.fr
Source La Presse

Sarko à Montréal : Charest y sera, mais pas Marois

L’ex-président français Nicolas Sarkozy s’amène jeudi à Montréal où il y donnera une conférence sur l’état de l’économie mondiale devant un parterre de gens d’affaires et de politique où se retrouvera Jean Charest, mais pas la première ministre Pauline Marois.

C’est son cabinet qui l’a confirmé la semaine passée. Mme Marois a reçu une invitation, mais son horaire ne lui permettait pas d’assister à la conférence qui se tiendra au Palais des congrès sous l’égide de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

C’est donc le ministre des Relations internationales, Jean-François Lisée qui assistera à l’événement et sera donc le représentant du gouvernement du Québec.

Officiellement donc, il n’y a donc pas de froid entre Mme Marois et l’ex-président français qui avait durement froissé les souverainistes alors qu’il avait renié le ni-ni, ni-ingérence, ni-indifférence, position traditionnelle de la France envers le Québec.

«Elle ne pouvait pas se libérer. Il n’y a pas de froid ou quoique ce soit d’autre», a indiqué l’attachée de presse Marie Barrette en entrevue avec TVA Nouvelles.

Toutefois, l’ex-premier ministre Jean Charest y sera et devrait être à la table d’honneur. M. Sarkozy n’a jamais caché ses amitiés avec M. Charest et l’avait même décoré de la légion d’honneur en 2009.
C’est l’ex-ministre conservateur Michael Fortier qui va poser les questions à M. Sarkozy qui arrivera jeudi à Montréal. Selon nos informations, sa compagne Carla Bruni-Sarkozy ne devrait pas y être.

Dispendieuse, la conférence

Cela dit, assister à une telle conférence demeure assez dispendieux. Il en coûte 325 $ pour un billet général, 395 $ un billet exécutif et 795 $ pour un billet VIP qui permet notamment d’obtenir une photo avec Sarkozy.

«Il y a vraiment une curiosité entourant M. Sarkozy, ce qu’il a fait comme président et sa vision de l’économie. On essaie toujours de trouver des modèles d’affaires qui tiennent la route. C’est sûr que les gens qui viennent ici s’attendent à avoir une rémunération», a indiqué Michel Leblanc, président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et hôte de l’événement.

Il a été impossible de connaître le cachet total de M. Sarkozy. Mais généralement, lors de ses conférences, il touche 250 000 $. (on parle de 300 000$)

La conférence devrait donc regrouper 750 personnes. Mais aucun média n’est invité à l’événement.

Habitué du Québec

M. Sarkozy est un habitué du Québec. Il avait logé l’été passé dans le chalet de la famille Desmarais( propriétaire de La Presse et Power Corp) dans les Laurentides et a déjà été accueilli dans le luxueux domaine Sagard dans Charlevoix.

Il avait aussi décoré Paul Desmarais, le fondateur du holding Power Corporation, «son ami canadien», comme l’avait souligné les médias français. L’homme d’affaires avait eu la légion d’honneur en 2008.

Source Argent Canoë

jeudi 25 avril 2013

Qu’est-ce qui énerve les Nord-Coréens?

Gregory Elich

Les relations entre les États-Unis et la Corée du Nord ont atteint leur nadir et, dans la plupart des commentaires des médias occidentaux, c’est la rhétorique en apparence déraisonnablement musclée de la Corée du Nord, qu’il convient de blâmer. De façon inexplicable, nous raconte-t-on, la Corée du Nord a choisi d’accroître les tensions. Ce qui manque, dans ce tableau d’une attitude nord-coréenne hostile et du rôle de victime innocente assumé par les (...)
 
Pas besoin de remonter très loin dans le temps pour discerner ce qui énerve les Nord-Coréens. Ces derniers mois, le gouvernement d'Obama a entrepris plusieurs démarches que la RPDC (République populaire démocratique de Corée, appellation officielle de la Corée du Nord) a perçues comme autant de menaces.

Le premier pas sur la voie de la détérioration des relations a été franchi en octobre 2012, quand les États-Unis ont accordé à la Corée du Sud une exemption vis-à-vis du régime de contrôle de la technologie des missiles, lui permettant d’allonger la portée de ses missiles balistiques de façon à pouvoir couvrir la totalité du territoire de la RPDC.i Il en résultait qu’un ensemble de modalités s’appliquait à toute nation ayant ratifié le traité, sauf la Corée du Sud, à laquelle s’appliquait un ensemble différent de modalités, dans le but manifeste de cibler sa voisine du Nord.

La SUITE ICI Investig'Action

À lire
Taïwan effectue des manoeuvres militaires au milieu de tensions sino-américaines grandissantes

Taïwan est en train de mener cette semaine des manoeuvres militaires à balles réelles et selon le scénario d’une attaque chinoise sur les îles Penghu de Taïwan. Cela s’inscrit dans le contexte de tensions grandissantes en Asie de l’Est. Celle-ci sont attisées par la stratégie américaine du « pivot vers l’Asie » viseant à contenir la Chine, ce qui inclut les récentes menaces de guerre américaines relatives au programme nucléaire de la Corée du Nord et des querelles au sujet des îles Senkaku/Diaoyu.
 
Ces exercices, étalés sur cinq jours et baptisés Han Kuang, servent à tester sur les îles qui sont situées dans le détroit de Taïwan entre le continent chinois et l’île de Taïwan, 145 différents types d’équipement, comme des frégates de la marine, des chars de l’armée et des missiles anti-navire et de défense aérienne.
 
La Chine pour sa part, a stationné des centaines de milliers de soldats sur certaines parties de son territoire le long du détroit de Taïwan, aux côtés de centaines d’avions de combat et d’un millier de missiles balistiques tactiques. Ceci a incité des commentateurs militaires à suggérer que la Chine serait susceptible de gagner une guerre conventionnelle localisée et menée dans le détroit de Taïwan contre les forces taïwanaises et américaines.

Source Mondialisation

mercredi 24 avril 2013

Les médiamensonges du Monde et Reporters Sans Frontières sur Chavez exposés (vidéo)

Michel Collon

Et il montre les actionnaires et intérêts économiques permettant de comprendre pourquoi ces médias ne respectent pas les règles de base du journalisme, mais déforment les faits et déclarations avec une mauvaise foi systématique...





Source Michel Collon Investig'Action

Article intéressant:

Hugo Chávez, homme de Renaissance du XXIe siècle

Le président Hugo Chávez était unique dans de multiples domaines de la vie politique, sociale et économique. Il a fait d’importantes contributions à l’avancement de l’humanité. La profondeur, la portée et la popularité de ses réalisations marquent Chávez président comme le « Président de la Renaissance au XXIe siècle ».
De nombreux auteurs ont noté l’une ou l’autre de ses contributions historiques en soulignant sa législation anti-pauvreté, son succès en remportant les élections populaires avec des majorités retentissantes et sa promotion de l’éducation publique gratuite et de l’assurance santé pour tous les Vénézuéliens.
Dans cet essai, nous mettrons en évidence les contributions historiques mondiales uniques que le président Chávez a réalisées dans les domaines de l’économie politique, l’éthique et le droit international et dans la redéfinition des relations entre les dirigeants politiques et les citoyens. Nous allons commencer par sa contribution au développement durable de la culture civique au Venezuela et au-delà.
La suite sur Mondialisation

mardi 23 avril 2013

Boston, Tic, tac, tic...(vidéo)

Chérif Abdedaïm

Encore un attentat. L’Amérique est en émoi. L’Amérique est en alerte! Le président Obama dénonce un « acte odieux et lâche », assurant que « les Américains ne se laisseront pas terroriser ».

Toutes les rumeurs et hypothèses circulent… Personne n’a encore revendiqué les attentats! Le FBI en appelle même aux internautes américains pour les aider à décortiquer les images, trouver des indices, fouiller la vie des suspects. Seulement quelques heures après les déflagrations, on trouvait déjà tout sur la toile. On suspecte un jeune arabe de 17 ans : Salah Barhoun. Sa photo a circulé sur certains sites américains parce qu’il figurait dans la tribune officielle au moment du marathon, et surtout… c’était un arabe. Surpris de faire partie des suspects, ce dernier s’est rendu à la police qui, après enquête approfondie, l’a libéré.

Et puis, les fameuses images satellitaires montrant un nationaliste « vénézuélien » déposant un sac à l’endroit où semble avoir explosé l’une des bombes; la casquette d’un ancien sniper de la Navy ; et même des militaires en civil en train de s’enfuir… bref, tout et n'importe quoi!

De multiples scénarios sont possibles donc, de quoi alimenter la presse en attendant que les autorités désignent des responsables. Face à ce puzzle, certains internautes ont relevé une anomalie de taille : une page facebook a été créée en mémoire des victimes 8 heures avant l’attentat.

Après l’attentat, même les médias du monopole corporatiste ne purent plus ignorer la possibilité d’une attaque fausse-bannière. La branche information de Yahoo ! en ligne s’est demandée : « Qui est derrière l’attentat de Boston? » et avait proposé quatre hypothèses : 1) des djihadistes islamistes, 2) des milices type extrême-droite, 3) le gouvernement, 4) un loup solitaire psychopathe.

Pour ce qui est des hypothèses une, deux et quatre, bien sûr sont les suspects usuels. Mais inclure en troisième lieu… le « gouvernement » sur la liste des suspects est sans précédent pour un organe des médias dit de masse, rapportant sur un incident de terrorisme domestique.

La proéminence croissante de l’hypothèse de l’attentat fausse-bannière a également été soulignée au gouverneur du Massachusetts Deval Patrick lors de la conférence de presse juste après les attentats. La première question posée au gouverneur Patrick par le correspondant du média alternatif InfoWars Dan Bidondi était de savoir si les explosions étaient « des attentats fausse-bannière mise en scène afin de nous retirer nos libertés civiles ». Bien entendu, le gouverneur Patrick avait répondu par la négative. Pour sa part, le magazine néo-conservateur Atlantic Monthly a privilégié l’hypothèse d’une attaque de fausse bannière en soulignant qu’il y a des précédents historiques afin de pouvoir regarder l’attentat de Boston comme étant une attaque fausse-bannière. L’auteur de l’article, Philip Bump, admettait même : « Si ces attaques avaient été des attaques fausses-bannière, le gouverneur Patrick aurait répondu “non” à la question de toute façon. »

Qu’est-ce qui a donc changé depuis 2001 pour amener le scénario de l’attaque fausse-bannière sous les feux de la rampe ?

Réponse courte et simple pour les adeptes du mouvement pour la vérité sur le 11 septembre. « Durant la dernière décennie, des millions d’activistes ont travaillé d’arrache-pied pour éveiller le public américain et mondial sur l’évidence que les attaques du 11 septembre 2001 furent l’équivalent américain de l’incendie du Reichstag allemand. Des sondages ont montré que 36 % des Américains soient environ quelque 100 millions de personnes, pensent qu’il est probable que le 11 septembre ait été perpétré depuis l’intérieur du gouvernement. La plupart de ces chercheurs de vérité sont des scientifiques accomplis et réputés, des ingénieurs, des militaires et des officiers de renseignement ainsi que d’autres experts. Vous pouvez en rencontrer quelques-uns sur Patriotsquestion911.com et AE911Truth.org. »

Depuis que les médias corporatistes et les pseudo-médias alternatifs financés par les grandes fondations ont refusé de rapporter les faits au sujet des attentats du 11 septembre, environ 100 millions d’Américains considèrent les grosses pointures des médias comme des menteurs. Même parmi les quelque 200 millions d’Américains qui ne sont pas en première ligne des sceptiques, le sentiment que quelque chose ne tourne pas rond et que les médias et les politiciens mentent est très répandu. Une récente recherche a montré que la confiance des Américains dans le gouvernement est tombée au plus bas historiquement : moins d’un tiers des Américains font confiance au gouvernement alors que plus des deux tiers ne lui font pas confiance.

Aujourd’hui, ce n’est plus juste quelques intellectuels marginaux qui pensent « fausse-bannière » quand ils entendent un rapport sur un attentat « domestique ». Des millions de gens partagent leurs suspicions au sujet des attentats à la bombe de Boston sur Twitter, Facebook, la blogosphère et le média internet en général.

Ont-ils raison ?

Bien qu’il soit encore trop tôt pour le dire de manière sûre, l’attentat de Boston possède la caractéristique la plus importante d’une opération fausse-bannière : un entraînement anti-terroriste se déroulait simultanément pendant l’attaque réelle. L’attentat de Boston fut-il un exercice qui fut réalisé pour de vrai?

Selon certaines sources rapportant les infos diffuses sur Mobile, Alabama TV station Local TV 15 : « Le coach de cross country de l’université de Mobile, qui était près de la ligne d’arrivée du marathon de Boston lorsqu’une série d’explosion se produisit, a dit qu’il pensait que cela était bizarre, car il y avait des chiens sniffeurs anti-bombes sur les lignes de départ et d’arrivée (…)

Ils faisaient des annonces non-stop au haut-parleur disant que cela n’était qu’un exercice et qu’il ne fallait pas s’inquiéter », a dit l’entraineur Ali Stevenson à la TV local 15. « On aurait dit qu’il y avait comme une sorte de menace, mais ils continuaient à nous dire que ce n’était qu’un exercice ».

À 12:53 de l’après-midi, heure locale, le journal du Boston Globe twittait : « Déclaration officielle : Il va y avoir une explosion contrôlée en face de la bibliothèque dans la minute qui suit, ceci fait partie des activités de la brigade de déminage ».

Puis presque deux heures plus tard, à 14:50, des bombes explosaient près de la ligne d’arrivée du marathon de Boston, tuant trois personnes en blessant plus de 100 autres.

Juste une coïncidence ?
 
 
Source Le Grand Soir
 

lundi 22 avril 2013

Que faisaient donc ces mercenaires au marathon de Boston?


Oh, évidemment, à Boston, dès l'attentat produit, on a eu droit à tout (*) Aux accusations en ligne, en particulier comme celle d'un jeune étudiant (Salaheddin Barhoum) désigné par certains comme poseur potentiel de bombes, ce qui dans un pays de gens à la gâchette sensible peut représenter un danger extrême, des accusations reprises bien trop aventureusement par le NW Post (**). De la délation en ligne, rien d'autre, pour laquelle l'état US via le FBI a dû intervenir en demandant de cesser de le faire (était visé notamment le site du manipulateur d'extrême droite texan Alex Jones, partisan des armes à feu). Mais aussi, et c'est beaucoup plus intriguant, d'une catégorie de personnes hautement repérables grâce à leurs logos portés sur leurs couvre-chefs, notamment, apparus avant les explosions, et dont le rôle reste à établir, vu qu'il s'agit d'un groupe façon mercenaire de Blackwater, baptisée Craft, une société spécialisée... dans la protection événementielle et les communications, fondée par un ex-sniper à son retour d'Irak. Ce qui laisserait entendre qu'on se doutait de quelque chose à Boston, car sinon on ne voit pas l'intérêt de convoquer sur place ce genre d'escouade, au prix faramineux auxquels ils facturent leur prestation. Le plus intrigant, peut-être, de toute l'histoire étant le slogan arboré fièrement par les membres de l'équipe de Craft...
 
Très vite, une fois les explosions passées, des internautes avides de jouer aux détectives ont donc posté en ligne des centaines de photos, voire des milliers, dont certaines mêmes, en vision panoramique, fournie par leur téléphone portable. Une aubaine pour le FBI, qui disposait ainsi de scènes de crimes qu'elle n'aurait pas pu obtenir elle-même. Mais très vite aussi, des personnages inattendus vont faire irruption. Si les deux Tchétchènes sont signalés par le FBI au lendemain du crime seulement, le soir même, les internautes ont trouvé d'autres personnages tout aussi intrigants. Ils s'habillent tous de la même façon, portant blouson foncé et pantalon clair, tous munis de chaussures de l'armée (des « Tactical Sport Desert Tan »). Certains communiquent entre eux par téléphone à oreillette, et plusieurs sont porteurs de lourds sacs à dos, ce qui fait que très vite les internautes les désignent comme des terroristes potentiels (Nº 1 même chez certains!). À étudier de plus près ces personnes, on découvre assez vite qu'ils affichent un logo... étrange, celui d'une tête de mort sans mâchoire, déjà vue quelque part.... car fort ressemblant à celui des mercenaires chargés de surveiller il y a quelques années des plateformes pétrolières irlandaises.... et retrouvés après en... Bolivie en train de fomenter des coups d'État. L'un d'entre eux sera accusé d'avoir attenté à la vie du président Morales.
 
 
Étonnamment, l'individu en cause venait en effet d'Europe centrale : « parmi eux, un Bolivien... au nom d’Européen d’Europe central : Mario Tadic, tué dans l’opération, ou Elod Toazo, un jeune hongrois, mais surtout Tibor Revsz, surnommé “Photosniper”. Le chef avéré du groupe... et membre éminent de la Légion Szekler, un groupe paramilitaire très particulier en Roumanie, effectivement, Szekler est bien un groupe fasciste. Avec comme fer de lance “l’Iron Guard”, la Garde de Fer. Difficile de faire pire. Très particulier comme mouvement : au début il s’appelait “La Légion de L’Archange”!  Le seul mouvement fasciste ouvertement religieux! Nous revoici en tout cas chez les néo-nazis! Tibor Revsz avait amené avec lui un irlandais, Michael Dwyer, tué lors de l’assaut de la Police bolivienne. Faisant partie du même groupe et responsable d’exactions sur la population bolivienne. Une amitié qui le relie encore davantage à l’extrême droite)  Eduardo Rozsa-Flores, surnommé en Croatie “Chico”, ayant donc participé au nettoyage ethnique en ex-Yougoslavie, un autre beau cas d’espèce d’extrême droite. On est bien au milieu d’un creuset de néo-nazis voire de pro-nazis véritables, partisans chez eux de “l’élimination des Roms”. De véritables dangers pour l’Union européenne, tant ils jouent en ce moment les trouble-fêtes électoraux!» Des extrémistes, dont un sniper, qui avaient comme point commun leur lieu de recrutement : « Comment ces activistes d’horizons aussi divers s’étaient-ils rencontrés?» avais-je alors écrit : « Au Kosovo, en Serbie? Même pas. Tout simplement chez Shell, en Irlande, au sein d’une de ces fameuses “sociétés de sécurité” appelée par la firme de pétrole pour lutter contre les activistes écologistes qui ne voulaient pas de l’exploitation d’une nappe de gaz par 355 m de profondeur et d’un pipe-line à haute pression le reliant à la terre ferme. Integrated Risk Management Services (IRMS) installée à Nass, County Kildare, et fondée par Terry Downes et James Farrell. » Avec pour ces deux-là une autre constante : « les deux patrons d’IRMS étaient eux d’anciens militaires appartenant au Irish Army Rangers. Des soldats d'élite irlandais ayant une particularité intéressante : ils sont tous passés par... Fort Benning. » Bizarre comme on y revient à chaque fois!


Aujourd'hui, la tête de mort sans mâchoires utilisée par les Navy Seals (le team 3 et le team 5), mais aussi par Blackwater, orne d'autres casquettes : celle des hommes vus à Boston, notamment, travaillant donc pour une société appelée Craft, et son ancien responsable, Chris Kyle, qui a été lui membre de la Team 3 des Seals, et lui aussi passé par Fort Benning. Un couvre-chef porté il n'y a pas si longtemps encore par cet autre sniper, ou plutôt par le roi des snipers, revenus chez lui après avoir tué plus de 200 talibans (et plus) ou présumés talibans et s'en être passablement vanté ces derniers mois. Le spécialiste du fusil de calibre. 338, de tir à très longue distance. Kyle s'était ainsi vanté d'avoir tué un irakien à 1800 m avec ce genre de fusil. Celui qui arborait en effet la casquette de Craft pour faire la promotion il n'y a pas si longtemps de son autobiographie de tueur en Irak. L'homme est depuis décédé, il a été abattu dans un éclair de folie par Eddie Routh, un soldat revenu traumatisé d'Irak, victime d'un « post-traumatic stress disorder » comme on dit là-bas. Kyle, qui ne s'embarrassait pas de formules pour les Irakiens étaient des « sauvages » et non des êtres humains à part entière. Kyle était en fait le créateur de la société Craft, ce qui laisse supposer chez la firme une idéologie cachée aussi réactionnaire que celle de son créateur. D'où le choix du logo, pour sûr, le maintient de la vie n'étant pas sa spécificité, bien au contraire? « J’aurais juste aimé pouvoir en tuer plus » avait-il aussi dit avant de disparaître lui-même. Un Kyle qui avait vu sa société fondée grâce à des investisseurs, des financiers américains tous aussi extrémistes que lui à coup sûr :  il concède : « Je sais qu’il y a aussi des gens qui me haïssent. Mais la plupart ne se mettent pas dans la situation où nous étions. Leur opinion ne m’importe pas. »Ses deux associés, autres anciens directeurs de hedge funds qui ont décelé dans le secteur de la sécurité un potentiel de « forte croissance », opinent : « Chacun des tirs de Chris a sauvé des vies américaines », assène l’un d’eux, tout en jouant avec un couteau. Que faisaient les employés d'une telle société de tueurs patentés sur le circuit du marathon de Boston, voilà qui questionne sérieusement!!
 
Car au vu des photos prises, et leur nombre, les employés de Craft avaient bel et bien pris en charge la surveillance de l'événement à Boston. Leurs casquettes reconnaissables étant partout (celle des deux terroristes étant bien différente, la seconde étant blanche). Et était donc bien présent avant l'arrivée des deux poseurs de bombe. Et non-pas seulement appelés après le déclenchement des deux bombes, ce que laisse entrevoir la course effrénée de quelques-uns d'entre eux, visiblement affolés. Qui les avait recrutés et pourquoi exactement, voilà aussi qui pose question. Comme pose question le drôle de matériel amené sur place : des sacs à dos aussi volumineux que ceux des terroristes, mais aussi de bien plus étranges engins, tel ce 4X4 répertorié chez eux comme étant un 4x4 militaire transportable en C-130, appelé USC ou Advon (pour Advanced Liaison) un camion de communication muni d'une antenne inclinable de type « satellite » et une autre à micro-ondes sous radôme capable d'envoyer elle aussi à un satellite "la voix en temps réel, les données et les communications vidéo (non classés par l'information secrète)" indique son dépliant. Un engin visiblement connu des policiers de Boston, qui lui ont ouvert le chemin à son arrivée sur les lieux de l'attentat.

Un appareil capable de partager ses données avec « diverses forces militaires fédérales, d'état et la police locale et des unités des services d'urgence qui soutiennent la réponse aux incidents » précise le même dépliant. Sachant que l'engin se déplace avec l'aide des C-130 militaires, sa présence avant les attentats (il est arrivé dans l'instant sur la scène du crime!) pose question, comme interpelle l'une des personnes qui en est aussitôt descendue. Il pose question, à lire le communiqué du FBI qui cherchait à isoler le possible déclenchement par téléphone des explosions, ce que justement le fameux USC aurait obligatoirement détecté... « Le FBI cherchait aussi à isoler des appels téléphoniques passés à l'instant précis des deux déflagrations, survenues à 12 secondes d'intervalle, et pouvant avoir servi d'activation à distance des bombes artisanales. »
 
Aussitôt descendue et photographiée sur la ligne d'arrivée du marathon, tenant à la main non pas une arme, mais un étrange petit boîtier que l'on décrira au bout de quelques recherches comme étant un détecteur... de radiations!!! Un « Inspector Radiation Alert » de SE international; inc. Un engin décrit de cette manière par sa firme productrice : « l'inspecteur Xtreme offre une performance maximale avec une solution légère et robuste pour l'utilisation de votre appareil de contrôle dans le domaine. L'inspecteur Xtreme est conçu spécialement pour les personnes travaillant dans des environnements difficiles, tels que : les premiers intervenants, les mineurs, et les équipes “Hazmat” (pour “hazardous materials”), les matières dangereuses. L'unité est un petit ordinateur de poche instrument, basé sur un microprocesseur qui offre une excellente sensibilité aux faibles niveaux de radiations alpha, bêta, gamma et rayons X. L'affichage numérique est affiché avec une lumière rouge de comptage et un signal sonore est émis chaque chef détecté. Les autres caractéristiques comprennent une minuterie réglable, des contrôles externes de calibrage, et une alerte sélectionnable. » La dernière phrase prenant tout son sens : les gens de chez Craft étaient donc porteurs d'appareils capables de détecter des engins... à condition de les activer au préalable.
 

Les bombes de ce type ayant plusieurs décennies d'existence, et ayant été trouvées à des centaines d'exemplaires en Irak comme en Afghanistan. Aux États-Unis même, CBS avait mis en garde les Américains sur l'usage de ces engins de mort : « les autorités américaines avaient mis en garde aussi loin que cela, il y a neuf ans, comme quoi les terroristes pourraient utiliser des autocuiseurs métalliques pour causer des carnages meurtriers. L'autocuiseur commun mis en œuvre - trouvé dans d'innombrables foyers américains - a émergé comme un élément clé dans les attentats horribles qui ont tué trois personnes et en ont blessé plus de 170 au marathon de Boston hier (...) En 2004, un mémo intitulé "l'utilisation potentielle des autocuiseurs par les terroristes” une alerte destinée aux inspecteurs frontaliers, aux agents de la force publique et autres premiers intervenants expliquait que ces éléments apparemment anodins, pouvaient être utilisés pour créer des engins explosifs improvisés (EEI). Le mémo affirmait que la technique de fabrication de ces bombes était communément enseignée dans des camps d'entraînement terroristes en Afghanistan - et qu'elle avait déjà fait des victimes lors d'attaques de ce genre. L'article mentionnait notamment les terroristes opérant en Algérie qui utilisaient des appareils de cuisson sous pression truquée pour mener des attaques - des militants de longue associés non seulement directement à Al-Qaïda, mais aussi aux organisations terroristes voisines libyennes, dont le Groupe islamique combattant libyen (GICL, pour Al-Jama’a al-Islamiyyah al-Muqatilah bi-Libya). » Les engins sont tellement répandus que la firme bien connue, Inert Products, de Scranton, qui fabrique des IEDs factices pour que les formateurs démineurs se familiarisent avec leur fonctionnement.
 
Tout le problème est donc là : on avait positionné toute une escouade de « privés » chargés de surveiller une menace annoncée (sinon on n'en aurait pas déployé autant) , des individus munis d'un matériel sophistiqué capable d'aider la police ou l'armée au cas où ; mais le déploiement n'aurait pas permis d'empêcher l'attentat de se produire : on aurait voulu tester en temps réel une prestation qu'on ne s'y serait pas prise autrement. En se trouvant deux jeunes écervelés dont on ignore toujours où ils ont bien pu trouver leurs cocottes-minutes ailleurs que sur les recettes du web, ou de la revue « Inspire », ce magazine d'Al Qaida sur papier glacé (dont le fondateur américain serait mort d'un coup de drone vengeur), qui aurait donné il y a quelques semaines la façon de fabriquer des bombes à la maison. Alors que l'on sait que le FBI, ou la CIA, ont le droit, aux USA, de pousser les apprentis terroristes en leur fournissant les moyens de réaliser leurs projets, à savoir des bombes, dites « neutralisées » quand l'opération s'arrête avant que l'attentat ne se soit réellement produit. En tout cas, on savait donc qu'il allait se produire quelque chose à Boston, c'est une évidence, à avoir déployé avant le départ du marathon de la ville un tel contingent de sécurité! Aurait-on testé les réactions de certains en laissant perpétrer l'attentat? Aurait-on largué dans la nature deux poseurs de bombes munis de bombes désarmées ou inefficaces pour en positionner deux autres à des endroits sélectionnés (au quel cas ce seraient les sbires de Craft, aperçus avec des sacs bien chargés - voir ici à droite sur l'emplacement de l'arrivée de l'épreuve) qui en auraient été les véritables responsables? La lourdeur apparente des sacs à dos des mercenaires ne cesse en effet de surprendre, et de ressembler en format à ceux apportés par les deux frères tchétchènes, en effet !!!

Casque blanc à gauche le suspect que la police détient et qui communique par écrit.
 
Deux frères n'ayant jusqu'ici derrière eux aucun antécédent policier et pourtant présenté d'emblée comme armé par le FBI : comment savait-il qu'ils étaient dangereux et armés, ce qu'ils prouveront ensuite dans leur fuite? La présence sur les toits d'un immeuble près de l'attentat de quelqu'un ne serait-il pas non plus le reflet de cette connaissance préalable? Comme l'a précisé le soir même un marathonien, Alastair Stevenson, inquiet de voir avant le départ de la course des chiens policiers déployés présentés comme faisant partie d'un « exercice » : lui-même ayant décrit la présence d'un homme sur les toits comme un policier jetant un coup d'œil aux environs, et non un énième terroriste, comme ont pu le croire au départ des internautes.

Deux frères finalement capturés par la Police du Massachusetts, à qui « bénéficie » l'opération question image de marque. Car il faut aussi le remarquer, en 2007, à Boston, justement, la police s'était déjà rendue passablement ridicule en courant après des publicités présentées comme étant des plaques électroniques à LEDs pouvant être (de loin) confondues avec des déclencheurs de bombes, alors qu'il s'agissait d'une campagne publicitaire pour le personnage d'Aqua Teen Hunger Force de Cartoon Network, imaginé par les artistes Peter Berdovsky et Sean Stevens. une campagne caractérisée à l'époque de « guérilla en marketing publicitaire »!!! Certains policiers ayant affirmé que les panneaux disséminés dans la ville présentaient « certaines caractéristiques des dispositifs d'explosifs improvisés »!!! Aurait-on voulu laver l'affront cette fois avec une chasse à l'homme digne des meilleurs scénarios d'Hollywood? Question ridicule, d'autres l'ont été aussi durant la chasse aux terroristes; Ann Coulter, la fascisante, qui n'en rate décidément pas une, et qui a remis un couplet sur l'immigration, alors que les deux frères étaient devenus des résidents US depuis 2007.
 
Toutes les hypothèses sont à étudier dans ce genre d'événement : selon certains commentateurs, férus de complotisme, bien évidemment tout repose sur la personnalité (décédée) du créateur de la firme Craft. Selon eux, plutôt fort à droite, ce dernier aurait refusé, avant de mourir, de faire de son entreprise une société chargée de créer des événements déstabilisant la démocratie. C'est pourquoi il aurait été supprimé, par la main d'un individu facilement manipulable. Pour pouvoir continuer à « en tuer plus » comme le souhaitait le fondateur de l'entreprise ? Cela semble davantage ressembler à un film hollywoodien qu'à une réalité. Non, ce qui intrigue surtout, c'est la présence de ces mercenaires, qui seront aperçus en train de se regrouper pour discuter (ou le faire par téléphone à oreillette) alors que tout le monde, police comprise, s'affairait à porter assistance aux personnes blessées : visiblement, ce jour-là, ce n'était pas leur « job »... lequel était-il donc, si leur métier est par définition la protection des personnes? Et pourquoi donc déployer leur onéreux véhicule de transmissions reliées à un Immarsat après cet événement? Pour faciliter les recherches de la police ? Ou se greffer sur les communications de cette dernière, l'appareil récupérant les conversations UHF et VHF en 800 MHz des pompiers et des policiers?
 
Il ne s'agit en rien de remettre en cause les véritables auteurs de l'attentat, entendons-nous bien, mais d'établir plutôt le degré de connaissance que certains en avaient avant le départ du marathon pouvant expliquer l'imposant dispositif mis en place et qui n'a donc servi à rien au final avec ce déchaînement de violence gratuite touchant des innocents. La présence de la société Craft au Marathon de Boston surprend et surtout indispose, en effet, quand on prend au final connaissance de son slogan : « Violence does solve problems. » La violence tchétchène résoudrait donc un problème? Lequel? Celui de la prochaine absence des adversaires talibans qu'il conviendrait de remplacer par un ennemi intérieur? Ou du renforcement de l'image de la police américaine démontrée prompte à cerner deux terroristes dont on ignore tout à ce jour du cheminement ou des contacts? À voir les applaudissements nourris de la population après l'annonce de la capture du second jeune terroriste, on peut déjà répondre qu'aux États-Unis, société violente, oui, la violence résout — hélas — des problèmes, là-bas. Pour en fabriquer d'autres, plus tard, mais ça n'a pas l'air d'être le sujet de préoccupation actuelle de l'américain moyen qui ne juge que dans l'instant. Pour le moment l'ennemi intérieur a été contenu, selon lui. Le premier abattu, le second, blessé et réfugié dans un bateau mis au sec dans un jardin, a été arrêté après un échange de tirs nourris. Jusqu'au prochain attentat ou la prochaine fusillade pour « résoudre le problème »
 
(*) Le pire ayant été la création de faux comptes Twitter au nom des deux terroristes présumés . dans un tel pays de fous, on a droit on le sait à toutes les dérives médiatiques (voir la vidéo)!
 
(**) ils ne se sont pas tous fourvoyés, l'un ayant découvert le plus jeune des terroristes quittant en marchant l'endroit de l'explosion - ici à gauche de l'image).
 
le document sur l'Advon :
Source Agora vox
 
 

dimanche 21 avril 2013

Le jeu dangereux d’Henrique Capriles et de l’opposition vénézuélienne

Salim Lamrani

Avec cet article abondamment sourcé (en espagnol), on (re)lira également (entre autres et en français), les articles suivants publiés par Le Grand Soir sur le sujet :

LE GRAND SOIR
En 2000, Henrique Capriles Radonski a fondé, avec
 Leopoldo López , le parti Primero Justicia.
Cette formation politique a été conçue grâce
au fondset aux conseils reçus de l'USAID,par le biais
du National Endowment for Democracy (NED)
et de l'International Republican Institute (IRI) ;
des experts du Parti républicain des Etats-Unis
ont même été mis à disposition pour concevoir
la plateforme politique ainsi que la stratégie de
 communication.
Voir son portrait...l'homme qui, en avril 2002,
en plein coup d'Etat contre le président Hugo Chavez
a dirigé l'attaque menée par des terroristes cubains
et vénézuéliens contre l'ambassade de Cuba ...

Le candidat de la droite vénézuélienne refuse de reconnaître sa défaite lors des élections présidentielles du 14 avril 2013, malgré la transparence des scrutins reconnue par les observateurs internationaux. Au contraire, il incite ses partisans à « exprimer leur colère ». Le bilan est lourd : au moins 7 morts et 61 blessés.

Suite à la victoire électorale de Nicolás Maduro le 14 avril 2013, Henrique Capriles Radonski a rejeté le suffrage populaire et a appelé ses partisans à « exprimer leur colère » et leur « frustration » dans les rues, exigeant un recompte total des voix. « Toute cette rage, libérez là », a-t-il lancé lors d’une conférence de presse télévisée transmise par la chaîne Globovisión, en appelant à des manifestations massives contre l’autorité élue du pays[1].
 

Les conséquences de cet appel du leader de l’opposition ont été dramatiques. Sept personnes ont été assassinées par les groupuscules d’extrême droite, dont six militants socialistes célébrant la victoire de leur candidat et un policier, et plus de 61 personnes ont été blessées[2]. Une militante du PSUV, le parti gouvernemental, a été brûlé vive et se trouve dans un état critique. Luisa Ortega Díaz, Procureur général de la République, a condamné les actes de violence : « On l’a brûlée vive. Imaginez un peu les niveaux d’agressivité et de violence de ces personnes[3] ».

Plusieurs centres médicaux, symboles des programmes sociaux lancés par Hugo Chávez, ont été brûlés, ainsi que des bureaux de l’entreprise nationale de télécommunications CANTV, des magasins alimentaires gouvernementaux (MERCAL), des entreprises de production et de distribution d’aliments (PDVAL), appartenant à l’État ainsi que de nombreux services publics et autres commerces[4].

Capriles, également gouverneur de l’État du Miranda, s’en est pris publiquement à Tibisey Lucena, Présidente du Conseil national électoral (CNE) : « Vous devez vous rendre compte que les décisions erronées augmentent les conflits qui existent aujourd’hui dans le pays. Vous avez la responsabilité de faire face aux Vénézuéliens ». Suite à ces déclarations, l’opposition a fait le siège de la résidence de la Présidente du CNE, nécessitant l’intervention de la police[5].

Aucune sollicitation formelle

Le Procureur Díaz a fermement condamné l’attitude de Capriles : « Si le candidat que le peuple n’a pas choisi n’est pas satisfait du résultat, il dispose des outils nécessaires pour solliciter le Conseil national électoral (CNE) et une fois épuisée la voie administrative, il peut s’en remettre à la Justice, au Tribunal Suprême de Justice. Mais jusqu’à présent, le candidat non élu n’a pas fait appel au CNE pour un quelconque recours, pour réclamer ses droits ou avancer des arguments. Il devrait formaliser ces actions auprès du CNE et non pas appeler à des actions violentes dans les rues […]. Porter atteinte à MERCAL, PDVAL, les centres médicaux et les services publics de l’État vénézuélien revient à porter atteinte au peuple[6] ».

Le vice-président Jorge Arreaza a confirmé ces déclarations et a informé que l’opposition, malgré ses déclarations publiques, n’avait entrepris aucune démarche formelle pour exiger un audit total de l’élection : « L’audit portant sur les 54 % des suffrages s’est révélé exacte. Pour effectuer l’audit des 46% restants, une démarche formelle doit être effectuée. Ils ne l’ont pas fait, car le but est de générer de la violence ». En effet, comme l’exige la législation, 54% des votes ont été automatiquement recomptés le jour même[7].

Le président Nicolás Maduro, dont l’élection a été reconnue par toute l’Amérique latine, l’Union européenne et une grande partie de la communauté internationale[8], et qui s’est déclaré favorable à un recomptage des voix à condition que l’opposition en fasse la démarche, a vivement condamné les actes de violences. « Quiconque prétend porter atteinte à la majorité en démocratie appelle de fait à un coup d’État », a-t-il averti. Selon lui, l’opposition se trouve désormais « en marge de la Constitution et de la loi[9] » et devra répondre de ses actes devant la justice[10]. Maduro a également explicitement accusé Capriles d’être responsable de la situation : « Vous êtes le responsable des morts dont nous portons le deuil aujourd’hui […] et vous devez répondre de vos actes[11] ».

Capriles, qui n’a eu de cesse d’accuser de partialité le Conseil national électoral durant la campagne présidentielle, s’était montré beaucoup plus indulgent à l’égard de l’institution lors des élections régionales du 16 décembre 2012. Il y avait une raison à cela : le CNE l’avait déclaré vainqueur dans l’État du Miranda et il en avait salué la décision. Suite au résultat serré du scrutin du 14 avril 2013 – 262 473 voix d’écart en faveur de Maduro (50,75 %) –, Capriles a rejeté le suffrage populaire[12]. Pourtant, lors de son élection en tant que gouverneur (51,86 %), la différence avec son opposant de gauche Elías Jaua était à peine de 45 111 voix sur un total de plus de 2 millions d’électeurs. Ce dernier avait néanmoins accepté sa défaite[13].

Les médias occidentaux ont soigneusement occulté les appels de Capriles à la violence. En guise de comparaison, imaginons un instant que suite à sa défaite électorale en mai 2012, le président sortant Nicolas Sarkozy ait refusé de reconnaitre la victoire de François Hollande en raison du résultat serré (3,28 % d’écart), ait appelé ses partisans à manifester dans les rues pour « exprimer leur colère », et que ceux-ci aient assassiné six militants du Parti socialiste et un policier. La nouvelle aurait-elle fait la une des journaux?

L’opposition vénézuélienne par la voix de Capriles, qui n’a avancé aucune preuve factuelle et n’a présenté aucun recours légal jusqu’à présent pour contester l’élection[14], semble faire le pari de la radicalité qui l’a amenée à orchestrer un coup d’État en avril 2002 contre le Président Hugo Chávez, avec la participation active de l’administration Bush. Celle-ci avait été la seule avec l’Espagne à reconnaître la junte putschiste dirigée par Pedro Carmona Estanga, aujourd’hui en fuite en Colombie pour échapper à la justice. Capriles avait lui-même participé à la rupture de l’ordre constitutionnel en assiégeant l’ambassade de Cuba et en procédant à l’arrestation de Ramón Rodríguez Chacín, alors Ministre de l’Intérieur et de la Justice du gouvernement légitime. Capriles avait ainsi été mis en examen et avait passé plusieurs mois en prison[15]. La droite vénézuélienne vient de recevoir un soutien de poids dans son entreprise déstabilisatrice : les États-Unis, qui refusent de reconnaître l’élection de Nicolás Maduro[16].
 
 
Note
[1] Agencia Venezolana de Noticias, « El violento llamado de paz de Capriles », 15 avril 2013.
[2] EFE, « Fiscal general de siete muertos en incidentes en Venezuela », 17 avril 2013 ; Agencia Venezolana de Noticias, « Siete socialistas son las víctimas fallecidas durante violencia convocada por Capriles », 16 avril 2013.
[4] EFE, « El jefe del Parlamento venezolano pide una averiguación penal sobre Capriles », 16 avril 2013 ; Agencia Venezolana de Noticias, « Maduro : Quien venga por la vía violenta encontrará al Estado », 15 avril 2013.
[5] Ibid. ; Agencia Venezolana de Noticias, « El violento llamado de paz de Capriles », op. cit.
[6] Agencia Venezolana de Noticias, « Fiscal de la República : Hechos violentos en el país dejan siete fallecidos y 61 lesionados », op. cit.
[7] EFE, « Capriles llama de nuevo a movilizarse ‘en paz’ hacia las oficinas electorales », 16 avril 2013.
[8] Associated Press, « España reconoce a Maduro pero no pide disculpas », 16 avril 2013 ; Salim Lamrani, « 25 verdades sobre as eleições presidenciais na Venezuela », Opera Mundi, 15 avril 2013. http://operamundi.uol.com.br/conteudo/opiniao/28380/25+verda... (site consulté le 17 avril 2013) ; Agencia Venezolana de Noticias, « Países del Mercosur ratifican total apoyo a Maduro tras triunfo electoral », 16 avril 2013.
[9] Agencia Venezolana de Noticias, « El violento llamado de paz de Capriles », op. cit.
[10] Agencia Venezolana de Noticias, « Presidente Maduro : Derecha pagará ante la ley lo que han hecho », 16 avril 2013.
[11] EFE, « Maduro responsabiliza de muertos a Capriles y dice que tendrá que responder », 16 avril 2013.
[12] Agencia Venezolana de Noticias, « Maduro : Hemos derrotado el golpe de Estado », 16 avril 2013.
[13] Agencia Venezolana de Noticias, « Jaua : No hay elementos para decir que hubo fraude en elecciones presidenciales », 16 avril 2013.
[14] Agencia Venezolana de Noticias, « Defensoría del Pueblo no ha recibido denuncias del proceso electoral », 16 avril 2013.
[15] Salim Lamrani, « 50 verdades sobre Henrique Capriles, candidato opositor à Presidência da Venezuela », Opera Mundi, 18 mars 2013. http://operamundi.uol.com.br/conteudo/opiniao/27872/50+verda... (site consulté le 17 avril 2013).
[16] The Associated Press, « EEUU : no estamos listos para felicitar a Maduro », 17 avril 2013.