mercredi 29 mai 2013

Débat sur la Syrie

À propos de mon retrait « volontaire » du débat sur la Syrie
Bahar Kimyongür
 
MISE AU POINT D'INVESTIG'ACTION. Que faire face à ces jeunes qui partent en Syrie ? Sur cette question brûlante, un débat a été mis sur pied par l’Association pour une École démocratique (APED). Michel Collon, fondateur d’Investig’Action, y est invité ainsi que Bahar Kimyongür, auteur du livre Syriana, Philippe Moureaux, ancien bourgmestre de Molenbeek, et Joëlle Milquet, ministre de l’Intérieur. Cette dernière a d’abord accepté, ce qui était à saluer, en sachant que d’autres dirigeants politiques comme Guy Verhofstadt ou Bernard Clerfayt se sont réfugiés dans un silence très lâche. Malheureusement, Joëlle Milquet s’est ensuite désistée, en refusant la présence de Bahar Kimyongür, indésirable aux yeux du gouvernement turc. Investig’Action regrette fortement ce désistement. Et espère que la ministre reviendra sur cette décision. Dans l’intérêt des jeunes et de leurs parents, victimes de cette tragique situation. Nous tenons à rappeler que Bahar a été acquitté par la Justice belge. Il y a donc autorité de la chose jugée, une décision que Madame Milquet, qui a aussi été ministre de la Justice, devrait respecter selon nous. D’autant que c’est l’Etat belge qui s’est rendu coupable de manoeuvres délictueuses contre lui. Aujourd’hui, nous apprenons que Bahar Kimyongür a, dans l’intérêt des familles, proposé de se retirer du débat afin que la Ministre puisse répondre aux questions que chacun se pose. Nous saluons ce geste et espérons que le débat pourra se tenir au complet (non pas le 28 mai comme il était prévu, mais selon nos infos entre le 5 et le 14 juin. Bientôt, la confirmation).

À l'initiative de l'association « Appel pour une école démocratique » (APED), le mardi 28 mai, un débat réunissant le journaliste indépendant Michel Collon, la ministre de l'Intérieur Mme Joëlle Milquet, l'ex-bourgmestre de la commune de Molenbeek, M. Philippe Moureaux et moi-même devait se tenir à l'Institut des hautes études des communications sociales (IHECS) à Bruxelles avec pour objet l'enrôlement des jeunes Belges dans les mouvements djihadistes qui combattent en Syrie.

Dans un courrier électronique adressé le 13 mai dernier par le secrétariat de la ministre de l'Intérieur à l'APED, Mme Milquet confirmait sa participation au débat.

Néanmoins, à la veille de son départ pour la Turquie où elle devait s'entretenir avec ses homologues néo-ottomans du cas des Belges qui traversent la frontière turco-syrienne pour combattre le régime de Damas, la ministre a fait savoir qu'elle renonçait à y participer.
 
Dans un article paru le 24 mai, le quotidien Le Soir a lié ce revirement de la ministre à ma présence au débat et a interprété celui-ci comme une mesure préventive face aux sempiternelles pressions turques concernant le "dossier DHKP-C" qui envenima les relations belgo-turques durant la décennie passée.

En raison de la polémique que l'article confus du Soir a créé à propos de ma présence au débat sur la Syrie, je me vois contraint d'adresser la présente mise au point aux lecteurs du quotidien concerné et plus généralement, à toutes les personnes sensibilisées par la tragédie syrienne.

En décembre 2005, j'ai été poursuivi devant les tribunaux belges pour terrorisme au seul motif que j'avais traduit un communiqué du mouvement marxiste turc appelé DHKP-C.

Au terme de cinq années de bataille judiciaire assortie d'une opération barbouzarde d'extradition vers la Turquie via les Pays-Bas et d'un passage de huit mois en prison (dont 68 jours en pays batave), j'ai été totalement acquitté des charges qui pesaient contre moi.

Suite à mon acquittement, j'ai repris mon engagement humanitaire sous sa forme initiale, c'est-à-dire sans concession envers les puissants, mais dans le respect des règles du jeu démocratique.

Lorsque le Printemps des monarchies arabes éclata, je me suis particulièrement intéressé aux événements qui secouaient la Syrie, le pays d'origine de la majorité des habitants de la province (aujourd'hui turque) d'Antioche, dont celui de mes parents.

J'ai rapidement découvert l'existence d'une industrie de la désinformation contre le gouvernement et le peuple de ce pays, désinformation que j'ai dénoncée dans une série d'articles publiés par Investig'action, l'agence d'information alternative administrée par le journaliste Michel Collon et dans Syriana, la conquête continue, un livre paru fin 2011 aux éditions Investig'action et Couleur Livres.

La recherche d'une solution pacifique au conflit syrien m'a conduit à collaborer avec l'Institut international pour la paix, la justice et les droits de l'homme (IIPJHR), une ONG basée à Genève dont je suis récemment devenu le directeur du bureau bruxellois.

En tant que victime collatérale de la guerre contre le terrorisme, j'ai été ému par la détresse des parents dont les enfants sont partis combattre en Syrie dans les rangs des groupes djihadistes entretenus par les royaumes du Golfe avec l'aval et les armes des puissances occidentales.

J'ai alors pris contact avec plusieurs parents afin de les aider à retrouver leurs enfants qui ont, pour la plupart, transité par Antioche, la ville turque d'origine syrienne dont je proviens.

Dans ce cadre, j'ai activé mes réseaux sur place, médecins, avocats, parlementaires, journalistes, militants associatifs, etc.

Côté syrien, j'ai demandé à la Commission de réconciliations, la Moussalaha, composée de représentants des diverses religions et plus particulièrement à l'une de leurs partenaires internationales, Mme Mairead Maguire, prix Nobel de la paix, d'entrer en contact avec certains chefs de la rébellion pour les encourager à relâcher les jeunes Belges qui combattent dans leurs rangs.

Le fait que les volontaires belges combattent dans le camp des assassins du peuple syrien et des fossoyeurs de la paix intercommunautaire syrienne ne m'a guère empêché d'aider leurs familles ni de rencontrer Madame Milquet dont le gouvernement est formellement responsable du pourrissement de la situation en Syrie.

Je comprends parfaitement que Madame la Ministre ait voulu ménager ses partenaires turcs en refusant de participer au débat sur la Syrie qui devait avoir lieu ce 28 mai à Bruxelles, mais elle doit aussi savoir que sa réaction est le résultat de pressions exercées par une organisation terroriste, nommément le gouvernement AKP.

samedi 25 mai 2013

Le Parti Québécois et les pétrolières


Photo  Jacques Nadeau Le Devoir
La ministre québécoise des Ressources naturelles, Martine Ouellet,
et son collègue des Finances, Nicolas Marceau
Le Devoir confirme ce dont on se doutait déjà : le gouvernement du Parti québécois autorisera le forage avec fracturation sur l’île d’Anticosti, et ce, avant que ne soit réalisée une évaluation environnementale sur le sujet. Après avoir déclaré un moratoire sur l’exploitation du gaz de schiste, voilà que le PQ fonce à fond de train - les yeux fermés - vers l’exploitation du pétrole de schiste.

Ajoutant l’arrogance à l’inconscience, le ministre Blanchet qualifie les craintes citoyennes au sujet de l’importation des sables bitumineux albertains au Québec de « philosophiques ».
Le ministre Blanchet
Manifestement, l’ancien gérant d’artistes n’a pas lu beaucoup de philosophie dans sa vie : ce n’est pas Aristote qui a calculé que les pipelines albertains avaient été le théâtre de 60 119 fuites au cours des 37 dernières années, dont deux par jour de pétrole brut provenant des sables bitumineux. Et ce n’est pas Kant qui est responsable du plus grand déversement pétrolier terrestre de l’histoire des États-Unis, mais bien Enbridge, la compagnie à laquelle le gouvernement Marois propose gracieusement ses services d’entremetteurs afin de convaincre la population du Québec d’accueillir quotidiennement sur son territoire 900 000 barils du pétrole le plus polluant au monde.

Lire : Partenaires dans la catastrophe ? Le ministre Blanchet doit entrer dans le 21e siècle
par Gabriel Nadeau Dubois
Source Journal des alternatives

Le quotidien montréalais Le Devoir confirme ce matin ce dont on se doutait déjà : le gouvernement du Parti québécois autorisera le forage avec fracturation sur l’île d’Anticosti, et ce, avant que ne soit réalisée une évaluation environnementale sur le sujet. Après avoir déclaré un moratoire sur l’exploitation du gaz de schiste, voilà que le PQ fonce à fond de train - les yeux fermés - vers l’exploitation du pétrole de schiste.
 
On prend également toute la mesure du sens de l’État du ministre de l’Environnement Yves-François Blanchet, alors qu’il affirme sans broncher que « le plus grand service qu’on peut rendre aux entreprises est de rassurer la population par rapport à ce qui se passe. Si la population est rassurée, la capacité d’aller de l’avant des entreprises est évidemment plus importante ». Le PQ se prendrait-il pour une firme de relations publiques à la solde des pétrolières? Doit-on lui rappeler qu’il est censé être au service du bien commun, et non un partenaire d’affaires de Junex ou Pétrolia? Pour un gouvernement qui prétend profiter des politiques de Stephen Harper - notamment en environnement - pour mousser son projet de souveraineté, voilà qui est plutôt contradictoire. Est-ce cela, défendre les intérêts du Québec?
 
Fracturation hydraulique : les pour et les contre
 
Puisque le gouvernement de Pauline Marois ne semble pas être encore entré au 21e siècle, rappelons-lui les faits. Il quelques jours à peine, on apprenait que le taux de CO2 dans l’air atteignait son plus haut niveau depuis 2,5 millions d’années : 440 parties par millions (ppm). Selon les plus récents travaux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), une stabilisation à ce niveau de CO2 entraînerait une augmentation moyenne de la température terrestre de 2,4 °C à 2,8 °C. Cela est déjà bien au-delà du seuil maximal de 2°C fixé par la déclaration du Sommet de Copenhague en 2009. Au-delà de ce seuil, les scientifiques sont incapables de prédire l’ampleur des catastrophes naturelles qui nous attendent. On considérait jusqu’à récemment que l’humanité pouvait se permettre d’émettre environ 565 gigatonnes de CO2 si elle voulait espérer rester en deçà de ce seuil critique. En 2012, les réserves mondiales de pétrole, de gaz et de charbon des entreprises et des gouvernements représentaient 2785 gigatonnes d’émissions de CO2.
 
Bref, nous avons déjà extrait du sol cinq fois plus de combustibles fossiles que ce que les scientifiques considèrent responsable de brûler dans les 50 prochaines années. Devant cette situation déjà catastrophique, le Parti québécois entreprend d’en extraire encore davantage. Voulons-nous devenir « partenaires » de cette catastrophe ?
 
Ajoutant l’arrogance à l’inconscience, le ministre Blanchet qualifie les craintes citoyennes au sujet de l’importation des sables bitumineux albertains au Québec de « philosophiques ». Manifestement, l’ancien gérant d’artistes n’a pas lu beaucoup de philosophie dans sa vie : ce n’est pas Aristote qui a calculé que les pipelines albertains avaient été le théâtre de 60 119 fuites au cours des 37 dernières années, dont deux par jour de pétrole brut provenant des sables bitumineux. Et ce n’est pas Kant qui est responsable du plus grand déversement pétrolier terrestre de l’histoire des États-Unis, mais bien Enbridge , la compagnie à laquelle le gouvernement Marois propose gracieusement ses services d’entremetteurs afin de convaincre la population du Québec d’accueillir quotidiennement sur son territoire 900 000 barils du pétrole le plus polluant au monde.
 
Se voulant peut-être rassurant, le ministre Blanchet parle de son plan d’électrification des transports en évoquant des résultats pour 2017-2018. Voilà qui contraste avec son empressement à démarrer l’exploitation pétrolière sur Anticosti. Considérant la popularité actuelle du PQ et la fragilité de son gouvernement, il y a de quoi sourire : on voit bien lequel des deux projets est à l’agenda électoral du parti. Pour une formation qui prétendait faire de la politique autrement, cela ressemble beaucoup aux manœuvres électoralistes à court terme auxquelles nous a habitués notre classe politique dans les dernières années.
 
Chers élus du Parti Québécois, vous qui parlez constamment de briller parmi les meilleurs, pourquoi ne pas, pour une fois, le faire ? Le Québec, pays d’eau et de vents, a tout ce qu’il faut pour relever le défi de la crise écologique. Cela est beaucoup plus qu’une richesse collective, cela nous confère une responsabilité envers le monde. Si vous refusez cette responsabilité, vous ferez la démonstration - à ceux qui en doutent encore - que vous appartenez non pas « à ce qui commence », comme vous le chantiez en campagne électorale, mais à ce qui, fort heureusement, est en train de s’éteindre.

jeudi 23 mai 2013

Syrie : Les groupes armés soutenus par l’Occident tirent sur les civils (vidéo)

Reportage de Tim Marshall (Sky news)
Tim Marshall est un journaliste intègre et honnête. Chose rare. Il s’est notamment distingué pour avoir montré dans les reportages qu’il a réalisés en Syrie ce que les journalistes en général ont occulté (*).

Dans cette vidéo on peut voir ce qui s’est passé à mi-mai aux abords du camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk à Damas. Tim Marshall montre une foule de manifestants qui expriment leur fidélité au gouvernement légal de Bachar el-Assad, et qui tombent sous les tirs des « rebelles ».



(*) Il avait notamment montré, fin 2012, que parmi les combattants armés - toujours présentés par les journalistes chez nous comme étant les bons, les justes - il y avait de nombreux étrangers dont les motivations n’avaient rien à voir avec la liberté et la démocratie. Voir :
http://www.silviacattori.net/article4032.html

Source Silvia Cattori



Voir son reportage en anglais :
http://news.sky.com/story/1091428/syria-civilians-come-under-fire-from-rebels

 

lundi 20 mai 2013

La face cachée du Qatar (vidéo)

Oumma.tv

Les feux médiatiques se braquent sur le Qatar, souvent avec une certaine complaisance. Le petit émirat a pourtant tout d'une dictature avec ses libertés politiques inexistantes et sa pratique de l'esclavage. Cela n'empêche pas nos politiciens de s'afficher tout sourire avec les potentats qataris dont les investissements suscitent les convoitises et endorment les consciences. À contre-courant de l'hagiographie existante, Jacques-Marie Bourget et Nicolas Beau nous livrent avec Le vilain petit Qatar un ouvrage qui lève un coin du voile sur cette dictature acceptée. Jacques-Marie Bourget a travaillé pour les plus grands journaux français et a passé 22 années à Paris-Match. Grand reporter spécialiste du Moyen-Orient, il a couvert de nombreuses guerres : le Vietnam, le Liban, le Salvador, la guerre du Golfe, la Serbie et le Kosovo, la Palestine. Il a également obtenu le Prix Scoop en 1986 pour avoir révélé l'affaire Greenpeace. Nicolas Beau a longtemps travaillé à Libération, au Monde et au Canard Enchainé avant de fonder le site d’information satirique français, Bakchich. info. (IGA)

Source Michel Collon Investig'Action



samedi 18 mai 2013

Le Parti Québécois nomme un milliardaire de droite à la tête d’Hydro-Québec

Le gouvernement québécois nomme un milliardaire de droite à la tête d’Hydro-Québec
 
Par Richard Dufour

Cette semaine verra l’entrée en fonction de Pierre-Karl Péladeau à la tête d’Hydro-Québec. En confiant la direction de la plus grande société d’État du Québec à un milliardaire qui incarne la droite dure avec ses demandes incessantes pour plus de privatisations, moins de services publics et moins de taxes sur les riches, le gouvernement péquiste de Pauline Marois a franchi une nouvelle étape dans la mise en place du programme d’austérité de la classe dirigeante.

Péladeau est le dirigeant principal et actionnaire majoritaire de Québecor, un géant des médias et des communications qui détient 40% du tirage des quotidiens du Québec avec le Journal de Montréal et le Journal de Québec, 25 % du marché télévisuel francophone avec TVA, et la première entreprise de câblo-distribution de la province avec Vidétotron. Ailleurs au Canada, une filiale de Québecor détient le tabloïd Toronto Sun et la chaîne câblée Sun News, tous deux ardents promoteurs du populisme de droite, au même titre que les journaux québécois de l’entreprise mère.

C’est à la tête de cet empire médiatique que Péladeau a émergé comme le porte-parole des sections les plus féroces de l’élite dirigeante qui exigent un assaut tous azimuts et immédiat sur tous les acquis sociaux des travailleurs.
Pauline Marois et Pierre Karl Péladeau ( empire Quebecor)

Péladeau se plaint fréquemment que les syndicats ont trop de pouvoir au Québec. En réalité, au cours des trois dernières décennies, les syndicats ont étouffé la lutte de classe en imposant les suppressions d’emplois et les réductions salariales. Ils se sont intégrés à l’entreprise et au gouvernement par une série de comités tripartites et sont devenus des actionnaires importants au sein de nombreuses compagnies par le biais de fonds mutuels syndicaux tels que le Fonds de solidarité de la FTQ (Fédération des travailleurs du Québec) et Fondaction de la CSN (Confédération des syndicats nationaux).

Lorsque Péladeau s’insurge contre les syndicats, sa véritable cible, ce sont les droits gagnés par les travailleurs dans les luttes militantes des années 1960 et 1970.

Son Journal de Montréal s’est fait un ardent promoteur des lucides, un groupe de journalistes, universitaires et ex-politiciens libéraux et péquistes mené par l’ancien premier ministre péquiste Lucien Bouchard, qui milite depuis 2005 pour que le gouvernement du Québec procède rapidement au démantèlement des programmes sociaux et à une réduction massive des taxes sur la grande entreprise et les riches.

Le Journal de Montréal a multiplié les reportages sensationnalistes sous le thème « le Québec dans le rouge » afin de justifier des compressions budgétaires massives. Il a aussi alimenté le chauvinisme anti-immigrants en dénonçant les «accommodements raisonnables » et l’abandon de «notre» culture catholique québécoise. Ce thème a été repris par Pauline Marois dans le cadre d’un virage identitaire qui comprenait le dépôt en 2007 d’un projet de loi de «citoyenneté québécoise » visant à restreindre les droits politiques des citoyens canadiens nés hors Québec s’ils ne démontrent pas une « connaissance appropriée de la langue française ».

Dans une annonce-surprise qui n’était précédée d’aucun débat public, la première ministre Pauline Marois a confié les rênes de Hydro-Québec à Péladeau pour qu’il supervise personnellement l’application d’un virage marqué vers la droite au sein de la plus importante société publique de la province.

Avec ses 61 centrales hydroélectriques, Hydro-Québec constitue le plus grand producteur mondial d’hydroélectricité. En 2012, son chiffre d’affaires a dépassé les 12 milliards de dollars, avec un profit accumulé de 860 millions dont la plus grande partie est reversée au gouvernement. L’ensemble de sa contribution au budget gouvernemental — sous forme de dividendes, d’impôt et taxes de toutes sortes, ou de subventions cachées aux alumineries en bas tarifs d’électricité — s’élève à plusieurs milliards de dollars par année.

Pour la grande entreprise, cela représente une véritable manne qui devrait servir uniquement à faire gonfler la colonne des profits. Dans son budget de novembre dernier, le PQ a déjà pris un pas important dans cette direction en augmentant les tarifs d’électricité pour les particuliers et en abolissant 2000 emplois à Hydro, ou 10 pour cent du total.

Ayant demandé et obtenu du gouvernement Marois la direction d’Hydro-Québec, Péladeau va exploiter ce poste stratégique pour passer des milliers d’emplois additionnels sous le couperet, refiler une facture d’électricité encore plus salée aux travailleurs, et préparer la privatisation de l’une des principales locomotives de l’économie québécoise.

Péladeau a accumulé à la tête de Québecor une longue expérience dans la destruction des emplois. En 14 ans, il a été à l’origine de 14 lockouts visant à imposer une baisse drastique des conditions de travail. Le lockout au Journal de Montréal, par exemple, a duré plus de deux ans entre 2009 et 2011 et s’est soldé par l’élimination des trois quarts des 250 emplois.

«Pierre Karl Péladeau va aller brasser la cage, on en a besoin chez Hydro-Québec », a déclaré le chef de la très-à-droite Coalition Avenir Québec (CAQ), François Legault, tout en ajoutant : « Nous, on avait dit qu’il y avait 4 000 emplois de trop ».

QMI, l’agence de presse du groupe Québecor Média, a cité un certain Claude Garcia, ancien cadre dirigeant de la Standard Life : « Une autre priorité, c’est de continuer à augmenter la productivité d’Hydro-Québec. On a supprimé depuis trois ans 2500 postes, mais il y a encore 7500 postes de trop environ ».

C’est le même Garcia qui appelait en été 2007 à la privatisation d’Hydro-Québec  lors d’une conférence prononcée en présence de Péladeau et organisée par l’Institut économique de Montréal (IEDM), une «fabrique d’idées » qui prône le tout-marché et dont plusieurs membres ont été recrutés comme chroniqueurs du Journal de Montréal.

« L’amélioration de la situation financière du Québec passe par des tarifs plus élevés », a soutenu Garcia à cette occasion. Il a donné l’exemple de l’Alberta, une province qui «a laissé l’exploitation de ses richesses naturelles au secteur privé et paie son pétrole au prix du marché ».

Ce qui est réellement en jeu a été révélé par le co-conférencier, Marcel Boyer, alors vice-président et économiste en chef de l’IEDM. « L’hydroélectricité présente une valeur phénoménale qui a énormément augmenté à la suite de la déréglementation des marchés et dont on n’a pas tiré tous les bénéfices possibles », a-t-il fait valoir.

Nul doute que les nombreux gens d’affaires présents – Péladeau en tête – salivaient abondamment à l’idée de pouvoir un jour mettre la main sur un joyau comme Hydro-Québec.

Ce jour est maintenant arrivé. Et comme maintes fois dans le passé — par exemple avec les compressions budgétaires massives de Lucien Bouchard en 1996 au nom du «déficit zéro » — c’est un gouvernement du Parti québécois qui préside à une nouvelle étape dans le programme de réaction sociale de l’élite dirigeante.

Il existe des liens de longue date entre Pierre-Karl Péladeau et les milieux nationalistes de la classe dirigeante québécoise. L’ancien premier ministre conservateur du Canada, Brian Mulroney, siège sur le conseil d’administration de Québecor. Et Péladeau entretient une relation privilégiée avec le parti de la grande entreprise qu’est le PQ.

En 2001, un gouvernement péquiste dirigé par Bernard Landry était intervenu pour que la Caisse de Dépôt et Placement du Québec refile à Péladeau trois milliards de dollars d’argent des contribuables pour financer son acquisition de Vidéotron. Il y a deux ans, l’actuelle chef du PQ et première ministre du Québec, Pauline Marois, avait causé une révolte au sein de son caucus et perdu quatre députés en pilotant le projet de loi 204 – une loi antidémocratique visant à interdire toute poursuite sur une entente survenue entre la Ville de Québec et Quebecor Media concernant la gestion d’un futur amphithéâtre destinée à accueillir une nouvelle franchise de la Ligue nationale de hockey.

La nature du PQ en tant que fidèle défenseur de la classe capitaliste dirigeante a été mise en évidence lors d’une récente apparition de Pauline Marois en marge de l’assemblée générale annuelle du Conseil du patronat du Québec qui se tenait à Montréal.

« Je vous le redis aujourd'hui : le gouvernement va équilibrer les finances », a assuré la première ministre péquiste. « Pendant la dernière campagne, on a entendu des gens répéter tous les jours que le Parti québécois était l’otage des groupes de pression et que je n’aurais pas le courage de contrôler les dépenses. Or, c’est exactement ce que je fais », s’est vantée la chef du gouvernement.

Évoquant la nomination de Péladeau à la tête d’Hydro-Québec, Marois a invité d’autres « entrepreneurs » et « dirigeants d’entreprise » à lui emboîter le pas et à « servir le Québec, d’une façon ou d’une autre, en mettant leur expérience et leur expertise au service de l’État ». Et son mot de la fin : « N’hésitez pas ».

mercredi 15 mai 2013

 Flashe à gauche pis tourne à droite 

Extrait du texte « Le cynisme »
par Francine Pelletier
 
En attendant le grand examen de conscience, il faut peut-être rappeler qu’il n’y a pas que les vedettes véreuses de la commission Charbonneau qui condamnent au cynisme. Curieusement, ceux-là mêmes qui prétendent nous en guérir sont également responsables de sa propagation. Prenez le PQ. On ne compte plus les promesses brisées et retournements de vestes de ce gouvernement, de la taxe santé aux redevances minières, en passant par les coupes à l’aide sociale et l’alcool aux tables de jeu. C’est cynique, ça aussi.

« Flashe à gauche pis tourne à droite », la nouvelle description du gouvernement Marois, qui s’applique également à Hollande en France et Obama aux É.-U., est peut-être une affection moins grave que la corruption, mais elle mine, elle aussi. Elle sape la notion même d’idéal, nous fait croire que tout se vaut, pourvu que les livres balancent au bout de la semaine. Ultimement, ce type de comportement encourage non seulement le désabusement de l’électorat, mais une certaine amoralité. S’il y a juste l’argent qui compte…, on voit la suite.

Cela dit, la palme du cynisme cette semaine revient au nouveau chef de direction de Québecor, Robert Dépatie. S’élevant contre la transaction Bell-Astral, M. Dépatie a déclaré, pince-sans-rire, « ça ne devrait pas exister, une entreprise avec autant de contrôle ».

Source Le Devoir

Petit rappel historique sur le vote stratégique ( lire texte ici )

La direction Bouchard était ouvertement néolibérale... Bernard Landry se revendique de cette orientation dans son texte de la fin 2004, « Regard sur les perspectives économiques du Québec. » La direction Boisclair était de la même eau. On ne s’étonnera pas que Lucien Bouchard se retrouve maintenant président de l’Association pétrolière et gazière du Québec, qu’André Boisclair se retrouve chez Questerre, et que Guy Chevrette, ex-ministre péquiste soit devenu le PDG du conseil de l’industrie forestière du Québec, que Joseph Facal, ex-ministre péquiste soit un « lucide de premier plan », qu’il se soit, à l’invitation de Jean Charest, joint au comité de réflexion sur les tarifs d’électricité (2007). Pierre-Marc Jonhson, ex-chef du Parti québécois, est un négociateur de l’Accord du libre-échange avec l’Europe. Et François Legault, aspirant à la chefferie avant son ralliement à Bernard Landry, a lancé son parti, néolibéral de droite et antisyndical, qui pollue le paysage politique au Québec. Si ce n’est Bernard Landry, tous ces messieurs ont renié leur ralliement à la souveraineté...

lundi 13 mai 2013

Pillage d’antiquités en Libye

Par Sara Hashash

La comparaison qui est faite par beaucoup entre l’Irak et la Libye ne s’arrête pas seulement aux menées guerrières étrangères, aux massacres, au non-respect de la mort de Saddam ou de Kadhafi, au pillage des ressources naturelles, mais s’étend à la culture et aux pillages d’antiquités que l’on tente de dissimuler.

Ce vol a été décrit comme le plus grand dans toute l’histoire archéologique. Une collection de 7 700 pièces d’or, d’argent et de bronze, connue sous le nom de Trésor de Benghazi, a été volée en forant une plaque de béton menant à une voûte souterraine de la Banque Nationale de Commerce de Benghazi abritant la collection. De nombreux articles dataient de l’époque d’Alexandre le Grand et il est impossible de d’évaluer la valeur de la collection sauf si l’on sait qu’une pièce grecque de Carthage a été vendue, dernièrement, pour le prix record de 268 000 dollars.

Le casse de la BNC de Benghazi

Le vol est intervenu peu après l’incendie criminel de la banque, en mai,  laissant croire qu’il s’agissait d’un incident découlant de la révolte contre Kadhafi alors qu’en fait, le hold-up avait été particulièrement bien planifié.

Après avoir fracassé les coffres en métal et fait sauter les serrures des caisses en bois, les voleurs ont soigneusement emporté le tout, laissant de côté les objets de moindre valeur. Cinquante petits monuments et figurines en bronze, verre et ivoire ainsi qu’une petite quantité de pierres précieuses ont également disparu.

Pour Hafez Wald, archéologue libyen, du King’s College à Londres, le vol porte toutes les marques de voleurs professionnels et « il peut être tout aussi bien un travail de l’intérieur, car il a été mené par des gens qui savaient ce qu’ils cherchaient ».
Responsable canadien des opérations de l'OTAN en Libye..
La culture et l'histoire ne semble pas faire partie de la réflexion.

Jusqu’à présent, rien n’avait été divulgué sur ce pillage par le Conseil National de Transition, siégeant alors à Benghazi, par crainte d’une publicité négative, mais le nouveau ministre des Antiquités, a, en juillet, alerté l’UNESCO, en privé.

Khaled Mohammed al-Haddar, professeur au Département d’Archéologie à l’Université de Benghazi, affirme que des pièces d’or islamiques et grecques sont apparues récemment sur le marché de l’or à Benghazi. Un journal égyptien rapporte qu’un paysan a essayé de passer en fraude 503 pièces d’or et une statuette de 7,5 cm en or à partir du port d’Alexandrie,  alimentant les rumeurs que cela ferait partie du trésor volé.

Trésors du temple d’Artémis

Interpol a été mis en branle, mais la piste est morte, car, pensent les archéologues, il sera difficile de retrouver les objets s’ils sont sortis du pays. Serenalla Ensoli, archéologue italienne de l’Université de Naples, et spécialiste d’antiquités libyennes,  estime que la perte de ces objets est « inestimable, car ils sont irremplaçables. La collection n’avait pas été très étudiée, et c’est une grande perte pour le patrimoine libyen ».

La plupart des trésors de Benghazi ont été découverts entre 1917 et 1922 dans le temple d’Artémis, la déesse de la chasse, à Cyrène, une ancienne colonie grecque et romaine, maintenant Shahat. Le territoire fut offert à Cléopâtre par Marc-Antoine.

Certaines des pièces ont été frappées aux environs de 570 av. J.-C.. Une face porte la tige d’un silphium, plante médicinale dont on croyait qu’elle avait des pouvoirs de guérison. L’autre face dépeint le dieu Jupiter arborant des cornes de moutons.

Traduction Xavière Jardez – Intertitres : AFI-Flash
Article repris du Sunday Times, de Londres

jeudi 9 mai 2013

Les frappes israéliennes en Syrie

Alex Lantier
 
Le bombardement jeudi soir par Israël de l’aéroport international de Damas et de cibles de l’armée syrienne dans Damas hier matin, 5 mai, sont des actes de guerre illégaux et non provoqués, encouragés par Washington et ses alliés européens dans le cadre de l’intensification de leur campagne contre la Syrie.

Selon des reportages des médias russes, 300 soldats syriens ont été tués et des centaines d’autres blessés dans la seule attaque de dimanche.

Les forces israéliennes ont, de fait, agi tout autour de Damas comme un soutien aérien pour les milices islamistes de l’opposition appuyées par les États-Unis. Peu après les bombardements de dimanche, le Conseil militaire de l’opposition de Damas a publié un communiqué appelant ses combattants à ignorer leurs divergences et à monter des attaques ciblées contre les troupes syriennes.

Ces attaques ont lieu au milieu d’un débat se déroulant à Washington, concernant la manière dont le gouvernement Obama devrait intensifier sa guerre en Syrie, compte tenu de l’échec de ses forces intermédiaires à renverser le régime syrien. Le New York Times a décrit ceci samedi comme étant « la question de politique étrangère la plus urgente du second mandat [d’Obama]. »

Les méthodes envisagées témoignent du caractère politiquement criminel de l’entreprise. Elles prévoient soit de fournir davantage d’armes à l’opposition soutenue par les États-Unis et dominée par le Front Al-Nusra qui est lié à al-Qaïda, soit que les États-Unis engagent carrément les hostilités. La dernière option inclut le lancement de frappes aériennes américaines contre l’aviation et les défenses aériennes syriennes dans le but d’établir une « zone d’exclusion aérienne » dans le pays, ou encore l’invasion de la Syrie par des troupes américaines basées en Jordanie ou en Turquie.

Tout porte à croire que les frappes israéliennes étaient une phase test pour de possibles frappes aériennes américaines contre la Syrie. Bien que les responsables américains et européens aient apparemment discuté du lancement d’attaques pour mettre sur pied une zone d’exclusion aérienne, Washington s’est jusque-là retenu de les organiser par crainte des systèmes de défense anti-aériens syriens.

Dans l’émission « Meet the press » sur NBC, le sénateur américain Patrick Leahy (Démocrate du Vermont) a dit que les frappes israéliennes avaient été effectuées avec des F-16 fournis par les États-Unis et qu’elles avaient prouvé que les « systèmes de défense anti-aériens fournis par la Russie n’étaient pas aussi bons qu’annoncés. » Dans la même émission la correspondante de NBC, Andrea Mitchell a dit qu’après les frappes israéliennes, une zone d’exclusion aérienne en Syrie semblait plus probable.

Le gouvernement Obama a rapidement donné son approbation aux frappes israéliennes. Des responsables américains ont affirmé, sans preuve à l’appui, que les frappes de jeudi soir avaient visé un chargement de missiles iraniens destiné à l’organisation chiite libanaise Hezbollah, alliée du régime chiite du président syrien Bachar al-Assad. Des sources de l’opposition syrienne soutenue par les États-Unis ont dit que les énormes explosions qui ont secoué dimanche matin Damas étaient des frappes visant des bases militaires syriennes et le centre de recherches militaires de Jamraya qui apparemment développerait des armes chimiques.

Depuis le Costa Rica où il effectue une tournée de trois jours en Amérique latine, Obama a dit : « Les Israéliens doivent, de manière justifiée, se protéger contre le transfert d’armes sophistiquées à des organisations terroristes comme le Hezbollah… Nous nous coordonnons étroitement avec Israël, en reconnaissant qu’ils sont très près de la Syrie et très près du Liban. »

Tout comme les mensonges utilisés pour justifier l’invasion américaine en Irak, les justifications pour une guerre contre la Syrie présentées à l’opinion publique sont un mélange d’allégations non justifiées et de purs mensonges. Les affirmations qu’il existe des preuves qu’Assad a fait usage d’armes chimiques – reposant sur des allégations que des combattants de l’opposition ont trouvé ou ont été empoisonnés au gaz sarin – sont fausses. Comme l’a reconnu hier un responsable britannique, « On ne sait toujours pas avec certitude qui a utilisé ce produit, dans quelles quantités et à quel effet. »

La réaction américaine aux frappes israéliennes clarifie cependant une chose : après les guerres en Irak et en Afghanistan, Washington s’apprête à lancer une nouvelle guerre impérialiste de grande envergure, et cette fois contre la Syrie. Les conséquences du lancement d’une telle guerre d’agression seront certainement encore plus importantes que celles de la guerre en Irak.

D’ores et déjà, l’actuelle guerre par procuration des États-Unis en Syrie a embrasé le Moyen-Orient. L’objectif étant d’isoler et d’intimider le principal allié régional de la Syrie, l’Iran riche en pétrole, elle est en train d’entraîner le Hezbollah dans le combat et de mener au déclenchement d’une guerre civile en Irak où des forces sectaires chiites liées à al-Nusra sont en train de combattre le gouvernement mené par les Chiites.

En intensifiant la guerre en Syrie, Washington risque de déclencher une guerre régionale générale qui, si les alliés d’Assad, la Chine ou la Russie, étaient impliqués, pourrait provoquer une conflagration mondiale.

Les préparatifs d’une guerre américaine contre la Syrie, dix ans après l’invasion de l’Irak, témoignent de la faillite de la démocratie américaine. Une fois de plus, Washington se prépare à lancer une guerre pour la poursuite de ses intérêts impérialistes, faisant preuve d’un mépris total face à l’opposition populaire écrasante à une telle guerre, tant aux États-Unis qu’au Moyen-Orient. Des sondages révèlent que 62 pour cent des Américains sont opposés à l’envoi de nouvelles armes à l’opposition islamiste; dans les pays du Moyen-Orient, des majorités similaires sinon plus grandes sont contre la guerre américaine par procuration.

Les frappes israéliennes ont aussi mis fin aux mensonges avancés par les partisans de l’opposition syrienne, tel Gilbert Achcar du Secrétariat unifié pseudo-gauche, qui a récemment rejeté comme étant « des théories du complot » des critiques faisant état d’une implication impérialiste dans la guerre syrienne. Depuis qu’elle a soutenu la guerre de l’OTAN en Libye en 2011 pour le renversement du colonel Mouammar Kadhafi, la fratrie pseudo-gauche intensifie ses activités de propagandistes pour les guerres impérialistes en faveur d’un changement de régime, menées en alliance avec des éléments sectaires droitiers et des puissances régionales réactionnaires.

La Syrie se trouve dans la ligne de mire de Washington depuis plus d’une décennie en raison de ses liens avec l’Iran et des forces telles que le Hezbollah. Avec cette guerre, les États-Unis cherchent à mettre en place un protectorat en Syrie qui sera complètement subordonné à la politique américaine.

Il n’existe quasiment aucun soutien populaire aux États-Unis à une nouvelle guerre au Moyen-Orient. En effet, cette même élite dirigeante, qui mène une guerre à l’étranger, est engagée dans une attaque impitoyable contre la classe ouvrière à l’intérieur du pays. Les préparatifs pour une guerre en Syrie créent les conditions d’un conflit explosif entre un sentiment anti-guerre au sein de la classe ouvrière et les projets toujours plus téméraires de l’élite dirigeante d’un pillage mené par l’armée.

Article original, WSWS, paru le 6 mai 2013

mardi 7 mai 2013

Syrie : Gaz sarin en mains « rebelles »

par Silvia Cattori

Nous l’avions dit avant Carla del Ponte (*)
« En Syrie, il n’y a pas d’un côté les gentils et de l’autre les méchants » affirme Mme Carla del Ponte. Pour avoir dit cela qui contraste avec la version unilatérale et mensongère affichée jusqu’ici par les responsables politiques, les journalistes et les idéologues de l’ingérence humanitaire (Amnesty International, Human Right Watch, Médecins sans Frontières) Carla del Ponte devra-t-elle payer un prix ou se rétracter?

L’utilisation de gaz sarin « a été faite par les rebelles » [1] a déclaré Mme Carla del Ponte à la Radio Télévision suisse italienne, le 5 mai. Elle a précisé que le gaz sarin « a été utilisé par les rebelles et non pas par les autorités gouvernementales »; et que les enquêteurs de l’ONU « se sont rendus dans des pays voisins [de la Syrie] pour interviewer des victimes, des médecins et du personnel médical. Selon leur rapport, la semaine dernière, il existe des suspicions fortes et concrètes, mais pas encore de preuves incontestables, de l’emploi de gaz sarin ».

La presse internationale a toujours fait la part belle aux groupes armés qui sévissent en Syrie et ont causé tant de souffrances au peuple syrien. En les présentant comme des « opposants révolutionnaires », des « libérateurs » et en attribuant systématiquement à l’armée syrienne régulière - une armée de défense issue du peuple - la responsabilité des crimes que ces groupes terroristes commettent, les journalistes ont de facto légitimé, voir couvert, leurs exactions.

Depuis le début du conflit en Syrie les journalistes, de notre prétendue « presse libre », ont relayé les fausses nouvelles de l’OSDH comme émanant d’une source neutre et fiable. Or, l’OSDH, nous le répétons depuis 2011, est un organe de pure propagande et non pas une ONG humanitaire. Créé par des opposants syriens au gouvernement de Damas vivant à l’extérieur l’OSDH, qui se fait le relais de la propagande des milices armées, n’a rien à voir avec une opposition démocratique représentative.

À quoi a servi la propagande de guerre que relayent aveuglément depuis deux ans nos journalistes?

La désinformation colportée par les journalistes - allant immanquablement dans le sens de la criminalisation du gouvernement de Bachar el-Assad et des Syriens qui le soutiennent - a objectivement servi les visées bellicistes des puissances engagées à déstabiliser la Syrie : France, Qatar, Israël, Arabie Saoudite. Elle a servi à légitimer les actions criminelles des gangs armés et à faire croire que le président Assad - qui, soit dit en passant, est un chef d’État tout à fait rationnel et sain d’esprit quand on analyse ses discours - est un fou, un sanguinaire, un nouvel Hitler.

Nous avons documenté à maintes reprises cette criminelle collusion de nos médias avec l’OSDH et l’« opposition » terroriste (qualifiée à tort de « révolutionnaire »).

Depuis l’été les journalistes ont mis beaucoup de zèle à relayer les fausses informations de l’OSDH disant que l’armée syrienne régulière allait faire usage d’armes chimiques.

Ainsi, alors que la manipulation des groupes armés et de l’OSDH sautait aux yeux, nos médias ont notamment repris les accusations de l’OSDH selon lesquelles :
- en décembre le gouvernement de Bachar al Assad avait fait usage d’armes chimiques à Homs.
- en mars l’armée de Bachar el-Assad avait fait usage d’armes chimiques près d’Alep et de Damas.

Les récentes déclarations de Mme del Ponte viennent d’apporter enfin un démenti à ces accusations. Elles nous laissent espérer que justice soit faite. En effet, il y a quelque mois elle avait déclaré : « Il n’y aura pas de paix en Syrie sans justice ».

Reste à savoir si la Commission d’enquête de l’ONU, dont Mme Carla del Ponte est membre, veuille bien faire (ce qui n’a pas été fait en Irak et en Libye) toute la lumière de manière à désigner les véritables criminels qui ont conduit la Syrie, ce pays magnifique et prospère qui n’agressait pas ses voisins, dans une guerre atroce - orchestrée pour commencer par le président Nicolas Sarkozy - qui a déjà ôté la vie à tant de Syriens.

(*) Voir :
- Des armes chimiques en provenance de Libye aux mains des « opposants » syriens
http://www.silviacattori.net/article3610.html
- L’Occident couvre le bombardement chimique des terroristes en Syrie
http://www.silviacattori.net/article4310.html
- Les rapports sur l’utilisation d’armes chimiques en Syrie ? Un air de déjà vu...
http://www.silviacattori.net/article4385.html

[1] Nous aimerions que Mme Carla del Ponte fasse un pas supplémentaire : qu’elle qualifie de terroristes ce que l’appareil politico - médiatique qualifie de manière abusive de rebelles alors qu’il s’agit de gangs armés, financés et encadrés par des puissances étrangères.

lundi 6 mai 2013

Israël-ASL, même combat (vidéos)

par Bahar Kimyongür
 
Un chef rebelle syrien se réjouit de voir son pays bombardé par l'ennemi israélien.

Ce dimanche, un leader de l'opposition « syrienne » dénommé Hassan Rastanaoui est apparu en direct depuis Homs sur la deuxième chaîne israélienne.

Il était l'invité-surprise du journaliste israélien Yaari Ehud.

Rastanaoui a été présenté sur le site Internet de la chaîne israélienne comme un leader de la rébellion « syrienne ».

Répondant à une question du journaliste relative aux bombardements effectués ces derniers jours par l'aviation israélienne à Damas, Hassan Rastanaoui a exprimé sa joie et sa gratitude.

D'après lui, les bombardements de l'aviation israélienne visaient des caches d'armes appartenant à l'armée arabe syrienne, mais aussi aux milices du Hezbollah et à la Garde républicaine iranienne qu'il qualifie de « plus grands dangers terroristes ».

Cette nouvelle attaque de l'ennemi israélien, dixit Rastanaoui, « emplit le cœur du peuple et des révolutionnaires syriens ».

La complicité entre la rébellion syrienne et l'armée israélienne n'est pas un scoop.

L'an dernier, la même chaîne israélienne avait interviewé le cheikh Abdallah Tamimi, un leader salafiste originaire de Homs très Israel-friendly.

Usurpant l'identité sunnite et insultant des millions de Syriens sunnites patriotes, Tamimi déclarait que « pour les citoyens syriens sunnites, Israël n'est pas et n'a jamais été leur véritable ennemi (...) Nous (les sunnites) sommes dans le même camp que celui d'Israël ».

D'autre part, de nombreux combattants de l'ASL sont hébergés et se font soigner par l'armée israélienne (AFP, 16 février 2013 et Marc Henry, Le Figaro, 29 mars 2013)

Ils reçoivent des armes israéliennes, accueillent des journalistes et des agents israéliens dans leurs rangs renseignent les services secrets israéliens sur la localisation des rampes de lancement des missiles balistiques syriens et des dépôts d'armes et promettent que la Syrie « libre » normalisera ses relations avec Israël.

Malgré l'abondance de preuves sur les collusions entre Israël et les rebelles syriens, dans les médias mainstream mais aussi dans certains milieux soi-disant alternatifs et propalestiniens, on trouve encore quelques conspirationnistes frustrés qui défendent la thèse selon laquelle la Syrie et Israël seraient des pays amis, arguant que depuis la guerre de Tichrine (désigné que par son nom Hébreux -Yom Kippour - dans les médias occidentaux), Damas a renforcé sa frontière la séparant d'Israël ainsi que ses lignes de défense dans le Golan.

Cette théorie est pourtant aussi absurde que de soupçonner une complicité entre les États-Unis et Cuba au motif que La Havane n'a toujours pas reconquis la baie de Guantanamo, un territoire cubain sous occupation militaire étasunienne depuis 1898.

N'en déplaise à certains spécialistes de l'enfumage, l'insoumission du gouvernement de Damas face à Israël et à ses vassaux wahhabites, le soutien politique et militaire qu'il apporte aux résistances libanaise et palestinienne, son alliance stratégique avec l'Iran, telles sont les raisons objectives qui poussent les États-Unis, l'Europe et Israël à faire durer la guerre de Syrie autant que faire se peut.

À la veille de la guerre contre l'Iran, la mission accomplie par les djihadistes syriens arrange Israël tout comme les opérations menées par Israël contre le gouvernement syrien sont du pain béni pour les djihadistes syriens. Et ce, de l'aveu même d'un chef rebelle.

Source : Bahar Kimyongür pour Investig'Action.

Une délégation de la honte à Washington

Officiellement, la Ligue arabe s’en tenait au plan de paix proposé au sommet de Beyrouth en 2002. C’était une offre de paix et de reconnaissance en bonne et due forme contre un retour aux lignes d’avant juin 1967. Or, au nom de la nécessité de « faire bouger » un processus qui n’existe pas, les ministres arabes en « délégation de la honte » à Washington ont transigé en acceptant l’idée d’un « échange de territoires ». Formellement, c’est un échange « égal », dans la réalité, c’est une acceptation de la « réalité » de la colonisation qui a déjà transformé le territoire présumé revenir aux Palestiniens en petits bantoustans encerclés et sans liens entre eux. C’est un scandale. La concession est si « fondamentale » qu’elle a soutiré un soupir de plaisir au secrétaire d’Etat américain, John Kerry, qui a parlé d’un « très grand pas en avant ». Ce n’est pas une « inflexion » comme aiment à le rapporter les agences de presse occidentale, c’est un abandon, un lâchage.
 
Saëb Aerekat, chef de la « caste » des négociateurs qui s’est créée dans la foulée du processus mystificateur d’Oslo, s’est empressé de « soutenir » la Ligue sous emprise des Arabes de l’Amérique. Il a affirmé que cela n’est « pas quelque chose de nouveau » et que la position de la Ligue reflète « la position officielle palestinienne ». M. Aerekat confirme ainsi qu’il n’est pas un vrai « négociateur ». On peut à la limite concevoir qu’il envisage de céder des territoires occupés par les colons israéliens – ce qui est inacceptable pour de nombreux Palestiniens – mais cela fait partie de la négociation menée par les Palestiniens. Mais la Ligue arabe et les pays de l’Organisation de la coopération islamique n’ont pas à faire des concessions sur le sujet. Leur assentiment – ou leur refus – aurait dû être un élément qui renforce les capacités de négociation de M. Aerekat.
 
Un bon négociateur devrait, normalement, s’indigner que la Ligue arabe fasse une concession aussi lourde et gratuitement. Juste pour plaire à M. Kerry qui fait mine de vouloir relancer un processus de paix qui n’existe pas. La « caste des négociateurs » a servi pendant deux décennies d’alibi grossier à un faux processus de paix qui était une vraie entreprise de colonisation et de purification ethno-religieuse. Il est honteux qu’elle serve aujourd’hui d’alibi à une concession qui ouvre la voie à l’acceptation de la colonisation à Al-Qods et des projets immobiliers mis en œuvre pour la judaïser.
 
POUR QUELLE RAISON LA LIGUE ARABE FAIT DES CONCESSIONS A ISRAËL QUI N’A RIEN CONCEDE ET QUI MENE UNE POLITIQUE AGRESSIVE DE COLONISATION ? RAISONNABLEMENT, IL N’Y A AUCUNE RAISON. IL Y A UNIQUEMENT UNE SERVILITE D’UNE AMPLEUR JAMAIS ATTEINTE DE LA PART D’UNE LIGUE PASSEE TOTALEMENT SOUS LA COUPE DES EMIRS DU GOLFE. ISRAËL, PAR LA VOIX DE LIVNI, S’EST REJOUI DE CETTE CONCESSION GRATUITE. ET TRES RAPIDEMENT CETTE CONCESSION ETANT DEVENUE « UN ACQUIS », NETANYAHU A FAIT SAVOIR QUE LE CONFLIT N’EST PAS « TERRITORIAL » MAIS PORTAIT SUR LE REFUS DES PALESTINIENS DE RECONNAITRE ISRAËL COMME UN ETAT JUIF. PAS BESOIN DE DECODER, CES ARABES QUI CEDENT SUR LA COLONISATION DES TERRITOIRES OCCUPES EN 1967 VONT DEVOIR « BAISSER LE FROC » ET CEDER SUR LES DROITS DE REFUGIES PALESTINIENS RECONNUS PAR LES RESOLUTIONS DE L’ONU.

Le Grand Soir

dimanche 5 mai 2013

Le Qatar et Israël une menace pour le monde

Le Qatar voulait la tête de Lakhdar Brahimi
L’émissaire de l’ONU sur le point de démissionner

Ahmed HASSAN-BEY

L’émissaire de l’ONU pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, serait sur le point d’annoncer sa démission, départ dont discuteraient en ce moment les cinq membres influents du Conseil de sécurité.

L’histoire s’est encore renouvelée quand des parties extérieures au conflit s’efforcent de bloquer toute possibilité de trouver une solution à la guerre qui déchire et endeuille la Syrie depuis plus de deux ans.

Cela a été le cas du premier émissaire spécial de l’ONU, l’ancien secrétaire général de l’organisation internationale, Kofi Annan, contraint de rendre le tablier en avril 2012.

Aujourd’hui, une telle issue est envisagée par Lakhdar Brahimi, actuel médiateur et envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, qui serait sur le point d’imiter son prédécesseur, face à l’impasse où se trouve le dossier syrien, délibérément bloqué par le Qatar - qui a imposé la rébellion syrienne à la Ligue arabe à la place de l’État syrien et fait obstacle à toute initiative allant dans le sens d’un consensus national syrien.

Aussi, les déclarations se sont-elles multipliées ces quarante-huit dernières heures quant à « l’imminence » d’une démission de M.Brahimi de son poste. Il est patent qu’un départ de M.Brahimi - dans des conditions similaires qu’a connues son prédécesseur, Kofi Annan, lui-même confronté à l’obstacle qatari et contraint de partir devant l’inanité de ses efforts - aggraverait la situation dès lors que l’absence d’un interlocuteur crédible entre les belligérants syriens, rendrait vaines toutes les tentatives de trouver une issue au conflit.

En fait, cette situation a été sciemment provoquée et recherchée par le Qatar, qui a tout fait ces deux dernières années pour précipiter l’effondrement du régime de Damas, portant à bout de bras une opposition hétéroclite qui ne représentait qu’elle-même - selon les appréciations mêmes de ses soutiens les plus déclarés tels que les États-Unis qui n’ont pas manqué de le dire, excédés par les divisions de cette opposition et la montée en puissance du courant jihadiste - qui attend de la communauté internationale qu’elle se batte pour elle en Syrie et qu’elle la lui livre pieds et poings liés.

C’est exactement ce que réclame la rébellion syrienne que le Qatar a imprudemment intronisée comme membre de la Ligue arabe en lieu et place de son occupant légitime, l’État de Syrie.

C’est en fait cette décision qui a fait réfléchir l’émissaire de l’ONU, lequel estime que désormais sa mission de médiation n’avait plus d’objets dès lors que les autorités syriennes - sans la Syrie aucune solution ne pouvant être envisagée - aient annoncé la semaine dernière qu’elles allaient mettre fin à leur coopération avec l’émissaire de la Ligue arabe (M.Brahimi, émissaire de l’ONU, est également celui de la Ligue arabe) après l’attribution de son siège à l’opposition armée (la rébellion syrienne financée et armée par l’étranger et les monarchies du Golfe).

Déjà compliquée, la situation est devenue désormais inextricable dès lors que des pays tiers, notamment le Qatar, se sont totalement impliqués, induisant l’impasse du dossier syrien et son pourrissement. Situation qui ne travaille pas pour le peuple syrien pris en otage par la rébellion armée et par ses financiers et sponsors internationaux.

Des diplomates au fait du conflit syrien ont indiqué que Lakhdar Brahimi veut démissionner « parce qu’il a l’impression que la Ligue arabe a pris un autre chemin que celui de l’ONU », explique un diplomate proche du Conseil de sécurité.

M.Brahimi, connu dans les milieux diplomatiques internationaux, comme un diplomate incorruptible et un homme de haute probité, ne s’est pas laissé impressionner par le Premier ministre qatari, cheikh Hamad bin Jassim Al-Thani - qu’il a d’ailleurs vertement remis à sa place - qui tenta de lui tracer une « feuille de route » dans le conflit syrien.

Mais ce n’est pas la première fois que l’incorruptibilité et la haute valeur morale du diplomate algérien sont attaquées de front par ceux qui n’ont pu le faire plier.
 
 Il en a été ainsi, il y a quelques années, lorsqu’il y eut une véritable levée de boucliers contre le diplomate algérien, émissaire spécial - déjà - de l’ONU pour l’Irak. Lakhdar Brahimi, a été « coupable », d’après ses censeurs, d’avoir dit haut et fort ce que le monde feutré et aseptisé de la politique et de la diplomatie internationales, pensait tout bas : Israël est aujourd’hui un fléau pour le monde et lui fait courir les plus grands risques de guerre. Un constat que le plus inapte des diplomates peut faire pour peu qu’il observe un minimum d’honnêteté intellectuelle.

M.Brahimi n’a rien inventé quand il dit que la politique israélienne constitue un danger pour la stabilité du Proche-Orient. Ces propos, qui seraient passés pour anodins s’ils concernaient n’importe quel pays au monde, deviennent un crime dès lors qu’ils révèlent l’aspect scélérat des actions des dirigeants israéliens dans les territoires palestiniens occupés. Qu’avait donc dit de si rédhibitoire M Brahimi ? Il avait eu le tort, selon ses censeurs, d’avoir qualifié la politique israélienne de « poison pour la région ».

On peut, sans se tromper, dire qu’aujourd’hui la politique du Qatar envers la Syrie, constitue un « poison » pour la région et même pour le monde, pour peu que la situation dérape avec l’implication de nombreux acteurs dans le conflit syrien.

Source le Grand Soir

samedi 4 mai 2013

Le maire de Saint-Julienne confirme le témoignage de Gilles Cloutier.(vidéo)

Marcel Jetté  et Guy Chevrette
Pauline Marois a demandé la prudence à la Commission..
 
Avec cette confirmation du témoignage de Gilles Cloutier par le maire de Saint-Julienne... C'est le PQ qui va marcher sur des œufs et devoir user de prudence...
 
RÉFÉRENCE :
«En pleine séance du conseil, le maire Jetté bon ami de François Legault raconte à ses citoyens comment il a obtenu une subvention de 100 000 $ pour le pavage du rang Saint-François. Le tout s'est déroulé durant un tournoi de golf de la MRC de Montcalm. “Je vous dirai - j'espère que vous ne le répéterez pas à personne, c'est pour entre nous autres. Ça c'ést réglé après la game de golf dans la douche des hommes, assis avec la serviette autour du corps - comme on peut dire, enrobé d'un cache-cul - avec M. François Legault, M. Roger Gaudet - qui était préfet dans l'temps, M. Chevrette *et moi-même, assis sur le banc, avec une p'tite bière dîn mains, en train de discuter de ma subvention de 100 000 $...»
Le maire Jetté a fait l'objet d'un rapport accablant (39 pages) du MAMROT. Lâche pas Marcel, la fierté à un nom!»

Source You tube
 



*Chevrette PQ... (TVA...Quebecor de PKP) ... et  Marois... Médias et politique semble faire bon ménage.

vendredi 3 mai 2013

Montréal Manif anticapitaliste au 357c (vidéo)

Manif anticapitaliste : 357c = 637 + 447, la nouvelle arithmétique policière

Aux quatre coins du monde, le 1er mai marque la Fête internationale des travailleurs et travailleuses. Au Canada, le jour n’est pas férié. Travailleurs et travailleuses triment. Les manifestants aussi.

La Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC) a appelé à sa manifestation annuelle sur le thème « Contre la grande noirceur, la colère noire ».

Un groupe de manifestants se rassemble à la place Jacques-Cartier à 18 h. Deux autres les rejoindront depuis le métro Lionel-Groulx, dans l’ouest de la ville, et depuis le métro Papineau, dans l’est.

Leur destination finale? Le chic Club 357c, rue de la Commune. Depuis le début des audiences de la Commission Charbonneau chargée de tirer au clair les allégations de corruption et de collusion qui planent avec insistance sur le monde politique et le secteur des affaires, ce club privé a été évoqué à plusieurs reprises : des tractations douteuses y auraient eu lieu…




À 17 h, la centaine de personnes réunies au métro Papineau fait cap vers la place Jacques-Cartier. La retenue des forces policières inquiète les manifestants : depuis plus d’un an, on a perdu l’habitude… Et si la police attendait que les trois groupes soient réunis pour les prendre en souricière?
 

À leur arrivée à la place Jacques-Cartier, devant l’Hôtel de Ville, plusieurs centaines de manifestants les attendent, ainsi qu’un fort contingent policier. Autour, touristes et promeneurs attablés aux terrasses en ce beau jour ensoleillé suivent la scène avec intérêt. Soleil, touristes bardés de caméras, promeneurs flanqués d’enfants : pas l’endroit idéal pour une souricière… Mais la police piaffe. Exhibant ses rutilants uniformes, elle distribue des coups aux manifestants, aspersion de poivre de Cayenne irritant en prime. Tant pis pour la réputation d’hospitalité et de joie de vivre de Montréal. Tant pis pour les touristes qui avaient demandé leurs pâtes pas trop épicées…
 

La tension monte… Au son d’une fanfare contestataire, la manifestation reprend sa progression vers l’ouest, vers le sélect Club 357c. Au coin de la place d’Youville et de la place Royale, les policiers n’y tiennent plus : ils encerclent la foule. Détalant à toutes jambes, certains manifestants arrivent à échapper à la trappe. Les autres se retrouvent prisonniers des murs de policiers qui se referment sur eux. Au total, 447 personnes sont ainsi immobilisées, mises à l’amende, arrêtées en vertu du règlement municipal P-6, dont l’article 2 stipule : « Les assemblées, défilés ou autres attroupements qui mettent en danger la paix, la sécurité ou l’ordre public sont interdits sur les voies et places publiques, de même que dans les parcs ou autres endroits du domaine public. »
 

Les manifestants et manifestantes pris en souricière sont contraints de rester debout pendant plusieurs heures. Sans eau, sans nourriture, sans accès aux toilettes, ils sont menottés aux attaches autobloquantes de plastique qui jugulent la circulation sanguine et entaillent les poignets. Puis, les voici embarqués de force dans de fringants autobus de la Société de transport de Montréal (STM) : jamais cette instance de transport public n’aura fait autant honte à son mandat. Prise de panique, une femme se met à hurler dans un bus. Réaction compassionnelle des forces policières? L’anti-émeute intervient pour resserrer ses menottes!

Les arrêtées et arrêtés sont ensuite acheminés au poste de police. Ils seront libérés au début de la nuit. Des camarades les attendent à leur sortie pour leur offrir eau, réconfort et nourriture, et pour les ramener chez eux.

Le prix de cette soirée chic au poste de police? 637 $ d’amende par personne. Presque aussi cher qu’un cocktail mondain au sélect Club 357c, mais beaucoup plus brutal. À 447 « invités » de la rafle, on ne peut plus parler de club privé, mais bien d’agression publique.

Destination 357c = 637 $ d’amende + 447 arrestations de masse. C’est apparemment l’arithmétique « créative » qu’on enseigne à l’École de police…

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Source Printemps Québécois pour plus de photos

jeudi 2 mai 2013

Tout comme Israël, Les Palestiniens doivent tirer des leçons de l’Afrique du Sud

Gidéon Lévy
Si les Palestiniens concentrent leurs efforts sur la demande « ‘une personne, une voix »’, l’argumentaire d’Israël ne tiendra plus. Que pourra-t-il dire? Que les Palestiniens ne sont pas des êtres humains?


PRETORIA : Il n’y a pas qu’Israël qui devrait tirer les leçons de l’expérience Sud-Africaine. Les Palestiniens aussi. La bataille de la population noire s’est focalisée sur un seul thème : le vote universel. La demande de Nelson Mandela pour ‘‘une personne, une voix’’ était bien plus qu’un slogan, elle était un objectif stratégique. Elle est devenue réalité il y a 19 ans, le 27 avril, lorsque la première élection multiraciale était organisée. Et depuis cette date, la démocratie a été préservée, les élections ont lieu régulièrement et la nouvelle Constitution soutient et guide cet État, en dépit de ses difficultés et de sa complexité.

Les Sud-Africains ont démontré que rien n’était impossible; que le rêve de la majorité et le cauchemar de la minorité pouvaient se rejoindre. Que la haine, les menaces et les peurs pouvaient être remplacées par un espoir bien réel. Mandela, qualifié hier de « ‘terroriste »’, lui et son « ‘organisation terroriste ’’ le Congrès National Africain (ANC), est parvenu à dissiper les peurs de la population blanche.

Il s’agissait probablement là de l’étape la plus importante de leur combat, étape franchie avec la conscience intime des limites de leur pouvoir. Ils ont compris que la violence ne les conduirait nulle part, que le régime était plus fort, et que l’usage aveugle de la terreur les conduirait à perdre l’essentiel du soutien international. L’ANC a ainsi limité l’usage de la force. C’est une leçon importante que les Palestiniens devraient prendre en considération.

Tout aussi importante était l’unité des dissidents. Les Palestiniens, jusque-là, ont échoué sur ce point. Mais le facteur le plus important dans le succès de l’Afrique du Sud était l’accord sur le but supérieur de « ‘une personne, une voix »’. Il est temps pour les Palestiniens d’opter pour cet objectif. Il est temps pour eux de comprendre que le rêve de deux États devient impossible. Que l’occupation est plus forte qu’eux, que les colonies sont désormais trop importantes, et que l’État palestinien, s’il devait voir le jour, ne serait rien de moins qu’un groupe de bantoustans séparés par des « ‘blocs de colonies »’ qui ont pris des proportions énormes et ont obtenu l’accord consensuel des Israéliens et de la communauté internationale.

Il est temps, chers Palestiniens, de changer de stratégie et de ne pas combattre l’occupation ou les colonies. Elles sont vouées à rester. Il est temps de suivre l’exemple Sud-Africain et d’exiger un droit basique : une personne, une voix.

Cette exigence effraiera les Israéliens, au moins autant qu’elle a effrayé les Sud-Africains blancs. Les Israéliens hurleront, à juste titre, que cela signifiera la fin du Sionisme et de l’État juif. Mais c’est Israël qui s’est mis dos au mur avec l’occupation, et l’expérience sud-africaine nous a montré que les peurs d’hier peuvent disparaître rapidement; qu’au moyen d’une Constitution efficace et d’une ligne de conduite sage, les droits et l’identité de tous peuvent être sauvegardés. De toute manière, les États basés sur l’ethnie, composés uniquement d’une seule race ou nationalité, sont en voie d’extinction dans un monde interconnecté. Et ce monde ne peut rester indifférent à l’exigence simple de « ‘une personne, une voix »’; personne ne peut nier à n’importe quel être humain ce droit fondamental.

Se concentrer sur cette exigence privera Israël de toutes ses excuses. Que pourra-t-il dire? Que les Palestiniens ne sont pas des êtres humains? Qu’ils n’ont pas de droits comme c’est le cas pour toute Nation? Toutes les nations n’ont pas d’État, mais chaque personne a le droit de voter. Les Palestiniens n’ont pas de droit dans l’État qui détermine leur destinée. Leur destinée doit justement être un combat pour ce droit sans violence criminelle, comme la terreur survenue après la seconde Intifada. Un tel combat va engendrer le soutien international des peuples et des gouvernements. Personne, si ce n’est les Israéliens, ne pourra s’y opposer. Les Israéliens seront contraints de revoir leurs valeurs, leurs croyances, ainsi que toutes les vérités sacrées et lignes rouges qu’ils ont inventées. Les Israéliens seront contraints d’admettre qu’ils vivent depuis un certain temps déjà dans un État dont le régime d’apartheid ne fait plus l’ombre d’un doute. Une fois que ce sera le cas, seulement deux possibilités se présenteront; soit les Palestiniens parviendront, comme l’a fait Mandela, à atténuer la peur de la population, permettant à la solution d’un seul État démocratique (qui constitue le cauchemar pour tout Israélien) de faire son chemin pour un futur plus radieux. Soit les Israéliens reviendront à la raison et se retireront des territoires occupés et permettront, au bout du compte, l’établissement d’un État Palestinien viable. Il n’y a pas d’autres possibilités à la résolution de ce conflit.

Source originale : Haaretz
Traduit de l'anglais par MB pour Investig'Action

Source : Investig'Action
Dessin : Latuff

mercredi 1 mai 2013

Montréal : La CLAC s’invite au 357c pour la manif du 1er mai (vidéo)

Contre la grande noirceur, la colère noire
Importante souricière dans le Vieux-Montréal

MONTRÉAL – La manifestation organisée mercredi soir par la Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC) au centre-ville de Montréal a rapidement été déclarée illégale par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Les manifestants s’étaient rassemblés sur la place Jacques-Cartier, près de l’Hôtel de Ville.

Source Journal Métro