mardi 25 juin 2013

Censure dans la subtilité

 
Voilà que ça recommence, on supprime le lien qui conduit à mon blogue... pour mettre une autre page qui n'est pas la mienne.
Magnifique le réseau des censeurs. Censure dans la subtilité.



Ça c'est ma page ...


Voici ce que l'on voit ce n'est pas ma page

samedi 22 juin 2013

Mise au point avec la ministre Joëlle Milquet à propos de Bahar Kimyongür

Michel Collon
La ministre de l'Intérieur a réagi à notre article « La vérité dérange, Milquet se venge » ainsi qu'à vos courriels envoyés suite l'arrestation de Bahar Kimyongür en Espagne ce 17 juin. Ce dernier a enfin pu être libéré sous caution et devrait regagner la Belgique d'ici peu. Nous reproduisons ici la réaction de Joëlle Milquet à notre article ainsi que la réponse de Michel Collon
.
La réaction de la ministre de l'Intérieur

Cher Monsieur Collon,

J’ai pris connaissance de l’article sur votre site Investig’action relatif à Bahar Kimyongür et souhaite vous faire part des éléments suivants :

L’objectif exclusif de ma visite en Turquie en mai dernier portait sur le renforcement de la coopération relative à la situation des ressortissants belges et européens combattant en Syrie.

À aucun moment, il n’a été question du cas spécifique de Monsieur Bahar Kimyongür.

Je n’ai par ailleurs rien à voir avec l’arrestation effectuée en Espagne par des autorités judiciaires indépendantes.

Il s’agit en outre d’un dossier judiciaire, qui n’entre pas dans mes compétences de Ministre de l’Intérieur.

En restant à votre disposition, je vous prie de croire, cher Monsieur Collon, à l’assurance de ma parfaite considération.

Joëlle Milquet

La réponse de Michel Collon

Madame la ministre,

 Je suis très heureux de recevoir votre courrier et que la communication soit enfin établie entre nous. J’ai aussitôt transmis votre message à notre équipe d’Investig’Action.

 Si vous êtes d’accord, je me propose de communiquer votre mise au point à nos lecteurs. Il est important qu’ils connaissent aussi votre point de vue.

 Pour lever toute ambiguïté, et comme des journalistes nous interrogent, je me demande si vous pourriez compléter cette mise au point en précisant les points suivants :

 1. Votre communiqué de 23 mai que nous avions cité évoque, je cite : « plusieurs modalités de collaboration et d’échanges d’informations dans les différents dossiers évoqués ont été précisées et renforcées, en ce qui concerne notamment le suivi et le contrôle des différents groupements terroristes ». Vous savez que Monsieur Erdogan considère comme tel Bahar Kimyongür, et c’est à ce titre qu’il le poursuit avec acharnement. Pourriez-vous confirmer qu’il n’y a eu et n’y aura aucun échange d’informations entre la Belgique et la Turquie au sujet de Bahar et de ceux qui travaillent avec lui comme notre équipe de journalistes? Lui avez-vous rappelé que la Justice belge a innocenté Bahar et que l’affaire est donc définitivement classée? Le fait que Monsieur Erdogan ait relancé l’attaque quatre jours après votre visite ne vous rend à mon avis pas service, et il serait donc très utile de mettre les choses au point publiquement.

 2. Vous aviez d’abord accepté, puis refusé de participer au débat organisé sur le thème des jeunes qui partent en Syrie par l’Association pour une École Démocratique. Dans Le Soir du 24 mai, nous avons lu que vous vous désistiez en raison de la présence de Bahar dans ce débat auquel je devais également participer. Et ce journal faisait le lien avec votre récent voyage en Turquie. Ceci a préoccupé beaucoup de gens de tous milieux. Si je peux me permettre une suggestion, afin de lever toute ambiguïté, je propose que vous participiez au débat qui aura lieu ce mardi 25 à 20 heures à l’IHECS. Comme l’indique le programme ci-joint, ce n’est pas un débat sur la Syrie elle-même, mais sur les raisons qui ont amené ces jeunes là-bas et sur ce qu’on peut faire pour résoudre ce drame humain. J’ai rencontré des mamans, je n’ai pas besoin de vous dire la souffrance qu’elles endurent. En participant, aux côtés d’une dizaine d’experts et analystes, et aux côtés de Bahar lui-même, je pense que vous enverrez à tous un message clair : sur l’autorité de la chose jugée en Belgique et sur la nécessité de débattre très largement de ces problèmes de société pour leur trouver des solutions.

 Un dernier point, qui ne concerne pas ce débat, mais touche aussi au même problème général...

 Je suis comme vous très préoccupé par ce qu’on appelle la « radicalisation » d’une partie de l’opinion et les conséquences qu’elle peut avoir ici et là-bas. Un facteur important est la colère – que je trouve légitime - des jeunes contre la politique des États-Unis et aussi contre la colonisation israélienne et son impunité, voire son encouragement par les autorités des USA et de l’Europe (cfr les programmes de collaboration militaire UE – Israël extrêmement poussés). Nous devons craindre que des fanatiques et des manipulateurs détournent cette colère légitime vers des actions inefficaces et dangereuses. Ce qui en retour renforcera la montée de l’islamophobie.

 Il me semble essentiel que cette colère ne soit pas exclue des débats médiatiques, mais puisse trouver sa place dans le débat démocratique. En commençant par une analyse objective et pluraliste de la qualité de notre information. Travaillant depuis longtemps sur ces problèmes et rencontrant de nombreux jeunes de ces milieux, j’ai quelques suggestions à faire concernant les moyens de renforcer le débat démocratique et d’y inclure ceux qui se sentent exclus. Je sais que votre agenda est très chargé, mais j’aimerais pouvoir vous rencontrer à ce sujet.

 Merci d’avance pour votre intérêt.
 Restant à votre disposition, avec toute ma considération

 Michel Collon

Débat ce mardi 25 juin à Bruxelles sur les jeunes partis en Syrie

Source Investig'Action

vendredi 21 juin 2013

Bahar Kimyongür arrêté

ERDOGAN VEUT KIMYONGÜR ET LA BELGIQUE N'A RIEN À LUI REFUSER
Nous recevons, d’Investig’Action, ceci, qui se passe de commentaires :
Bahar Kimyongür arrêté :La vérité dérange, Milquet se venge
 
On a arrêter à Madrid notre ami et collègue Bahar Kimyongür, auteur du livre Syriana et de nombreux articles démontrant l'hypocrisie des gouvernements européens sur la Syrie. Ces dernières semaines, il s'était activement mobilisé pour aider les parents désemparés de ces jeunes qui partent en Syrie. Il est attendu au débat que nous coorganisons sur ce thème à Bruxelles mardi 25 juin.

Bahar est menacé d'extradition vers la très démocratique Turquie. Nous sommes très inquiets et convaincus que le gouvernement belge est complice : Bahar dérange, la vérité dérange.
 
 D'ailleurs, la chronologie est très claire :

22 mai, communiqué de la ministre de l'Intérieur :
« Joëlle Milquet a longuement rencontré ce matin, lors d’un déjeuner, le directeur de l’Organisation du renseignement national turc, Hakan Fidan. Lors de cet échange très constructif, plusieurs modalités de collaboration et d’échanges d’informations dans les différents dossiers évoqués ont été précisées et renforcées, en ce qui concerne notamment la présence de ressortissants belges en Syrie, mais aussi le suivi et le contrôle des différents groupements terroristes ».

28 mai : la Turquie délivre en secret un nouveau mandat d'arrêt international contre Bahar (qui avait été acquitté il y a dix ans par la Justice belge pour ces accusations arbitraires).

13 juin : À la RTBF radio, la ministre Milquet soutient le «démocrate» turc Erdogan : « Je pense que les services secrets turcs sont sincères » (sic). (Et aussi ses tortionnaires et ceux qui emprisonnent des avocats et des journalistes en masse?) Elle diabolise Bahar comme «soutien d'Assad», alors qu'il a, dans son livre, dénoncé les aspects dictatoriaux de la présidence.

17 juin : Bahar est arrêté par des civils alors qu'il visitait avec son épouse Deniz et ses deux petits enfants la cathédrale de Cordoue (Espagne). En présence de ses enfants pour bien marquer le coup!
 Ce jeudi 20 juin, il passe devant le juge à Madrid.
Nous appelons chacun à dénoncer cette violation du droit d'expression, cette basse vengeance des politiciens qui s'alignent sur les États-Unis, Israël et la Turquie!

 Faites circuler ce message sur le Net, facebook et partout, interpellez vos mandataires politiques et les médias.

 Demandez des comptes à la ministre Milquet. Elle ne bouge pas pour aider les parents désemparés, mais se rend complice d'Erdogan pour arrêter Bahar :
Cabinet du ministère de l'Intérieur, 2 rue de la Loi, 1000 Bruxelles
 Tél : 02 504 85 40
Attaché de presse : Geoffroy Kensier : 0478 59 41 51
www.milquet.belgium.be
 
Liberté pour Bahar!
Liberté d'expression contre la guerre!
 
Michel Collon et l'équipe Investig'Action

Source : http://www.michelcollon.info/Bahar-Kimyongur-arrete-La-verite.html

dimanche 16 juin 2013

« Démocratie cubaine » et « démocratie étasunienne »

Arnold August  est un politologue, auteur, journaliste et conférencier de Montréal (Québec, Canada). Il est l’auteur de Democracy in Cuba and the 1997–98 Elections (préface de José Martí). Il a également écrit un chapitre du livre Cuban Socialism in a New Century: Adversity, Survival and Renewal (University Press of Florida), intitulé « Le socialisme et les élections ».

JL: Parlez-nous de votre livre Cuba and Its Neighbours: Democracy in Motion pourquoi avez-vous écrit ce livre et quelle a été votre démarche?

AA: Bien des gens s’entendront sur le fait que lorsqu’il est question de politique internationale, de la pression exercée par le Nord, notamment par les États-Unis sur le Sud en général, c’est-à-dire l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine, très peu de thèmes autres que la démocratie sont abordés. Il en est ainsi particulièrement depuis les années 1980, depuis la chute de l’ancien bloc soviétique : les États-Unis et l’Europe utilisent de plus en plus la question ou plutôt le prétexte de la démocratie afin de s’immiscer dans les affaires intérieures d’autres pays. Parallèlement, aussi étrange que cela puisse paraître, très peu de livres ont été écrits sur la question de la démocratie en soi. Je suppose que peu de gens souhaitent aborder ce sujet parce que c’est un terme très lourd de sens, un sujet difficile à aborder, mais j’ai toujours pensé que c’était nécessaire. Il s’agit en fait de mon deuxième livre au sujet de la démocratie, le premier, écrit en 1999, traite spécifiquement de la démocratie et des élections à Cuba.

JL: Il se peut que bien des gens soient surpris d’apprendre qu’il existe une démocratie à Cuba. De quel genre de démocratie s’agit-il?

AA: Au Canada et aux États-Unis plus particulièrement, la question de la démocratie est vue comme étant totalement étrangère à l’expérience cubaine et maintenant la même attitude s’applique bien sûr à d’autres pays comme le Venezuela. Je traite de la question de la démocratie, mais comme vous avez remarqué, le sous-titre du livre est « la démocratie en mouvement », donc, je ne parle pas seulement de la démocratie proprement dite. J’essaie de développer le concept de la « démocratie en mouvement », c’est-à-dire la démocratisation comme processus infini et je tente de développer au cœur de ce concept le rôle de la démocratie participative, où les gens jouent un rôle clé sur une base quotidienne afin de mettre en œuvre leur propre pouvoir politique.

JL: Pensez-vous que les Cubains participent davantage au processus décisionnel que les Canadiens et les Étasuniens par exemple?

AA: Je pense qu’il faudrait comparer la situation actuelle à Cuba à ce qu’elle était avant 1959, avant la Révolution. En réalité nous ne pouvons même pas comparer. Avant 1959, il y avait de toute évidence une dictature contrôlée par les États-Unis, la dictature de Batista, et les gens étaient complètement exclus du pouvoir. En fait, Fidel Castro était candidat à l’opposition au Sénat à l’époque, au début des années 1950, et il était évident que lui et son parti allaient remporter les élections.
Révolution cubaine de 1959

Le régime de Batista, soutenu par les États-Unis, a annulé les élections et organisé un coup d’État. Alors, cela vous donne une idée du genre de participation politique à Cuba avant 1959. Depuis ce temps elle a bien sûr évolué. En 1959, c’était la première fois dans l’histoire de Cuba que le pouvoir politique était entre les mains du peuple, c’est là la principale caractéristique de la Révolution. Ce pouvoir n’était pas parfait à l’époque et il ne l’est pas non plus maintenant. Toutefois, dès 1959, l’expression « la souveraineté appartenant au peuple » est devenue un concept significatif réel à Cuba.

Nous pouvons faire un parallèle entre la révolution cubaine et la récente rébellion en Égypte. J’appellerais ça une révolution parce que le peuple égyptien s’est révolté et a réussi à renverser le dictateur pro-étasunien Moubarak.
la place Tahrir 2011

Cette révolution m’a ouvert les yeux sur la nécessité de voir la démocratie, la démocratie participative, comme un processus continu. Ce que je trouve intéressant dans la révolte égyptienne, c’est que les gens de la place Tahrir ont occupé l’espace public et c’est à partir de là que des millions de personnes, sur une base quotidienne, ont pris leurs décisions, décidé ce qu’il fallait faire et établi leurs priorités, dont le renversement de Moubarak. Ils n’accepteraient rien de moins.

Entre-temps, un pouvoir politique se développait à la base pour remplacer le pouvoir du régime Moubarak, soutenu par les États-Unis, et ils ont réellement renversé le régime. Cependant, qu’est-ce que l’administration Obama a fait immédiatement après la chute du régime? Après avoir soutenu ce régime, hypocritement bien sûr et jusqu’à la dernière minute? Lorsque Moubarak a finalement été renversé, les États-Unis ont immédiatement essayé d’imposer ce que j’appelle dans mon livre la « notion américano-centriste de la politique », c’est-à-dire la démocratie multipartite.

Je me souviens très clairement, et cela est relaté dans mon livre, qu’après le renversement de Moubarak et alors que les manifestations se poursuivaient sur la place Tahrir et d’autres places publiques à travers l’Égypte, Hillary Clinton a déclaré au nom d’Obama que les gens doivent passer de la protestation à la politique. Donc, les Étasuniens ne considère pas comme de la politique le fait que les gens dans la rue s’organisent sur une base entièrement nouvelle afin de prendre le pouvoir politique, d’une manière ou d’une autre, avec une orientation totalement différente, et ce même si ce n’est que de façon embryonnaire. La seule politique qui compte est la politique électorale. Les États-Unis ont par la suite organisé des élections en Égypte.

JL: Parce que de cette façon ils peuvent contrôler le résultat?

AA: Tout à fait, c’est ce qu’ils contrôlent par le biais des élections. Les États-Unis ne pouvaient pas contrôler la place Tahrir, la population à la base visant à prendre le pouvoir politique au sommet.
JL: Est-ce que l’on craignait que quelque chose de semblable se produise aux États-Unis?

AA: Bien sûr, parce que le premier impact de l’effet domino déclenché par la place Tahrir a été aux États-Unis mêmes, nous y reviendrons.

L’administration Obama a donc dû organiser des élections en Égypte. Ils ont, en tout premier lieu, éliminé par tous les moyens habituels le parti politique de tradition nassérienne, généralement progressiste, favorable au socialisme et définitivement en faveur de l’affranchissement des États-Unis. Ils se sont donc retrouvés avec seulement deux partis : les Frères musulmans et le parti du Mouvement national égyptien, tous deux pro-américains. Maintenant, en ce qui concerne le processus politique électoral par rapport à celui de la démocratie en mouvement, voici un point important : seulement 52 % des personnes ont voté lors des élections présidentielles opposant les deux candidats. Cinquante-deux pour cent ! Et il y avait un appel au boycot. Cela n’est certes pas très connu du public. On a tendance à éviter cette question.

Voici donc deux éléments contradictoires. D’un côté vous avez les gens de la place Tahrir et autres places publiques cherchant de nouvelles façons d’obtenir un pouvoir politique hors du système multipartite contrôlé par les États-Unis. C’est pourquoi seulement 52 % des gens ont voté et non pas à cause de l’apathie ou du manque d’intérêt, car au même moment, afin de renverser Moubarak durant la révolution de 18 jours, 850 personnes ont été tuées et 5500 personnes grièvement blessées. Je vous pose la question : N’est-il pas plus facile de déposer un bulletin de vote que de se battre dans la rue pour renverser Moubarak et risquer de perdre la vie ou d’être grièvement blessé? C’est donc essentiellement un rejet du système multipartite qui s’est reflété dans ces élections et c’est pourquoi ce rejet se poursuit.

J’ai passé presque 24 heures par jour au cours de cette période de 18 jours à regarder les événements et cela m’a permis d’élaborer davantage la question de la démocratie participative et la façon dont les élections sont utilisées afin de légitimer le statu quo. C’est exactement ce qu’Obama a fait quand les Frères musulmans ont remporté l’élection. Il a téléphoné au président Morsi et selon la transcription de la Maison-Blanche, il a déclaré  « Maintenant, vous êtes légitime. » Vous avez la légitimité nécessaire pour gouverner l’Égypte. C’est ainsi que, dans ces pays, les élections sont employées lorsqu’elles sont contrôlées par les États-Unis : dans le but de légitimer la dictature de la vieille garde.
Protestations étudiante à Montréal, Canada de 2012

Nous pouvons même faire un parallèle local. Que s’est-il passé au Québec (Canada) au printemps dernier? Il y avait littéralement des millions de gens dans les rues, des étudiants et des personnes plus âgées, protestant partout au Québec et qu’a dit le gouvernement libéral? « Nous avons été élus. » Bien sûr, seulement 52 % [57,43 %, 2008, NdT] des gens ont voté et le vote a été partagé entre deux-trois partis. « Nous avons été élus. » Cela signifie : « Nous sommes les représentants légitimes du peuple et nous pouvons faire ce que nous voulons. Notre mandat nous permet de tout faire. De faire n’importe quoi. » Donc que ce soit en Égypte, au Québec ou dans d’autres pays, on utilise les élections pour légitimer la domination Protestations à Montréal, Canada de 2012de la vieille garde. Je ne suis pas contre les élections, des élections avec différents partis politiques, mais nous devons regarder comment elles se déroulent, concrètement.

JL: Donc, au fond, vous dites que les élections ne garantissent pas la démocratie?

AA: Elles ne garantissent pas la démocratie et dans bien des cas, elles sont un prétexte pour éliminer complètement toute tentative du peuple à la base de prendre en main le pouvoir politique et de développer son propre système.

JL: Comment décririez-vous les événements entourant le mouvement Occupy aux États-Unis?
Manifestations au Capitole dans le Wisconsin en 2011

AA: Il est intéressant de noter qu’après les événements de la place Tahrir, les États-Unis étaient très heureux de pouvoir remplacer le mouvement populaire avec les soi-disant élections, temporairement, parce que les troubles se poursuivaient et n’ont toujours pas été résolus. Ironie du sort, ou paradoxalement et en toute justice, l’effet boomerang ou le début de l’effet domino a eu lieu à Madison, aux États-Unis mêmes, très peu de temps après le renversement de Moubarak, et les gens avaient des pancartes disant : « Le gouverneur du Wisconsin est notre Moubarak. Nous devons lutter contre la dictature. »

Ils ont été inspirés par l’occupation des espaces publics en Égypte, par la place Tahrir, et ils ont fait la même chose au Capitole du Wisconsin. Le Capitole a été occupé durant plusieurs semaines, les gens dormaient là-bas, ils prenaient leurs propres décisions, ils avaient des manifestes, ils mettaient sur pied un nouveau pouvoir politique pour contester celui des partis politiques de l’ordre établi. Malheureusement, ce mouvement a été presque immédiatement converti et intégré dans la machination bipartite étasunienne et les syndicats se sont retrouvés aux prises avec un plébiscite de révocation pour un nouveau gouverneur. C’est très bien, personne ne peut être contre cela, mais le problème est le bipartisme et l’idée que l’un des partis n’est pas bon et qu’il faut s’en débarrasser afin que l’autre prenne le pouvoir.

La 2e partie de l’entrevue portera sur Obama et l’illusion du changement.
 
 
 

mardi 11 juin 2013

Kaboul, transition dans les sables mouvants

Par Manlio Dinucci
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

D’Afghanistan est revenue la 53e « victime » italienne[1], terme utilisé pour définir les militaires OTAN tués dans les opérations guerrières, mais pas les milliers de victimes civiles que la guerre continue à provoquer. Et pendant qu’on monte en spectacle la douleur des familles et que les plus hautes autorités de l’État expriment l’habituelle « profonde tristesse », le ministre de la défense[2] Mauro[3] proclame : « La liberté, la paix et la démocratie, auxquelles nous contribuons dans divers théâtres d’opération dans le monde, ont malheureusement un prix et cette fois ce sont nos soldats qui le paient ». C’est pour des objectifs bien différents que sont en Afghanistan plus de 3 000 soldats italiens (quatrième plus grand contingent après ceux des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne). Ils sont là, dans le sillage de la stratégie étasunienne, pour occuper un territoire qui – situé au carrefour entre Asie centrale et méridionale, occidentale et orientale - est de première importance géostratégique par rapport à la Russie, à la Chine, à l’Iran et au Pakistan, et aux réserves énergétiques de la Caspienne et du Golfe. Ils sont là sous commandement étasunien depuis que l’OTAN a pris en 2003 par un coup de force (sans l’autorisation à l’époque du conseil de sécurité) le « leadership de l’Isaf, force avec mandat de l’ONU ».

Après avoir dépensé dans la guerre environ 1 200 milliards de dollars selon le Pentagone (en réalité beaucoup plus si on compte d’autres dépenses, parmi lesquelles celles pour les plus de 18mille militaires étasuniens blessés), les États-Unis ont décidé de réduire, à partir de 2014, le nombre de leurs troupes en Afghanistan de 68mille à environ 10mille. Des réductions proportionnelles ont été annoncées pour les autres contingents, y compris celui de l’Italie. Selon ce que prévoit le plan, un rôle croissant sur le terrain devra être tenu par les forces gouvernementales afghanes entraînées, armées et de fait commandées par les forces USA/OTAN, qui conserveront leurs principales bases en Afghanistan. La « transition » consistera non pas en la fin de la guerre, mais en sa transformation en guerre « couverte », menée par des forces spéciales et des drones. Les USA ont engagé leurs alliés à contribuer à la formation des « forces de sécurité afghanes », qui a déjà coûté plus de 60 milliards de dollars.  Les choses cependant ne vont pas aussi bien : certains soldats afghans, une fois entraînés, retournent les armes contre leurs instructeurs.

Pour la « transition », l’OTAN doit ainsi compter encore plus sur le gouvernement afghan, c’est-à-dire sur le groupe de pouvoir qu’elle a installé à Kaboul. C’est dans cet objectif que sera augmenté le « fonds pour la reconstruction », qui a déjà coûté plus de 20 milliards. Dans ce cadre s’insère l’accord de partenariat signé par Monti et Karzai, qui prévoit des crédits facilités et d’autres investissements italiens en Afghanistan pour des centaines de millions d’euros. Ce fleuve d’argent finira en grande partie dans les poches de Hamid Karzai et de ses proches, dont un grand nombre a la citoyenneté étasunienne. Ils continueront ainsi à s’enrichir avec les milliards de l’OTAN (qui sortent aussi de nos poches), les affaires en sous-main avec des compagnies étrangères, et le trafic de drogue. Ce n’est pas un hasard si l’an dernier l’Afghanistan a amplifié de 18% ses propres plantations d’opium, dont le trafic est géré non seulement par les talibans mais en premier lieu par les cercles gouvernementaux.

Une enquête du New York Times confirme que, pendant plus d’une décennie, sont arrivées dans le bureau du président Karzai, par l’intermédiaire de la CIA, « des valises d’argent liquide » pour un montant de dizaines de millions de dollars. Aucun scandale : Karzai lui-même a déclaré avoir été assuré par la CIA qu’il continuera à recevoir de l’« argent comptant », dont une partie – précise le New York Times - servira à « payer l’élite politique, dominée par les seigneurs de la guerre ».

Edition de mardi 11 juin 2013 de il manifesto
Note

[1] « Le capitaine Giuseppe La Rosa, 31 ans, appartenant au troisième régiment de bersagliers de la Brigade Aosta, est mort le 8 juin en Afghanistan. Le véhicule Lynx sur lequel il se déplaçait a été atteint par une grenade qui a fait trois autres blessés italiens. L’attaque a eu lieu le 8 juin à 10 h 30 dans la province de Farah. Sur le site de l’Émirat islamique d’Afghanistan, les étudiants coraniques affirment que c’est un garçon de 11 ans qui a lancé l’engin explosif à l’intérieur du Lynx, en montrant par « un acte courageux et héroïque» “la haine absolue des Afghans contre les envahisseurs infidèles qui occupent notre pays depuis une décennie». Le porte-parole du gouverneur de la région de Farah, Abdul Rahman Zhwandaj, joint par téléphone, dément : « Ce n’était pas un enfant mais des hommes en moto». L’état-major de la défense (voir note 2, NdT) explique que le Lynx faisait partie d’un convoi de trois véhicules qui « rentrait à la base de Farah après avoir accompli une activité de soutien aux unités de l’armée afghane». NdT.

[2] « [...]  appelé de la guerre en des temps plus sincères », José Saramago, Les intermittences de la mort, Seuil, Paris, p. 67. NdT.

samedi 8 juin 2013

Le progrès social dépend de nous : et si on avançait (Vidéo)

Le moins que l’on puisse dire, c’est que de l’art de faire des choix, la politique glisse vers l’art de faire accepter que nous n’avons pas d’autres choix et nous entraîne de plus en plus dans une « récession sociale ». C’est dans ce contexte, où de plus s’entremêle étroitement l’engouement pour les idées de droite et l’appel au changement, que la CSN a décidé de lancer une campagne d’éducation populaire, notamment auprès des membres de ses syndicats. Pour les représentantes et les représentants de la centrale, il est faux de prétendre maintenant que certains choix sont hors de portée. La justice sociale, l’égalité et l’équité ne sont pas un luxe auquel il faudrait renoncer faute de moyens. Elles sont des valeurs qui doivent guider nos actions.

Source CSN  Confédération des syndicats nationaux



Et si on avançait : le progrès social dépend de nous from Confédération des syndicats na on Vimeo.

mardi 4 juin 2013

Un autre monde est possible (vidéo)

Le FMI a soumis toute l’Espagne. Toute ? Non, un petit village résiste encore et toujours, etc.

Marinaleda, une vidéo utopique de nos lecteurs.

Vous pouvez visionner sur cette page une vidéo de 12 minutes (co-financée par Le Grand Soir) sur Marinaleda, l’extraordinaire petit village andalou où se précipitent, venus du monde entier, des curieux, des sociologues, des rêveurs, des assoiffés de solidarité, de justice, d’égalité et d’amour.

Source Le Grand Soir

Syrie, Le Monde et les gaz chimiques : des invraisemblances médicales?

Badia Benjelloun

Comme par hasard au moment où la France et les USA poussent à une intervention militaire contre la Syrie, et comme par hasard au moment où Carla Del Ponte et d’autres enquêteurs ont établi que des forces d’opposition ont employé des armes chimiques, voilà que survient un « témoignage » du Monde prétendant que l’armée syrienne utilise des armes chimiques. Rappelons que ce journal avait menti à ses lecteurs sur les armes chimiques de Saddam Hussein, sur le génocide au Kosovo, sur la guerre en Afghanistan, en Côte d’Ivoire, en Libye et au Mali (test-médias à disposition de nos lecteurs). Sans parler des médiamensonges plus anciens de ce journal : contre Nasser en 1956, contre le Vietnam, Panama et de nombreux autres pays agressés par les USA et la France. On lira donc avec intérêt l’analyse médicale qui suit... (IGA)

Un correspondant du quotidien vespéral français aurait été témoin de l’emploi d’armes chimiques par l’armée gouvernementale syrienne.

La description des symptômes endurés par les miliciens « rebelles » évoque ceux produits par des gaz neurotoxiques.

Signes ophtalmologiques avec troubles visuels et une pupille « rétractée », signes digestifs, vomissements et signes respiratoires décrits comme raclements et suffocation.

Le récit, espéré digeste grâce à la petite touche littéraire avec le petit bruit de la canette non pas sur le comptoir d’étain, mais un certain cliquetis à peine audible, produit des témoignages de ces combattants et d’un médecin.

Le photographe du journal le Monde (en lettres gothiques) aurait souffert de troubles visuels et respiratoires durant plusieurs jours. Première invraisemblance du récit : les gaz neurotoxiques utilisés comme armes de guerre sont certes inodores et incolores, mais les signes digestifs sont sur le même plan que les signes respiratoires. L’antidote doit être immédiatement administré pour lever le blocage des terminaisons nerveuses sans quoi la paralysie est rapidement mortelle.

Deuxième incongruité. L’iconographie censée illustrer le texte montre un homme qui tente avec une seringue de prodiguer des instillations oculaires. Les effets des gaz neurotoxiques à pénétration cutané et respiratoire n’ont aucune chance d’être levés par des lavages oculaires. Ceux-ci ne peuvent soulager qu’en cas de gaz irritants des muqueuses.

Troisième aberration. Le médecin rebelle rapporte le cas d’un combattant qui lui a été confié avec un rythme cardiaque fou. Le blocage enzymatique qui conduit à l’accumulation du neurotransmetteur l’acétylcholine induit surtout une bradycardie, et l’hypotension majeure par absence du tonus vasculaire est l’urgence absolue. On restitue une tension artérielle inexistante avant de vouloir contrôler un rythme cardiaque, même aberrant, même anarchique. Pour être rigoureux une phase d’hypertension avec tachycardie peut être observée dans les premières minutes de l’intoxication. Le délai nécessaire pour transporter un patient jusqu’à un centre de secours à travers le dédale imposé par une zone de guerre en milieu urbain exclut cette hypothèse.

Quatrième anomalie. La consultation de n’importe quelle encyclopédie en ligne indique comme symptôme cardinal des effets neurotoxiques les convulsions. Le sujet mortellement atteint suffoque dans un contexte de crises cloniques spectaculaires. Ce type de manifestations est si impressionnant que leur absence dans le roman permet de qualifier le récit de faux témoignage.

L’auteur à la fin de son article prend une précaution rhétorique. Il émet la possibilité de l’usage de plusieurs variétés de gaz toxique par l’armée gouvernementale, solution élégante pour brouiller les pistes de l’usage d’un gaz mortel prohibé qu’il suggère fortement tout au long de son histoire très arrangée.

Cependant, sensation de brûlure oculaire et toux irritatives se rencontrent lors de l’exposition à des gaz lacrymogènes. À chaque dispersion de foules ou de manifestations par les CRS en France ou aux USA où l’usage des gaz poivrés connaît un regain, il faudra mobiliser la Cour européenne des Droits de l’Homme.

La publication de cet épisode survient au moment où les pays incarcérés dans l’Union Européenne ont décidé de suspendre officiellement l’embargo sur la livraison des armes à la rébellion en Syrie. Elle est contemporaine également de la préparation des pourparlers en faveur d’un Genève II où devraient siéger les « belligérants » et les pays qui les arment et sans lesquels cette confrontation du bloc occidental avec les intérêts de puissances dites émergentes sur les décombres de la souveraineté de la Syrie n’aurait pas lieu.

Le régime syrien est explicitement accusé de crimes de guerre ou contre l’humanité au moment où plus de 15 000 soldats des armées impériales occidentales et de leurs vassaux subissent un entraînement intense en Jordanie. Cette préparation anormale sur le plan numérique indiquerait l’imminence d’une attaque type coalition contre l’Irak.

Déjà, les effets d’une dissémination du conflit au Liban se font ressentir.Les escarmouches autour du plateau occupé du Golan entre Israël et des combattants du côté syrien signalent la possibilité d’un autre front. Un char d’assaut israélien y a été récemment détruit.

Ce que redoutent le plus les rares stratèges sionistes, c’est l’extension du chaos à la Jordanie. La version officielle de la neutralité israélienne est une légende de façade. Le soutien à la rébellion syrienne a pris de nombreuses formes, y compris celle d’une assistance logistique et médicale. Au-delà de leur crainte que des missiles russes S 300 soient opérationnels aux mains de la défense de la souveraineté syrienne, l’embrasement de la région aura un impact civil non négligeable sur une population israélienne prête à émigrer en cas de danger. En cas de conflit militaire généralisé, l’État-major sioniste n’oublie pas que les discours de Sayed Hassan Nasrallah ne sont pas des rodomontades. Le Hezbollah doit disposer d’un arsenal et d’un entraînement convaincants.

lundi 3 juin 2013

Les drones killer du Nobel de la Paix (vidéo)

Bravo Obama: le super drone x47B peut être lancé en appuyant simplement sur un bouton. Le lanceur reste assis à Washington, et le tour est joué. Et les effets collatéraux? Les civils? Les enfants? Tant pis, ils n'avaient qu'à ne pas être là! (citation de S.P)
Les drones killer du Nobel de la Paix
Manlio Dinucci
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Le Nobel de la Paix Barack Obama y met le paquet, mais ni lui ni n’importe quel autre président des États-Unis ne peuvent promettre la défaite totale de la terreur, car « nous ne serons jamais en mesure d’extirper le mal niché chez certains êtres humains ». Il l’annonce dans le discours sur la « stratégie contre-terrorisme ». Malgré les défaites subies par Al Qaeda et par ses affiliés, « la menace est aujourd’hui plus répandue », du Yémen à l’Irak, de la Somalie à l’Afrique du Nord, et dans des pays comme la Libye et la Syrie « les extrémistes ont pris pied » à la suite des « agitations dans le monde arabe » (et non-pas des guerres déclenchées par les USA et l’OTAN). La lutte du Bien contre le Mal continue donc, sous la conduite éclairée du président, en redéfinissant cependant la stratégie : de « guerres illimitées à la terreur » elle se transforme en une série (de fait illimité) d’« actions létales ciblées » avec l’objectif de « démanteler des réseaux spécifiques d’extrémistes violents qui menacent l’Amérique ». Dans ces actions seront de plus en plus utilisés les drones téléguidés, dont l’utilisation est « légale » selon le droit étasunien et international, étant donné que les États-Unis mènent une « guerre juste et d’autodéfense ».


   


L’utilisation des drones contribue à « sauver des vies humaines », car les avions et missiles sont moins précis et peuvent provoquer un nombre plus important de victimes. Dorénavant, cependant, les « actions létales ciblées » menées par des drones et des forces spéciales « en dehors des zones de guerre » seront soumises à une « forte supervision ». Mais, précise Obama, « nous devons tenir l’information secrète ». Personne ne pourra donc savoir quelle sera l’utilisation effective des drones et forces spéciales. La « forte supervision » annoncée par Obama a en réalité l’objectif de déplacer le contrôle des « actions létales ciblées » de la CIA au Pentagone. En plus d’une décennie de « guerre à la terreur », c’est surtout la CIA qui a conduit ces actions de drones et d’agents secrets non seulement en Afghanistan et en Irak, mais aussi au Yémen, en Somalie et dans de nombreux autres pays non en guerre officiellement. Mais de cette façon, la CIA a pris trop de place, piétinant les plates-bandes du Pentagone.

Le Commandement conjoint pour les opérations spéciales du Pentagone, qui effectue des actions parallèles à celles de la CIA, veut à présent le contrôle de toutes les opérations des drones. Auxquelles contribuera la CIA en indiquant les cibles, humaines et matérielles, à atteindre. Le déplacement du contrôle aux mains du Pentagone fonctionne aussi pour la potentialisation de l’armée de drones, avec l’objectif de passer des drones télécommandés à ceux complètement robotisés.

Le 22 mai, la veille du discours d’Obama, la firme Northrop Grumman a effectué le premier vol du MQ-4C Triton, qu’elle est en train de construire pour la US Navy : le drone, avec une envergure de 40 mètres (plus grande que celle de l’avion de ligne Boeing 737), peut voler sans réapprovisionnement plus de 30 heures sur 18mille km, en repérant automatiquement grâce à ses senseurs les divers types de navire et d’objectifs à toucher. La marine étasunienne en a commandé 68, dont une part sera sûrement déployée à Sigonella ou dans une autre base en Italie. Cette même Northrop Grumman, six jours avant le discours d’Obama, a commencé sur le porte-avions George H.W. Bush les manœuvres « touch and go » (appontage et décollage immédiat) du X-47B : un drone robot « intelligent » (aussi grand qu’un chasseur F/A-18 Super Hornet) qui, une fois lancé, va de façon autonome rejoindre et toucher l’objectif et revenir sur le porte-avions.

En continuant ainsi à « sauver des vies humaines ».

Édition de mardi 28 mai 2013 de il manifesto
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La propagande militariste « Médecins de Combat » toute les samedi soir sur les ondes de Radio Canada... À quand une série sur les bienfaits des drones avec Obama comme chef des bons impérialistes qui se bat pour la démocratie, la justice, l'égalité des peuples et nations!!! http://www.radio-canada.ca/emissions/medecins_de_combat/saison1/

Serions nous complice des tueurs à distance ???
Pilote de l'armée canadienne formé en Israël