vendredi 28 février 2014

Bernard Gauthier alias Rambo

Bernard Gauthier aka Rambo : une question de rapport de force

Par Farruco, syndicaliste de la FTQ
 

Aujourd’hui encore, au sein du local régional de la Côte-Nord du 791, union des opérateurs de machinerie lourde, Bernard Gauthier, que plusieurs connaissent mieux sous le sobriquet de « Rambo », occupe le poste de représentant syndical. Il n’a pas été parachuté là par une instance supérieure, par la mafia ou les Hells Angels, mais bel et bien choisie par les membres de son local pour défendre leurs intérêts dans une région que nous, citadins, ne pouvons pas réellement comprendre réellement.

Il est là depuis assez longtemps pour avoir traversé plusieurs maraudages, autant d’occasions pour les membres du local qui auraient été mécontents de sa présence de changer d’allégeance syndicale. Des méthodes allant à l’encontre des intérêts de ses membres auraient entrainé un mouvement de masse vers une des autres centrales syndicales et de facto, son remplacement.

Bien entendu, les médias de masse se sont fait un devoir de le dépeindre comme un dur à cuire qui ne connait que deux moyens de fonctionner : la violence et l’intimidation. Sachez que Gauthier n’est certainement pas un enfant de choeur et qu’il a effectivement une carrure qui puisse paraître imposante, mais est-ce que cela suffit pour en faire l’ennemi public numéro un?

Un milieu rough

Le milieu de la construction est, du moins pour le moment, unique en son genre. Surreprésentation masculine, franc parlé (souvent sans détour, quelques fois agressif) et crainte de la part des employeurs ne sont pas des aspects courants au sein des autres milieux de travail à travers la province. Ce milieu est loin d’être parfait, il déplait à plusieurs, surtout aux dirigeants économiques et politiques.

En région éloignée comme celle représentée au sein du 791 par Gauthier, on doit ajouter à cela la dispersion de la main d’œuvre sur un territoire immense combiné à des opportunités trop rares de travail. Bref, la combinaison parfaite pour tout employeur qui n’a pas l’intention de respecter les conventions collectives en faisant jouer les chômeurs contre les travailleurs.

La méthode Rambo

C’est alors que la « méthode Rambo », comme les médias de masse ont tenté de la nommer, apparaît. Les employeurs devaient alors consulter le syndicaliste pour avoir efficacement accès à la main d’œuvre. En contrepartie, Gauthier s’assurait de fournir les travailleurs nécessaires à l’employeur en tentant, selon ses dires, de ne pas toujours faire travailler les mêmes et de favoriser les nouveaux diplômés souvent méprisés par les employeurs, puisque considérés comme non rentables ou pas assez qualifiés. Bien entendu, il tirait aussi la couverture du côté des travailleurs en faisant respecter à la lettre la convention collective et un peu plus.

C’est là qu’il a commencé à être vraiment dérangeant. On ne lui a jamais reproché d’avoir volé l’argent de ses membres ou des contribuables pour la mettre dans ses poches comme l’ont fait les « hommes d’affaires » précédemment entendus à la commission Charbonneau. On n’a même jamais été capable de déceler quelque lien que ce soit entre lui et n’importe quelle organisation criminelle connue. On lui reproche son ton, le fait qu’il soit imposant et se méthodes assimilées à de l’intimidation, terme complètement vidé de son sens depuis des mois de commission d’enquête.

Un survol des accusations qui lui ont été portées permet rapidement de voir qu’avec Rambo, si les employeurs respectaient les membres du 791, la santé et sécurité au travail et la convention telle qu’interprétée par les membres du 791, ils s’en sortaient plutôt bien, retournant chez eux les poches pleines. Alors, pourquoi avoir attaqué la « méthode Rambo »?

Bien entendu, les médias, les politiciens et les employeurs disaient que c’était une manière de fonctionner frauduleuse qui défavorisait les travailleurs des autres centrales syndicales et qui faisait exploser les coûts. Bref, dans l’opinion publique, Rambo et la FTQ Construction étaient rendus les pires voyous que la province ait eu à supporter de son histoire.

Derrière ce nuage de fumée médiatique se cache le véritable problème : le rapport de force, pour une fois, n’avantageait plus les patrons, mais bien les syndiqués du 791 de la région en question. Les entrepreneurs ne pouvaient plus gérer leurs chantiers comme ils l’entendaient puisque non seulement ces membres étaient solidaires, mais ils ne craignaient pas de perdre des journées de salaire afin de se faire respecter.

D’un seul coup, l’ordre naturel des choses, selon notre système économique, venait de se retrouver sens dessus dessous. À en croire les médias, à lui seul, Gauthier était capable de mettre une région à genoux et de mener à mal les finances publiques. Le véritable problème est simple pourtant : les employeurs ne pouvaient plus gérer leurs affaires comme bon leur semblait.

Soyons sérieux un instant. Gauthier n’a jamais agi seul. Derrière lui se trouvaient constamment les véritables forces du changement : des travailleurs et des chômeurs en colère et solidaires. Tout ce que Rambo a eu à faire, c’est de canaliser ces forces déjà existantes qui voulaient mettre au pas les employeurs. Il n’était pas présent sur tous les chantiers de la région, mais il avait des yeux partout qui lui rapportait tout. Les gens œuvrant dans le domaine syndical de l’industrie de la construction le savent, la seule façon d’en arriver là est d’avoir la confiance de ses membres. Si Rambo n’avait pas fait un bon travail pour ses membres, il n’aurait pas avoir l’impact qu’on lui attribue aujourd’hui.

Source Subversité

jeudi 13 février 2014

Turquie, au nom de Marx et du Coran

Samim Akgönül
Peut-on être marxiste et musulman ? Oui, disent les membres du mouvement Anti-Kapitalist Müslümanlar (Musulmans anticapitalistes) qui voient dans l’islam l’un des piliers de leur engagement. En son nom, ils s’opposent au Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir.


La question est ancienne dans la chrétienté : le Christ et les apôtres possédaient-ils des biens en propre ? Dans son roman Le nom de la Rose, Umberto Eco va jusqu’à mettre en scène des moines débattant pour savoir si Jésus était propriétaire de la tunique qu’il portait au moment de sa crucifixion. Cette question peut sembler saugrenue, mais elle exprime le fossé entre deux visions d’organisation de la société : celle d’individus plus ou moins libres interagissant, et celle d’une collectivité où l’individu ne peut exister qu’en faisant partie d’un groupe. Toutes les religions, toutes les idéologies se fondent certes sur une idée de collectivité. À l’épitre aux Galates, 3:28, de Paul de Tarse :
« Il n’y a plus ni juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme ; car tous vous êtes un en Jésus Christ »
répond la sourate 7 Al-Araf, verset 158 :
Dis : « Ô hommes ! Je suis pour vous tous le Messager d’Allah, à Qui appartient la royauté des cieux et de la terre »
Les biens appartiennent à tous

Ce caractère collectif des biens de ce monde avait été peu souligné dans l’islam populaire turc. Ce dernier a été relégué au second plan depuis la fondation de la République en 1923, voire opprimé car considéré comme symbole de l’arriération. Il a été remplacé par un islam normatif centralisé et surtout nationalisé, transformé en outil de construction nationale sous contrôle strict de l’État.

Or depuis que l’islam politique est au pouvoir, et surtout depuis l’émergence d’une génération de musulmans intellectuels urbains, l’islam politique perd son caractère monolithique. Il abrite plusieurs tendances opposées. Un des exemples les plus surprenants de cette multiplicité des facettes de l’islamité politisée est l’émergence d’un groupe de jeunes musulmans qui s’opposent violemment au parti au pouvoir, le Parti pour la justice et le développement (AKP), principal représentant de l’islam politique en Turquie. Ces musulmans anticapitalistes reprochent au pouvoir islamiste d’être plus capitaliste… qu’islamiste.
 
Anti-Kapitalist Müslümanlar s’organise autour de la figure d’İhsan Eliaçık, un intellectuel iconoclaste qui a consacré sa vie à la nécessaire « renaissance islamique ». Devenu écrivain et éditeur après l’abandon de ses études de théologie, il a rédigé une vingtaine de livres sur l’idée d’un islam social et solidaire. Et sa maison d’édition Inşa Kültürevi (« Maison culturelle de construction »), installée dans un des quartiers les plus « islamistes » d’Istanbul, Fatih, est devenue la plateforme intellectuelle de l’« islam révolutionnaire », le titre d’un des ouvrages d’Eliaçık.

Les musulmans anticapitalistes sont souvent des jeunes issus des couches populaires, politisés à l’université, familiarisés avec les idées marxistes mais qui continuent à se définir comme musulmans. La conciliation entre une appartenance marxiste et une appartenance musulmane convaincue se fait à travers un certain nombre de principes islamiques interprétés comme fondements d’une position solidaire, sociale, socialiste et surtout anticapitaliste.

Comme sources, deux piliers : le Coran et Le Capital. Par exemple, le verset 39 de la sourate An-Najm, (« l’étoile ») :« Et en vérité, l’homme n’obtient que [le fruit] de ses efforts »est interprété comme un verset favorable aux prolétaires. Ou encore, le verset 7 de la sourate 59 Al-Hasr (l’Exode) :
« les biens des habitants des cités, qu’Allah a accordés sans combat à Son Messager, appartiennent à Allah, au Messager, aux proches parents, aux orphelins, aux pauvres et au voyageur en détresse, afin que cela ne circule pas parmi les seuls riches d’entre vous… » est, selon les musulmans anticapitalistes, la preuve de la nécessité du partage.

Un mouvement de gauche multiculturaliste

Ce groupe ne s’oppose pas seulement au capitalisme de l’AKP. Il rejoint sur bien des points les autres mouvements politiques de la gauche socialiste et/ou libérale. Sa présence dans le mouvement de Gezi de juin 2013 avait été remarquée, surtout lorsqu’ils ont prié pendant la prière de vendredi au milieu de la « commune de Gezi » où lorsqu’ils ont organisé « des ruptures de jeûne du Monde » (Yeryüzü iftarı), en pleine rue, très populaires, face au faste des ruptures de jeûne des politiques et de la haute bourgeoisie.

Les musulmans anticapitalistes sont également multiculturalistes, à l’inverse des nationalistes turcs. Ils et elles défendent une Turquie diverse, en s’appuyant sur la sourate 30 Ar-Rum (Les Romains), verset 22 :
« Et parmi Ses signes la création des cieux et de la terre et la variété de vos idiomes et de vos couleurs. »

Parallèlement, ils optent pour une solution pacifique de la question kurde, la question principale de la société turque depuis la fondation de la République.
 
Enfin, une particularité notable des musulmans anticapitaliste, par rapport à d’autres mouvements issus de la mouvance islamiste, est leur approche humaniste des questions de genre et de sexualité. Ils apportent notamment un soutien — certes timide et indirect — aux droits des femmes et des LGBT (Lesbiennes gay bi transexuels). Par exemple, en 2013, lors du procès des assassins d’un jeune homosexuel à Diyarbakir par son père et ses deux oncles en février 2012, les Musulmans anticapitalistes ont déclaré publiquement leur soutien, car selon le Coran « assassiner une personne est assassiner tout l’humanité » et le « système capitaliste crée des oppresseurs qui excluent toute différence, y compris les tendances sexuelles ».

Ainsi, bien que ce groupe reste marginal en nombre de militants, son attitude est loin d’être folklorique. Il s’agit d’un questionnement à la fois interne au monde musulman, mais aussi global, qui s’inscrit dans une critique sociétale dépassant largement la question religieuse.

Samim Akgönül
 Historien et politologue, enseignant-chercheur à l’université de Strasbourg (département d’études turques et Institut des relations internationales) et au CNRS. Il travaille plus particulièrement sur l’histoire contemporaine, la politique, les minorités et les migrations turques. Il vient de publier The Minority Concept in the Turkish Context, Practices and Perceptions in Turkey, Greece and France, Leiden, Brill, 2013.
 

Soiurce  Investig'action

lundi 3 février 2014

Commission Charbonneau : contexte,hasard et proximité font bon ménage


Alors, parlons-en du copinage, car il serait intéressant de voir que copinage, police et médias font bon ménage, mais pas toujours dans l'intérêt des citoyens. Tout comme contexte, hasard et proximité.
Avec tout le tapage médiatique à propos de la Commision Charbonneau et de la corruption dans l'industrie de la construction, il est curieux de voir que tout ce hasard et cette proximité nous laissent perplexes quant aux possibilités de manipulation.

Cette semaine nous avons eu droit à tout ce tapage médiatique et de cette auto-satisfaction de la part de journalistes qui auraient été les instigateurs de ce brassage de cage, mais il ne faudrait pas s'y méprendre, car comme ces journalistes aiment a le souligné, « le hasard et la proximité, ferait bon ménage ». Curieusement ce hasard et cette proximité feraient-ils partie de ces mêmes journalistes qui avec la bénédiction des Tout-Puissants participent à cette mascarade pour protéger les plus puissants? La source agit souvent dans l'ombre et prépare ses coups de façon brillante.

Curieusement on a utilisé des bandes d'écoutes électroniques qui à l'origine servaient à des opérations de surveillance de la mafia... C'est à partir de ces bandes que la police va s'intéresser à la construction, car plusieurs acteurs y jouent un rôle et bien des surprises vont nous attendre. Mais là n'est pas mon propos.

Rousseau « Je jure de dire ma vérité, pas toute la vérité. »
En 2009, ce qui va attirer l'attention du public est la perte de 40 milliards de la Caisse de dépôt et placement du Québec et du scandale qui attirent les foudres du public sur un dirigeant du nom de Henri Paul Rousseau (1) qui devient un employé du grand empire des Desmarais, qui, par quel hasard, est propriétaire de La Presse et en partenariat avec Radio Canada. De plus, des partenaires des entreprises de Desmarais en Europe sont accusées de corruption et font scandale (2). (Le groupe Total est mis en accusation pour corruption). Alors, la campagne médiatique doit être orientée ailleurs, car nos Tout-Puissants ne veulent pas être dans le feu de la rampe.

Amir Khadir questionne Henri-Paul Rousseau,voir vidéo




Intervient alors la Proximité.

Comme le souligne Richar LeHir dans son article (3):
«...Il y a de sérieuses questions à se poser sur le comportement du gouvernement lorsque vient le temps de procéder au remplacement de Henri-Paul Rousseau. Quatre présidents se succéderont en un an : Henri-Paul Rousseau, Richard Guay, Fernand Perrault et Michael Sabia.
“Comme par hasard”, ce Sabia est proche des Desmarais (ce fait nous a été officiellement confirmé à l’occasion du séjour de Michael Sabia à Sagard), et fonce directement aux bureaux de Power dès sa nomination, ostensiblement pour y rencontrer son prédécesseur, désormais chez Power.
Pour comprendre cette affaire, il est bon de rappeler qui sont les intervenants. En effet, ils ne se limitent pas au président de la Caisse et à son personnel. La Caisse est une société d’État qui relève du gouvernement par l’entremise du ministre des Finances.
Il s’ensuit donc que toute enquête éventuelle sur les pertes de la Caisse annoncées en 2008 devrait nécessairement se pencher sur les directives, officielles ou officieuses, qui auraient pu être données à la Caisse par le gouvernement Charest, et sur la connaissance que ce dernier pouvait avoir des décisions prises par la Caisse en rapport avec ses transactions de papier commercial.
En effet, de 2005 à 2007, le titulaire de cette fonction est le Libéral Michel Audet. La chose mérite d’être soulignée, car il est l’un de ceux qui viendront à la défense d’Henri-Paul Rousseau au lendemain de sa prestation devant la Chambre de commerce :
 Je suis très content qu’Henri-Paul ait pu expliquer la situation et rétablir les faits, dit-il. Il est venu s’expliquer, ce qui est courageux (...) Je suis outré de voir à quel point les gens posent des jugements à partir de perceptions et non à partir de la réalité. 
Au moment où la Caisse déclare ses pertes, c’est Monique Jérôme-Forget qui est titulaire des Finances. On se souviendra qu’elle s’était réjouie de la nomination d’Henri-Paul Rousseau à la Caisse en 2002 lorsqu’elle avait été annoncée par Pauline Marois, alors ministre des Finances dans le gouvernement Landry :
« À cet égard, la critique libérale en matière de finance, la députée de Marguerite-Bourgeoys Monique Jérôme-Forget, ne brandit pas la hache de guerre, au contraire. “On n’a pas à la combattre [cette nomination] ”, a-t-elle dit. “On n’a rien contre Henri-Paul Rousseau, manifestement. C’est un homme qui a de grandes qualités. Je le connais personnellement depuis des années.»

À lire l'intégral de l'article (3)

Contexte
Desmarais de Power Corp, Sarko et Charest

Alors, oublions Rousseau et attaquons-nous à la corruption dans la construction... préparons le terrain.

Sans oublier la campagne contre la société SNC-Lavalin...commencer dans la Presse( propriété de Desmarais)«SNC-Lavalin en Libye : liaisons dangereuses» (4) poursuivies sur les ondes de Radio Canada et dont le reportage d'Anne Panasuk de Radio Canada sur SNC-Lavalin sera primé (5). et présenté sur les ondes de Radio Canada à l'émission Enquête de Alain Gravel(6)

Alors, parlons-en du copinage, car il serait intéressant de voir que copinage, police et médias font bon ménage, mais pas toujours dans l'intérêt des citoyens. Tout comme contexte, hasard et proximité. À lire  Le Québec et la France dans les mêmes tentacules


Notes 
1- Rousseau assume la responsabilité du papier commercial de la Caisse
http://affaires.lapresse.ca/economie/services-financiers/200903/09/01-834678-rousseau-assume-la-responsabilite-du-papier-commercial-de-la-caisse.php

2 - Le groupe Total est mis en accusation pour corruption
http://www.lefigaro.fr/societes/2010/04/06/04015-20100406ARTFIG00390-le-groupe-total-est-mis-en-examen-pour-corruption-.php

3-Caisse de dépôt : Un « mystère de la vie » en voie d’éclaircissement
http://www.vigile.net/Caisse-de-depot-Un-mystere-de-la

Le Québec et la France dans les mêmes tentacules
http://french.irib.ir/info/economie/item/277521-le-qu%C3%A9bec-et-la-france-dans-les-m%C3%AAmes-tentacules,-par-richard-le-hir

4- SNC-Lavalin en Libye: liaisons dangereuses
http://www.lapresse.ca/actualites/201203/04/01-4502408-snc-lavalin-en-libye-liaisons-dangereuses.php

5-Un reportage d'Anne Panasuk sur SNC-Lavalin primé
http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/Economie/2014/01/30/007-prix-anne-panasuk-snc-lavalin.shtml

6- Enquête de Alain Gravel Reportage du jeudi 24 octobre 2013
http://ici.radio-canada.ca/emissions/enquete/2013-2014/Reportage.asp?idDoc=316837